Index des énoncés usuels dans Proust (ALRDTP)

citations




Du côté de chez Swann A l'ombre des jeunes filles en fleurs Le côté de Guermantes Sodome et Gomorrhe La prisonnière Albertine disparue Le temps retrouvé
Albertine disparue


Ce qui a pu s'arranger cette nuit-là deviendrait irréparable dans quelques jours. Il vaut donc mieux, puisque nous avons eu la chance de nous réconcilier, nous quitter bons amis ; c'est pourquoi, mon chéri, je vous envoie ce mot, et je vous prie d'être assez bon pour me pardonner si je vous fais un peu de chagrin, en pensant à l'immense que j'aurai.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 008

Ce qui a pu s'arranger cette nuit-là deviendrait irréparable dans quelques jours. Il vaut donc mieux, puisque nous avons eu la chance de nous réconcilier, nous quitter bons amis ; c'est pourquoi, mon chéri, je vous envoie ce mot, et je vous prie d'être assez bon pour me pardonner si je vous fais un peu de chagrin, en pensant à l'immense que j'aurai.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 008

[Lettre de rupture] Tout cela ne signifie rien me dis-je, c'est même meilleur que je ne pensais, car comme elle ne pense rien de tout cela, elle ne l'a évidemment écrit que pour frapper un grand coup, afin que je prenne peur. Il faut aviser au plus pressé, c'est qu'Albertine soit rentrée ce soir.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 009

L'épouser, c'est ce que j'aurais dû faire depuis longtemps, c'est ce qu'il faudra que je fasse, c'est cela qui lui a fait écrire sa lettre [de rupture] dont elle ne pense pas un mot […]
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 010

L'épouser, c'est ce que j'aurais dû faire depuis longtemps, c'est ce qu'il faudra que je fasse, c'est cela qui lui a fait écrire sa lettre [de rupture] dont elle ne pense pas un mot […]
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 010

D'abord le départ [=la rupture] a lieu souvent dans le moment où l'indifférence — réelle ou crue — est la plus grande, au point extrême de l'oscillation du pendule. La femme se dit : « Non, cela ne peut plus durer ainsi », justement parce que l'homme ne parle que de la quitter, ou y pense ; et c'est elle qui quitte.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 013

Peut-être, maintenant que mon cœur incapable de vouloir, et de supporter de son plein gré la souffrance, ne trouvait qu'une seule solution possible, le retour à tout prix d'Albertine, peut-être la solution opposée (le renoncement volontaire, la résignation progressive) m'eût-elle paru une solution de roman […]
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 016

À ces moments-là je discutais pourtant en me disant : « Inutile, n'est-ce pas, d'envisager l'hypothèse où elle [=Albertine] partirait brusquement. C'est absurde. Si je la confiais à un homme sensé et intelligent […], il m'aurait sûrement dit : "Mais vous êtes fou. C'est impossible." » Et en effet nous n'avions pas eu une seule querelle. « On part pour un motif. On le dit. On vous donne le droit de répondre. On ne part pas comme cela. Non, c'est un enfantillage. C'est la seule hypothèse absurde. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 018

À ces moments-là je discutais pourtant en me disant : « Inutile, n'est-ce pas, d'envisager l'hypothèse où elle [=Albertine] partirait brusquement. C'est absurde. Si je la confiais à un homme sensé et intelligent […], il m'aurait sûrement dit : "Mais vous êtes fou. C'est impossible." » Et en effet nous n'avions pas eu une seule querelle. « On part pour un motif. On le dit. On vous donne le droit de répondre. On ne part pas comme cela. Non, c'est un enfantillage. C'est la seule hypothèse absurde. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 018

À ces moments-là je discutais pourtant en me disant : « Inutile, n'est-ce pas, d'envisager l'hypothèse où elle [=Albertine] partirait brusquement. C'est absurde. Si je la confiais à un homme sensé et intelligent […], il m'aurait sûrement dit : "Mais vous êtes fou. C'est impossible." » Et en effet nous n'avions pas eu une seule querelle. « On part pour un motif. On le dit. On vous donne le droit de répondre. On ne part pas comme cela. Non, c'est un enfantillage. C'est la seule hypothèse absurde. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 018

À ces moments-là je discutais pourtant en me disant : « Inutile, n'est-ce pas, d'envisager l'hypothèse où elle [=Albertine] partirait brusquement. C'est absurde. Si je la confiais à un homme sensé et intelligent […], il m'aurait sûrement dit : "Mais vous êtes fou. C'est impossible." » Et en effet nous n'avions pas eu une seule querelle. « On part pour un motif. On le dit. On vous donne le droit de répondre. On ne part pas comme cela. Non, c'est un enfantillage. C'est la seule hypothèse absurde. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 018

À ces moments-là je discutais pourtant en me disant : « Inutile, n'est-ce pas, d'envisager l'hypothèse où elle [=Albertine] partirait brusquement. C'est absurde. Si je la confiais à un homme sensé et intelligent […], il m'aurait sûrement dit : "Mais vous êtes fou. C'est impossible." » Et en effet nous n'avions pas eu une seule querelle. « On part pour un motif. On le dit. On vous donne le droit de répondre. On ne part pas comme cela. Non, c'est un enfantillage. C'est la seule hypothèse absurde. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 018

Je pensais bien qu'il trouverait la photographie d'Albertine jolie, mais comme tout de même je ne m'imaginais pas qu'elle produirait sur lui l'impression d'Hélène sur les vieillards troyens, tout en cherchant je disais modestement: "Oh! tu sais, ne te fais pas d'idées, d'abord la photo est mauvaise, et puis elle n'est pas étonnante, ce n'est pas une beauté, elle est surtout très gentille. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 024

Soudain il l'[=la photo] aperçut, il la tint un instant dans ses mains. Sa figure exprimait une stupéfaction qui allait jusqu'à la stupidité. "C'est ça la jeune fille que tu aimes ?", finit-il par me dire d'un ton où l'étonnement était mâté par la crainte de me fâcher.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 024

Ce qui avait décontenancé Robert quand il avait aperçu la photographie d'Albertine était non le saisissement des vieillards troyens voyant passer Hélène et disant : Notre mal ne vaut pas un seul de ses regards, mais celui exactement inverse et qui fait dire : « Comment, c'est pour ça qu'il a pu se faire tant de bile, tant de chagrin, faire tant de folies ! » Il faut bien avouer que ce genre de réaction à la vue de la personne qui a causé les souffrances, bouleversé la vie, quelquefois amené la mort, de quelqu'un que nous aimons, est infiniment plus grand que celui des vieillards troyens, et pour tout dire, l'habituel.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 025

Ce qui avait décontenancé Robert quand il avait aperçu la photographie d'Albertine était non le saisissement des vieillards troyens voyant passer Hélène et disant : Notre mal ne vaut pas un seul de ses regards, mais celui exactement inverse et qui fait dire : « Comment, c'est pour ça qu'il a pu se faire tant de bile, tant de chagrin, faire tant de folies ! » Il faut bien avouer que ce genre de réaction à la vue de la personne qui a causé les souffrances, bouleversé la vie, quelquefois amené la mort, de quelqu'un que nous aimons, est infiniment plus grand que celui des vieillards troyens, et pour tout dire, l'habituel.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 025

Ce qui avait décontenancé Robert quand il avait aperçu la photographie d'Albertine était non le saisissement des vieillards troyens voyant passer Hélène et disant : Notre mal ne vaut pas un seul de ses regards, mais celui exactement inverse et qui fait dire : « Comment, c'est pour ça qu'il a pu se faire tant de bile, tant de chagrin, faire tant de folies ! » Il faut bien avouer que ce genre de réaction à la vue de la personne qui a causé les souffrances, bouleversé la vie, quelquefois amené la mort, de quelqu'un que nous aimons, est infiniment plus fréquent que celui des vieillards troyens, et pour tout dire, l'habituel.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 025

« Tu es sûr, me dit-il, que je puisse offrir comme cela à cette femme trente mille francs pour le comité électoral de son mari ? Elle est malhonnête à ce point-là? Si tu ne te trompes pas, trois mille francs suffiraient." "Non, je t'en prie, n'économise pas pour une chose qui me tient tant à cœur. Tu dois dire ceci où il y a du reste une part de vérité: Mon ami avait demandé ces trente mille francs à un parent pour le Comité de l'oncle de sa fiancée. C'est à cause de cette raison de fiançailles qu'on les lui avait donnés. […]
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 027

Les parents de la petite fille que j'avais amenée une heure chez moi avaient voulu déposer contre moi une plainte en détournement de mineure. […] Je trouvais à la Sûreté les parents qui m'insultèrent, en me disant : « Nous ne mangeons pas de ce pain-là ».
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 030

Ce qui au fond me rendait si heureux, c'était la certitude secrète que, la mission de Saint-Loup ne pouvant échouer, Albertine ne pouvait manquer de revenir. Je le compris ; car n'ayant pas reçu dès le premier jour de réponse de Saint-Loup, je recommençai à souffrir. Ma décision, ma remise à lui de mes pleins pouvoirs n'étaient donc pas la cause de ma joie qui sans cela eût duré, mais le « La réussite est sûre » que j'avais pensé quand je disais « Advienne que pourra ».
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 031

[…] je compris combien il est compréhensible que les gens aisément refusent la fortune et risquent la mort, alors qu'on se figure que l'intérêt et la peur de mourir mènent le monde. Car si j'avais pensé que même une petite fille inconnue pût avoir par l'arrivée d'un homme de la police une idée honteuse de moi, combien j'aurais mieux aimé me tuer ! Il n'y avait même pas de comparaison possible entre les deux souffrances.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 032

Sans doute, si j'avais supporté les quatre jours qu'il y avait depuis qu'elle était partie, c'était parce que je me disais : « Ce n'est qu'une affaire de temps, avant la fin de la semaine elle sera là. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 034

Et nous aurions peut-être lié nos vies par ce qui aurait été pour nous, qui sait ? le malheur. Si cela avait dû être, soyez bénie pour votre sagesse. Nous en perdrions tout le fruit en nous revoyant. Ce n'est pas que ce ne serait pas pour moi une tentation. Mais je n'ai pas grand mérite à y résister. Vous savez l'être inconstant que je suis et comme j'oublie vite. Ainsi je ne suis pas bien à plaindre. Vous me l'avez dit souvent, je suis surtout un homme d'habitudes. Celles que je commence à prendre sans vous ne sont pas encore bien fortes. Évidemment, en ce moment, celles que j'avais avec vous et que votre départ a troublées sont encore les plus fortes. Elles ne le seront plus bien longtemps.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 039

Je ne réponds pas à ce que vous me dites de prétendues propositions que Saint-Loup […] aurait faites à votre tante. C'est du Sherlock Holmes. Quelle idée vous faites-vous de moi ?
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 041

"On dit qu'un prompt départ vous éloigne de nous." Sans doute cette raison du départ d'Hippolyte est accessoire, peut-on penser, à côté de celle de la mort de Thésée.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 044

"Oh! Monsieur, Mademoiselle Albertine a oublié de prendre ses bagues, elles sont restées dans le tiroir." Mon premier mouvement fut de dire: "Il faut les lui renvoyer." Mais cela avait l'air de ne pas être certain qu'elle reviendrait. "Bien, répondis-je après un instant de silence, cela ne vaut guère la peine de les lui renvoyer pour le peu de temps qu'elle doit être absente. Donnez-les-moi, je verrai."
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 047

[…] je suis à vos ordres pour décommander la Rolls si vous croyez que j'y puisse quelque chose et je le crois. Vous n'avez qu'à m'écrire le nom de votre intermédiaire. Vous vous laisseriez monter le coup par ces gens qui ne cherchent qu'une chose, c'est à vendre ; et que feriez-vous d'une auto, vous qui ne sortez jamais ?
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 052

Comment ! vous ne savez pas faire renvoyer quelqu'un qui vous déplaît ? Ce n'est pas difficile. Vous n'avez, par exemple, qu'à cacher les choses qu'il faut qu'il apporte ; alors, au moment où ses patrons sont pressés, l'appellent, il ne trouve rien, il perd la tête ; ma tante vous dira, furieuse après lui : « Mais qu'est-ce qu'il fait ? » Quand il arrivera en retard, tout le monde sera en fureur et il n'aura pas ce qu'il faut.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 054

Comment ! vous ne savez pas faire renvoyer quelqu'un qui vous déplaît ? Ce n'est pas difficile. Vous n'avez, par exemple, qu'à cacher les choses qu'il faut qu'il apporte ; alors, au moment où ses patrons sont pressés, l'appellent, il ne trouve rien, il perd la tête ; ma tante vous dira, furieuse après lui : « Mais qu'est-ce qu'il fait ? » Quand il arrivera en retard, tout le monde sera en fureur et il n'aura pas ce qu'il faut.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 054

Tu n'es pas content de moi, je l'ai vu par tes dépêches, mais tu n'es pas juste, j'ai fait tout ce que j'ai pu. Tu trouves que j'aurais dû te téléphoner davantage, mais on disait toujours que tu n'étais pas libre.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 055

Tu n'es pas content de moi, je l'ai vu par tes dépêches, mais tu n'es pas juste, j'ai fait tout ce que j'ai pu. Tu trouves que j'aurais dû te téléphoner davantage, mais on disait toujours que tu n'étais pas libre.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 055

— […] tout ce qu'elle a dit ensuite était si délicat, si élevé, qu'il me semblait impossible qu'elle eût dit pour l'argent que je lui offrais : "Nous nous comprenons si bien", car au fond j'agissais en mufle. — Mais peut-être n'a-t-elle pas compris, elle n'a peut-être pas entendu, tu aurais dû le lui répéter, car c'est cela sûrement qui aurait fait tout réussir. — Mais comment veux-tu qu'elle n'ait pas entendu ? Je le lui ai dit comme je te parle là, elle n'est ni sourde ni folle.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 056

— C'est tout ce que je t'avais demandé d'éviter, qu'elle sût que tu venais [pour la surveiller]. — Si tu crois que c'était facile ! on m'avait assuré qu'elle n'était pas là. Oh ! je sais bien que tu n'es pas content de moi, je l'ai bien senti dans tes dépêches. Mais tu n'es pas juste, j'ai fait ce que j'ai pu.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 056

— C'est tout ce que je t'avais demandé d'éviter, qu'elle sût que tu venais [pour la surveiller]. — Si tu crois que c'était facile ! on m'avait assuré qu'elle n'était pas là. Oh ! je sais bien que tu n'es pas content de moi, je l'ai bien senti dans tes dépêches. Mais tu n'es pas juste, j'ai fait ce que j'ai pu.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 056

— Et elle n'a fait aucne réflexion [quand tu lui as proposé de l'argent] ? — Aucune. Tu aurais dû lui redire une fois. — Comment voulais-tu que je lui redise ? Dès qu'en entrant j'ai vu l'air [si délicat, si élevé] qu'elle avait, je me suis dit que tu t'étais trompé, que tu me faisais faire une immense gaffe, et c'était terriblement difficile de lui offrir cet argent ainsi.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 056

Pour la question argent, je ne sais que te dire, j'ai parlé à une femme qui m'a paru si délicate que je craignais de la froisser. Or, elle n'a pas fait ouf quand j'ai parlé de l'argent. Même, un peu plus tard, elle m'a dit qu'elle était touchée de voir que nous nous comprenions si bien. Pourtant tout ce qu'elle a dit ensuite était si délicat, si élevé, qu'il me semblait impossible qu'elle eût dit pour l'argent que je lui offrais : "Nous nous comprenons si bien", car au fond j'agissais en mufle.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 056

— Je suis ennuyé parce que je vois que tu n'es pas content. — Je suis touché, reconnaissant de ta gentillesse, mais il me semble que tu aurais pu… — J'ai fait de mon mieux. Un autre n'eût pu faire davantage ni même autant. Essaie d'un autre.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 057

— Je suis ennuyé parce que je vois que tu n'es pas content. — Je suis touché, reconnaissant de ta gentillesse, mais il me semble que tu aurais pu… — J'ai fait de mon mieux. Un autre n'eût pu faire davantage ni même autant.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 057

Mais tous ces détails, n'était-ce pas justement ce que j'avais cherché à obtenir de chacun sur Albertine, n'était-ce pas moi qui, pour les connaître plus précisément, avais demandé à Saint-Loup, rappelé par son colonel, de passer coûte que coûte chez moi, n'était-ce donc pas moi qui les avais souhaités, moi, ou plutôt ma douleur affamée, avide de croître et de se nourrir d'eux ?
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 057

Mais aussitôt sa réponse reçue, si elle ne revenait pas, j'irais la chercher ; de gré ou de force je l'arracherais à ses amies.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 058

[Le Narrateur vient d'apprendre la mort d'Albertine] Cet avenir indissoluble d'elle, je n'avais pas su l'apercevoir, mais maintenant qu'il venait d'être descellé, je sentais la place qu'il tenait dans mon cœur béant. Françoise qui ne savait encore rien entra dans ma chambre ; d'un air furieux, je lui criai : « Qu'est-ce qu'il y a ? » Alors […] elle me dit : « Monsieur n'a pas besoin d'avoir l'air fâché. Il va être au contraire bien content. Ce sont deux lettres de mademoiselle Albertine. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 060

[…] elle était peut-être avec telle de ses amies dans une ferme où elle savait que je n'avais pas mes habitudes et où pendant qu'à tout hasard je m'attardais à Marie-Antoinette où on m'avait dit : « Nous ne l'avons pas vue aujourd'hui », elle usait avec son amie des mêmes mots qu'avec moi quand nous sortions tous les deux : « Il n'aura pas l'idée de nous chercher ici et comme cela nous ne serons pas dérangées. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 062

Françoise devait être heureuse de la mort d'Albertine, et il faut lui rendre la justice que par une sorte de convenance et de tact elle ne simulait pas la tristesse.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 063

Mais son [=Françoise] « coutumier » de Combray ne lui permettait pas de prendre légèrement les larmes, le chagrin, choses qu'elle jugeait comme aussi funestes que d'ôter sa flanelle ou de manger à contre-cœur. « Oh ! non, Monsieur, il ne faut pas pleurer comme cela, cela vous ferait du mal ! »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 063

Mais son [=Françoise] « coutumier » de Combray ne lui permettait pas de prendre légèrement les larmes, le chagrin, choses qu'elle jugeait comme aussi funestes que d'ôter sa flanelle ou de manger à contre-cœur. « Oh ! non, Monsieur, il ne faut pas pleurer comme cela, cela vous ferait du mal ! »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 063

[Après la mort d'Albertine] « Il ne faut pas pleurer, Monsieur », me dit [Françoise] d'un ton cette fois plus calme, et plutôt pour me montrer sa clairvoyance que pour me témoigner sa pitié… Et elle ajouta : « Ça devait arriver, elle était trop heureuse, la pauvre, elle n'a pas su connaître son bonheur… »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 064

Car sans doute son [=Albertine]intelligence, sa gentillesse pour moi, si j'y revenais avec attendrissement, ce n'est pas qu'elles eussent été plus grandes que celles d'autres personnes que j'avais connues ; Mme de Cambremer ne m'avait-elle pas dit à Balbec : « Comment ! vous pourriez passer vos journées avec Elstir qui est un homme de génie et vous les passez avec votre cousine ! »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 076

C'étaient de ces femmes que n'auraient pas regardé des hommes qui de leur côté auraient fait des folies pour d'autres qui ne me « disaient rien ».
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 082

[…] j'avais mensongèrement préparé de lui dire, pour ne pas avoir l'air de tenir à elle : « Hélas, si seulement vous étiez venue il y a quelques jours, maintenant j'en aime une autre, mais cela ne fait rien, vous pourrez me consoler » […]
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 085

Dans un roman que j'avais lu il y avait une femme qu'aucune objurgation de l'homme qui l'aimait ne pouvait décider à parler. En le lisant j'avais trouvé cette situation absurde ; j'aurais, moi, me disais-je, forcé la femme à parler d'abord, ensuite nous nous serions entendus. À quoi bon les malheurs inutiles ? Mais je voyais maintenant que nous ne sommes pas libres de ne pas nous les forger et que nous avons beau connaître notre volonté, les autres êtres ne lui obéissent pas.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 087

Mais [l'immortalité de l'âme] ne me suffisait pas. Il fallait qu'après ma mort je la [=Albertine] retrouvasse avec son corps, comme si l'éternité ressemblait à la vie. Que dis-je « à la vie » ! J'étais plus exigeant encore. J'aurais voulu ne pas être à tout jamais privé par la mort des plaisirs que pourtant elle n'était pas seule à nous ôter.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 091

Par la contradiction même qu'elle impliquait, une telle supposition était absurde.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 091

Quand nous raisonnons sur ce qui se passera après notre mort, n'est-ce pas encore nous vivant que par erreur nous projetons à ce moment-là ?
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 099

Quelle portée pouvait avoir ce qu'avait dit la doucheuse [à propos d'Albertine] à Aimé ? D'autant plus qu'en somme elle n'avait rien vu. On peut venir prendre des douches avec des amies sans penser à mal pour cela.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 099

[Albertine est morte] Et malgré cela, quand l'ascenseur s'arrêtait à mon étage mon cœur battait, un instant je me disais : « Si tout de même tout cela n'était qu'un rêve ! C'est peut-être elle, elle va sonner, elle revient, Françoise va entrer me dire avec plus d'effroi que de colère, car elle est plus superstitieuse encore que vindicative, et craindrait moins la vivante que ce qu'elle croira peut-être un revenant : « Monsieur ne devinera jamais qui est là. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 100

Mais tout dévoué à vos ordres et voulant faire n'importe quoi pour vous faire plaisir, j'ai emmené coucher avec moi la petite blanchisseuse. Elle m'a demandé si je voulais qu'elle me fît ce qu'elle faisait à Mlle Albertine quand celle-ci ôtait son costume de bain. Et elle m'a dit : (Si vous aviez vu comme elle frétillait, cette demoiselle, elle me disait : (Ah ! tu me mets aux anges) et elle était si énervée qu'elle ne pouvait s'empêcher de me mordre.) J'ai vu encore la trace sur le bras de la petite blanchisseuse. Et je comprends le plaisir de Mlle Albertine car cette petite-là est vraiment très habile.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 103

Mais tout dévoué à vos ordres et voulant faire n'importe quoi pour vous faire plaisir, j'ai emmené coucher avec moi la petite blanchisseuse. Elle m'a demandé si je voulais qu'elle me fît ce qu'elle faisait à Mlle Albertine quand celle-ci ôtait son costume de bain. Et elle m'a dit : (Si vous aviez vu comme elle frétillait, cette demoiselle, elle me disait : (Ah ! tu me mets aux anges) et elle était si énervée qu'elle ne pouvait s'empêcher de me mordre.) J'ai vu encore la trace sur le bras de la petite blanchisseuse. Et je comprends le plaisir de Mlle Albertine car cette petite-là est vraiment très habile.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 103

« Comment ? elle est ici ? — Oui, il est même temps que je vous quitte, car je dois aller la voir tout à l'heure. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 116

Car quoi qu'on dise, nous pouvons avoir parfaitement en rêve l'impression que ce qu'y s'y passe est réel.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 116

Je disais à Albertine que j'aurais des questions à lui poser relativement à l'établissement de douches de Balbec et à une certaine blanchisseuse de Touraine, mais je remettais cela à plus tard puisque nous avions tout le temps et que rien ne pressait plus. Elle me promettait qu'elle ne faisait rien de mal et qu'elle avait seulement la veille embrassé sur les lèvres Mlle Vinteuil.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 116

Je disais à Albertine que j'aurais des questions à lui poser relativement à l'établissement de douches de Balbec et à une certaine blanchisseuse de Touraine, mais je remettais cela à plus tard puisque nous avions tout le temps et que rien ne pressait plus. Elle me promettait qu'elle ne faisait rien de mal et qu'elle avait seulement la veille embrassé sur les lèvres Mlle Vinteuil.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 116

« Comment ! vous n'allez pas me faire croire que de toute votre bande il n'y avait qu'Albertine avec qui vous fissiez cela ! — Mais je ne l'ai jamais fait avec Albertine. — Voyons, ma petite Andrée, pourquoi nier des choses que je sais depuis au moins trois ans ? Je n'y trouve rien de mal, au contraire. […] »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 125

« Comment ! vous n'allez pas me faire croire que de toute votre bande il n'y avait qu'Albertine avec qui vous fissiez cela ! — Mais je ne l'ai jamais fait avec Albertine. — Voyons, ma petite Andrée, pourquoi nier des choses que je sais depuis au moins trois ans ? Je n'y trouve rien de mal, au contraire. […] »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 125

Je dis à Andrée que c'eût été une grande curiosité pour moi si elle avait voulu me laisser la voir, même simplement en se bornant à des caresses qui ne la gênassent pas trop devant moi, faire cela avec celles des amies d'Albertine qui avaient ces goûts, et je nommai Rosemonde, Berthe, toutes les amies d'Albertine, pour savoir. "Outre que pour rien au monde je ne ferais ce que vous dites devant vous, me répondit Andrée, je ne crois pas qu'aucune de celles que vous dites ait ces goûts." Me rapprochant malgré moi du monstre qui m'attirait, je répondis: "Comment! vous n'allez pas me faire croire que de toute votre bande il n'y avait qu'Albertine avec qui vous fissiez cela! — Mais je ne l'ai jamais fait avec Albertine. — Voyons, ma petite Andrée, pourquoi nier des choses que je sais depuis au moins trois ans, je n'y trouve rien de mal, au contraire.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 125

Je dis à Andrée que c'eût été une grande curiosité pour moi si elle avait voulu me laisser la voir, même simplement en se bornant à des caresses qui ne la gênassent pas trop devant moi, faire cela avec celles des amies d'Albertine qui avaient ces goûts, et je nommai Rosemonde, Berthe, toutes les amies d'Albertine, pour savoir. "Outre que pour rien au monde je ne ferais ce que vous dites devant vous, me répondit Andrée, je ne crois pas qu'aucune de celles que vous dites ait ces goûts."
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 125

[…] l'ami a appris que chaque fois qu'il parlait politique au ministre, celui-ci restait dans des généralités et lui disait tout au plus ce qu'il y avait dans les journaux, ou que s'il a eu quelque ennui, ses démarches multipliées auprès du ministre ont abouti chaque fois à un « ce n'est pas en mon pouvoir » sur lequel l'ami est lui-même sans pouvoir.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 127

« Oh ! je ne mêle pas à tout ça ; si ça amuse le pauvre Swann de faire des bêtises et de ruiner son existence c'est son affaire, mais on ne me prend pas avec ces choses-là, tout ça peut très mal finir, je les laisse se débrouiller. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 150

« Oh ! je ne mêle pas à tout ça ; si ça amuse le pauvre Swann de faire des bêtises et de ruiner son existence c'est son affaire, mais on ne me prend pas avec ces choses-là, tout ça peut très mal finir, je les laisse se débrouiller. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 150

« Oh ! je ne mêle pas à tout ça ; si ça amuse le pauvre Swann de faire des bêtises et de ruiner son existence c'est son affaire, mais on ne me prend pas avec ces choses-là, tout ça peut très mal finir, je les laisse se débrouiller. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 150

"A propos, dit-il, j'avais une commission à vous faire de Mme de Virelef. Elle voulait vous demander de venir lundi à l'Opéra, mais comme elle a la petite Swann, elle n'osait pas et m'a prié de tâter le terrain. Je n'émets aucun avis, je vous transmets tout simplement. Mon Dieu, il me semble que nous pourrions..." ajouta-t-il évasivement, […] Mme de Guermantes acheva d'arranger son voile et choisit une ombrelle. "Mais comme vous voudrez, que voulez-vous que ça me fasse, je ne vois aucun inconvénient à ce que nous connaissions cette petite. Vous savez bien que je n'ai jamais rien eu contre elle. Simplement je ne voulais pas que nous ayions l'air de recevoir les faux-ménages de nos amis. Voilà tout."
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 153

"A propos, dit-il, j'avais une commission à vous faire de Mme de Virelef. Elle voulait vous demander de venir lundi à l'Opéra, mais comme elle a la petite Swann, elle n'osait pas et m'a prié de tâter le terrain. Je n'émets aucun avis, je vous transmets tout simplement. Mon Dieu, il me semble que nous pourrions..." ajouta-t-il évasivement, car leur disposition à l'égard d'une personne étant une disposition collective et naissant identique en chacun d'eux, il savait par lui-même que l'hostilité de sa femme à l'égard de Mlle Swann était tombée et qu'elle était curieuse de la connaître. Mme de Guermantes acheva d'arranger son voile et choisit une ombrelle. "Mais comme vous voudrez, que voulez-vous que ça me fasse, je ne vois aucun inconvénient à ce que nous connaissions cette petite. Vous savez bien que je n'ai jamais rien eu contreelle. Simplement je ne voulais pas que nous ayions l'air de recevoir les faux-ménages de nos amis. Voilà tout."
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 153

[Mme de Guermantes acceptera-t-elle de rencontrer Mlle Swann ?] « Mais comme vous voudrez, que voulez-vous que ça me fasse ? Je ne vois aucun inconvénient à ce que nous connaissions cette petite. Vous savez bien que je n'ai jamais rien eu contre elle. […] »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 153

[Mme de Guermantes acceptera-t-elle de rencontrer Mlle Swann ?] « Mais comme vous voudrez, que voulez-vous que ça me fasse ? Je ne vois aucun inconvénient à ce que nous connaissions cette petite. Vous savez bien que je n'ai jamais rien eu contre elle. […] »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 153

[Mme de Guermantes acceptera-t-elle de rencontrer Mlle Swann ?] « Mais comme vous voudrez, que voulez-vous que ça me fasse ? Je ne vois aucun inconvénient à ce que nous connaissions cette petite. Vous savez bien que je n'ai jamais rien eu contre elle. Simplement je ne voulais pas que nous ayons l'air de recevoir les faux ménages de mes amis. Voilà tout. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 153

"Avez-vous remarqué la manière dont elle dit certains mots, dit après son départ la duchesse à son mari, c'était bien du Swann, je croyais l'entendre." "J'allais faire la même remarque que vous, Oriane."
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 155

— Elle [=Mlle Swann] est spirituelle, c'est tout à fait le tour de son père. — Je trouve qu'elle lui est même très supérieure. Rappelez-vous comme elle a bien raconté cette histoire de bains de mer, elle a un brio que Swann n'avait pas. — Oh ! il était pourtant bien spirituel. — Mais je ne dis pas qu'il n'était pas spirituel, je dis qu'il n'avait pas de brio.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 155

"Oui, il porte la barbe maintenant que tout le monde est rasé, dit la duchesse, il ne fait jamais rien comme personne . Quand nous nous sommes mariés, il se rasait non seulement la barbe, mais la moustache."
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 157

On apporta des cartes qu'un valet de pied venait de déposer. « Je ne sais pas ce qui lui prend, je ne la connais pas. C'est à vous que je dois ça, Basin. Ça ne vous a pourtant pas si bien réussi ce genre de relations, mon pauvre ami », et se tournant vers Gilberte : « Je ne saurais même pas vous expliquer qui c'est, vous ne la connaissez certainement pas, elle s'appelle Lady Rufus Israël. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 158

« Vous ne voulez pas venir avec nous demain à l'Opéra-Comique ? » me dit la duchesse, et je pensai que c'était sans doute dans cette même baignoire où je l'avais vue la première fois et qui m'avait semblé alors inaccessible comme le royaume sous-marin des Néréides. Mais je répondis d'ue voix triste : « Non, je ne vais pas au théâtre, j'ai perdu une amie que j'aimais beaucoup. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 162

Quand Gilberte [Swann] fut partie Mme de Guermantes me dit : « Vous n'avez pas compris mes signes, c'était pour que vous ne parliez pas de Swann. Et comme je m'excusais : « Mais je vous comprends très bien ; moi-même, j'ai failli le nommer, je n'ai eu que le temps de me rattraper, c'est épouvantable, heureusement que je me suis arrêtée à temps. Vous savez que c'est très gênant », dit-elle à son mari pour diminuer un peu ma faute en ayant l'air de croire que j'avais obéi à une propension commune à tous et à laquelle il était difficile de résister.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 162

Quand Gilberte [Swann] fut partie Mme de Guermantes me dit : « Vous n'avez pas compris mes signes, c'était pour que vous ne parliez pas de Swann. Et comme je m'excusais : « Mais je vous comprends très bien ; moi-même, j'ai failli le nommer, je n'ai eu que le temps de me rattraper, c'est épouvantable, heureusement que je me suis arrêtée à temps. […] »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 162

« Tu m'as fait faire un pas de clerc, me dit [Maman], la princesse de Parme m'a à peine dit bonjour, elle s'est retournée vers les dames avec qui elle causait sans s'occuper de moi, et au bout de dix minutes, comme elle ne m'avait pas adressé la parole, je suis partie sans qu'elle me tendît même la main… […] Mais je ne retournerai jamais chez la princesse de Parme… Tu m'as fait faire une bêtise… »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 169

Et aussi ce que j'aurais pu te dire dès le premier jour : Tu les feras pleurer, enfant belle et chérie… / Comment, tu ne connais pas ça ? / « … Tous ces bambins, hommes futurs, / Qui suspendent déjà leur jeune rêverie / Aux cils câlins de tes yeux purs.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 170

"Vous faisiez cela dans l'appartement inhabité de votre grand'mère?" "Oh! non jamais, nous aurions été dérangées." "Tiens, je croyais, il me semblait..." "D'ailleurs Albertine aimait surtout faire cela à la campagne." "Où ça?" "Autrefois quand elle n'avait pas le temps d'aller très loin, nous allions aux Buttes-Chaumont. Elle connaissait là une maison. Ou bien sous les arbres, il n'y a personne; dans la grotte du petit Trianon aussi." "Vous voyez bien, comment vous croire? Vous m'aviez juré, il n'y a pas un an n'avoir rien fait aux Buttes-Chaumont." "J'avais peur de vous faire de la peine."
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 179

"Vous faisiez cela dans l'appartement inhabité de votre grand'mère?" "Oh! non jamais, nous aurions été dérangées." "Tiens, je croyais, il me semblait..." "D'ailleurs Albertine aimait surtout faire cela à la campagne." "Où ça?" "Autrefois quand elle n'avait pas le temps d'aller très loin, nous allions aux Buttes-Chaumont. Elle connaissait là une maison. Ou bien sous les arbres, il n'y a personne; dans la grotte du petit Trianon aussi." "Vous voyez bien, comment vous croire? Vous m'aviez juré, il n'y a pas un an n'avoir rien fait aux Buttes-Chaumont." "J'avais peur de vous faire de la peine."
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 179

[…] elle ajouta que la principale raison pour laquelle Albertine m'avait quitté, c'était à cause de ce que pouvaient penser ses amies de la petite bande, et d'autres encore de la voir ainsi habiter chez un jeune homme avec qui elle n'était pas mariée: "Je sais bien que c'était chez votre mère. Mais cela ne fait rien. Vous ne savez pas ce que c'est que tout ce monde de jeunes filles, ce qu'elles se cachent les unes des autres, comme elles craignent l'opinion des autres.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 179

« Vous faisiez cela dans cet appartement inhabité de votre grand-mère ? — Oh ! non, jamais, nous aurions été dérangées. — Tiens, je croyais, il me semblait. — D'ailleurs, Albertine aimait surtout faire cela à la campagne. — Où ça ? — Autrefois, quand elle n'avait pas le temps d'aller très loin, nos allions aux Buttes-Chaumont, elle connaissait là une maison, ou bien sous les arbres, il n'y a personne ; dans la grotte du Petit Trianon aussi. — Vous voyez bien, comment vous croire ? Vous m'aviez juré, il n'y a pas un an, n'avoir rien fait aux Buttes-Chaumont. — J'avais peur de vous faire de la peine. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 179

« Vous faisiez cela dans cet appartement inhabité de votre grand-mère ? — Oh ! non, jamais, nous aurions été dérangées. — Tiens, je croyais, il me semblait… — D'ailleurs, Albertine aimait surtout faire cela à la campagne. — Où ça ? — Autrefois, quand elle n'avait pas le temps d'aller très loin, nous allions aux Buttes-Chaumont, elle connaissait là une maison, ou bien sous les arbres, il n'y a personne ; dans la grotte du Petit Trianon aussi. — Vous voyez bien, comment vous croire ? Vous m'aviez juré, il n'y a pas un an, n'avoir rien fait aux Buttes-Chaumont. — J'avais peur de vous faire de la peine. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 179

Peut-être vivons-nous entourés d'indications électriques, sismiques, qu'il nous faut interpréter de bonne foi pour connaître la vérité des caractères.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 180

— Elle ne s'est pas excusée de sa froideur d'hier ? — Non, ça aurait été stupide, sa visite était justement cette excuse ; ta pauvre grand-mère aurait trouvé cela très bien.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 183

Quand Andrée fut partie, l'heure du dîner était arrivée. « Tu ne devineras jamais qui m'a fait une visite d'au moins trois heures, me dit ma mère. […]Si tu n'avais pas eu ton amie Andrée je t'aurais fait appeler. — Mais enfin qui était-ce ? […] »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 183

« En somme, puisque vous prétendez qu'Albertine ne faisait plus ce genre de choses quand elle vivait ici, d'après vous, c'est pour les faire plus librement qu'elle m'a quitté, mais pour quelle amie ? —Sûrement pas, ce n'est pas du tout cela.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 184

Dieu sait combien j'aimais Albertine et quelle bonne créature c'était mais surtout depuis qu'elle avait eu la fièvre typhoïde […] c'était un vrai cerveau brûlé. Tout à coup elle se dégoûtait de ce qu'elle faisait, il fallait changer et à la minute même, et elle ne savait sans doute pas elle-même pourquoi.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 189

"Dieu sait si les hommes d'âge sont éloignés de se mettre, à la suite de je ne sais quelles manœuvres tortueuses, aux lieu et place de plus ou moins incapables recrues.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 201

[…] pour une ambassade d'une telle envergure et où il est de toute évidence que la Grande-Bretagne devra toujours, quoi qu'il arrive, avoir la première place à la table des délibérations, il serait prudent de s'adresser à des hommes d'expérience mieux outillés pour résister aux embûches des ennemis de notre alliée britannique que des diplomates de la jeune école qui donneraient tête baissée dans le panneau.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 201

La Royal Dutch n'a pas fait un nouveau bond de trois mille francs. Le cours de quarante mille francs est envisagé. À mon sens il ne serait pas prudent d'attendre jusque-là. Mais il n'y a pas lieu de se presser étant donné les excellentes dispositions du marché.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 201

La Royal Dutch n'a pas fait un nouveau bond de trois mille francs. Le cours de quarante mille francs est envisagé. À mon sens il ne serait pas prudent d'attendre jusque-là. Mais il n'y a pas lieu de se presser étant donné les excellentes dispositions du marché.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 201

La Royal Dutch n'a pas fait un nouveau bond de trois mille francs. Le cours de quarante mille francs est envisagé. À mon sens il ne serait pas prudent d'attendre jusque-là. Mais il n'y a pas lieu de se presser étant donné les excellentes dispositions du marché.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 201

À mon sens, chacun peut avoir sa manière de voir, le poste de Constantinople ne devrait être accepté qu'après un réglement de nos difficultés pendantes avec l'Allemagne. Nous ne devons rien à personne, et il est inadmissible que tous les six mois on vienne nous réclamer par des manœuvres dolosives et à notre corps défendant, je ne sais quel quitus, toujours mis en avant par une presse de sportule.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 202

À mon sens, chacun peut avoir sa manière de voir, le poste de Constantinople ne devrait être accepté qu'après un réglement de nos difficultés pendantes avec l'Allemagne. Nous ne devons rien à personne, et il est inadmissible que tous les six mois on vienne nous réclamer par des manœuvres dolosives et à notre corps défendant, je ne sais quel quitus, toujours mis en avant par une presse de sportule.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 202

À mon sens, chacun peut avoir sa manière de voir, le poste de Constantinople ne devrait être accepté qu'après un réglement de nos difficultés pendantes avec l'Allemagne. Nous ne devons rien à personne, et il est inadmissible que tous les six mois on vienne nous réclamer par des manœuvres dolosives et à notre corps défendant, je ne sais quel quitus, toujours mis en avant par une presse de sportule.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 202

À mon sens, chacun peut avoir sa manière de voir, le poste de Constantinople ne devrait être accepté qu'après un réglement de nos difficultés pendantes avec l'Allemagne. Nous ne devons rien à personne, et il est inadmissible que tous les six mois on vienne nous réclamer par des manœuvres dolosives et à notre corps défendant, je ne sais quel quitus, toujours mis en avant par une presse de sportule.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 202

Il faut que cela finisse et naturellement un homme de haute valeur et qui a fait ses preuves, un homme qui aurait si je puis dire l'oreille de l'empereur, jouirait de plus d'autorité pour mettre le point final au conflit.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 202

Nous ne devons rien à personne, et il est inadmissible que tous les six mois on vienne nous réclamer par des manœuvres dolosives et à notre corps défendant, je ne sais quel quitus, toujours mis en avant par une presse de sportules. Il faut que cela finisse, et naturellement un homme de haute valeur et qui a fait ses preuves, un homme qui aurait si je puis dire l'oreille de l'empereur, jouirait de plus d'autorité que quiconque pour mettre le point final au conflit.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 202

À son [=le public] beau sang-froid qui est déjà un indice de succès, nous ajouterons encore par une nouvelle bien faite pour rassurer l'opinion publique, s'il en était besoin.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 207

"Oh! c'est inouï, me dit ma mère. Écoute, on ne s'étonne plus de rien à mon âge, mais je t'assure qu'il n'y a rien de plus inattendu que la nouvelle que m'annonce cette lettre."
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 223

— […] Cette lettre-ci m'annonce le mariage du petit Cambremer. — […] Et qui est cette fiancée ? — Ah ! si je te dis tout de suite, il n'y a pas de mérite, voyons, cherche un peu », me dit ma mère […] « Mais comment veux-tu que je sache ? Est-ce avec quelqu'un de brillant ? […] »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 224

— Si Legrandin et sa sœur sont contents, nous pouvons être sûrs que c'est un mariage brillant. — Le grandin je ne sais pas, mais la personne qui m'annonce le mariage dit que Mme de cambremer est ravie.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 224

Sans remonter même si loin de nous, aux Lucinge, pas plus tard qu'il y a six mois, tu te rappelles le mariage de l'ami de Robert avec cette jeune fille dont la seule raison d'être sociale était qu'on la supposait, à tort ou à raison, fille naturelle d'un prince souverain.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 225

Alors la princesse de Parme parla de Mlle d'Oloron. Dans le milieu des Guermantes on s'attendrissait sur la noblesse de cœur de M. de Charlus qui, bon comme il avait toujours été, faisait le bonheur d'une jeune fille pauvre et charmante. Et le duc de Guermantes souffrant de la réputation de son frère laissait entendre que si beau que cela fût, c'était fort naturel. « Je ne sais pas si je me fais bien entendre, tout est naturel dans l'affaire », disait-il maladroitement à force d'habileté.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 232

« Crois-tu, ce pauvre Swann [=décédé] qui désirait tant que Gilberte fût reçue chez les Guermantes, serait-il heureux s'il pouvait voir sa fille devenir une Guermantes ! — Sous un autre nom que le sien, conduite à l'autel comme Mlle de Forcheville ? crois-tu qu'il en serait si heureux ? — Ah ! c'est vrai, je n'y pensais pas. — C'est ce qui fait que je ne peux pas me réjouir pour cette petite "rosse" ; cette pensée qu'elle a eu le cœur de quitter le nom de son père qui était si bon pour elle. — Oui, tu as raison, tout compte fait, il est peut-être mieux qu'elle [=la grand-mère du Narrateur] ne l'ai pas su. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 240

« Crois-tu, ce pauvre Swann [=décédé] qui désirait tant que Gilberte fût reçue chez les Guermantes, serait-il heureux s'il pouvait voir sa fille devenir une Guermantes ! — Sous un autre nom que le sien, conduite à l'autel comme Mlle de Forcheville ? crois-tu qu'il en serait si heureux ? — Ah ! c'est vrai, je n'y pensais pas. — C'est ce qui fait que je ne peux pas me réjouir pour cette petite "rosse" ; cette pensée qu'elle a eu le cœur de quitter le nom de son père qui était si bon pour elle. — Oui, tu as raison, tout compte fait, il est peut-être mieux qu'elle [=la grand-mère du Narrateur] ne l'ai pas su. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 240

Et la petite Swann ! Elle disait : "Je dis qu'elle est charmante, vous verrez qu'elle fera un beau mariage."
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 240

[…] vous comprenez, quand on a publié les bans il a bien fallu dire le vrai nom. C'est très joli pour les journaux et pour le papetier qui envoie les lettres de faire-part de se faire appeler le marquis de Saint-Loup. Ça ne fait de mal à personne, et si ça peut leur faire plaisir à ces bonne gens, ce n'est pas moi qui y trouverai à redire, en quoi cela peut-il me gêner ? Comme je ne fréquenterai jamais la fille d'une femme qui a fait parler d'elle, elle peut bien être marquise long comme le bras pour ses domestiques. Mais dans les actes de l'état civil ce n'est pas la même chose.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 241

« Vous savez ce que c'est Mlle de Forcheville, c'est tout simplement Mlle Swann. Et le témoin de son mariage, le "baron" de Charlus, comme il se fait appeler, c'est ce vieux qui entretenait déjà la mère autrefois au vu et au su de Swann qui y trouvait son intérêt. — Mais qu'est-ce que vous dites ? protestait ma mère, Swann, d'abord, était extrêmement riche. — Il faut croire qu'il ne l'était pas tant que ça pour avoir besoin de l'argent des autres.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 241

Mais qu'est-ce qu'elle a donc, cette femme-là [=Odette], pour tenir ainsi ses anciens amants ? Elle a trouvé le moyen de se faire épouser par le premier, puis par le troisième et elle retire à moitié de la tombe le deuxième pour qu'il serve de témoin à la fille qu'elle a eu du premier ou d'un autre, car comment se reconnaître dans la quantité ? elle n'en sait plus rien elle-même ! Je dis le troisième, c'est le trois centième qu'il faudrait dire.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 241

Mais qu'est-ce qu'elle a donc, cette femme-là [=Odette], pour tenir ainsi ses anciens amants ? Elle a trouvé le moyen de se faire épouser par le premier, puis par le troisième et elle retire à moitié de la tombe le deuxième pour qu'il serve de témoin à la fille qu'elle a eu du premier ou d'un autre, car comment se reconnaître dans la quantité ? elle n'en sait plus rien elle-même !
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 241

[…] vous comprenez, quand on a publié les bans il a bien fallu dire le vrai nom. C'est très joli pour les journaux et pour le papetier qui envoie les lettres de faire-part de se faire appeler le marquis de Saint-Loup. Ça ne fait de mal à personne, et si ça peut leur faire plaisir à ces bonne gens, ce n'est pas moi qui y trouverai à redire, en quoi cela peut-il me gêner ? Comme je ne fréquenterai jamais la fille d'une femme qui a fait parler d'elle, elle peut bien être marquise long comme le bras pour ses domestiques. Mais dans les actes de l'état civil ce n'est pas la même chose.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 242

[…] vous comprenez, quand on a publié les bans il a bien fallu dire le vrai nom. C'est très joli pour les journaux et pour le papetier qui envoie les lettres de faire-part de se faire appeler le marquis de Saint-Loup. Ça ne fait de mal à personne, et si ça peut leur faire plaisir à ces bonne gens, ce n'est pas moi qui y trouverai à redire, en quoi cela peut-il me gêner ? Comme je ne fréquenterai jamais la fille d'une femme qui a fait parler d'elle, elle peut bien être marquise long comme le bras pour ses domestiques. Mais dans les actes de l'état civil ce n'est pas la même chose.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 242

[…] vous comprenez, quand on a publié les bans il a bien fallu dire le vrai nom. C'est très joli pour les journaux et pour le papetier qui envoie les lettres de faire-part de se faire appeler le marquis de Saint-Loup. Ça ne fait de mal à personne, et si ça peut leur faire plaisir à ces bonne gens, ce n'est pas moi qui y trouverai à redire, en quoi cela peut-il me gêner ? Comme je ne fréquenterai jamais la fille d'une femme qui a fait parler d'elle, elle peut bien être marquise long comme le bras pour ses domestiques. Mais dans les actes de l'état civil ce n'est pas la même chose.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 242

[…] vous comprenez, quand on a publié les bans il a bien fallu dire le vrai nom. C'est très joli pour les journaux et pour le papetier qui envoie les lettres de faire-part de se faire appeler le marquis de Saint-Loup. Ça ne fait de mal à personne, et si ça peut leur faire plaisir à ces bonne gens, ce n'est pas moi qui y trouverai à redire, en quoi cela peut-il me gêner ? Comme je ne fréquenterai jamais la fille d'une femme qui a fait parler d'elle, elle peut bien être marquise long comme le bras pour ses domestiques. Mais dans les actes de l'état civil ce n'est pas la même chose.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 242

Ce garçon [=Morel] pouvait agir comme bon lui semblait, il était libre. Mais s'il y a un côté où il n'aurait pas dû regarder, c'est le côté du neveu du baron. D'autant plus que le baron aimait le neveu comme son fils ; il a cherché à désunir le mariage, c'est honteux. Et il a fallu qu'il y mette des ruses diaboliques, car personne n'était plus opposé de nature à ces choses-là que le marquis de Saint-Loup. A-t-il fait assez de folies pour ses maîtresses ! Non, que ce misérable musicien ait quitté le baron comme il l'a quitté, salement, on peut bien le dire, c'était son affaire. Mais se tourner vers le neveu, il y a des choses qui ne se font pas !
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 243

Ce garçon [=Morel] pouvait agir comme bon lui semblait, il était libre. Mais s'il y a un côté où il n'aurait pas dû regarder, c'est le côté du neveu du baron. D'autant plus que le baron aimait le neveu comme son fils ; il a cherché à désunir le mariage, c'est honteux. Et il a fallu qu'il y mette des ruses diaboliques, car personne n'était plus opposé de nature à ces choses-là que le marquis de Saint-Loup. A-t-il fait assez de folies pour ses maîtresses ! Non, que ce misérable musicien ait quitté le baron comme il l'a quitté, salement, on peut bien le dire, c'était son affaire. Mais se tourner vers le neveu, il y a des choses qui ne s font pas !
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 243

C'est malheureux que ta petite amie de Balbec n'ait pas la fortune exigée par ma mère, je crois que nous nous serions bien entendus tous les deux.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 244

Ce garçon [=Morel] pouvait agir comme bon lui semblait, il était libre. Mais s'il y a un côté où il n'aurait pas dû regarder, c'est le côté du neveu du baron. D'autant plus que le baron aimait le neveu comme son fils ; il a cherché à désunir le mariage, c'est honteux. Et il a fallu qu'il y mette des ruses diaboliques, car personne n'était plus opposé de nature à ces choses-là que le marquis de Saint-Loup. A-t-il fait assez de folies pour ses maîtresses ! Non, que ce misérable musicien ait quitté le baron comme il l'a quitté, salement, on peut bien le dire, c'était son affaire. Mais se tourner vers le neveu, il y a des choses qui ne se font pas !
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 244

Ce garçon [=Morel] pouvait agir comme bon lui semblait, il était libre. Mais s'il y a un côté où il n'aurait pas dû regarder, c'est le côté du neveu du baron. D'autant plus que le baron aimait le neveu comme son fils ; il a cherché à désunir le mariage, c'est honteux. Et il a fallu qu'il y mette des ruses diaboliques, car personne n'était plus opposé de nature à ces choses-là que le marquis de Saint-Loup. A-t-il fait assez de folies pour ses maîtresses ! Non, que ce misérable musicien ait quitté le baron comme il l'a quitté, salement, on peut bien le dire, c'était son affaire. Mais se tourner vers le neveu, il y a des choses qui ne se font pas !
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 244

Ce garçon [=Morel] pouvait agir comme bon lui semblait, il était libre. Mais s'il y a un côté où il n'aurait pas dû regarder, c'est le côté du neveu du baron. D'autant plus que le baron aimait le neveu comme son fils ; il a cherché à désunir le mariage, c'est honteux. Et il a fallu qu'il y mette des ruses diaboliques, car personne n'était plus opposé de nature à ces choses-là que le marquis de Saint-Loup. A-t-il fait assez de folies pour ses maîtresses ! Non, que ce misérable musicien ait quitté le baron comme il l'a quitté, salement, on peut bien le dire, c'était son affaire. Mais se tourner vers le neveu, il y a des choses qui ne se font pas ! Jupien était sincère dans son indignation […]
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 244

Or Aimé me parla à ce moment d'un temps bien plus ancien, celui où j'avais fait la connaissance de Saint-Loup par Mme de Villeparisis en ce même Balbec. « Mais oui, monsieur, me dit-il, c'est archiconnu, il y a bien longtemps que je le sais. La première année que Monsieur était à Balbec, M. le marquis s'enferma avec son liftier, sous prétexte de développer des photographies […] Le petit voulait se plaindre, nous avons eu toutes les peines du monde à étouffer la chose.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 246

Mais je me rappelle tout de même qu'un jour à Doncières comme j'allais dîner chez les Verdurin et comme il [=Saint-Loup] venait de regarder d'une façon un peu prolongée Charlie, il m'avait dit : « C'est curieux, ce petit, il a des choses de Rachel. Cela ne te frappe pas ? Je trouve qu'ils ont des choses identiques. En tout cas cela ne peut pas m'intéresser. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 247

Mais je me rappelle tout de même qu'un jour à Doncières comme j'allais dîner chez les Verdurin et comme il [=Saint-Loup] venait de regarder d'une façon un peu prolongée Charlie, il m'avait dit : « C'est curieux, ce petit, il a des choses de Rachel. Cela ne te frappe pas ? Je trouve qu'ils ont des choses identiques. En tout cas cela ne peut pas m'intéresser. »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 247

« Vous parliez l'autre jour d'un raidillon. Comme je vous aimais alors ! » Elle me répondit : « Pourquoi ne me le disiez-vous pas ? je ne m'en étais pas doutée. Moi je vous aimais. Et même une fois je me suis jetée à votre tête. […] »
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 255

Comme on me laissait sortir seule, dès que je pouvais m'échapper j'y courais. Je ne peux pas vous dire comme j'aurais voulu vous y voir venir […]
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 255

L'enfant de chœur de l'église de Combray, Théodore qui, il faut l'avouer, était bien gentil (Dieu qu'il était bien !) et qui est devenu très laid […]
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 255

[…] je le suis un peu [=surpris] de ne pas avoir raconté à Gilberte qu'avant de la rencontrer ce jour-là, j'avais vendu une potiche de vieux chine pour lui acheter des fleurs. […] Plus d'une année après, si je voyais qu'une voiture allait heurter la mienne, ma seule envie de ne pas mourir était pour pouvoir raconter cela à Gilberte. Je me consolais en me disant : « Ne nous pressons pas, j'ai toute la vie devant moi pour cela. » Et à cause de cela je désirais ne pas perdre la vie.
M. Proust, ALRDTP 6, Albertine, p. 256


Index des énoncés usuels dans Proust ALRDTP
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