Index des énoncés usuels dans Proust (ALRDTP)

citations




Du côté de chez Swann A l'ombre des jeunes filles en fleurs Le côté de Guermantes Sodome et Gomorrhe La prisonnière Albertine disparue Le temps retrouvé
A l'ombre des jeunes filles en fleurs


[…] tout le fard non aperçu cristallisa et ma mère déclara […] que c'était une honte et cessa presque toute relation avec ma nièce.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 011

Comment, c'est vous maintenant qui ne voulez pas qu'il y aille! c'est un peu fort, vous qui répétiez tout le temps que cela pouvait lui être utile.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 016

Mettant ses espérances invincibles de rationaliste dans le régime de grand air et de coucher de bonne heure qui m'avait été prescrit, elle déplorait comme un désastre cette infraction que j'allais y faire et, sur un ton navré, disait: "Comme vous êtes léger" à mon père qui, furieux, répondait: "- Comment, c'est vous maintenant qui ne voulez pas qu'il y aille! c'est un peu fort, vous qui nous répétiez tout le temps que cela pouvait lui être utile."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 016

"Au moins, disait à côté de moi une femme assez commune, elle [l'actrice Berma] se dépense cella-là, elle se frappe à se faire mal, elle court, parlez-moi de ça, c'est jouer."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 027

« Je ne vous déconseillerais pas de souscrire à l'émission qui va être lancée prochainement. Elle est attrayante, car on vous offre les titres à des prix tentants. »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 030

Mais comment […] peux-tu dire que tu n'as pas eu de plaisir [au théâtre] ? Ta grand-mère nous a raconté que tu ne perdais pas un mot de ce que la Berma disait, que tu avais les yeux hors de la tête, qu'il n'y avait que toi dans la salle comme cela.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 032

— Mais oui, j'écoutais de mon mieux [l'actrice Berma] pour savoir ce qu'elle avait de si remarquable… Sans doute, elle est très bien. — Si elle est très bien, qu'est-ce qu'il te faut de plus ?
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 033

A quelqu'un qui lui en parlait, il aurait répondu très nettement, pour être entendu des personnes voisines: "Je n'ai été ni consulté ni prévenu", indiquant clairement par là qu'il déclinait toute responsabilité dans l'événement.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 036

A quelqu'un qui lui en parlait, il aurait répondu très nettement, pour être entendu des personnes voisines: "Je n'ai été ni consulté ni prévenu", indiquant clairement par là qu'il déclinait toute responsabilité dans l'événement.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 036

Le mot était attendu, il a été choisi à merveille, vous avez vu comme il a porté. Pour ma part j'y applaudis des deux mains."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 036

Pendant plus d'un mois les ennemis de Vaugoubert ont dansé autour de lui la danse du scalp, dit M. de Norpois, en détachant avec force ce dernier mot. Mais un bon averti en vaut deux; ces injures il les a repoussées du pied, ajouta-t-il plus énergiquement encore, et avec un regard si farouche que nous cessâmes un instant de manger.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 037

Pendant plus d'un mois les ennemis de Vaugoubert ont dansé autour de lui la danse du scalp, dit M. de Norpois, en détachant avec force ce dernier mot. Mais un bon averti en vaut deux; ces injures il les a repoussées du pied, ajouta-t-il plus énergiquement encore, et avec un regard si farouche que nous cessâmes un instant de manger. Comme dit un beau proverbe arabe: "Les chiens aboient, la caravane passe." Après avoir jeté cette citation M. de Norpois s'arrêta pour nous regarder et juger de l'effet qu'elle avait produite sur nous. Il fut grand, le proverbe nous était connu. Il avait remplacé cette année-là chez les hommes de haute valeur cet autre: "Qui sème le vent récolte la tempête", lequel avait besoin de repos, n'étant pas infatigable et vivace comme: "Travailler pour le Roi de Prusse".
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 037

Pendant plus d'un mois les ennemis de Vaugoubert ont dansé autour de lui la danse du scalp, dit M. de Norpois, en détachant avec force ce dernier mot. Mais un bon averti en vaut deux; ces injures il les a repoussées du pied, ajouta-t-il plus énergiquement encore, et avec un regard si farouche que nous cessâmes un instant de manger. Comme dit un beau proverbe arabe: "Les chiens aboient, la caravane passe." Après avoir jeté cette citation M. de Norpois s'arrêta pour nous regarder et juger de l'effet qu'elle avait produite sur nous. Il fut grand, le proverbe nous était connu.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 037

Ah! Balbec est agréable, j'ai passé par là il y a quelques années. […] je crois que l'endroit vous plaira. Mais puis-je vous demander ce qui vous a fait choisir Balbec? — Mon fils a le grand désir de voir certaines églises du pays […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 039

Je dois dire, ajouta-t-il, pour être tout à fait juste, qu'il y va [dans la maison de Mme Swann] cependant des femmes, mais. appartenant plutôt., comment dirais-je, au monde républicain qu'à la société de Swann […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 040

Je dois dire, ajouta-t-il, pour être tout à fait juste, qu'il y va cependant des femmes […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 040

Je n'entends pas par là qu'aucun Parisien de bonne compagnie ait manqué de respect à Mme Swann… Non, cent fois non ! le mari étant d'ailleurs homme à relever le gant.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 041

[…] elle avait depuis peu entendu dire par une femme sculpteur : « On peut s'attendre à tout de la part des hommes, ils son si mufles», et frappée par la profondeur de cete maxime pessimiste, elle se l'était appropriéee […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 042

[…] elle lui avait vu garder un silence glacial et tout au plus, si elle l'interpellait directement en lui demandant « Alors, tu ne trouves pas que c'est très bien, que c'est bien beau ce qu'il a fait là pour une femme qui lui a consacré sa jeunesse ? », répondre sèchement : « Mais je ne te dis pas que ce soit mal, chacun agit à sa guise. »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 042

[…] elle lui avait vu garder un silence glacial et tout au plus, si elle l'interpellait directement en lui demandant « Alors, tu ne trouves pas que c'est très bien, que c'est bien beau ce qu'il a fait là pour une femme qui lui a consacré sa jeunesse ? », répondre sèchement : « Mais je ne te dis pas que ce soit mal, chacun agit à sa guise. »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 042

Les chefs-d'œuvre ne sont pas si fréquents que cela ! Bergotte n'a pas à son actif, dans son bagage, si je puis dire, un roman d'une envolée un peu haute […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 048

[…] on ne voit [dans les livres de Bergotte] qu'analyses perpétuelles, […] de scrupules douloureux, de remords maladifs, et, pour de simples peccadilles, de véritables prêchi-prêcha (on sait ce qu'en vaut l'aune) […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 050

[…] si vous parliez de moi à Mme Swann, ce ne serait pas assez de ma vie pour vous témoigner ma gratitude […] Mais je tiens à vous faire remarquer que je ne connais pas Mme Swann et que je ne lui ai jamais été présenté.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 052

« Mais enfin, lui demanda ma mère, comment expliquez-vous que personne ne fasse la gelée aussi bien que vous (quand vous le voulez) ?
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 059

Françoise s'approchait tous les jours de moi en me disant : « Monsieur a une mine ! Vous ne vous êtes pas regardé, on dirait un mort ! »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 071

Quelquefois ma mère passait sa main sur mon front en me disant : "Alors les petits garçons ne racontent plus à leur maman les chagrins qu'ils ont ?"
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 071

[…] les parents de Gilberte, si l'un d'eux se trouvait à passer au moment de mon arrivée, loin d'avoir l'air irrité, me serraient la main en souriant et me disaient — "Comment allez-vous (qu'ils prononçaient tous deux comment allez-vous, sans faire la liaison du t, liaison, qu'on pense bien qu'une fois rentré à la maison je me faisais un incessant et voluptueux exercice de supprimer).
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 075

"Dites-donc, mon déjeuner commence à être loin, je ne dîne qu'à huit heures, j'ai bien envie de manger quelque chose. Qu'en diriez-vous?" Et elle nous faisait entrer dans la salle à manger [pour le goûter] […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 078

Certaines [amies de Gilberte] refusaient du thé ! Alors Gilberte disait, phrase très répandue à l'époque : "Décidément, je n'ai pas de succès avec mon thé !"
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 078

-Tiens, ça a l'air bon ce que vous mangez là, cela me donne faim de vous voir manger du cake. — Eh bien, maman, nous vous invitons répondait Gilberte. — Mais non, mon trésor, qu'est-ce que diraient mes visites […] ?
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 079

A ces moments-là [le narrateur est reçu par Swann] son maître d'hôtel m'aurait fait plaisir en me demandant de lui donner ma montre, mon épingle de cravate, mes bottines et de signer un acte qui le reconnaissait pour mon héritier : selon la belle expression populaire dont, comme pour les plus célèbres épopées, on ne connaît pas l'auteur, mais qui comme elles et contrairement à la théorie de Wolf en a eu certainement un (un de ces esprits inventifs et modestes ainsi qu'il s'en rencontre chaque année, lesquels font des trouvailles telles que "mettre un nom sur une figure", mais leur nom à eux, ils ne le font pas connaître), je ne savais plus ce que je faisais.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 081

Et Camille me disait qu'entre quatre et cinq heures il est bien venu douze personnes. Qu'est-ce que je dis douze, je crois qu'il m'a dit quatorze. Non, douze ; enfin je ne sais plus.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 082

Sais-tu si ta mère est seule, Gilberte ? — Non, elle a encore du monde, papa.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 082

— […] Qu'est-ce que tu dis: employé dans un ministère? Il est tout simplement chef de cabinet, chef de toute la boutique, et encore, où ai-je la tête, ma parole je suis aussi distrait que toi, il n'est pas chef de cabinet, il est directeur du cabinet." — "J'sais pas, moi; alors c'est beaucoup d'être le directeur du cabinet?" répondait Gilberte qui ne perdait jamais une occasion de manifester de l'indifférence pour tout ce qui donnait de la vanité à ses parents (elle pouvait d'ailleurs penser qu'elle ne faisait qu'ajouter à une relation aussi éclatante, en n'ayant pas l'air d'y attacher trop d'importance). — "Comment si c'est beaucoup, s'écriait Swann qui préférait à cette modestie qui eût pu me laisser dans le doute, un langage plus explicite. Mais c'est simplement le premier après le ministre! C'est même plus que le ministre, car c'est lui qui fait tout.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 083

Il est tout simplement chef de cabinet, chef de toute la boutique, et encore, où ai-je la tête, ma parole, je suis aussi distrait que toi, il n'est pas chef de cabinet il est directeur du cabinet.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 083

Il est tout simplement chef de cabinet, chef de toute la boutique, et encore, où ai-je la tête, ma parole, je suis aussi distrait que toi, il n'est pas chef de cabinet, il est directeur de cabinet.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 083

Mais je connais Mme Bontemps, et elle ne me plaît pas non plus. — Tu as le plus grand tort, elle est charmante, jolie, intelligente.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 083

— […] Mon Dieu je ne pense pas qu'elle ait approfondi la Critique de la Raison pure, mais elle n'est pas déplaisante. — Je suis absolument de votre avis, répondait la duchesse. Et encore, elle était intimidée, mais vous verrez qu'elle peut être charmante.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 085

— Au fond elle est bonne femme, elle a même un certain sens du comique […] — Je suis absolument de votre avis […] — Elle est bien moins embêtante que Mme XJ […] qui vous cite vingt volumes. — Mais il n'y a pas de comparaison possible.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 085

— Les Cottard et la duchesse de Vendôme, est-ce que vous ne trouvez pas que cela sera drôle ? demanda Swann. — Je crois que ça marchera très mal et que ça ne vous attirera que des ennuis, il ne faut pas jouer avec le feu, répondit Mme Bontemps, furieuse.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 092

— Les Cottard et la duchesse de Vendôme, est-ce que vous ne trouvez pas que cela sera drôle ? demanda Swann. — Je crois que ça marchera très mal et que ça ne vous attirera que des ennuis, il ne faut pas jouer avec le feu, répondit Mme Bontemps, furieuse.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 092

[…] il avait essayé un jour de lire à travers l'enveloppe une lettre adressée par Odette à Forcheville […] et plutôt que d'approfondir la honte qu'il ressentait, il préférait se livrer à une petite grimace du coin de la bouche […] qui signifiait : "Qu'est-ce que ça peut me faire ?".
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 093

Il y avait seulement les maîtres de maison, le duc et la duchesse de Vendôme […] le professeur et Mme Cottard, et, ma foi, du diable si on a jamais su pourquoi, car ils allaient là comme des cheveux sur la soupe, M. et Mme Bontemps.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 093

Pour que la jalousie de Swann renaquît, il n'était pas nécessaire que cette femme fût infidèle, il suffisait que pour une raison quelconque elle fût loin de lui, à une soirée par exemple, et y parût pour s'amuser.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 095

C'est la princesse Mathilde, […] vous savez, l'amie de Flaubert, de Ste-Beuve, de Dumas. Songez, c'est la nièce de Napoléon Ier ! Elle a été demandée en mariage par Napoléon III et par l'empereur de Russie. Ce n'est pas intéressant ? Parlez-lui un peu.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 110

Il s'est conduit comme un cauchon », dit-elle d'une voix rude et en prononçant le mot comme si ç'avait été le nom de l'évêque contemporain de Jeanne d'Arc.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 110

[Swann refuse que Gilberte aille au concert] Il appela Gilberte et la prit à part dans la pièce à côté. On entendit des éclats de voix. […] Enfin Swann sortit en lui disant: "Tu sais ce que je t'ai dit. Maintenant, fais ce que tu voudras." ./. La figure de Gilberte resta contractée pendant tout le déjeuner, après lequel nous allâmes dans sa chambre.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 113

Je trouve ça grotesque de s'occuper des autres dans les choses de sentiment.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 113

— Mais, lui dis-je, est-ce que cela n'ennuie pas votre père ? — Pas le moins du monde. — Cependant il avait l'air que cela ne semble bizarre à cause de cet anniversaire. — Qu'est-ce que cela peut me faire ce que les autres pensent. Je trouve ça grotesque de s'occuper des autres dans les choses de sentiment. […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 113

[…] quelque mentalité d'ingénieur pressé, de la sorte de ceux qui quand on les salue croient comme il faut de dire: "Merci et vous" avant qu'on leur ait demandé de leurs nouvelles et si on leur déclare qu'on a été enchanté de faire leur connaissance, répondent par une abréviation qu'ils se figurent bien portée, intelligente et moderne en ce qu'elle évite de perdre en de vaines formules un temps précieux: "Egalement".
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 116

En partant d'eux, je ne serais jamais arrivé à ce nez en colimaçon; mais en partant de ce nez qui n'avait pas l'air de s'en inquiéter, faisait cavalier seul et "fantaisie", j'allais dans une toute autre direction que l'œuvre de Bergotte, j'aboutirais, semblait-il à quelque mentalité d'ingénieur pressé, de la sorte de ceux qui quand on les salue croient comme il faut de dire: "Merci et vous" avant qu'on leur ait demandé de leurs nouvelles et si on leur déclare qu'on a été enchanté de faire leur connaissance, répondent par une abréviation qu'ils se figurent bien portée, intelligente et moderne en ce qu'elle évite de perdre en de vaines formules un temps précieux : « Également. »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 116

En partant d'eux, je ne serais jamais arrivé à ce nez en colimaçon; mais en partant de ce nez qui n'avait pas l'air de s'en inquiéter, faisait cavalier seul et "fantaisie", j'allais dans une toute autre direction que l'œuvre de Bergotte, j'aboutirais, semblait-il à quelque mentalité d'ingénieur pressé, de la sorte de ceux qui quand on les salue croient comme il faut de dire: "Merci et vous" avant qu'on leur ait demandé de leurs nouvelles et si on leur déclare qu'on a été enchanté de faire leur connaissance, répondent par une abréviation qu'ils se figurent bien portée, intelligente et moderne en ce qu'elle évite de perdre en de vaines formules un temps précieux : « Également. »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 116

Les plaisirs de l'intelligence sont bien peu de choses pour moi, ce n'est pas eux que je recherche, je ne sais même pas si je les ai jamais goûtés. — Vous croyez vraiment ? me répondit-il.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 136

« Tout ceci de vous à moi », me dit Bergotte en me quittant devant ma porte. Quelques années plus tard, je lui aurais répondu : « Je ne répète jamais rien. » C'est la phrase rituelle des gens du monde, par laquelle chaque fois le médisant est faussement rassuré.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 137

« Tout ceci de vous à moi », me dit Bergotte en me quittant devant ma porte. Quelques années plus tard, je lui aurais répondu : « Je ne répète jamais rien. » C'est la phrase rituelle des gens du monde, par laquelle chaque fois le médisant est faussement rassuré.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 137

Swann t'a présenté à Bergotte ? Excellente connaissance, charmante relation ! s'écria ironiquement mon père. Il ne manquait plus que cela !
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 139

— […] M. de Norpois est tout ce qu'il y a de plus gentil, mais il n'est pas toujours très bienveillant, surtout pour les gens qui ne sont pas de son bord. — C'est vrai, je l'avais aussi remarqué, répondit mon père.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 140

[Maman demanderait-elle des nouvelles de sa mère à Gilberte Swann ?] — Mais non, puisque je ne connais pas Mme Swann. — Mais elle ne te connaît pas davantage [et elle me demande de tes nouvelles]. — Je ne te dis pas, mais nous ne sommes obligés de faire de même en tout.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 141

La patronne de cette maison ne connaissait aucune des femmes qu'on lui demandait et en proposait toujours dont on n'aurait pas voulu. Elle m'en vantait surtout une, une dont, avec un sourire plein de promesses (comme si ç'avait été une rareté et un régal) elle disait: "C'est une Juive! Ça ne vous dit rien?" (C'est sans doute à cause de cela qu'elle l'appelait Rachel) Et avec une exaltation niaise et factice qu'elle espérait être communicative et qui finissait sur un râle presque de jouissance: "Pensez donc mon petit, une juive, il me semble que ça doit être affolant! Rah!"
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 142

La patronne de cette maison ne connaissait aucune des femmes qu'on lui demandait et en proposait toujours dont on n'aurait pas voulu. Elle m'en vantait surtout une, une dont, avec un sourire plein de promesses (comme si ç'avait été une rareté et un régal) elle disait: "C'est une Juive ! Ça ne vous dit rien ?" (C'est sans doute à cause de cela qu'elle l'appelait Rachel.) Et avec une exaltation niaise et factice qu'elle espérait être communicative et qui finissait sur un râle presque de jouissance: "Pensez donc mon petit, une juive, il me semble que ça doit être affolant ! Rah !"
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 142

Alors ce n'est pas encore pour ce soir que je vous unis à "Rachel quand du Seigneur"? Comment dites-vous cela: "Rachel quand du Seigneur!" Ah! ça c'est très bien trouvé. Je vais vous fiancer. Vous verrez que vous ne le regretterez pas.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 143

Elle sentit que son scepticisme venait de heurter à l'aveugle une volonté. Elle s'en excusa, me dit en m'embrassant: "Pardon, je ne dirai plus rien."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 145

[Gilberte part danser au moment où Marcel arrive] "On n'est pas obligé d'aller danser tous les jours" dit Odette à sa fille, avec une sagesse sans doute apprise autrefois de Swann…
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 147

Ce rire avait l'air de signifier: "Non non je ne me laisse pas prendre à tout ce que vous me dites, je sais que vous êtes fou de moi, mais cela ne me fait ni chaud ni froid, car je me fiche de vous…"
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 149

Et les paroles de Gilberte étaient affectueuses… "Mais en quoi ne suis-je pas gentil ? lui demandai-je, dites-le moi, je ferai tout ce que vous voudrez. — Non, cela ne servirait à rien, je ne peux pas vous expliquer…"
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 149

Et les paroles de Gilberte étaient affectueuses. "Mais en quoi ne suis-je pas gentil? lui demandai-je, dites-le moi, je ferai tout ce que vous voudrez. — Non, cela ne servirait à rien, je ne peux pas vous expliquer."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 149

Et les paroles de Gilberte étaient affectueuses… « Mais en quoi ne suis-je pas gentil ? lui demandai-je, dites-le moi, je ferai tout ce que vous voudrez. — Non, cela ne servirait à rien, je ne peux pas vous expliquer… »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 149

[…] c'est plus fort que moi, vous savez, ces femmes de fonctionnaires, je ne peux pas m'empêcher de leur tirer la langue. Et ma nièce Albertine est comme moi.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 161

[…] c'est plus fort que moi, vous savez, ces femmes de fonctionnaires, je ne peux pas m'empêcher de leur tirer la langue. Et ma nièce Albertine est comme moi.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 161

[…] je fais avec plaisir tout ce qui peut être utile au professeur. — Mais madame, il faut pouvoir. Probablement que vous n'êtes pas nerveuse. Moi, quand je vois la femme du ministre de la Guerre faire des grimaces, immédiatement je me mets à l'imiter.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 162

« Mais vous me semblez bien belle ? Redfern fecit ? — Non, vous savez que je suis une fervente de Raudnitz. Du reste c'est un retapage. — Eh bien ! cela a un chic ! — Combien croyez-vous ?… Non, changez le premier chifre. — Comment, mais c'est pour rien, c'est donné. On m'avait dit trois fois autant. — Voilà comme on écrit l'histoire » conclut la femme du docteur.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 162

« Odette, le prince d'Agrigente qui est avec moi dans mon cabinet demande s'il pourrait venir vous présenter ses hommages. Que dois-je aller lui répondre ? — Mais que je serais enchantée », disait Odette avec satisfaction […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 163

« Odette, le prince d'Agrigente qui est avec moi dans mon cabinet demande s'il pourrait venir vous présenter ses hommages. Que dois-je aller lui répondre ? — Mais que je serais enchantée », disait Odette avec satisfaction […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 163

M. Swann pour vous dire la vérité n'avale pas la mère Verdurin et il n'apprécierait pas beaucoup que j'en fasse ma fréquentation habituelle. Et moi, fidèle épouse…
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 163

M. Swann pour vous dire la vérité n'avale pas la mère Verdurin et il n'apprécierait pas beaucoup que j'en fasse ma fréquentation habituelle. Et moi, fidèle épouse… »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 163

Nous allons très rarement chez la Patronne depuis le Schisme. C'était encore possible quand mon mari était garçon, mais pour un ménage ce n'est pas toujours très facile.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 163

Odette, le prince d'Agrigente qui est avec moi dans mon cabinet demande s'il pourrait venir vous présenter ses hommages. Que dois-je aller lui répondre ? — Mais que je serais enchantée, disait Odette avec satisfaction […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 163

[Mme Verdurin est-elle snob?] — C'est tout le contraire. D'abord elle n'en a pas les moyens, elle ne connaît personne. Ensuite il faut lui rendre cette justice que cela lui plaît ainsi. Non, ce qu'elle aime ce sont ses mercredis, les causeurs agréables.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 164

Seul aussi d'ailleurs il était présenté par Odette qui préférait que Mme Verdurin n'entendît pas de noms obscurs et voyant plus d'un visage inconnu d'elle, pût se croire au milieu de notabilités aristocratiques, calcul qui réussissait si bien que le soir Mme Verdurin disait avec dégoût à son mari : « Charmant milieu ! Il y avait toute la fleur de la Réaction ! »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 164

"Vous n'avez pas de rats, au moins ?" "Mais non ! Quelle horreur ! " "Tant mieux, on m'avait dit cela. Je suis bien aise de savoir que ce n'est pas vrai, parce que j'en ai une peur épouvantable […]"
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 165

[…] et tout en tendant une assiette de gâteaux: "Vous savez que ce n'est pas mauvais du tout ces petites saletés-là. Ça ne paie pas de mine mais goûtez-en, vous m'en direz des nouvelles."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 167

[…] et tout en tendant une assiette de gâteaux: "Vous savez que ce n'est pas mauvais du tout ces petites saletés-là. Ça ne paie pas de mine mais goûtez-en, vous m'en direz des nouvelles."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 167

Allons, rasseyez-vous un moment. Vous ne ferez tout de même plus d'autre visite avant le dîner. Vraiment vous ne vous laissez pas tenter ? ajoutait Mme Swann et tout en tendant une assiette de gâteaux […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 167

"Lohengrin? Ah! oui, la dernière revue des Folies-Bergère […]" Hé bien, madame, qu'est-ce que vous voulez, quand on entend des choses comme ça, ça vous fait bouillir. J'avais envie de la gifler. Parce que j'ai mon petit caractère, vous savez.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 168

"Lohengrin ? Ah ! oui, la dernière revue des Folies-Bergère […]" Hé bien, madame, qu'est-ce que vous voulez, quand on entend des choses comme ça, ça vous fait bouillir. J'avais envie de la gifler. Parce que j'ai mon petit caractère, vous savez.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 168

Allons, Odette, je me sauve, ne retenez plus Mme Bontemps puisqu'elle se charge de moi, il faut absolument que je m'arrache, vous me faites faire du joli, je vais être rentrée après mon mari !
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 170

Allons, Odette, je me sauve, ne retenez plus Mme Bontemps puisqu'elle se charge de moi, il faut absolument que je m'arrache, vous me faites faire du joli, je vais être rentrée après mon mari!
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 170

D'ailleurs nos contemporains veulent absolument du nouveau, n'en fût-il plus au monde.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 170

Et moi aussi il fallait que je rentrasse, avant d'avoir goûté à ces plaisirs de l'hiver […]. Ces plaisirs n'étaient pas venus et cependant Mme Swann n'avait pas l'air d'attendre encore quelque chose. Elle laissait les domestiques emporter le thé comme elle aurait annoncé "On ferme !" Et elle finissait par me dire "Alors, vraiment, vous partez ? Hé bien, good bye !"
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 170

Elle la défendait avec adresse et disait : « On est injuste pour elle, car c'est une gentille femme, je vous assure. »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 178

[…] ce négligeable introït du jour […] que j'évoquerais volontiers dans la journée devant Françoise ou des étrangers en parlant du brouillard à couper au couteau qu'il y avait eu le matin à six heures […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 228

Quand Swann m'avait dit à Paris, un jour que j'étais particulièrement souffrant: "Vous devriez partir pour ces délicieuses îles de l'Océanie, vous verrez que vous n'en reviendrez plus", j'aurais voulu lui répondre: "Mais alors je ne verrai plus votre fille, je vivrai au milieu de choses et de gens qu'elle n'a jamais vus." Et pourtant ma raison me disait: "Qu'est-ce que cela peut faire, puisque tu n'en seras pas affligé? Quand M. Swann te dit que tu ne reviendras pas, il entend par là que tu ne voudras pas revenir, et puisque tu ne le voudras pas, c'est que, là-bas, tu seras heureux."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 229

Quand Swann m'avait dit à Paris, un jour que j'étais particulièrement souffrant: "Vous devriez partir pour ces délicieuses îles de l'Océanie, vous verrez que vous n'en reviendrez plus", j'aurais voulu lui répondre: "Mais alors je ne verrai plus votre fille, je vivrai au milieu de choses et de gens qu'elle n'a jamais vus." Et pourtant ma raison me disait: "Qu'est-ce que cela peut faire, puisque tu n'en seras pas affligé? Quand M. Swann te dit que tu ne reviendras pas, il entend par là que tu ne voudras pas revenir, et puisque tu ne le voudras pas, c'est que, là-bas, tu seras heureux."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 229

- "Ah! c'est vrai, vous ne prenez pas le même train que nous, vous êtes privilégiés, vous serez rendus pour le déjeuner." — "Comment, privilégiés ? Vous qui habitez la capitale, Paris, la grande ville, tandis que j'habite un pauvre chef-lieu de cent mille âmes, il est vrai cent deux mille au dernier recensement; mais qu'est-ce à côté de vous qui en comptez deux millions cinq cent mille? et qui allez retrouver l'asphalte, et tout l'éclat du monde parisien."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 233

[…] quand elle allait se baigner, les gamins criaient: "Vive la reine!" parce qu'elle faisait pleuvoir sur eux des pièces de cinquante centimes. Le premier président et le bâtonnier ne voulaient même pas avoir l'air de la voir, et si quelqu'un de leurs amis la regardait, ils croyaient devoir le prévenir que c'était une petite ouvrière. — "Mais on m'avait assuré qu'à Ostende ils usaient de la cabine royale." — "Naturellement ! On la loue pour vingt francs. Vous pouvez la prendre si cela vous fait plaisir.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 234

[…] quand elle allait se baigner, les gamins criaient: "Vive la reine!" parce qu'elle faisait pleuvoir sur eux des pièces de cinquante centimes. Le premier président et le bâtonnier ne voulaient même pas avoir l'air de la voir, et si quelqu'un de leurs amis la regardait, ils croyaient devoir le prévenir que c'était une petite ouvrière. — "Mais on m'avait assuré qu'à Ostende ils usaient de la cabine royale." — "Naturellement ! On la loue pour vingt francs. Vous pouvez la prendre si cela vous fait plaisir.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 235

"Non, non, non, non, nous restons cachés, comme l'humble violette. — Mais vous avez tort, je vous le répète", répondit le bâtonnier […] Ils ne vous auraient pas mangés.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 244

— […] Allons-nous faire notre petit bésigue ? — Mais volontiers, nous n'osions pas vous le proposer […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 244

— […] Je pensais que vous alliez venir, je vous faisais des signes. je vous aurai présenté ! » dit-il en corrigeant par une légère ironie l'énormité de cette proposition, comme Assuérus quand il dit à Esther : « Faut-il de mes États vous donner la moitié ? » — « Non, non, non, non, nous restons cachés, comme l'humble violette. — Mais vous avez tort, je vous le répète », répondit le bâtonnier enhardi maintenant que le danger était passé. « Ils ne vous auraient pas mangés. […] »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 244

Mais qu'est-ce que ça a de chic d'avoir des amis à déjeuner ? Faut bien qu'ils déjeunent quelque part !
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 244

Tenez, j'y dîne demain soir. Voulez-vous y aller à ma place ? C'est de grand cœur. Franchement, j'aime autant rester ici.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 244

— Tenez, j'y dîne demain soir. Voulez-vous y aller à ma place ? C'est de grand cœur. Franchement, j'aime autant rester ici.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 244

— "Aimé, vous pourrez dire à M. de Stermaria qu'il n'est pas le seul noble qu'il y ait eu dans cette salle à manger. Vous avez bien vu ce monsieur qui a déjeuné avec moi ce matin ? Hein ? petites moustaches, air militaire ? Eh bien, c'est le marquis de Cambremer." — "Ah, vraiment ? cela ne m'étonne pas !" — "Ça lui montrera qu'il n'est pas le seul homme titré. Et attrape donc ! Il n'est pas mal de leur rabattre leur caquet à ces nobles. Vous savez, Aimé, ne lui dites rien si vous voulez, moi, ce que j'en dis, ce n'est pas pour moi; du reste, il le connaît bien."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 245

— "Aimé, vous pourrez dire à M. de Stermaria qu'il n'est pas le seul noble qu'il y ait eu dans cette salle à manger. Vous avez bien vu ce monsieur qui a déjeuné avec moi ce matin ? Hein ? petites moustaches, air militaire ? Eh bien, c'est le marquis de Cambremer." — "Ah, vraiment ? cela ne m'étonne pas !" — "Ça lui montrera qu'il n'est pas le seul homme titré. Et attrape donc ! Il n'est pas mal de leur rabattre leur caquet à ces nobles. Vous savez, Aimé, ne lui dites rien si vous voulez, moi, ce que j'en dis, ce n'est pas pour moi; du reste, il le connaît bien."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 245

Vous savez, Aimé, ne lui dites rien si vous voulez, moi, ce que j'en dis, ce n'est pas pour moi […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 245

Dites, Premier, cela a l'air très bon, ces petites truites-là, nous allons en demander à Aimé. Aimé, cela me semble tout à fait recommandable, ce petit poisson que vous avez là-bas : vous allez nous apporter de cela, et à discrétion.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 247

[…] si ma grand'mère ou moi nous avions froid aux pieds, Françoise, fût-il une heure tout à fait normale, n'osait pas sonner; elle assurait que ce serait mal vu parce que cela obligerait à rallumer les fourneaux, ou gênerait le dîner des domestiques qui seraient mécontents. Et elle finissait par une locution qui malgré la façon incertaine dont elle la prononçait n'en était pas moins claire et nous donnait nettement tort: "Le fait est..." Nous n'insistions pas, de peur de nous en faire infliger une, bien plus grave: "C'est quelque chose! ..." De sorte qu'en somme nous ne pouvions plus avoir d'eau chaude parce que Françoise était devenue l'amie de celui qui la faisait chauffer.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 250

[…] si ma grand'mère ou moi nous avions froid aux pieds, Françoise, fût-il une heure tout à fait normale, n'osait pas sonner; elle assurait que ce serait mal vu parce que cela obligerait à rallumer les fourneaux, ou gênerait le dîner des domestiques qui seraient mécontents. Et elle finissait par une locution qui malgré la façon incertaine dont elle la prononçait n'en était pas moins claire et nous donnait nettement tort: "Le fait est..." Nous n'insistions pas, de peur de nous en faire infliger une, bien plus grave: "C'est quelque chose! ..." De sorte qu'en somme nous ne pouvions plus avoir d'eau chaude parce que Françoise était devenue l'amie de celui qui la faisait chauffer.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 250

Chaque fois que ma grand'mère remarquait un livre que Mme de Villeparisis lisait ou disait avoir trouvé beaux des fruits que celle-ci avait reçus d'une amie, une heure après un valet de chambre montait nous remette livre ou fruits. Et quand nous la voyions ensuite, pour répondre à nos remerciements, elle se contentait de dire, ayant l'air de chercher une excuse à son présent dans quelque utilité spéciale: "Ce n'est pas un chef-d'œuvre, mais les journaux arrivent si tard, il faut bien avoir quelque chose à lire." Ou: "C'est toujours plus prudent d'avoir du fruit dont on est sûr au bord de la mer."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 252

Je ne peux pas vous dire comme Mme Blandais m'agace en regardant ces gens-là comme cela, dit le bâtonnier au président. Je voudrais pouvoir lui donner une gifle.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 257

Et chaque jour toutes ces dames accouraient en riant./. « Nous venons aux nouvelles. » ./. Mais le soir de la visite de la princesse du Luxembourg, la femme du Premier mit un doigt sur sa bouche./. « Il y a du nouveau. — Oh ! elle est extraordinaire, Mme Poncin ! je n'ai jamais vu… mais dites, qu'y a-t-il ?
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 258

Et chaque jour toutes ces dames accouraient en riant./. « Nous venons aux nouvelles. » ./. Mais le soir de la visite de la princesse du Luxembourg, la femme du Premier mit un doigt sur sa bouche./. « Il y a du nouveau. — Oh ! elle est extraordinaire, Mme Poncin ! je n'ai jamais vu… mais dites, qu'y a-t-il ?
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 258

— hé bien il y a qu'une femme aux cheveux jaunes, avec un pied de rouge sur la figure, une voiture qui sentait l'horizontale d'une lieue, et comme n'en ont que ces demoisellezs, est venue tantôt pour voir la prétendue marquise. — Ouil you uouil ! patatras ! Voyez-vous ça ! mais c'est cette dame que nous avons vue, vous vous rappelez, bâtonnier, nous avions bien trouvé qu'elle marquait très mal mais nous ne savions pas qu'elle était venue pour la marquise. Une femme avec un nègre, n'est-ce pas ? — C'est cela même. — Ah ! vous m'en direz tant. Vous ne savez pas son nom ? — Si, j'ai fait semblant de me tromper […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 258

— Hé bien il y a qu'une femme aux cheveux jaunes, avec un pied de rouge sur la figure, une voiture qui sentait l'horizontale d'une lieue, et comme n'en ont que ces demoiselles, est venue tantôt pour voir la prétendue marquise. — Ouil you uouil ! patatras ! Voyez-vous ça ! mais c'est cette dame que nous avons vue, vous vous rappelez, bâtonnier, nous avions bien trouvé qu'elle marquait très mal mais nous ne savions pas qu'elle était venue pour la marquise. Une femme avec un nègre, n'est-ce pas ?
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 258

Elle défendait la République à laquelle elle ne reprochait son anticléricalisme que dans cette mesure: " Je trouverais tout aussi mauvais qu'on m'empêchât d'aller à la messe si j'en ai envie que d'être forcée d'y aller si je ne le veux pas ", lançant même certains mots comme: " Oh! la noblesse aujourd'hui, qu'est-ce que c'est!" " Pour moi, un homme qui ne travaille pas, ce n'est rien ", peut-être seulement parce qu'elle sentait ce qu'ils prenaient de piquant, de savoureux, de mémorable, dans sa bouche.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 264

C'était encore l'occasion pour nous d'écouter Mme de Villeparisis… « Nous abusons de vous, disait ma grand-mère. — Mais comment, je suis ravie, cela m'enchante », répondait son amie avec un sourire câlin […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 277

C'était encore l'occasion pour nous d'écouter Mme de Villeparisis. "Nous abusons de vous, disait ma grand-mère. — Mais comment, je suis ravie, cela m'enchante", répondait son amie avec un sourire câlin […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 277

C'était encore l'occasion pour nous d'écouter Mme de Villeparisis. "Nous abusons de vous, disait ma grand-mère. — Mais comment, je suis ravie, cela m'enchante", répondait son amie avec un sourire câlin […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 277

[…] asseyez-vous, tenez, mettez-vous là, disait-elle à ma grand-mère en lui prenant la main. — Oh! si cela vous est égal, pas dans ce fauteuil! Il est trop petit pour deux, mais trop grand pour moi seule, j'y serais mal.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 278

En effet, la duchesse de La Rochefoucauld montait difficilement, étant énorme, si énorme, que quand elle entra ma mère eut un instant d'inquiétude en se demandant où elle pourrait la placer. A ce moment le meuble donné par Mme de Praslin frappa ses yeux: " Prenez donc la peine de vous asseoir, dit ma mère en le lui avançant. " Et la duchesse le remplit jusqu'aux bords.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 279

En effet, la duchesse de La Rochefoucauld montait difficilement, étant énorme, si énorme, que quand elle entra ma mère eut un instant d'inquiétude en se demandant où elle pourrait la placer. A ce moment le meuble donné par Mme de Praslin frappa ses yeux: " Prenez donc la peine de vous asseoir, dit ma mère en le lui avançant. " Et la duchesse le remplit jusqu'aux bords. Elle était malgré cette importance, restée assez agréable. " Elle fait encore un certain effet quand elle entre ", disait un de nos amis. " Elle en fait surtout quand elle sort ", répondit ma mère qui avait le mot plus leste qu'il ne serait de mise aujourd'hui. Chez Mme de La Rochefoucauld même, on ne se gênait pas pour plaisanter devant elle qui en riait la première, ses amples proportions. " Mais est-ce que vous êtes seul ", demanda un jour à M. de La Rochefoucauld ma mère qui venait faire visite à la duchesse et qui, reçue à l'entrée par le mari, n'avait pas aperçu sa femme qui était dans une baie du fond. Est-ce que Madame de La Rochefoucauld n'est pas là, je ne la vois pas. " — " Comme vous êtes aimable !" répondit le duc qui avait un des jugements les plus faux que j'aie jamais connus mais ne manquait pas d'un certain esprit.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 280

Une fois je lui dis [à ma grand-mère] : "Sans toi je ne pourrai pas vivre. — Mais il ne faut pas, me répondit-elle d'une voix troublée. Il faut nous faire un cœur plus dur que ça. Sans cela que deviendrais-tu si je partais en voyage ? […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 281

[Saint-Loup] pensait bien que Bloch attachait plus d'importance que lui à cette faute de prononciation. Ce que Bloch prouva quelque temps après, un jour qu'il m'entendit prononcer "lift" [et non 'laïft'], en interrompant: "Ah ! on dit lift." Et d'un ton sec et hautain: "Cela n'a d'ailleurs aucune espèce d'importance." Phrase analogue à un réflexe, la même chez tous les hommes qui ont de l'amour propre, dans les plus graves circonstances aussi bien que dans les plus infimes ; dénonçant alors aussi bien que dans celle-ci combien importante paraît la chose en question à celui qui la déclare sans importance […] phrase tragique parfois qui la première de toutes s'échappe, si navrante alors, des lèvres de tout homme un peu fier à qui on vient d'enlever la dernière espérance à laquelle il se raccrochait, en lui refusant un service: "Ah "! bien cela n'a aucune espèce d'importance, je m'arrangerai autrement", l'autre arrangement vers lequel il est sans aucune espèce d'importance d'être rejeté étant quelquefois le suicide.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 292

Quant à ce dernier ami, il éprouve le besoin de répéter ou de révéler à quelqu'un ce qui peut le plus vous contrarier, est ravi de sa franchise et vous dit avec force : « Je suis comme cela. »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 294

Le même jour, il s'arrangea pour me voir seul, me fit sa confession, déclara qu'il avait agi dans mon intérêt parce qu'il croyait qu'un certain genre de relations mondaines m'était néfaste et que je "valais mieux que cela".
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 297

D'ailleurs, dès qu'il commençait à s'attendrir sur un fait faux, il disait : « Je te le jure », plus encore pour la volupté hystérique de mentir que dans l'intérêt de faire croire qu'il disait la vérité.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 298

M. Bloch père, quand son fils lui avait dit qu'il amènerait dîner un de ses amis, dont il avait décliné sur un ton de satisfaction sarcastique le titre et le nom : « Le marquis de Saint-Loup-en-Bray », avait éproiuvé une commotion violente. « Le marquis de Saint-Loup-en-Bray ! Ah ! Bougre ! » s'était-il écrié, usant du juron qui était chez lui la marque la plus forte de la déférence sociale.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 299

Il avait bien pensé dans sa tendresse paternelle et pour émouvoir son fils à faire venir l'instrument [=un stéréoscope]. Mais le « temps matériel » manquait […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 300

- Comment allez-vous, je vous présente mon neveu, le baron de Guermantes, me dit Mme de Villeparisis, pendant que l'inconnu, sans me regarder, grommelant un vague: " Charmé " qu'il fit suivre de: " Heue, heue, heue ", pour donner à son amabilité quelque chose de forcé, et repliant le petit doigt, l'index et le pouce, me tendait le troisième doigt et l'annulaire, dépourvus de toute bague, que je serai sous son gant de Suède; puis sans avoir levé les yeux sur moi il se détourna vers Mme de Villeparisis.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 304

- Comment allez-vous, je vous présente mon neveu, le baron de Guermantes, me dit Mme de Villeparisis, pendant que l'inconnu, sans me regarder, grommelant un vague: " Charmé " qu'il fit suivre de: " Heue, heue, heue ", pour donner à son amabilité quelque chose de forcé, et repliant le petit doigt, l'index et le pouce, me tendait le troisième doigt et l'annulaire, dépourvus de toute bague, que je serai sous son gant de Suède; puis sans avoir levé les yeux sur moi il se détourna vers Mme de Villeparisis.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 304

"Comment allez-vous? Je vous présente mon neveu le baron de Guermantes", me dit Mme de Villeparisis […]. "Mon dieu, est-ce que je perds la tête ? dit celle-ci, voilà que je t'appelle le baron de Guermantes. Je vous présente le baron de Charlus. Après tout l'erreur n'est pas si grande, ajouta-t-elle, tu es bien un Guermantes tout de même."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 304

Comment allez-vous, je vous présente mon neveu, le baron de Guermantes, me dit Mme de Villeparisis, pendant que l'inconnu, sans me regarder, grommelant un vague: " Charmé " qu'il fit suivre de: " Heue, heue, heue ", pour donner à son amabilité quelque chose de forcé, et repliant le petit doigt, l'index et le pouce, me tendait le troisième doigt et l'annulaire, […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 304

[…] je retins Saint-Loup en arrière: "Dites-moi, ai-je bien entendu ? Mme de Villeparisis a dit à votre oncle [Charlus] qu'il était un Guermantes. — Mais oui, naturellement, c'est Palamède de Guermantes.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 305

— Mais oui, naturellement, c'est Palamède de Guermantes. / — Mais des mêmes Guermantes qui ont un château près de Combray et qui prétendent descendre de Geneviève de Brabant ? / — Mais absolument : mon oncle qui est on ne peut plus héraldique vous répondrait que notre cri, notre cri de guerre qui devint ensuite Passavant était d'abord Combraysis […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 305

-Elle a un peu mal à la tête, la chaleur, cet orage… Il lui suffit d'un rien; mais je crois que vous la verrez ce soir. Je lui ai conseillé de descendre. Cela ne peut lui faire que du bien.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 309

Je compris que ce qu'il reprochait surtout aux jeunes gens d'aujourd'hui, c'était d'être trop efféminés. « Ce sont de vraies femmes », disait-il avec mépris.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 312

— J'ai un autre volume de Bergotte ici, je vais vous le chercher […] — Mais, monsieur […] vous êtes trop bon, un seul volume de Bergotte me suffira. — C'est ce qui me semble, après tout.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 316

— J'ai un autre volume de Bergotte ici, je vais vous le chercher […] — Mais, monsieur […] vous êtes trop bon, un seul volume de Bergotte me suffira. — C'est ce qui me semble, après tout.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 316

« Ce Bergotte est devenu illisible. Ce que cet animal-là peut être embêtant. C'est à se désabonner. Comme c'est emberlificoté ! Quelle tartine ! » Et il reprenait une beurrée.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 320

« Ce Bergotte est devenu illisible. Ce que cet animal-là peut être embêtant. C'est à se désabonner. Comme c'est emberlificoté ! Quelle tartine ! » Et il reprenait une beurrée.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 320

Il est vrai que si l'envie s'exprime en phrases dédaigneuses, il faut traduire: "Je ne veux pas le connaître par "je ne peux pas le connaître". C'est le sens intellectuel. Mais le sens passionné est bien : "Je ne veux pas le connaître." On sait que cela n'est pas vrai, mais on ne le dit pas cependant par simple artifice, on le dit parce qu'on éprouve ainsi, et cela suffit pour supprimer la distance, c'est-à-dire pour le bonheur.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 320

"Comment, vous êtes le fils du marquis de Marsantes ? mais je l'ai très bien connu", dit à Saint-Loup M. Nissim Bernard. […] Ah ! par exemple ! s'écria M. Nissim Bernard, si je m'attendais à dîner avec le fils de mon ami ! Mais j'ai à Paris chez moi, une photographie de votre père, et combien de lettres de lui. Il m'appelait toujours "mon oncle", on n'a jamais su pourquoi.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 324

Ah ! par exemple ! s'écria M. Nissim Bernard, si je m'attendais à dîner avec le fils de mon ami !
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 324

"[…] pour peu que nous nous attardions après le spectacle, nous ne rentrerons qu'aux premières lueurs d'Eôs aux doigts de pourpre. A propos, demanda-t-il à Saint-Loup quand nous fumes dehors, […] quel était cet excellent fantoche en costume sombre que je vous ai vu promener avant-hier matin sur la plage?
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 326

À propos […] quel était cet excellent fantoche en costume sombre que je vous ai vu promener avant-hier matin sur la plage ? — C'est mon oncle […]. — Tous mes compliments, j'aurais dû le deviner, il a un excellent chic, et une impayable bobine de gaga de la plus haute lignée.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 326

Mais, dit-il, en s'adressant cette fois à moi, il y a une chose, dans un tout autre ordre d'idées, sur laquelle je veux t'interroger, et chaque fois que nous sommes ensemble, quelque dieu, bienheureux habitant de l'Olympe, me fait oublier totalement de te demander ce renseignement qui eût pu m'être déjà et me sera sûrement fort utile. Quelle est donc cette belle personne avec laquelle je t'ai rencontré au Jardin d'Acclimatation et qui était accompagnée d'un monsieur que je crois connaître de vue et d'une jeune fille à la longue chevelure?"
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 326

Et quand elle parlait de Saint-Loup, elle disait : « C'est un hypocrite », avec un large sourire qui faisait bien comprendre qu'elle le "considérait" de nouveau autant qu'au premier jour et qu'elle lui avait pardonné.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 328

Si encore cette femme avait du talent, mais elle n'en a et n'en aura jamais aucun […] Cette petite demoiselle a évidemment cru étonner Paris. Mais Paris est plus difficile à étonner que cela et il y a tout de même des affaires qu'on ne nous fera pas avaler.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 332

Chez quelles dindes, chez quelles garces sans éducation, chez quels goujats m'as-tu fourvoyée? J'aime mieux te le dire, il n'y en avait pas un, des hommes présents qui ne m'eût fait de l'œil, du pied, et c'est parce que j'ai repoussé leurs avances qu'ils ont cherché à se venger.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 333

[…] elle me présenterait aux autres, à l'impitoyable qui avait sauté par-dessus le vieillard, à la cruelle qui avait dit : « Il me fait de la peine, ce pauvre vieux »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 342

[…] je savais que de la chrysalide de ce crépuscule se préparait à sortir, par une radieuse métamorphose, la lumière éclatante du restaurant de Rivebelle. Je me disais : « Il est temps » ; je m'étirais sur le lit, je me levais, j'achevais ma toilette […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 352

Tandis qu'un valet de pied me demandait mon paletot, Saint-Loup me disait : « Vous n'aurez pas froid ? Vous feriez peut-être mieux de le garder, il ne fait pas très chaud…»
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 354

Vous n'aurez pas froid ? Vous feriez peut-être mieux de le [=paletot] garder, il ne fait pas très chaud.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 354

[…] ils étaient remplacés [à une table du restaurant] par des messieurs ou des dames qui étaient venus saluer des amis, avant de rejoindre, en disant : « Il faut que je me sauve retrouver M. X dont je suis ce soir l'invité. »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 359

C'était les deux inséparables. […] Ah ! elle peut dire qu'elle en a une chance. Et je me demande qu'est-ce qu'il peut lui trouver. Il faut qu'il soit tout de même une fameuse truffe. Elle a des pieds comme des bateaux, des moustaches à l'américaine et des dessous sales !
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 362

Un soir que nous demandions au patron qui était ce dîneur obscur, isolé et retardataire : « Comment, vous ne connaissez pas le célèbre peintre Elstir ? » nous dit-il.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 368

[…] il faut pourtant reconnaître que dans la mesure où l'art met en lumière certaines lois, une fois qu'une industrie les a vulgarisées, l'art antérieur perd rétrospectivement un peu de son originalité.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 380

Au bas du portrait était écrit : Miss Sacripant, octobre 1872. Je ne pus contenir mon admiration. «Oh ! Ce n'est rien, c'est une pochade de jeunesse, c'était un costume pour une revue des Variétés. Tout cela est bien loin.»
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 390

[…]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 393

[…] Cela tient à plusieurs raisons qui ne sont pas à mon honneur. L'une est que […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 393

Ici, la ligne de plage est quelconque ; mais là-bas, je ne peux vous dire quelle grâce elle a, quelle douceur…
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 395

Comme ces ouvriers et ces joueurs qui ne font pas d'embarras et se contentent de ce qui leur tombe sous la main, ils pourraient dire de n'importe quoi : cela fera l'affaire
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 401

Tout le long de la route, […] il m'arrêta, me suppliant de fixer un jour [pour l'accompagner à Doncières] et comme je ne le fis pas, me quitta fâché en disant : « À ton aise, Messire. Moi en tous cas, je suis obligé d'y aller puisqu'il m'a invité. »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 406

Au moment où Elstir me demanda de venir pour qu'il me présentât à Albertine […] je finis d'abord de manger un éclair au café et demandai avec intérêt à un vieux monsieur […] de me donner des détails sur certaines foires normandes. Ce n'est pas à dire que la présentation qui suivit ne me causa aucun plaisir et n'offrit pas à mes yeux une certaine gravité.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 410

[…] comme je parlais à Albertine du premier jour où je l'avais connue, elle me rappela l'éclair, la fleur que j'avais donnée, tout ce que je croyais, je ne peux pas dire n'être important que pour moi, mais n'avoir été aperçu que de moi […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 413

En face de la médiocre et touchante Albertine à qui j'avais parlé, je voyais la mystérieuse Albertine en face de la mer. C'était maintenant des souvenirs, c'est-à-dire des tableaux dont l'un ne me semblait pas plus vrai que l'autre. Pour en finir avec ce premier soir de présentation, en cherchant à revoir ce petit grain de beauté sur la joue au-dessous de l'œil, je me rappelai que de chez Elstir, quand Albertine était partie, j'avais vu ce grain de beauté sur le menton.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 413

Il alluma un cigare en disant à Albertine : « Vous permettez ? », comme on demande l'autorisation de terminer tout en causant un travail pressé…
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 416

— Vous venez du golf, Octave ? lui demanda-t-elle. Ça a-t-il bien marché ? Étiez-vous en forme ? — Oh ! ça me dégoûte, je suis dans les choux, répondit-il.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 416

Mais voyons, s'écria-t-elle, je ne peux pas vous présenter à un gigolo ! Ici, ça pullule de gigolos. Mais ils ne pourraient pas causer avec vous. Celui-ci joue très bien au golf, un point c'est tout. Je m'y connais, il ne serait pas du tout votre genre.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 417

Mais voyons, s'écria-t-elle, je ne peux pas vous présenter à un gigolo ! Ici, ça pullule de gigolos. Mais ils ne pourraient pas causer avec vous. Celui-ci joue très bien au golf, un point c'est tout. Je m'y connais, il ne serait pas du tout votre genre.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 417

Quand je lui dis ce premier jour qu'il s'appelait Bloch, elle s'écria : « Je l'aurais parié que c'était un youpin. C'est bien leur genre de faire des punaises. »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 418

Quand je lui dis ce premier jour qu'il s'appelait Bloch, elle s'écria : « Je l'aurais parié que c'était un youpin. C'est bien leur genre de faire des punaises. »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 418

[…] Vous me direz que le mari de ma tante est dans le gouvernement. Mais qu'est-ce que vous voulez ? Ma tante est ma tante. Ce n'est pas pour cela que je l'aime !
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 420

Il donne un concert ce soir, mais nous ne pouvons pas y aller parce que ça a lieu dans la salle de la Mairie… Au Casino ça ne fait rien, mais dans la salle de la Mairie d'où on a enlevé le Christ, la mère d'Andrée tomberait en apoplexie si nous y allions…
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 420

Albertine avait beau savoir qui étaient les Ambresac, comme qui peut le plus ne peut pas forcément le moins, je ne la trouvai pas, après que j'eusse salué ces jeunes filles, plus disposée à me faire connaître ses amies. " Vous êtes bien bon d'attacher, de leur donner de l'importance. Ne faites pas attention à elles, ce n'est rien du tout. Qu'est-ce que ces petites gosses peuvent compter pour un homme de votre valeur ? […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 422

Albertine avait beau savoir qui étaient les Ambresac, comme qui peut le plus ne peut pas forcément le moins, je ne la trouvai pas, après que j'eusse salué ces jeunes filles, plus disposée à me faire connaître ses amies. " Vous êtes bien bon d'attacher, de leur donner de l'importance. Ne faites pas attention à elles, ce n'est rien du tout. Qu'est-ce que ces petites gosses peuvent compter pour un homme de votre valeur ? […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 422

Au bout d'un moment, leur amie a l'air pauvre et dur […] vint dire à Albertine : "Bonjour, je vous dérange ?" Elle avait ôté son chapeau qui la gênait […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 423

Au bout d'un moment, leur amie à l'air pauvre et dur, qui avait ricané le premier jour d'un air si méchant: " Il me fait de la peine, ce pauvre vieux " en parlant du vieux monsieur effleuré par les pieds légers d'Andrée, vient dire à Albertine: " Bonjour, je vous dérange ? "
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 423

Alors au moment où Albertine me nomma, sur la figure et dans les yeux bleus de cette jeune fille à qui j'avais trouvé un air si cruel quand elle avait dit: " Ce pauvre vieux, y m'fait d'la peine ", je vis passer et briller un sourire cordial, aimant, et elle me tendit la main.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 424

Je reprochai à Albertine d'avoir été si désagréable. " Cela lui apprendra à être plus discrète. Ce n'est pas une mauvaise fille mais elle est barbante. Elle n'a pas besoin de venir fourrer son nez partout. Pourquoi se colle-t-elle à nous sans qu'on lui demande. Il était moins cinq que je l'envoie paître. D'ailleurs, je déteste qu'elle ait ses cheveux comme ça, ça donne mauvais genre. " […] " Je ne l'avais pas remarquée ", lui répondis-je. " Vous l'avez pourtant assez regardée, on aurait dit que vous vouliez faire son portrait ", me dit-elle sans être radoucie par le fait qu'en ce moment ce fut elle-même que je regardais tant.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 425

Je reprochai à Albertine d'avoir été si désagréable. " Cela lui apprendra à être plus discrète. Ce n'est pas une mauvaise fille mais elle est barbante. Elle n'a pas besoin de venir fourrer son nez partout. Pourquoi se colle-t-elle à nous sans qu'on lui demande. Il était moins cinq que je l'envoie paître. D'ailleurs, je déteste qu'elle ait ses cheveux comme ça, ça donne mauvais genre. " […] " Je ne l'avais pas remarqué ", lui répondis-je. " Vous l'avez pourtant assez regardée, on aurait dit que vous vouliez faire son portrait ", me dit-elle sans être radoucie par le fait qu'en ce moment ce fut elle-même que je regardais tant.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 425

Mais les paroles à moi promises par le regard de Gisèle […] ne purent être dites, parce qu'Albertine obstinément placée entre nous deux, […] ayant cessé de répondre du tout aux propos de son amie, celle-ci finit par abandonner la place. Je reprochai à Albertine d'avoir été si désagréable. "Cela lui apprendra à être plus discrète. Ce n'est pas une mauvaise fille mais elle est barbante. Elle n'a pas besoin de venir fourrer son nez partout. Pourquoi se colle-t-elle à nous sans qu'on lui demande ? Il était moins cinq que je l'envoie paître. D'ailleurs je déteste qu'elle ait ses cheveux comme ça, ça donne mauvais genre."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 425

Mais les paroles à moi promises par le regard de Gisèle […] ne purent être dites, par ce qu'Albertine obstinément placée entre nous deux, […] ayant cessé de répondre du tout aux propos de son amie, cele-ci finit par abandonner la place. Je reprochai à Albertine d'avoir été si désagréable. "Cela lui apprendra à être plus discrète. Ce n'est pas une mauvaise fille mais elle est barbante. Elle n'a pas besoin de venir fourrer son nez partout. Pourquoi se colle-t-elle à nous sans qu'on lui demande ? Il était moins cinq que je l'envoie paître. D'ailleurs je déteste qu'elle ait ses cheveux comme ça, ça donne mauvais genre."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 425

Mais les paroles à moi promises par le regard de Gisèle […] ne purent être dites, par ce qu'Albertine obstinément placée entre nous deux, […] ayant cessé de répondre du tout aux propos de son amie, cele-ci finit par abandsonner la place. Je reprochai à Albertine d'avoir été si désagréable. "Cela lui apprendra à être plus discrète. Ce n'est pas une mauvaise fille mais elle est barbante. Elle n'a pas besoin de venir fourrer son nez partout. Pourquoi se colle-t-elle à nous sans qu'on lui demande ? Il était moins cinq que je l'envoie paître. D'ailleurs je déteste qu'elle ait ses cheveux comme ça, ça donne mauvais genre."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 425

— Hé bien, Andrée, qu'est-ce que tu attends pour venir ? Tu sais que nous allons goûter au golf. — Non je reste à causer avec lui, répondait Andrée en me désignant.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 430

Quand l'heure d'aller à un goûter donné au golf approchait, si nous étions tous ensemble à ce moment-là, elle se préparait, puis venant à Andrée: " Hé bien, Andrée, qu'est-ce que tu attends pour venir, tu sais que nous allons goûter au golf. " " Non, je reste à causer avec lui ", répondait Andrée en me désignant. " Mais tu sais que Madame Durieux t'a invitée ", s'écriait Albertine, comme si l'intention d'Andrée de rester avec moi ne pouvait s'expliquer que par l'ignorance où elle devait être qu'elle avait été invitée " Voyons, ma petite, ne sois pas tellement idiote ", répondait Andrée. Albertine n'insistait pas, de peur qu'on lui proposât de rester aussi. Elle secouait la tête: " Fais à ton idée, répondait-elle, comme on dit à un malade qui par plaisir se tue à petit feu, moi je me trotte, car je crois que ta montre retarde ", et elle prenait ses jambes à son cou. "
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 430

Je lui écrirai demain, parce que si j'attends sa lettre d'abord, je peux attendre longtemps, elle est si négligente…
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 431

J'avais d'abord timidement avoué à Elstir que je n'avais pas voulu aller aux réunions [à l'hippodrome de Balbec] qui y avaient été données. "Vous avez eu tort, me dit-il, c'est si joli et si curieux aussi. […]"
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 433

Aux courses, Mlle Léa avait un petit chapeau blanc et une petite ombrelle blanche, c'était ravissant. Je ne sais pas ce que je donnerais pour avoir cette petite ombrelle.
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 435

Nos provisions épuisées, nous jouions, à des jeux qui jusque-là m'eussent paru ennuyeux, quelquefois aussi enfantins que "La Tour prends garde" ou "À qui rira le premier", mais auxquels je n'aurais plus renoncé pour un empire […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 439

« Mais au lieu d'écrire des bêtises » cria-t-ele en se tournant d'un air soudainement impétueux et grave vers Andrée et Rosemonde, « il faut que je vous montre la lettre que Gisèle m'a écrite ce matin. Je suis folle, je l'ai dans ma poche, et dire que cela peut nous être utile ! »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 445

Les yeux d'Albertine n'avaient cessé d'étinceler pendant qu'elle faisait cette lecture : "C'est à croire qu'elle a copié cela, s'écria-t-elle quand elle eut fini. Jamais je n'aurais cru Gisèle capable de pondre un devoir pareil. Et ces vers qu'elle cite ! Où a-t-elle pu aller chiper ça ?"
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 446

" D'autre part, Gisèle dit que les chœurs sont dans Athalie une nouveauté. Elle oublie Esther, et deux tragédies peu connues, mais qui ont été précisément analysées cette année par le professeur, de sorte que rien qu'en les citant, comme c'est son dada, on est sûre d'être reçue. Ce sont: Les Juives, de Robert Garnier, et L'Aman, de Montchrestien." Andrée cita ces deux titres, sans parvenir à cacher un sentiment de bienveillante supériorité qui s'exprima dans un sourire, assez gracieux, d'ailleurs. Albertine n'y tînt plus: " Andrée, tu es renversante, s'écria-t-elle. Tu vas m'écrire ces deux titres-là. Crois-tu ? Quelle chance si je passais là-dessus, même à l'oral, je les citerais aussitôt et je ferais un effet bœuf. "
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 447

Dès l'exposition du sujet ou si tu aimes mieux, Titine, puisque c'est une lettre, dès l'entrée en matière, Gisèle a gaffé…
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 447

Et si on allait jusqu'à dire qu'après tout elle serait peut-être moins difficile à marier qu'on pensait, elle vous contredisait avec force et répétait presque rageusement : "Hélas si, elle sera immariable ! Je le sais bien, cela me fait assez de peine !"
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 456

[…] Albertine […] viendrait coucher la veille au Grand Hôtel, d'où avec l'omnibus elle pourrait […] prendre le premier train. J'en parlai à Andrée. « Je ne le crois pas du tout, me répondit Andrée d'un air mécontent. D'ailleurs cela ne vous avancerait à rien, car je suis bien certaine qu'Albertine ne voudra pas vous voir, si elle vient seule à l'hôtel. Ce ne serait pas protocolaire » […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 461

[…] je suis bien certaine qu'Albertine ne voudra pas vous voir, si elle vient seule [dormir] à l'htel. Ce ne serait pas protocolaire" ajouta-t-elle en usant d'un adjectif qu'elle aimait beaucooup, depuis peu, dans le sens "ce qui se fait". "Je vous dis cela parce que je connais les idées d'Albertine. Moi, qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse, que vous la voyiez ou non ? Cela m'est bien égal."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 461

[…] je suis bien certaine qu'Albertine ne voudra pas vous voir, si elle vient seule [dormir] à l'htel. Ce ne serait pas protocolaire" ajouta-t-elle en usant d'un adjectif qu'elle aimait beaucooup, depuis peu, dans le sens "ce qui se fait". "Je vous dis cela parce que je connais les idées d'Albertine. Moi, qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse, que vous la voyiez ou non ? Cela m'est bien égal."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 461

[…] je suis bien certaine qu'Albertine ne voudra pas vous voir, si elle vient seule [dormir] à l'hôtel. Ce ne serait pas protocolaire" ajouta-t-elle en usant d'un adjectif qu'elle aimait beaucooup, depuis peu, dans le sens "ce qui se fait". "Je vous dis cela parce que je connais les idées d'Albertine. Moi, qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse, que vous la voyiez ou non ? Cela m'est bien égal."
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 461

« Je ne sais pas pourquoi cette dame a fait toute une histoire […], la vieille Mme de Cambremer a reçu une balle aussi et elle ne s'est pas plainte. — Je vais vous expliquer la différence, répondit gravement Octave en frottant une allumette, c'est qu'à mon avis, Mme de Cambremer est une femme du monde et Mme de Villeparisis est une arriviste… »
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 462

J'aurais été contente que vous veniez à la gare demain matin, mais j'ai peur que cela ne paraisse drôle, je ne dis pas à Andrée qui est intelligente, mais aux autres qui y seront ; ça ferait des histoires si on le répétait à ma tante […]
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 463

Elle était même ennuyée de tellement plaire, parce que cela l'obligeait à faire de la peine, tandis que, par nature, elle aimait à faire plaisir…
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 469

Allez, si vous tenez à mon amitié, vous pouvez être content, car il faut que je vous aime joliment pour vous pardonner… Mais je suis sûre que vous vous fichez bien de moi…
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 472

Je dis à Albertine qu'en me donnant ce crayon, elle me faisait un grand plaisir, moins grand pourtant que celui que j'aurais eu si le soir où elle était venue coucher à l'hôtel elle m'avait permis de l'embrasser. " Cela m'aurait rendu si heureux, qu'est-ce que cela pouvait vous faire, je suis étonné que vous me l'ayez refusé. " " Ce qui m'étonne, me répondit-elle, c'est que vous trouviez cela étonnant. Je me demande quelle jeunes filles vous avez pu connaître pour que ma conduite vous ait surpris. "
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 472

Mais je suis sûre que vous vous fichez bien de moi [=Albertine]… Avouez que c'est Andrée qui vous plaît… Au fond, vous avez raison, elle est beaucoup plus gentille que moi, et elle, elle est ravissante ! Ah ! les hommes !
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 473

Mais je suis sûre que vous vous fichez bien de moi. Avouez que c'est Andrée qui vous plaît. Au fond, vous avez raison, elle est beaucoup plus gentille que moi, et elle, elle est ravissante ! Ah ! les hommes !
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 473

Mais je suis sûre que vous vous fichez bien de moi. Avouez que c'est Andrée qui vous plaît. Au fond, vous avez raison, elle est beaucoup plus gentille que moi, et elle, elle est ravissante ! Ah ! les hommes !
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 473

Et quand dans le hall je les rencontrai tous les trois, ce fut M… de Vaudémont, le jeune homme riche s'effaçant, qui me dit : "Vous ne nous ferez pas le plaisir de dîner avec nous ?"
M. Proust, ALRDTP 2, Jeunes filles, p. 482


Index des énoncés usuels dans Proust ALRDTP
copyright © Michel Martins-Baltar 2006, mmartinsb@wanadoo.fr


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