curiosa pragmatica
Petit dictionnaire de paires de phrases à ne pas confondre
copyright © Michel Martins-Baltar 2011-2012
màj 29 octobre 2012
Ce
petit dictionnaire comprend un ensemble de 514 phrases constituant 257
paires de phrases (quelques phrases sont constitutives de plus d'une
paire).
Ces paires de phrases font l'objet d'une description à deux niveaux :
1) le trait formel ou sémantique qui réunit ou oppose les deux phrases de la paire, soit :
114 paires hétéranthropes,
69 paires paramorphes,
30 paires antisèmes,
24 paires isolexes,
9 paires parasèmes.
2) le trait axiologique et/ou fonctionnel qui réunit ou oppose les deux phrases de la paire :
116 antaxes,
98 hétéropragmes,
28 synaxes,
19 synantaxes,
4 sympragmes,
La catégorie "hétéranthropes antaxes" est la mieux représentée, avec 83 paires, soit le tiers de l'ensemble.
L'ordre de présentation adopté est le suivant :
— mots-vedettes, par ordre alphabétique,
— types pragmatiques de paire de phrase, par ordre alphabétique,
— phrase,
— fonction(s) de la phrase
— attestations, le cas échéant, par ordre chronologique.
*
admettre
— paramorphes hétéropragmes
Je l'admets.
Reconnaître qu'un état de choses est vrai.
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 123
BÉRENGER : — Mais c'est atroce. Atroce. ÉDOUARD : — Je l'admets. Je ne vous contredis pas.
• 1998 L'ennui, film de Cédric Kahn [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 481, 1999]
Sophie : — Ouais mais est-ce que tu es sûr que de savoir la vérité, ça va t'amener quelque
part ? Martin : — Mais oui, c'est le seul moyen pour moi de tuer mon amour pour elle... parce qu'il
s'agit bien d'amour maintenant, je suis bien obligé de l'admettre.
Admettons.
Supposer qu'une assertion du dest. est vraie.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 322
Peut-être que je me suis gouré du tout au tout sur ma personne. Rien ne prouve que j'aie le plus petit talent. Admettons.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 322
Ce besoin qu'il avait eu de justifier devant moi son genre
actuel de vie, me laissant entendre que, quelle que pût être mon
opinion, j'étais néanmoins bien aise d'en profiter. Ouais. Admettons.
• 1963 Le mépris, film de Jean-Luc Godard [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 413, 1992]
Camille : — Tout ce que je sais c'est que j't'aime plus. Paul : — C'est chez Jeremie Prokosch
quand tu m'as vu donner une tape sur le derrière de Francesca Vanini. Camille : — Oui,
admettons que c'est ça. Bon maintenant c'est fini, on n'en parle plus.
affaire
— hétéranthropes antaxes
Ça fait (parfaitement) mon affaire.
Evaluer positivement qch. en exprimant sa satisfaction.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 149
Je n'ai jamais pu savoir si elle se doutait de mon manège, mais ce que je peux dire, c'est que cette résistance peu coutumière faisait son affaire.
Ça fait ton affaire ! 2
Critiquer le dest. d'être satisfait. Exprimer de la jalousie.
• 1941 Volpone, film de Maurice Tourneur [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 190, 1977]
Mosca [s’en prend à Leone] : — Mais qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui te prend ? Ne
m'avais-tu pas juré de rester tranquille ? Leone (très excité) : — Rester tranquille ! Ça ferait
votre affaire à tous les deux… mais je le crierai sur tous les toits de Venise !
— paramorphes antaxes
Ça fait ton affaire ! 2
Critiquer le dest. d'être satisfait. Exprimer de la jalousie.
• 1941 Volpone, film de Maurice Tourneur [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 190, 1977]
Mosca [s’en prend à Leone] : — Mais qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui te prend ? Ne
m'avais-tu pas juré de rester tranquille ? Leone (très excité) : — Rester tranquille ! Ça ferait
votre affaire à tous les deux… mais je le crierai sur tous les toits de Venise !
Ça fait ton affaire ?
Demander au dest. s'il est satisfait.
affirmer ; dire
— parasèmes hétéropragmes
Je ne peux rien affirmer.
S'abstenir de se porter garant de son
assertion. Déclarer forfait pour confirmer une question totale.
Je ne peux rien dire.
Refuser de donner une information. Déclarer son ignorance.
• 1965 Belphégor 1, film de Claude Barma
A. — Je sais tout, maintenant. B. — Et alors ? A. — Je peux rien dire.
âge
— paramorphes antaxes
C'est l'âge.
Expliquer le $pourquoi@ d'un fait par l'âge de l'actant.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Hr24
(72)(FA62)Hr24 : — euh l'autre il a euh treize quatorze ans il commence à:… voyez à faire/
des bêtises/ EF(Hr24) : — mm (73)(FA63)Hr24 : — il est pas:/ je sais pas il ne… il ne cherche pas
à se rendre euh utile il ne/ c'est l'âge ingrat quoi! EF(Hr24) : — oui oui (74)(FA64)Hr24 :
— l'âge ingrat/ il tire sa flemme tant qu'il peut/
C'est de ton âge.
Justifier un acte du dest.
• 1921 M. Proust, ALRDTP 3, Le côté de Guermantes, p. 224
— Non, Monsieur, je ne vais plus au bal, répondit-elle avec un joli sourire de vieille femme. Vous y allez, vous autres ? C'est de votre âge.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 141
Elles sont nanties. Elles se pavanent [sur leur balcon] à mes regards, mine de rien, c'est bien de leur âge. Je bigle les gambettes, cambrées, nouveau, chair jeune.
• 1975 Emile Ajar (Romain Gary), La vie devant soi, 1975 (Folio 1362), p. 139
Je me disais que ce serait une bonne chose de faite si Monsieur Hamil épousait Madame Rosa, car c'était de leur âge [=ils sont âgés] et ils pourraient se détériorer ensemble, ce qui fait toujours plaisir.
— hétéranthropes antaxes
C'est de mon âge.
Justifier un acte du loc.
• 2001 À ma sœur, film de Catherine Breillat [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 2001]
ANAIS : — J'ai vu le moment où elle [=notre mère] se pointait avec nous ! ELÉNA : — La
pauvre, elle est quand même sympa, c'est pas marrant de rester toute seule avec nous, rien que pour
qu'on puisse profiter du soleil. ANAIS : — Elle a qu'à prendre un amant ! ELÉNA (choquée) : — Non,
mais ça va pas ! ANAIS : — T'en as bien pris un toi. ELÉNA : — C'est pas pareil... c'est de mon
âge.
C'est de ton âge.
Justifier un acte du dest.
• 1921 M. Proust, ALRDTP 3, Le côté de Guermantes, p. 224
— Non, Monsieur, je ne vais plus au bal, répondit-elle avec un joli sourire de vieille femme. Vous y allez, vous autres ? C'est de votre âge.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 141
Elles sont nanties. Elles se pavanent [sur leur balcon] à mes regards, mine de rien, c'est bien de leur âge. Je bigle les gambettes, cambrées, nouveau, chair jeune.
• 1975 Emile Ajar (Romain Gary), La vie devant soi, 1975 (Folio 1362), p. 139
Je me disais que ce serait une bonne chose de faite si Monsieur Hamil épousait Madame Rosa, car c'était de leur âge [=ils sont âgés] et ils pourraient se détériorer ensemble, ce qui fait toujours plaisir.
aimer
— hétéranthropes antaxes
J'aime ça.
Evaluer positivement qch.
Tu aimes ( | ça / quand [p] | ) ? 1
Demander au dest. d'évaluer qch. Programmer un acte.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Hr24
[Invitation à dîner] F1 : — vous aimez les pommes de terre? EF(Hr24) : — j'aime tout/ j'aime tout/
• 1996 Chacun cherche son chat, film de Cédric Klapisch [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 482, 1999]
Jean-Stef : — Ils sont classes tes seins, hein ! T'aimes quand je fais ça ? Chloé : — Hum...
— hétéranthropes antaxes
J'aimerais bien. 1
Evaluer positivement une éventualité. Accepter qu'un acte soit réalisé.
• 1968 Je t'aime, je t'aime, film de Alain Resnais [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 92, 20 ]
Ridder — Vous voulez boire un autre café ? — Catherine — J'aimerais bien, oui…
• 1985 Péril en la demeure, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 343, 1985]
Julia : — On pourrait se revoir, cet après-midi ? David : — Oui, j'aimerais bien. Julia : — Vers la même heure ? David : — Oui.
• 2000 Ressources humaines, film de Laurent Cantet [dialogues publiés par Arte Editions / Editions 00h00.com, coll. Scénars, Paris, 2000]
LE PATRON : — Vous me donnez une nouvelle fois la preuve de l'archaïsme du syndicalisme
français. Il est ahurissant qu'à l'aube de l'an 2000, vous n'ayez pas encore compris que l'intérêt
des ouvriers est qu'une entreprise fasse des bénéfices. MADAME ARNOUX : — Vous n'allez pas me
demander d'être capitaliste ?! LE PATRON : — J'aimerais bien, Madame Arnoux, ce serait trop
beau !
Tu aimerais bien.
Accuser le dest. d'un désir de val. nég.
• 1991 Bar des rails, film de Cédric Kahn [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 417, 1992]
Marion : — Salut. Monique : — Ça va ? Marion : — Oui et toi ? Monique : — Qu'est-ce que tu
fais là ? Marion : — Hein ? Monique : — Tu fais quoi ? Marion : — Rien. Ben rien. Monique : — Rien ?
Marion : — Je passais comme ça. Monique : — T'es venue me voir. Marion : — Hein ? Monique : — T'es
venue me voir ? Marion : — T'aimerais bien, hein ? Monique : — Pourquoi tu me dis ça ? Marion
: — Hein ? Monique : — Pourquoi tu me dis ça, « j'aimerais bien ! » Ben ouais, je me fais chier ici.
Bien sûr j'aimeraisbien qu'on vienne me voir.
air
— hétéranthropes antaxes
Je manque d'air !
Manifester un désir de changement.
Tu ne manques pas d'air !
Critiquer l'audace du dest.
• 1985 Trois hommes et un couffin, film de Coline Serreau [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 357, 1987]
[Jacques a été la cause indirecte d'une descente de police dans l'appartement. Tout est
saccagé.] Pierre : — Et Jacques ? Michel : — Il est parti à Nice. Pierre : — Ah bon ? Le jour même
il se rebarre, lui… Ben, il manque pas d'air…
aller
— hétéranthropes hétéropragmes
Ça ne me va pas (du tout).
Exprimer son insatisfaction. Critiquer un acte.
Ça ne te va pas [de faire ça].
Critiquer un acte du dest.
• 1967 N. Sarraute, Le mensonge, Théâtre, p. 127
LUCIE : — C'est vrai, Pierre, vous êtes terrible… On ne peut pas, comme ca, se faire le redresseur de torts, le justicier… Ça ne vous va pas, je vous assure.
• 1973 Rude journée pour la Reine, film de René Allio [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 144, 1974]
RODOLPHE-JULIEN : — En tout cas, j'ai compris une chose [en prison]. Si on veut pas
d'emmerde, il faut pas déconner. Se tenir peinard dans son coin... IMPERATRICE-JEANNE : — Rodolphe !
quel langage ! Ce n'est pas de toi ! Ça ne te va pas ! C'est comme... C'est comme... un ver
dans un beau fruit.
• 1996 Conte d'été, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 456, 1996]
Margot : — Ne sois pas cynique, ça ne te va pas.
• 1998 L'ennui, film de Cédric Kahn [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 481, 1999]
Sophie : — Agnès, qu'est-ce que t'en penses ? Elle est mignonne,
non ? Martin : — Oui, et alors ? Sophie : — À mon avis, c'est du tout
cuit. Martin : — Mais arrête de jouer les entremetteuses, ça te va pas du tout.
— hétéranthropes hétéropragmes
Où tu vas ? !
Critiquer un acte du dest. Contester une assertion. Infirmer une question totale.
Où allons-nous ?
Evaluer négativement l'évolution de la situation. Critiquer un acte d'autrui.
• 1954 E. Ionesco, Victimes du devoir, Folio p. 64
CHOUBERT : — Autrefois… autrefois… MADELEINE : — Qu'est-ce que
c'est encore ? LE POLICIER : — Il évoque son passé, je suppose, chère
amie. MADELEINE : — Si on se mettait tous à évoquer le nôtre, où irions-nous…
• 1967 N. Sarraute, Le mensonge, Théâtre, p. 128
PIERRE: C'est quelque chose qui est là, en nous, et quand on veut le comprimer, alors ça
exerce une pression. Il faut que ça jaillisse… c'est comme d'essayer de comprimer… je ne sais pas,
moi… LUCIE: Oh, écoutez, où irait-on si chacun de nous comme ça,à tout bout de champ… Mais on
fait un effort, on se domine…
• 1975 Emile Ajar (Romain Gary), La vie devant soi, 1975 (Folio 1362), p. 171
Mais le docteur Katz m'a rassuré et il m'a dit que si on amenait
à l'hôpital un corps encore vivant mais déjà incapable de se défendre
on ne pouvait le jeter dehors parce que où irait-on.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Hr11
(234)(AN66)Hr11 : — écoutez/ xxx/ voyez/ voyez/ vous allez à la campagne/ xxx/ [il n’y a] plus d'oiseaux plus de/ écoutez où allons-nous? où où où nous allons?
• 1997 L'autre côté de la mer, film de Dominique Cabrera [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 467, 1997]
Georges : — Même chez lui [=Cheb Hasni, assassiné] à Oran, il aurait dû être protégé ! Non, mais où on va là ?
amuser
— hétéranthropes antaxes
Ça m'amuse.
Evaluer positivement la situation en exprimant son amusement.
• 1921 M. Proust, ALRDTP 3, Le côté de Guermantes, p. 542
Mais nous allons regarder votre photographie. Défaites l'enveloppe", dit la duchesse à un
valet de pied. "Mais, Oriane, pas ce soir! vous regarderez cela demain, implora le duc […] — Mais
ça m'amuse de voir cela avec Charles, dit la duchesse […]
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 304
« Je ne peux pas vous dire comme ça m'amuse d'apprendre
que vous avez des étouffements », me jeta-t-il à travers la table. Il
ne voulait pas dire par cela que cela l'égayait, bien que ce fût vrai
aussi. […]
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 329
— Je veux savoir ce que vous disiez de Mécène. Ça m'amuse, moi, na ! » redit Mme Verdurin à Brichot […]
• 1959 E. Ionesco, Rhinocéros, Gallimard Folio, p. 154
Jean : — Je m'en fiche. Brrr… Bérenger : — Que dites-vous ? Jean : — Je ne dis rien. Je fais brrr… Ça m'amuse.
• 1967 N. Sarraute, Le silence, Théâtre, p. 155
H. 2, faisant une grosse voix : — Oh non, voyons, moi je refuse. Nous n'allons pas accepter
ça. Non, ce ne serait plus drôle. Moi je suis pris au jeu. Ça commence à m'amuser. Je refuse,
là (ton enfantin), de me contenter de ces apparences banales, deces simplifications
paresseuses… Non non, soyons sincères…
• 1987 L'ami de mon amie, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 367, 1987]
Blanche. — Tu veux essayer [d'apprendre à nager] ? Léa. — Oui, je veux bien. Je ne sais pas
pourquoi mais tu m'inspires confiance. Et puis je te préviens, ça va t'assommer, hein ! Blanche. —
Mais non, pas du tout ! Ça m'amuse, au contraire.
Ça t'amuse ? 2
Critiquer le dest. de rire, sourire.
apprendre
— hétéranthropes antaxes
Je ne t'apprends rien.
Renforcer la vérité d'une assertion.
Tu ne m'apprends rien.
Critiquer le dest. de donner une information connue.
• 1921 M. Proust, ALRDTP 3, Le côté de Guermantes, p. 446
« Oriane, c'est très joli ce que dit la princesse, elle dit que c'est "bien rédigé". — Mais, mon ami, vous ne m'apprenez rien, je sais que la princesse est très spirituelle », répondit Mme de Guermantes […]
— antisèmes synaxes
Je te l'apprends.
Renforcer un acte d'info.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 203
[Elle dit que] Je n'ai que l'étoffe d'un raté. Si par hasard je ne m'en doutais pas, elle me l'apprend.
Je ne te l'apprends pas.
Renforcer une information.
— hétéranthropes hétéropragmes
Je te l'apprends.
Renforcer un acte d'info.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 203
[Elle dit que] Je n'ai que l'étoffe d'un raté. Si par hasard je ne m'en doutais pas, elle me l'apprend.
Tu me l'apprends.
Prendre acte d'une information donnée par le dest.
• 1976 Mado, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 181, 1977]
Simon (au téléphone) : — Mais non, je ne suis pas au courant. Non, pas du tout… Vous me l'apprenez…
après
— paramorphes hétéropragmes
après (tout) ce que j'ai fait pour toi
Reprocher au dest. son ingratitude.
après ce que tu as fait pour moi
Justifier la gratitude du loc. Justifier un non acte. Critiquer un acte d'autrui.
argument ; point de vue
— parasèmes antaxes
C'est un argument.
Admettre un argument ou un motif.
C'est un point de vue.
Se distancier de l'opinion d'autrui.
arranger
— hétéranthropes antaxes
Ça m'arrange.
Evaluer positivement qch. en exprimant sa satisfaction.
• 1960 Le trou, film de Jacques Becker [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 14, 1962]
(Après la fouille dans la cellule.) MONSElGNEUR. — Çà !... y nous ont gâtés. GASPARD. — Tout
est dégoûtant, maintenant. ROLAND. — Moi, au contraire, je trouve que ça nous arrange bien.
GASPARD. — Comment ça ? ROLAND. — Parce que… ils ne reviendront pasde sitôt.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 215
Connaud que je suis, qu'y a-t-il de si grave à avoir ponctionné le trésor de Mlle Van Hœck ?
Qu'est-ce que ça changera à sa manière de vivre ? Toujours la bonniche pour la servir et toujours
les petits déjeuners plantureux. Alors donc ! Puisque ça m'arrange. Où est le mal
?
• 1978 Une histoire simple, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 225, 1979]
Georges. — Non, que ce soit toi ou un autre, c'est un poste qui peut pas rester vacant. Moi évidemment ça m'arrange que ce soit toi, parce qu'on a eu l'habitude l'un de l'autre…
• 1982 Pauline à la plage, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 313, 1983]
Sylvain. — S'il l' [=Louisette] a vue [au lit], c'est avec toi, pas avec moi ! Henri. —
Écoute, il l'a vue elle, c'est tout. Heureusement, ça m'arrange. Sylvain. — Non, mais moi ça
m'arrange pas, j'ai pas envie de payer pour les autres.
• 1985 Vaudeville, film de Jean Marbœuf [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 358, 1987]
Gaston : — Faut pas oublier mon petit bonhomme que c'est moi qui ai quitté Madeleine !...
Elle est partie avant, bon ... Parce qu'elle a senti que je voulais la plaquer ... Tu connais les
femmes et leur amour-propre… Ça m'arrange ! J'ai pas les torts et j'ai fait de mal à
personne, et je suis libre comme un oiseau....
• 2002 Huit femmes, film de François Ozon [dialogues publiés par les Editions de La Martinière, Paris, 2002]
SUZON. — De toute façon, ça m'arrange que Marcel, ce soit pas mon vrai père.
CATHERINE. — Oh, mais comment tu peux dire ça ? SUZON. — Tu jures de le dire à personne ? CATHERINE.
— Je te le jure. SUZON. — Ce bébé que j'ai dans le ventre, eh bien c'est Marcel qui me l'a fait
!
Ça t'arrange ! 2
Critiquer le dest. d'être satisfait. Exprimer de la jalousie.
• 1980 Une semaine de vacances, film de Bertrand Tavernier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 254, 1980]
LAURENCE (prof ; exaspérée). Dans vos copies, y a rien. Rien. Suite de platitudes. Pas un
gramme d'imagination ! UNE ELEVE. On l'a tuée, notre imagination. LAURENCE. « On l'a tuée notre
imagination » ! T'as entendu ça à la télé, ça vient pas de toi, ça !L'ELEVE. Si, c'est de moi !
Parce que l'école, euh… pffut… LAURENCE (excédée). « L'école »... Ça vous arrange drôlement
de dire ça, hein ? On n'a plus qu'à se croiser les bras et puis dire que c'est la faute des autres.
A ce train-là, on est vieillardà vingt ans, vous savez.
• 1981 Garde à vue, film de Claude Miller [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 289, 1982]
MARTINAUD : — Quand il est sorti, je lui ai dit de m'en
rapporter un [café] ... je ne suis pas sûr qu'il ait entendu... Il est
un peu comme vous, votre collègue. Il n'écoute que ce qui l'arrange.
• 1983 Garçon !, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 320, 1984]
GILBERT : — Tu as un fils, tu sais même pas où il est. […] ALEX
: — Tu es formidable, mon fils, il est au Canada depuis bientôt vingt
ans, c'est comme si j'avais jamais été son père. GILBERT : — Ça t'arrange bien.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Fa25
(266)(MA21)Fa25 : — et pour moi la maladie c'est un peu ça quoi/ c'est c'est lié à: à... à une attitude devant la vie à:.... des fois ça arrange bien d'être malade aussi quoi/
• 1990 La campagne de Cicéron, film de Jacques Davila [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 403, 1991]
Nathalie : — Tais-toi va, j'ai mal à la tête. Christian : — Ça t'arrange d'avoir mal à la tête, parce que ça ne va pas mieux [ta relation amoureuse] avec Hippolyte.
• 1990 La discrète, film de Jean-Pierre Vincent et Christian Ronsin [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 402, 1991]
En fait, il dit ce qui l'arrange, au moment où ça l'arrange…
• 1990 La discrète, film de Jean-Pierre Vincent et Christian Ronsin [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 402, 1991]
Catherine. — Mais je n'ai jamais dit que j'aimais mentir !…
Antoine. — Pourtant hier, vous disiez… Catherine. — Je n'ai jamais dit
ça, vous n'entendez que ce qui vous arrange.
arriver
— paramorphes synantaxes
Il (m')est arrivé quelque chose de (bien) [curieux].
Introduire une information.
Si jamais il m'arrive quelque chose, [appelle à ce numéro].
Programmer une réaction d'opposition du dest. à un événement éventuel.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 170
[…] ce jour que le marquis l'a photographiée, elle avait été bien malade, elle s'était deux
fois trouvée mal. "Surtout, Françoise, qu'elle m'avait dit, il ne faut pas que mon petit-fils le
sache." Et elle le cachait bien, elle était toujours gaie en société. Seule, par exemple, je
trouvais qu'elle avait l'air par moments d'avoir l'esprit un peu monotone. Mais ça passait vite. Et
puis elle me dit comme ça : "Si jamais il m'arrivait quelque chose, il faudrait qu'il ait un
portrait de moi. Je n'en ai jamais fait faire un seul."
— paramorphes hétéropragmes
Ça arrive (à tout le monde). 2
Dire que qch. de val. nég. a des occurrences. Critiquer le dest. decritiquer le loc.
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 88
VOIX D'UN HOMME, poliment : — Vous avez dit quelque chose, Madame la Concierge ? VOIX
DE LA CONCIERGE, plus poliment encore, mielleuse : — Rien du tout, Monsieur Lelard, je
causais comme ça, toute seule pour apprendre à parler ! Ça passe le temps ! VOIX D'UN HOMME : — Il
m'avait bien semblé que vous m'appeliez. Je m'excuse. VOIX DE LA CONCIERGE : — Dame, on se trompe,
Monsieur. Ça arrive ! y a pas de mal !
• 1961 Ce soir ou jamais, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 9, 1961]
MARTINE : — Elle se fait de l'amour une idée - comment dire - poétique..., un peu démodée... LAURENT, gentiment : — Ne te donne pas tant de mal ! J'ai compris. Je ne lui dis rien, quoi, ça arrive.
• 1963 E. Ionesco, Le Roi se meurt, Gallimard, p. 26
[Le Roi, mourant, est tombé.] — J'avais glissé tout simplement. Cela peut arriver. Cela arrive.
• 1966 E. Ionesco, La soif et la faim, Gallimard, p. 78
Tu profites d'un moment d'inattention de ma part. Je pense à autre chose — ça arrive on ne peut pas penser à tout, on ne peut pas avoir toutes les choses présentes dans la tête à chaque instant.
• 1975 Souvenirs d'en France, film de André Téchiné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 167, 1976]
BERTHE. — Où s'arrête ton usine ?... Elle envahit mon commerce. Elle me prive de ma
clientèle. Elle me force à déménager. Hector, je te quitte. (Hector essaie de la retenir.) Je
fais ce que je veux. Ta mère se mêle de notre vie privée… tout ça à caused'un mouchoir... Ça
arrive à tout le monde d'oublier quelque chose.
• 1980 Une semaine de vacances, film de Bertrand Tavernier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 254, 1980]
LAURENCE. Si on m'avait dit, il y a cinq ans, que j'enverrais un gosse au conseil de
discipline… Ah !… Surtout que, dans le fond, il est sympa, ce gamin. Pas bête. Puis, je suis sûre
qu'il m'aime bien. ANDRE. Ça arrive à tous de faire des conneries, Laurence. LAURENCE. Ben,
on arrête ce métier, alors.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Fa17
[A propos de dépression nerveuse et d'idées de suicide]
(382)(MO53)Fa17 : — alors euh: les cachets pour les nerfs ont marché et
marchent encore (ricanement) mais enfin: ça ça arrive à tout le monde hein…
• 1990 Conte de printemps, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 393, 1990]
Natacha : — Je me suis trompée, ça arrive.
• 1993 Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel, film de Laurence Ferreira Barbosa [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 433, 1994]
Infirmier : — Il est pas fâché, il s'est énervé un peu... ça arrive... C'est pas grave..
• 1998 L'ennui, film de Cédric Kahn [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 481, 1999]
Martin : — C'est la première fois que je te donne de l'argent depuis si longtemps. Cécilia :
— Je m'en suis aperçue. Martin : — Ça t'étonne pas ? Cécilia : — Qu'est-ce qui doit m'étonner ?
Martin : — Ben que je t'en aie pas donné depuis quinze jours. Cécilia : — Non, j'ai pensé que tu
n'en avais plus. Martin : — Oui c'est vrai, j'étais à court mais ça aurait pu t'étonner. Cécilia : —
Ça arrive à tout le monde de plus avoir d'argent.
Ça devait arriver.
Expliquer un fait de val. nég. par son
caractère nécessaire, fatal. Critiquer autrui, responsable de ce qui
est arrivé.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 6, Albertine disparue, p. 64
[Après la mort d'Albertine] « Il ne faut pas pleurer, Monsieur », me dit [Françoise] d'un ton
cette fois plus calme, et plutôt pour me montrer sa clairvoyance que pour me témoigner sa pitié… Et
elle ajouta : « Ça devait arriver, elle était trop heureuse, la pauvre, elle n'a pas su
connaître son bonheur… »
• 1959 E. Ionesco, Rhinocéros, Gallimard Folio, p. 116
Monsieur Papillion: — Il [le rhinocéros] nous a démoli l'escalier, tant mieux, une chose
pareille devait arriver ! Depuis le temps que je demande à la direction générale de nous
construire des marches de ciment pour remplacer ce vieil escalier vermoulu. Dudard : — Il y a une
semaine encore, j'ai envoyé un rapport, monsieur le Chef. Monsieur Papillon : — Cela devait
arriver, cela devait arriver. C'était à prévoir. J'ai eu raison.
• 1966 E. Ionesco, La soif et la faim, Gallimard, p. 102
Comment a-t-il pu disparaître ? Il n'est pas là. Là non plus,
ici non plus, il n'est plus là. Comme la maison est vide. Comme le vide
est grand. Cela devait arriver un jour, bien sûr, je m'en doutais.
— hétéranthropes synantaxes
J'y arriverai.
Prédire le succès du loc.
• 1979 Série noire, film de Alain Corneau [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 234, 1979]
STAPLIN : — Je suis désolé, mais je vais être obligé de porter plainte contre vous [pour
vol]. FRANK : — Qu'est-ce que vous me chantez là ? Ça va pas, non ? Vous... vous êtes complètement
louf. STAPLIN : — Vous verrez mon petit Frank, un petit séjour entaule vous mettra un peu de plomb
dans la cervelle. FRANK : — Ecoutez, patron, donnez-moi une chance ! Donnnez-moi trois semaines,
hein, je travaillerai seize heures par jour. J'y arriverai ... Quinze cents balles, c'est pas
le bout du monde ... quinzecents balles !
• 1982 Le beau mariage, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 294, 1982]
CLARISSE : — Ce n'est pas si facile, mais il ne faut pas se
décourager. SABINE : — Je ne crois pas qu'il se dérobe. Il a vraiment
du travail. Je ne dis pas que ce soit du tout cuit, mais j'y arriverai.
• 1979 Série noire, film de Alain Corneau [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 234, 1979]
STAPLIN : — Je suis désolé, mais je vais être obligé de porter plainte contre vous [pour
vol]. FRANK : — Qu'est-ce que vous me chantez là ? Ça va pas, non ? Vous... vous êtes complètement
louf. STAPLIN : — Vous verrez mon petit Frank, un petit séjour entaule vous mettra un peu de plomb
dans la cervelle. FRANK : — Ecoutez, patron, donnez-moi une chance ! Donnnez-moi trois semaines,
hein, je travaillerai seize heures par jour. J'y arriverai ... Quinze cents balles, c'est pas
le bout du monde ... quinzecents balles !
• 1982 Le beau mariage, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 294, 1982]
CLARISSE : — Ce n'est pas si facile, mais il ne faut pas se
décourager. SABINE : — Je ne crois pas qu'il se dérobe. Il a vraiment
du travail. Je ne dis pas que ce soit du tout cuit, mais j'y arriverai.
Tu vas y arriver ! 1
Prédire le succès du dest.
asseoir
— isolexes hétéropragmes
Assieds-toi !
Annoncer une information renversante.
Ça m'a assis.
Exprimer son étonnement convaincu.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Fj8
(144)(AG19)Fj8 : — y a un truc qui m'avait choquée/ surtout elles avaient quinze seize ans/
l'école était (?) obligatoire jusqu'à quatorze ans/ en Espagne/ donc elles avaient arrêté/ et
maintenant elles restaient à la maison/ avec leur mère à faire le ménage/ et elles attendaient de se
marier. et là c'é- pourtant c'était pourtant pas faute ce que leur frère étudiait/ mais elles non/
donc c'était pas faute d'argent/ mais enfin ça m'avait complètement:... ça m'avait
assise.
attendre
— hétéranthropes antaxes
Je n'attends que ça.
Dire qu'on désire que qch. arrive. Programmer une réaction de participation au bénéfice du loc.
Tu n'attends que ça.
Critiquer le dest. de désirer qch. de val. nég. pour autrui.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 202
Claque la porte et vais faire un tour, dans l'espoir de me calmer les nerfs, ne rentrant au
bercail qu'une heure ou deux après. Elle n'attend que ça. Et au retour, je serai accueilli
comme chaque fois par toutes sortes de railleries humiliantes […]
• 1966 E. Ionesco, La lacune, Gallimard, p. 185
— paramorphes antaxes
Il faut attendre.
Demander au dest. de patienter. Justifier un non acte du loc. Critiquer l'impatience du dest.
• 1949 Manèges, film de Yves Allégret
L: — Faudrait peut-être attendre un peu pour faire des frais. A: — T'occupe donc pas de ça, je sais ce que je fais.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 340
Nous irons d'ailleurs téléphoner ensemble à des amis dans un instant. Il faut attendre que les gens soient chez eux.
• 1981 Neige, film de Juliet Berto et Jean-Henri Roger [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 422, 1993]
Jocko : — Est-ce qu't'en as [de la drogue] ? Le blond : — Non mais tu rigoles non, y a belle
lurette que mes planques elles sont râpées, foutues. Jocko : — Alors comment tu vas faire ? Le blond
: — Comment j'vais faire ? Ben faut attendre, c'est la chiotte, hein ?
• 1985 Courchay, Quelque part, p. 62 [Frantext]
Pas le moment de lui raconter cette histoire […]… Alors ? Rien… Il est urgent d'attendre…
• 1986 Le paltoquet, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 353, 1986]
Docteur : — Qu'est-ce qu'on fait là ? Lotte : — Je ne sais pas. Je crois que je rêve et que
je ne sais plus me réveiller. Ou alors que je suis dans le rêve de quelqu'un d'autre. Il faut
attendre. Docteur : — Attendre quoi ? Lotte : — Le réveil !
Il fallait s'y attendre.
Dire qu'on n'est pas étonné par ce qui est arrivé de val. nég.
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
[Irénée croit dur comme fer au contrat pour rire qu’on lui a offert. Son oncle, qui n’est pas dupe, est désespéré.] IRÉNÉE : — Il fallait s'y attendre !... Les difficultés commencent : c'est le signe de la réussite.
• 1943 Goupi-mains rouges, film de Jacques Becker [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 204, 1978]
MES SOUS. — C'est […] bizarre qu'il ne soit pas là. Je parle de mon fils. CANCAN. — Il fallait s'y attendre du moment qu'on avait envoyé Mains Rouges [le chercher à la gare], tu aurais dû y aller toi-même.
• 1975 Emile Ajar (Romain Gary), La vie devant soi, 1975 (Folio 1362), p. 70
Elle a eu la chance d'élever comme ça un commissaire de police qui était un enfant de pute et
qui la protégeait, mais elle avait maintenant soixante-cinq ans et il fallait s'y attendre.
C'est surtout le cancer qui lui faisait peur, ça ne pardonne pas.
• 1978 Une histoire simple, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 225, 1979]
Georges. — Il est sur une charrette [=de licenciements] pour septembre ou octobre, je suis au courant, mais qu'est-ce que tu veux, il fallait s'y attendre.
— hétéranthropes antaxes
J'attends ! 2
Critiquer le dest. de tarder à agir ou d'être lent.
Il attendra.
Refuser de satisfaire le désir d'un tiers.
• 1992 Un cœur en hiver, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 454, 1996]
Camille : — Dépêche-toi. Maxime nous attend. Régine (très sèche) : — Eh bien il attendra ! Moi, je suis pas prête, je suis même pas maquillée.
— hétéranthropes antaxes
Je ne t'attendais plus !
Critiquer le dest. d'être en retard au rendez-vous. Justifier une réaction d'opposition du loc.
• 1985 Vaudeville, film de Jean Marbœuf [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 358, 1987]
(On frappe.) Martine : — C'est toi ? Victor : — Qui veux-tu que ce soit ? Martine : — Je t'attendais plus... j'étais couchée...
• 1990 Conte de printemps, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 393, 1990]
Igor : — Vous avez déjeuné ? Natacha : — Ben oui, on t'attendait plus. Il reste plein de choses à manger de toute façon.
Tu ne m'attendais pas !
Critiquer le dest., pris en flagrant délit.
• 1943 Le Corbeau, film de Henri-Georges Clouzot [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 187, 1977]
Dr Germain (surpris avec Laura par Denise, dans l'église) — Denise ! Denise — Vous ne
m'attendiez pas, hein ? Dr Germain — Qu'est-ce que vous faites là ? Denise — Vos scrupules vous
obligent à me quitter, mais ne vous empêchent pas de courir après unefemme mariée, une petite
sainte-nitouche vicieuse et sournoise… Mes compliments !
— hétéranthropes antaxes
J'attends quelqu'un.
Expliquer sa passivité.
Tu te fais attendre !
Critiquer le dest. de tarder à agir ou d'être lent.
• 1942 Les visiteurs du soir, film de Marcel Carné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 13, 1962]
LE DIABLE : — Anne. Anne., que tes chaînes tombent. Sois ici dans ce jardin., sur ce banc.
(Sûr de lui, il regarde à ses côtés le banc. Celui-ci reste vide. Le diable se lève d'un bond, n'en
croyant pas ses yeux.) Anne. Anne., mais qu'est-ce que cela veut dire. Vraiment, c'est bien la
première fois. Anne. (Rapidement, il fait un geste. Anne apparaît debout devant le Diable,
satisfait.) LE DIABLE, avec satisfaction : — Enfin. (Galant, avec un léger reproche dans la voix.) .
Vous vous êtes fait attendre, ma belle enfant.
— paramorphes antaxes
Je t'attendais. 1
Evaluer positivement la visite du dest.
Je t'ai attendu !
Critiquer le dest. d'être en retard au rendez-vous.
• 1996 Chacun cherche son chat, film de Cédric Klapisch [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 482, 1999]
Chloé : — Ben pourquoi t'es pas venue l'autre soir, moi je t'ai attendue... Flo : — Mais attends, j'te jure, j'ai pas pu faire autrement, vraiment c'était trop galère...
— paramorphes antaxes
Je n'en attendais pas tant.
Evaluer positivement qch. en exprimant sa satisfaction.
Je m'attendais à bien des choses, mais pas à ça !
Evaluer négativement qch. en exprimant sa déception.
— paramorphes synantaxes
Je ne m'attendais pas à ça.
Evaluer négativement qch. en exprimant sa déception.
Je m'attendais à bien des choses, mais pas à ça !
Evaluer négativement qch. en exprimant sa déception.
— hétéranthropes antaxes
Je ne sais pas ce qui m'attend.
Exprimer son inquiétude quant à son avenir.
Tu ne sais pas ce qui t'attend !
Prédire qch. de val. nég. pour le dest.
• 1966 E. Ionesco, La soif et la faim, Gallimard, p. 96
Il n'a pas l'habitude de la marche. Il présume de ses forces, il ne connaît pas les fatigues qui l'attendent, lui qui ne peut pas faire deux cents mètres à pied.
— hétéranthropes antaxes
Je ne t'ai pas attendu !
Critiquer les conseils du dest. parce qu'on a déjà agi.
Tu ne m'as pas attendu !
Reprocher au dest. d'avoir agi sans m'attendre.
— antisèmes synaxes
Je sais ce qui m'attend.
Prédire qch. de val. nég. pour le loc.
• 1913 M. Proust, ALRDTP 1, Du côté de chez Swann, p. 184
Si le pianiste voulait jouer la chevauchée de la Walkyrie ou le prélude de Tristan, Mme
Verdurin protestait, non que cette musique lui déplût, mais au contraire parce qu'elle lui causait
trop d'impression. "Alors vous tenez à ce que j'aie ma migraine? Vous savez bien que c'est la même
chose chaque fois qu'il joue ça. Je sais ce qui m'attend! Demain quand je voudrai me lever,
bonsoir, plus personne!"
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 286
Sous l'action des innombrables névralgies que la musique de Bach, de Wagner, de Vinteuil, de
Debussy lui avait occasionnées, le front de Mme Verdurin avait pris des proportions énormes, comme
les membres qu'un rhumatisme finit par déformer. Ses tempes, pareilles à deux belles sphères
brûlantes, endolories et laiteuses, où roule immortellement l'Harmonie, rejetaient de chaque côté
des mèches argentées, et proclamaient, pour le compte de la Patronne, sans que celle-ci eût besoin
de parler : « Je sais cequi m'attend ce soir. »
Je ne sais pas ce qui m'attend.
Exprimer son inquiétude quant à son avenir.
attention
— antisèmes synaxes
Il faut faire attention.
Programmer de faire attention. Justifier
le loc. de faire attention. Critiquer le dest. de ne pas faire
attention.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 262
Mais vous n'avez pas l'air bien et vous allez avoir froid dans cette pièce si humide, dit-il
en poussant près de moi une chaise. Puique vous êtes souffrant, il faut faire attention, je
vais aller vous chercher votre pelure. Non, n'y allez pas vous-même, vous vous perdrez et vous aurez
froid. Voilà comme on fait des imprudences, vous n'avez pourtant pas quatre ans, il vous faudrait
une bonne comme moi pour vous soigner.
• 1958 E. Ionesco, Les Chaises, Folio p. 33
LA VIEILLE : — Allons, allons, mon chou, viens t'asseoir. Ne te
penche pas, tu pourrais tomber dans l'eau. Tu sais ce qui est arrivé à
François Ier. Faut faire attention.
• 1958 E. Ionesco, Les Chaises, Folio p. 73
Il ne faut pas faire attention.
Demander au dest. de ne pas prêter attention à qch. de val. nég.
• 1943 Goupi-mains rouges, film de Jacques Becker [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 204, 1978]
(Marie montre à Monsieur la chambre qui lui est réservée ; un garçon est assis sur le lit.)
MARIE. — Voilà, c'est ici. Attendez, je vais ouvrir les rideaux. On n'y voit rien… C'est la plus
belle chambre, Tisane l'avait préparée pour vous. MONSIEUR. — Quiest-ce ? MARIE. — C'est mon fils,
il est un peu… sauvage, faut pas faire attention.
• 2000 Ressources humaines, film de Laurent Cantet [dialogues publiés par Arte Editions / Editions 00h00.com, coll. Scénars, Paris, 2000]
FRANK : — Bon, écoutez, Madame Arnoux. Je porte un costume, je travaille à la direction, ça
vous suffit peut-être pour me voir comme un ennemi, mais je peux vous dire une chose, je suis
convaincu que les 35 heures sont une bonne chose pour tout le monde.Et il n'y a pas de raison que la
direction en ait moins conscience que les syndicats. MADAME ARNOUX : — C'est du baratin ! Je connais
par cœur ! Tu veux que je te dise ce que tu es ? Tu le sais peut-être même pas, tu es un
opportuniste ! Tu es bien parti pour réussir! Tu feras un chouette patron. Allez, moi je préfère
vous laisser parce que... LE PÈRE, à Frank : — Faut pas faire attention à elle. Il faut
garder ses distances, c'est tout.
• 2001 À ma sœur, film de Catherine Breillat [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 2001]
(Le père, énervé, quitte la table.) LA MÈRE : — Faut pas faire attention, il est à cran.
autre
— hétéranthropes antaxes
Je pense à autre chose.
Réaliser un acte de parole motivé par ce à quoi on pense à l'instant.
Tu penses à autre chose !
Critiquer le dest. pour l'inattention
qu'il manifeste. Programmer une réaction d'opposition du dest.
• 1973 Belle, film de André Delvaux [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 227, 1979]
[Ils font l'amour.] JEANNE : — Tu penses à autre chose... MATHIEU : — Je me demande si je n'ai pas écrasé une bête, cette nuit, dans la Grande Fagne.
— paramorphes antaxes
Ça, c'est autre chose !
Evaluer positivement la situation comme meilleure.
V(oi)là autre chose !
Evaluer négativement qch. Critiquer un acte.
• 1985 Vaudeville, film de Jean Marbœuf [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 358, 1987]
Madeleine : — Je vieillis. J'ai envie de pouvoir dire « Je t'aime », jouer des scènes de
séduction, vivre une passion... Avec toi, je prends un direct « Destination vieillesse, maladie,
retraite »... J'ai peur... Gaston : — Ben, v'la autre chose ! Moinon plus j'ai pas rêvé
d'être chef d'étage d'un grand magasin. J'ai rêvé d'être autre chose qu'une machine à débiter. Je
suis pas né en disant : « Je veux être vendeur, na ! »
• 1993 Je m'appelle Victor, film de Guy Jacques [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 426, 1993]
Basile : — Il m'a dit de vous demander si vous pouviez pas nous prêter votre barque à la rivière. Milos : — Ben voilà autre chose… Tu crois pas que je vais lui prêter ma barque comme ça !
— hétéranthropes hétéropragmes
Je pense à autre chose.
Réaliser un acte de parole motivé par ce à quoi on pense à l'instant.
Tu penses à autre chose !
Critiquer le dest. pour l'inattention
qu'il manifeste. Programmer une réaction d'opposition du dest.
• 1973 Belle, film de André Delvaux [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 227, 1979]
[Ils font l'amour.] JEANNE : — Tu penses à autre chose... MATHIEU : — Je me demande si je n'ai pas écrasé une bête, cette nuit, dans la Grande Fagne.
— parasèmes hétéropragmes
J'en ai vu d'autres.
Exprimer son indifférence.
• 1937 Pépé le Moko, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 270, 1981]
[Alerte à la police] Carlos : — Allez, ramasse tout ça et
filons. Pépé : — Quoi, quoi, quoi! Ne nous pressons pas, hein! Les
agents et après? On en a vu d'autres des agents, non, hein?
• 1979 Buffet froid, film de Bertrand Blier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 245, 1980]
LE QUIDAM. — Est-ce que vous allez finir par me foutre la paix ?... Je meurs... Barrez-vous !
ALPHONSE. — Je peux pas vous laisser comme ça ! LE QUIDAM. — Mais si !... J'en ai vu
d'autres. ALPHONSE. — Oui mais là, vous risquez de plus voir grand chose.
[— Tu profites du système !] — J'en connais d'autres !
Retourner une assertion concernant le loc.
avaler
— isolexes hétéropragmes
Je ne peux plus rien avaler.
Décliner une offre à manger.
C'est dur à avaler.
Critiquer un acte d'autrui dont le loc. est victime.
avancer
— paramorphes hétéropragmes
J'avance.
Evaluer positivement comme succès le déroulement d'un acte du loc.
Je m'avance.
Se distancier de l'opinion qu'on a exprimée.
avis
— antisèmes synaxes
J'ai changé d'avis.
Dire qu'on a pris une autre décision. Expliquer un revirement du loc.
• 1974 Stavisky, film de Alain Resnais [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 157, 1975]
LE MAITRE-CHANTEUR : — Voici ce que j'ai retrouvé. Ça [=un magazine] date de 1926. Je vais
reproduire cette image dans notre prochain numéro, avec la légende suivante : « Le propriétaire du
journal "La Volonté" et du théâtre de l'Empire, au cours d'une surprise partie... » Ça vous va,
Bonny ? BONNY : — J'ai changé d'avis... Alexandre est sur ses gardes...
• 1974 Vincent, François, Paul et les autres, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 154, 1974]
VINCENT : — Bécaru n'est pas là, mais la traite est là. Il y a quinze jours, on avait décidé
de la reporter. On l'a dit... Bécaru l'a dit !... Vous l'avez dit !... Ne dites pas non. FONDÉ DE
POUVOIR : — Effectivement, monsieur Bécaru l'a dit. Et il a changé d'avis. Je n'y peux rien.
Et vous non plus.
• 1979 Il y a longtemps que je t'aime, film de Jean-Charles Tacchella [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 237, 1979]
CHARLIE : — Douze ans, déjà... Je t'avais attendue, plein d'espoir, un après-midi, devant le
casino. En te quittant, la veille au soir, j'étais persuadé que tu viendrais... BRIGITTE : — Moi
aussi. Au dernier moment, j'ai changé d'avis.
• 1980 Le dernier métro, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 304, 1983]
BERNARD (il vient de donner ses vêtements au vestiaire.) — Excusez-moi, Mademoiselle, rendez-moi mes vêtements, j'ai changé d'avis.
Je n'ai pas changé d'avis.
Persister dans la programmation d'un acte.
avoir
— hétéranthropes hétéropragmes
Je ne sais pas ce que j'ai.
Dire qu'on ignore le $quoi@ et/ou le $pourquoi@ d'un fait concernant le loc.
• 1937 Pépé le Moko, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 270, 1981]
Pépé — Eh bien, remets-toi, mon vieux, quoi ? Je comprends ton inquiétude pour Pierrot ;
mais enfin, tiens bois. (Régis [traitre] prend le verre et le boit en tremblant.) Eh bien bois ! eh
eh casse pas le verre […] Régis : — Ben, je sais pas ce que j'ai.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Fj23
(405)(FA74)Fj23 : — en plus/ xx elle m'énerve elle me dit va pas trop vite va/ pas trop
vite/ moi qu'est-ce que je fais je cours/ euh et puis elle est fragile elle fait de la scoliose/
EF(Fj23) : — ah (406)(FA75)Fj23 : — et puis je lui démonte la clavicule/ elle arrive chez moi elle
dit: je sais pas ce que j'ai>/ on l'amène à l'hôpital/ allez entorse!/
oh je vous jure! rien... rien qu'en s'amusant on/ on se fait vite/ démonter hé
Je ne sais pas ce que tu as.
Critiquer le dest. pour l'insanité qu'il manifeste.
• 1986 Le rayon vert, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 356, 1986]
Manuella : — Qu'est-ce qu'elle fait, Delphine ? Françoise : — Eh bien, finalement... Béatrice
: — Elle est partie. Elle ne veut pas parler. Je ne sais pas ce qu'elle a... Elle est
toujours toute seule, cette fille. Qu'est-ce qui se passe ? Françoise :— Mais non, mais Delphine,
c'est parce que... Elle est triste.
avouer
— paramorphes antaxes
Tu avoueras que [p].
Renforcer la vérité d'une assertion, en s'opposant au dest.
Tu avoueras…
Renforcer un acte d'évaluation.
• 1973 Salut l'artiste, film de Yves Robert [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 147, 1974]
CLEMENT : — Boite de vitesses automatique. Arbre à cames en tête. Je voulais te la faire essayer. Tu m'avoueras que... hein ! NICOLAS : — Oui, oui.
• 1993 Je m'appelle Victor, film de Guy Jacques [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 426, 1993]
Basile [11 ans] : — Tu sais, j'ai même aidé ton grand-père à construire sa maison. […] Cécile
: — Tu te souviens quand je t'ai dit que j'étais Marie-Antoinette. Ben maintenant, j'en suis presque
sûre. Basile : — Tu te moques de moi. Tu crois rien du tout. Cécile : — Oh, écoute, t'avoueras
aussi !… Y a de quoi !
bavard
— antisèmes synaxes
Tu es (trop) bavard !
Critiquer le dest. de trop parler. Programmer une réaction d'opposition du dest.
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 184
BÉRENGER : — Ecoutez-moi, je vous en prie, c'est tout à fait sérieux. Vous avez vu. Je suis
un homme honorable. LE DEUXIEME AGENT : — Qu'est-ce que ça peut vous faire, tout ça ? BÉRENGER : —
Pardon, pardon, je suis citoyen, ça me regarde, cela nous concerne tous, nous sommes tous
responsables des crimes qui… Enfin, je suis un vrai citoyen. LE DEUXIEME AGENT, au Premier :
— Tu l'entends ? Ce qu'il est bavard !
Tu n'es pas bavard.
Critiquer le dest. de ne pas parler.
• 1946 Un revenant, film de Christian-Jaque [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 399, 1991]
Karina. — Vous n'êtes pas bavard. (Un silence.) François. — Non…
• 1993 Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel, film de Laurence Ferreira Barbosa [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 433, 1994]
[On se réveille.] Jean : — T'es pas bavarde le matin, toi… T'as du café ?…
berlue
— hétéranthropes antaxes
J'ai la berlue !
Exprimer son étonnement convaincu causé par ce qu'on voit.
Tu as la berlue !
Contester une assertion.
boire
— isolexes antaxes
Tu boiras à ma santé.
Faire don d'une somme d'argent (pourboire...).
• 1979 Buffet froid, film de Bertrand Blier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 245, 1980]
LE QUIDAM [mourant] — Eh !... Vous me prenez pas mon pognon ? ALPHONSE — Vous devez pas en
avoir lourd. LE QUIDAM. — Non... Mais c'est pas la peine que je l'emporte... Attendez... Sortant
péniblement son portefeuille de sa poche de pantalon, il en extrait quelques billets, qu'il froisse
devant Alphonse. Celui-ci le regarde bêtement: LE QUIDAM. — Tenez… Vous boirez un coup à ma
santé... ALPHONSE. — Bon ben... d'accord...
Tu as bu !
Critiquer un acte du dest.
• 1946 Un revenant, film de Christian-Jaque [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 399, 1991]
(Jérôme a décidé de marier son fils à Gilberte.) François
(écœuré). — Que voulez-vous, moi je trouve Gilberte, impossible,
physiquement. Jérôme. — Physiquement ? En voilà un langage ! Oh, toi, tu as bu !
• 1959 E. Ionesco, Rhinocéros, Gallimard Folio, p. 151
Bérenger : — Vous êtes de plus en plus vert [de peau]. Jean : —
Vous avez la manie des couleurs aujourd'hui. Vous avez des visions, vous avez encore bu.
• 1961 Ce soir ou jamais, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 9, 1961]
[À Laurent qui n'a pas répondu à sa question. Il est préoccupé d'autre chose.] VALÉRIE : — Enfin, tu as bu ? Qu'est-ce que tu as ?
• 1982 Pauline à la plage, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 313, 1983]
Pierre. — Quand je t'ai revue, ce soir, tout mon ancien amour a
reflué. Je me suis aperçu qu'aucune autre femme ne m'a fait l'effet que
tu m'as fait auparavant, et encore maintenant. Marion. — Oh écoute ! tu as bu !
• 1997 L'autre côté de la mer, film de Dominique Cabrera [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 467, 1997]
Djaffar : — Ne me touche pas toi, tu as bu !
bon
— hétéranthropes antaxes
Tu es trop bon. 1
Remercier.
• 1918 M. Proust, ALRDTP 2 , A l'ombre des jeunes filles en fleurs, p. 316
— J'ai un autre volume de Bergotte ici, je vais vous le chercher […] — Mais, monsieur […] vous êtes trop bon, un seul volume de Bergotte me suffira. — C'est ce qui me semble, après tout.
• 1963 Le doulos, film de Jean-Pierre Melville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 25, 1963]
SILIEN : — Je sais qu'il vous dégoûte. Alors, si vous voulez le
laisser tomber, je vais vous donner une chance. FABIENNE : — Merci, vous êtes trop bon...
Je suis trop bon.
Critiquer un acte du loc. pour sa générosité.
• 1942 Les visiteurs du soir, film de Marcel Carné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 13, 1962]
LE DIABLE. — Elle se moque de moi, et pourtant je l'aime, mais
j'ai été trop doux, trop prévenant. Ce n'est pas le moyen de plaire aux
femmes. Mais cela va changer. Oui. J'ai été trop bon, trop patient. Oui, tout va changer.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 185
Je ne vais pas passer la nuit à la regarder se masser le gras des joues. Me prend pour qui ? Je suis bien bon, moi, de patienter, de lui faciliter la tâche.
bouger
— isolexes hétéropragmes
Tu pourrais te bouger un peu ?
Demander au dest. de changer de place.
Tu pourrais te bouger un peu (, quand même) !
Reprocher au dest. de rester inactif.
ça
— hétéranthropes antaxes
Je ne pense qu'à ça.
Dire qu'on n'oublie pas ce qu'on a à faire.
• 1935 La kermesse héroïque, film de Jacques Feyder [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 27, 1963]
L'HOSTELIERE. — C'est exprès que vous avez posé là votre bannière ? LE PORTE-FANION. — Oui.,
j'ai pris la frange à un clou. L’HOSTELIERE. — Je vais vous recoudre ça. (Elle entre dans la
chambre.) VOIX DE L’HOSTELIERE. — Vous n’y pensez pas ! VOIX DU PORTE-FANION. — Mais je ne pense
qu'à ça ! VOIX DE L’HOSTELIERE. — Mais pour qui me prenez-vous ? Aïe ! VOIX DU PORTE-FANION. —
Quoi donc ? VOIX DE L’HOSTELIERE. — J'ai juste le soleil dans I’œil !
• 1997 Western, film de Manuel Poirier et Jean-François Goyet [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1997]
NINO : Cette Marinette, tu vas revenir la voir dans trois semaines ? PACO : Oui... je ne pense qu'à ça...
Tu ne penses qu'à ça ! 1
Critiquer le dest. de s'intéresser exclusivement à qch.
• 1996 Y aura-t-il de la neige à Noël ?, film de Sandrine Veysset [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1997]
PAUL: — Qu'est ce qui y'a à manger, vous savez ? PIERROT : — Décidément tu penses qu'à bouffer, toi! PAUL: — C'est normal, il est midi, non ?
• 2001 À ma sœur, film de Catherine Breillat [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 2001]
ELÉNA : — Quand je pense que tout le monde se demande pourquoi
elle est grosse, c'est pas difficile à deviner, elle bouffe !... Elle
bouffe, comme une truie, elle pense qu'à ça !
casser
— isolexes hétéropragmes
(C'est ça,) casse-toi ! (fam.)
Donner congé au dest. désagréable.
C'est ça, casse tout !
Critiquer le dest. qui a cassé quelque chose.
• 1979 Il y a longtemps que je t'aime, film de Jean-Charles Tacchella [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 236, 1979]
[Brigitte, furieuse contre François, dans la cuisine. On entend un bruit de vaisselle cassée.] FRANÇOIS (à mi-voix) : — C'est ça, casse tout !
chier
— hétéranthropes antaxes
Je ne me fais pas chier !
Se vanter d'en faire le moins possible.
Tu ne te fais pas chier ! 1
Critiquer le dest. pour sa nonchalance.
chose
— isolexes antaxes
C'est quelque chose ! 1
Evaluer positivement qch.
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 203
BÉRENGER [au Tueur] : — Même si la police ferme les yeux, ce qui arrive dans la plupart des
cas, à quoi bon tant d'efforts et de fatigue, des plans d'action compliqués, des nuits de guet
épuisantes… le mépris des hommes ? Cela vous est égal, peut-être. Vous récoltez leur peur, c'est
vrai, c'est quelque chose.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Fr05
(507)(SE42)Fr5 : — bien la femme/ elle a tout/ la femme il faut qu'elle fasse le manger/ il
faut après qu'elle s'occupe des gosses/ il faut qu'elle s'occupe de tout aussi/ elle a... une sacrée
responsabilité aussi. EF(Fr5) : — mm (508)(SE43)Fr5 : — lelavage/ le repassage/ EF(Fr5) : — mm.
(509)(SE44)Fr5 : — tout ça. mais enfin... bon si l'homme porte déjà le... le pain/ EF(Fr5) : —
oui. (510)(SE45)Fr5 : — c'est quelque chose.
C'est déjà quelque chose.
Evaluer positivement qch. en exprimant sa satisfaction.
• 1975 Emile Ajar (Romain Gary), La vie devant soi, 1975 (Folio 1362), p. 241
Je suis resté un moment assis seul dans l'escalier pour avoir la
paix. J'étais quand même heureux de savoir que je n'étais pas un nain, c'était déjà quelque chose.
cœur
— paramorphes hétéropragmes
J'ai eu un coup au cœur.
Dire qu'on a été très étonné.
J'ai eu un coup de cœur.
Dire que l'on s'est décidé par un enthousiasme subit.
comme
— hétéranthropes synantaxes
Je suis comme tout le monde !
Justifier un acte du loc.
Il est comme tout le monde.
Evaluer positivement un tiers. Critiquer la critique d'un tiers par le dest.
• 1980 N. Sarraute, C'est beau, Théâtre, p. 74
LUI : — Moi à cet âge-là, j'étais idiot. Un peu arriéré. Toujours dans les livres. Dans les
musées. Mais lui… ah oui, pour ça oui, lui, ces choses-là, ça l'ennuie… il n'aime pas ça… lui, c'est
les bandes dessinées… la télé… Voix : — Ah que voulez-vous, il est de son temps… c'est normal, il
est comme tout le monde.
— antisèmes synaxes
Fais comme moi.
Demander au dest. de faire comme moi.
Ne fais pas comme moi !
Conseiller de ne pas faire comme le loc.
compliquer
— hétéranthropes antaxes
Il ne faut pas se compliquer l'existence.
Justifier de ne pas faire un acte pénible. Critiquer autrui de faire un acte pénible.
• 1973 N. Sarraute, Isma, Théâtre, p. 114
F. 1 : Oh, vous savez… quand les oreilles ou les orteils font cet effet, c'est qu'il y a
quelque chose… F. 2 : Probablement. Mais je ne perds pas mon temps à chercher. Pourquoi se
compliquer l'existence? Je chasse ces gens-là [de ma tête], voilà tout.
Il y en a qui ne se compliquent pas la vie !
Critiquer autrui pour sa nonchalance. Exprimer de la jalousie.
• 1946 Panique, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 391, 1990]
Le boucher. — Ah, si vous aviez huit enfants, comme moi… Même que ma femme arrive pas à se
remettre de son dernier. Mathilde ! Comment il appelle ça le docteur ? La bouchère (d'une voix
chevrotante). — Du lymphatisme dans les organes ! Le boucher (il seretourne vers Monsieur Hire). —
Ça vous dit quelque chose ? Ah, c'est vrai vous n'avez pas de femme non plus. Ah y en a qui se
compliquent pas la vie !
comprendre
— hétéranthropes synaxes
Je ne te comprends pas. 2
Critiquer le dest.
• 1921 M. Proust, ALRDTP 3, Le côté de Guermantes, p. 425
Vous allez faire croire que j'ai dit une méchanceté, j'ai tout
simplement répondu quelque chose de pas drôle, mais c'est vous qui y
donnez de l'importance par votre indignation. Je ne vous comprends pas.
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
[Irénée, devenu riche, retourne voir les siens ; il se déguise pour paraître comme avant.]
FRANÇOISE. — Écoute, vraiment je ne te comprends pas. Tu crois vraiment que cette mise en
scène est nécessaire ? IRENÉE. — C'est nécessaire, parce que ça me faitplaisir.
• 1959 E. Ionesco, Rhinocéros, Gallimard Folio, p. 239
Bérenger : — La preuve, c'est que je t'aime autant qu'un homme puisse aimer une femme. Daisy
: — Drôle d'argument ! Bérenger : — Je ne te comprends plus, Daisy. Ma chérie, tu ne sais
plus ce que tu dis ! L'amour ! l'amour, voyons, l'amour…
• 1982 Pauline à la plage, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 313, 1983]
Sylvain. — Tu vois, vraiment, je te comprends pas, hein ! T'as une nana tout ce qu'il y a de plus super, et tu vas te brancher cette bouffonne-là, mais...
• 1993 Pétain, film de Jean Marbœuf [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 425, 1993]
Pétain : — Je ne vous comprends pas, Gillouin. Vous pensez comme moi, non ? Alors pourquoi prenez-vous toujours le parti des Juifs ?
Tu ne me comprends pas !
Critiquer le dest. de me critiquer.
compte
— paramorphes antaxes
Le compte est bon.
Evaluer positivement un compte.
Ton compte est bon !
Menacer le dest.
compter
— hétéranthropes antaxes
Il n'y a que ça qui compte.
Evaluer comme primordial qch. Justifier un acte.
• 1980 N. Sarraute, Elle est là, Théâtre, p. 40
F : — Je manque d'ouverture. H. 2 : — Mais non, vous n'en
manquez pas. Mais vous devez toujours, vous ne pouvez pas, vous devez
toujours tout ramener à vous-même… il n'y a que ça qui compte.
Il n'y a que ça qui compte pour toi.
Critiquer le dest. de s'intéresser exclusivement à qch.
• 1980 Le dernier métro, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 304, 1983]
MARION (directrice du théâtre, à Bernard qui a molesté Daxiat, critique et collaborateur). —
Vous êtes un irresponsable ! Une brute ! Mais qu'est-ce que vous croyez obtenir avec cette bagarre ?
Est-ce que vous avez seulement pensé une seconde au Théâtre? Et si la pièce est interdite ? Et si le
Théâtre est réquisitionné ? BERNARD. — Pour vous, il n'y a que votre Théâtre qui compte
!… Est-ce qu'il sera plein demain ? Où en sont les bordereaux de location ? Est-ce qu'on pourra
jouer une matinée supplémentaire le jour de Noël ? Eh bien, il n'y a pas que les théâtres qui sont
pleins en ce moment, il y a aussi les prisons !
• 1997 L'autre côté de la mer, film de Dominique Cabrera [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 467, 1997]
[Aux abattoirs.] Djaffar : — Entre les Algériens, les Marocains
c'est la guerre pour le monopole ! […] Pour ça [=des carcasses], ils se
battent ! Ils ont pas honte ! Pour eux, il n'y a que l'argent, ils ont oublié l'Islam !
confiance
— hétéranthropes antaxes
Je ne te fais pas confiance.
Dire qu'on se méfie du dest.
Tu ne me fais pas confiance !
Reprocher au dest. son manque de confiance.
connaître
— hétéranthropes antaxes
Tu ne me connais pas ! 1
Argumenter en faisant allusion au comportement habituel du loc.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 7, Le Temps retrouvé, p. 21
Comme je dis à Verdurin le délicat plaisir que ce doit être pour lui que cette raffinée
mangeaile dans cette collection comme aucun prince n'en possède à l'heure actuelle derrière ses
vitrines : "On voit bien que vous ne le connaissez pas", me jette mélancolieusement la
maîtresse de maison. Et elle me parle de son mari comme d'un original maniaque, indifférent à toutes
ces jolités […]
• 1938 R. Queneau, Les enfants du limon, p. 86
— Mettons les choses au point : j'ai signé un pacte avec M. Chambernac, pas avec vous. — Ah,
ah, vous voulez faire votre indépendant, mon petit Purpu. Je vois que vous ne me connaissez
pas. Je suis peut-être naïve, mais je ne suis pas faible. Vous m'obéirez.
• 1946 Un revenant, film de Christian-Jaque [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 399, 1991]
(François ne veut pas être marié à la riche Gilberte.) Jérôme. —
Silence ! […] Allez ! Gilberte Brunot est un parti admirable. Elle sera
ta femme. François. — Ça, je me tuerais plutôt… Tu ne me connais pas !
• 1949 Manèges, film de Yves Allégret
Mère. — Tu devrais pas trop traîner par ici, si jamais il le [=ton mari] remarquait. Fille. — Lui ? tu ne le connais pas…
• 1957 Ascenseur pour l'échafaud, film de Louis Malle
ELÉNA (catégorique) : — Pas devant ma petite soeur. (Dans le lit jumeau plus loin, Anaïs
enfouie sous les couvertures ne bouge pas.) FERNANDO (tout bas) : — Elle dort. ELÉNA (de même) : —
Oui, mais peut-être qu'elle fait semblant, tu la connais pas, elle est jalouse, elle arrête
pas de m'espionner, elle veut pas comprendre que je suis plus grande qu'elle.
• 1957 Ascenseur pour l'échafaud, film de Louis Malle
L. — Si Monsieur Tavernier te trouve là il va te passer une de ces raclées ! A. — Ça m'étonnerait. L. : — Tu ne le connais pas !
• 1966 E. Ionesco, La lacune, Gallimard, p. 188
L'ami : — Votre mari, chère amie, voulait boucher un trou. Il est consciencieux. La femme : — Vous ne le connaissez pas. Ce n'est pas du tout ça. Il veut la gloire, il veut les honneurs.
• 1972 La Maman et la putain, film de Jean Eustache [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1998]
ALEXANDRE : — Quand la femme qu'on aime baise avec un ami, ou quelqu'un qu'on aime bien,
c'est un peu dur, mais on arrive à comprendre. Mais quand elle baise, ou se branche dans la tête
comme vous dites, sur quelqu'un qui est tout ce qu'on déteste, toutce qu'on a toujours fui, elle
vous met sur le même plan que lui, comme si on était pareil. MARIE : — Vous ne le connaissez
pas. Vous vous faites une idée de lui complètement fausse.
• 1978 Une histoire simple, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 225, 1979]
Marie. — T'es sûre que tu veux pas les [=les enfants] faire
dormir ici avec toi ? Moi je vais n'importe où, ça m'est égal. Anna. —
Non, non, s'ils restent ici avec moi, ils vont faire la java, tu les connais pas !
• 1979 Série noire, film de Alain Corneau [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 234, 1979]
JEANNE : — C'est sûrement de l'argent volé [l'argent que tu as trouvé]. FRANK : — Oui, c'est
ça, c'est ça... Pour me faire passer à tabac jusqu'à ce qu'ils me fassent avouer que c'est moi qui
ai fait le coup, merci... Merci ! Tu les connais pas les bourrins. Ils vont pas chercher midi
à quatorze heures quinze, eux, hein ! JEANNE : — Mais puisque tu leur ramènes l'argent…
• 1981 Garde à vue, film de Claude Miller [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 289, 1982]
MARTINAUD : — Jusqu'au jour où... où Chantal m'a demandé ma main. Enfin, moi, j'osais même
pas y penser, moi. Alors, on... C'est elle... GALLIEN : — Qui a décidé. MARTINAUD : — Bôf. Vous
ne la connaissez pas. Ça n'est jamais aussi direct. Toujours en spirale.
• 1982 Pauline à la plage, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 313, 1983]
[Pauline est déçue que Sylvain ne soit pas là.] Pierre. — Oh, écoute, tu vas pas pleurer pour
tous les petits mecs qui te posent des lapins, quand même! Non ? Pauline. — Il n'est pas comme ça.
Tu ne le connais pas. Et puis il ne t'a rien fait.
• 1982 Pauline à la plage, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 313, 1983]
Henri. — Toi par exemple, Pierre, tu es dans le futur, une
espèce de futur improbable, et tu ne vis pas. Pierre. — Mais qu'est-ce
ce que t'en sais ? Tu ne me connais pas ! Henri. — Si, un peu. Je te devine.
• 1986 Le rayon vert, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 356, 1986]
Béatrice : — Je comprends qu'on puisse être comme ça, mais il faut t'en sortir. Et nous, en
tant qu'amies, on est là pour t'aider. Delphine : — Ne pousse pas mon cas à l'extrême. Je ne suis
pas triste. Tout va bien... Béatrice : — Mais il faut pousser les choses à l'extrême pour crever
l'abcès. Delphine : — Mais tu ne me connais pas ! Tu ne me connais pas ! Béatrice : — Je ne
te connais pas, mais je te vois.
• 1987 L'ami de mon amie, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 367, 1987]
Léa. — Toutes les filles se retournent sur lui, mais moi ça ne
m'épate pas. Toi, je ne crois pas que ce soit ton genre. Blanche. —
Qu'en sais-tu ? Tu ne me connais pas !
• 1987 L'ami de mon amie, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 367, 1987]
Fabien. — Ecoute, c'est pas de ta faute [si tu ne peux pas l'accompagner]. Elle t'avait
proposé ça par gentillesse. Elle n'avait peut-être pas envie de s'encombrer de toi. Léa. — Mêle-toi
de ce qui te regarde ! Tu ne la connais pas !
• 1989 Monsieur Hire, film de Patrice Leconte [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 391, 1990]
Alice : — Vous, c'est pas pareil, on voit que vous êtes gentil. Hire : — Comment pouvez-vous dire ça, vous ne me connaissez pas.
• 1990 Conte de printemps, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 393, 1990]
Natacha : — Actuellement il y a Eve, sa [=de mon père] petite amie. Mais elle, c'est autre
chose. Elle a un côté vampirique. elle lui fauche ses idées et elle a écrit un article dans une
petite revue. Elle a pas mal de talent, énormément de facilité en tout cas. Mais c'est très peu
personnel, très journalistique. Jeanne : — Ça devrait apporter de l'émulation à ton père ! Natacha :
— On voit que tu ne le connais pas. Ça lui coupe son inspiration tout net.
• 1996 Y aura-t-il de la neige à Noël ?, film de Sandrine Veysset [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1997]
LE PÈRE: — Faut absolument finir de ramasser les courgettes cet après-midi. Après elles
seront trop grosses et je pourrai plus les vendre. LA MÈRE : — Avec ta peur de pas vendre, toi, tu
nous ferais ramasser des courgettes pas plus grosses que mon p'titdoigt. LE PÈRE : — Sois pas con
comme ça ! Si je te dis qu'après elles se vendent plus. Tu les connais pas les
clients.
Tu ne le connais pas !
Argumenter en faisant allusion au comportement habituel d'un tiers.
— hétéranthropes antaxes
Je te connais !
Argumenter en faisant allusion au comportement habituel du dest.
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
(Irénée refuse un rôle.) FRANÇOISE. — Donc, je n'insiste pas. IRÉNÉE (la retenant). — Oh non,
n'insistez pas. Surtout vous. Parce que vous, vous finiriez par me persuader. Allez, je vous
connais. Vous faites faire aux gens tout ce que vous voulez.
• 1963 Le mépris, film de Jean-Luc Godard [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 413, 1992]
Camille : — Je ne te comprends pas, tu m'as toujours dit que tu aimais beaucoup ce scénario.
Maintenant, tu racontes au producteur que tu le fais uniquement pour de l'argent et que ton idéal
c'est d'écrire pour le théâtre... Il n'est pas idiot, il va réfléchir et la prochaine fois, il ne te
le donnera pas à toi. C'est drôle que tu comprennes pas une chose aussi simple. D'ailleurs, je suis
sûre que tu le feras quand même. Paul : — Non. Camille : — Si, tu verras. J'te connais, j'te
connais.
• 1979 Il y a longtemps que je t'aime, film de Jean-Charles Tacchella [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 237, 1979]
FRANÇOIS : — Tu soigneras mes plantes ? BRIGITTE (en plaisantant) : — Non, je les laisserai crever. FRANÇOIS : — Je te connais : tu oublies toujours de les arroser. BRIGITTE : — T'inquiète pas !
• 1980 Le dernier métro, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 304, 1983]
MARION. — Tu vois, Lucas, la pièce [de théâtre] marche toute seule, tu n'as plus
d'instructions à donner. C'est pas une raison pour me regarder si durement... Parfois, j'ai
l'impression que tu me détestes. LUCAS. — Mais non, bien sûr ! Je serais fou de te détester !
MARION. — Justement, tu es un peu fou. Je te connais bien tu sais !
• 1981 La femme d'à-côté, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 390, 1990]
(Rendez-vous des amants à l’hôtel.) Mathilde. — Ecoute, Bernard, tu voulais qu'on se parle.
Alors, on sera aussi bien en bas pour discuter. Bernard. — Mais on peut discuter dans la chambre !
Mathilde. — Non, je te connais, Bernard, et je me connais aussi…
• 1996 Y aura-t-il de la neige à Noël ?, film de Sandrine Veysset [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1997]
LA MERE : — De toutes façons, j'attends plus rien de toi. Quand
j'y pense, je me demande bien ce que je fais encore là. LE PÈRE : — Tu
pourras jamais partir d'ici... J'te connais... Tu m'aimes trop.
Tu me connais.
Argumenter en faisant allusion au comportement habituel du loc.
• 1935 Toni, film de Jean Renoir [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 252, 1980]
TONI. Sebastian, tu me connais… tu sais que je suis sérieux ? C'est pour Joséfa. Rien
que d'en parler le cœur me tourne. Je sais pas comment ça m'est arrivé. Au début, je venais vous
voir tous. On riait ensemble comme des enfants. Et un beau jour, j'aipas osé y prendre la main. Ça y
était. Depuis, j'ai le gros poids ici qu'il faut que tu m'enlèves en me la donnant. Donne-moi Joséfa
! Tu me la donnes ? FERNAND. Hé ! I’amour, ça fait parler les muets, hé...
• 1937 Pépé le Moko, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 270, 1981]
Régis [soupçonné d'avoir donné Pierrot à la police] : —
Laissez-moi partir... je vous dis... je n'y suis pour rien... dans
l'absence de Pierrot... (...) Je suis régulier, vous me connaissez... Laisse-moi partir, Pépé...
• 1959 R. Queneau, Zazie dans le métro, p. 33
— Les gosses, ça se lève tôt le matin. Elle va m'empêcher de dormir… de récupérer… Tu me
connais. Moi, il faut que je récupère. Mes dix heures de sommeil, c'est essentiel. Pour ma
santé. / Il regarde Marceline. — T'avais pas pensé à ça ?
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 308
Ça fait un bout de temps que je lui débite toutes sortes de saloperies quand je suis un moment seul avec elle, tu me connais. C'est comme si tu parlais à un nougat.
• 1974 Vincent, François, Paul et les autres, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 154, 1974]
VINCENT : — Je te dis ça... Je sais bien que tu peux rien y faire... mais je voulais
seulement... hen… oh je sais plus ce que je veux... Non, j'avais besoin de te voir, de te parler. Tu
comprends ?… Mais je vais m'en sortir hein, tu me connais !
• 1978 N. Sarraute, Pour un oui ou pour un non, p. 28
H. 2 : — La meilleure solution... H. 1 : — Mais tu sais bien
comment nous sommes. Même toi, tu n'as pas osé le prendre sur toi. H. 2
: — Non. J'ai besoin qu'on m'autorise. H. 1 : — Et moi donc, tu me connais...
• 1980 Extérieur nuit, film de Jacques Bral [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 310, 1983]
LEO : — C'est sûr que t'as du fric ? BONY : — Ouais... j'ai au
moins cent tickets... Non, c'est vrai ! C'est vrai ! ... On m'a fait
une avance ! Non mais quoi, merde, ... tu me connais !
• 1990 La discrète, film de Jean-Pierre Vincent et Christian Ronsin [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 402, 1991]
Jean. — La maison d'édition avec qui je travaille a décidé de
lancer une nouvelle collection qui réunirait des textes écrits sous la
forme de journaux intimes. Alors, tu me connais, j'ai sauté sur l'occasion.
• 2000 Ressources humaines, film de Laurent Cantet [dialogues publiés par Arte Editions / Editions 00h00.com, coll. Scénars, Paris, 2000]
LE PÈRE : — Au fait, tu connais la dernière ? Le chef du personnel est venu me voir, il a dit
qu'il voulait me changer de poste. FRANK : — Quand est-ce qu'il t'a dit ça ? LE PÈRE : — Cet
après-midi. Il m'a dit texto que l'atelier c'était trop fatigant pour un vieux « shnock » comme moi.
Il veut me trouver un truc plus « léger ». FRANK : — Et toi, qu'est-ce que tu lui as répondu ? LE
PÈRE : — Attends, tu me connais, j'ai répondu que je n'étais pas d'accord... Tu me vois à la
vérification... ?
content
— hétéranthropes antaxes
Je serais trop content !
Exprimer sa satisfaction d'une éventualité.
Tu serais trop content.
Justifier une non réaction du loc. au bénéfice du dest.
• 1935 Toni, film de Jean Renoir [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 252, 1980]
MARIE (à Toni qui se plaint de mal dormir.) Ah ! Quand tu es arrivé ici et que tu avais l'air
d'un chien des rues tellement tu étais triste, tu trouvais pas que j'avais la peau trop chaude, hein
? Tu te serrais contre moi, là, et même en été, tu trouvaisencore le lit trop large. Oui, ta
maladie, je la connais. Tu as assez de moi, voilà. TONI. Allez, pique, pique ! Ce que tu es pénible
avec tes scènes ! MARIE. Oh, mais je te fais pas de scène ! Tu serais trop content si je
criais, si je te donnais unbon prétexte pour me lâcher, hé ? Mais ça, mon petit, n'y compte pas
!
crier
— paramorphes hétéropragmes
Ça ferait crier.
Critiquer un acte envisagé pour les réactions qu'il motiverait.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 150
Je demandai [au directeur de l'hôtel] s'il [=le liftier] était
enfin « chef des chasseurs ». « Il n'est pas encore assez vieux dans la
maison, me répondit-il. Il a des camarades plus âgés que lui, cela ferait crier. […] »
Ça te ferait crier
Critiquer un acte pour ses conséquences pour le dest.
croire
— hétéranthropes antaxes
[Ce n'est pas facile], tu peux me croire !
Renforcer la vérité d'une assertion.
• 1981 Les années lumière, film de Alain Tanner [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 271, 1981]
LE ROUTIER : — Il n'y a pas de garage dans le coin. Je prends
cette route tous les jours. Il doit y avoir une erreur. Il n'y a pas de
garage ici vous pouvez me croire.
• 1982 Pauline à la plage, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 313, 1983]
Marion. — Est-ce que c' [=la planche à voile] est aussi facile qu'il le dit ? Henri. — Oh non. Ça vous pouvez me croire. L'autre jour, il m'a prêté sa planche et j'ai pris conscience de la difficulté.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Hr11
(437)(MA70)Hr11 : — lorsque vous sortez/ vous faites les huit heures/ vous pouvez me
croire madame/ on est/ je suis/ mais alors dans les nuages/ EF(Hr11) : — mm (438)(MA71)Hr11 :
— je suis dans les nuages/ avant/ on faisait pas la journée continue/
• 1997 L'autre côté de la mer, film de Dominique Cabrera [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 467, 1997]
Marinette : — Et les tombes ? Georges : — T'inquiète pas, chez nous elles ont pas été ouvertes, ça tu peux me croire.
Je ne peux pas te croire.
Refuser de croire le dest.
— paramorphes hétéropragmes
Qu'est-ce que tu crois ? 1
Demander au dest. de donner son opinion.
• 1978 N. Sarraute, Pour un oui ou pour un non, p. 29
Qu'est-ce que tu crois... si on introduisait une
demande... à nous deux, cette fois... on pourrait peut-être mieux
expliquer... on aurait peut-être plus de chances...
Qu'est-ce que tu te crois ?
Critiquer le dest. pour son manque de modestie.
• 1938 Hôtel du nord, film de Marcel Carné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 375, 1988]
Inspecteur : — Voulez-vous me montrer vos papiers. Raymonde : —
De quoi ? Inspecteur : — Je vous dis de m'montrer vos papiers. Raymonde
: — Ah mais qu'est-ce qu'y se croit ? En voilà des façons !
• 2001 À ma sœur, film de Catherine Breillat [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 2001]
ELÉNA, à sa petite sœur : — Et toi même si t'es qu'une petite garce qui rêve tout le temps de
prendre ma place, t'as qu'à te regarder, t'as aucune chance d'être comme moi ! ANAIS : — Qu'est
ce que tu te crois, j'ai aucune envie d'être comme toi !
— hétéranthropes antaxes
C'est ce que je crois (moi aussi).
Approuver une assertion représentative ou programmative.
C'est ce que tu crois !
Contester une assertion.
— hétéranthropes antaxes
Je ne te crois pas !
Contester une assertion. Accuser le dest. de mentir.
• 1976 Mado, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 181, 1977]
Mado [qui se prostitue] : — Quand on s'est retrouvées sans un sou avec Catherine, obligées de
taper les uns et les autres… alors là je peux te dire qu'on s'est senties mal. Tandis que maintenant
je vais bien et je me sens bien. Alex : — Là, je te croispas !
• 1979 L'amour en fuite, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 255, 1980]
ANTOINE : — Ah ! Ecoute un peu ! C'est à propos, euh... de l'Europe des six, tu sais,
l'Europe agricole à Bruxelles. Ecoute ! : « La séance repris à vingt heures et à minuit, les
délégués de l'Europe agricole purent regagner leur chambre où les attendaitune call-girl bien
excitée. » CHRISTINE : — Non ! Je ne te crois pas.
• 1987 L'ami de mon amie, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 367, 1987]
Fabien. — Je me fais de toi une idée très haute et très juste.
Et je te trouve très, très, très, très bien. Et je te le dis parce que
c'est vrai. Blanche. — Et je ne te crois pas.
• 1994 Le fils préféré, film de Nicole Garcia [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 452, 1996]
Philippe : — Où elle est ? Jean-Paul : — J'en sais rien.
Philippe : — Elle est ici, je le sais. Jean-Paul : — Je te jure que
non. Philippe : — Je ne te crois pas.
Tu ne me crois pas (?) !
Critiquer le dest. de ne pas me croire.
• 1921 M. Proust, ALRDTP 3, Le côté de Guermantes, p. 339
Comme, lui ayant fait remarquer qu'il était tard, j'ajoutais : « Vous ne me croyez pas ?
», elle me répondit, ce qui était peut-être vrai mais seulement depuis
deux minutes et pour quelques heures : « Je vous crois toujours. »
• 1934 Lac aux Dames, film de Marc Allégret [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 285, 1982]
(Puck chante sur le lac.) DANNY (amoureuse d’Eric). — Tu entends ? ERIC. — Oui. DANNY. —
C'est Puck. Elle t'attend. ERIC. — Oui. DANNY. — Pourquoi… pourquoi vas-tu là-bas ? Tu l’aimes ?
ERIC. — Mais voyons Danny, tu sais très bien qu'il n'y a rien entrePuck et moi ! Tu ne me crois
pas ? Puck est une camarade et je suis un honnête garçon.
• 1934 Lac aux Dames, film de Marc Allégret [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 285, 1982]
ERIC. — Mais écoute, Puck... c'est un secret : je vais devenir bientôt très très riche !
PUCK. (indifférente) — Bien. ERIC (enflammé). — Oui, car j'ai inventé à moi tout seul quelque chose
d'extraordinaire ! PUCK (incrédule) — Oui… ERIC. — Et je dirigerais bientôt une immense immense
usine. (Il la regarde en souriant. Elle répond en souriant distraitement. Il lui prend l'épaule et
la secoue légèrement pour essayer de la convaincre de l'importance de ses propos.) Tu ne me crois
pas ?
• 1935 Toni, film de Jean Renoir [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 252, 1980]
ALBERT (à Josefa). Vous êtes dure. Vous savez pourtant que je rêve de vous. Vous ne me croyez pas ? Tenez. Mettez la main sur mon cœur. Vous ne l'entendez pas ? Oh ben si vous êtes aussi méchante vous allez le casser.
• 1943 Le Corbeau, film de Henri-Georges Clouzot [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 187, 1977]
Denise — Je vous aime. Dr Germain — Non. Denise — Vous ne me croyez pas ?
Dr Germain — Non. Denise — Vous me prenez pour une menteuse ? Dr
Germain — Oui. Denise — Mufle ! Dr Germain — Soit ! Denise — Ecoute
Rémy…
• 1959 R. Queneau, Zazie dans le métro, p. 68
— Et c'est pas tout, qu'elle [Zazie] ajoute, moi, que vous voyez là devant vous, eh bien,
j'ai déposé au procès, et à huis clos encore. / Le type ne réagit pas. — Vous ne me croyez pas
? — Bien sûr que non. C'est pas légal un enfant qui dépose contre ses parents.
• 1977 Le pays bleu, film de Jean-Charles Tacchella [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 279, 1981]
FERNAND : — Je vais me tuer aujourd'hui. Je vais me tuer. Vous ne me croyez pas ? Et ça ? (Il brandit un revolver.)
• 1979 L'amour en fuite, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 255, 1980]
ANTOINE : — Quand je suis rentré ici, j'étais à ta recherche et
je te connaissais déjà depuis quinze jours à ton insu. SABINE : — C'est
impossible. ANTOINE : — Tu ne me crois pas ? SABINE : — Bien sûr que non !
• 1980 Une semaine de vacances, film de Bertrand Tavernier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 254, 1980]
(Retour de Laurence.) LAURENCE. J'ai couché avec un type. PIERRE (sans marquer de surprise et sans la regarder). Ah ! LAURENCE. Tu ne me crois pas ? PIERRE. Ben… Non, pas vraiment. LAURENCE (bas). Evidemment…
• 1990 Conte de printemps, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 393, 1990]
Jeanne : — Actuellement Mathieu est détaché au CNRS et, l'année prochaine, il aura un poste
d'assistant à Grenoble. Alors, nous n'aurons plus qu'à nous marier. Natacha : — Pour de vrai ?
Jeanne : — Ben oui pour de vrai. Tu ne me crois pas ? Natacha : —Si... puisque tu le dis.
Mais ça n'a pas l'air de t'enchanter !
cuire
— paramorphes antaxes
C'est cuit !
Dire que ce qu'on espérait n'arrivera pas.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 321
C'est du tout cuit.
Prédire le succès.
• 1998 L'ennui, film de Cédric Kahn [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 481, 1999]
Sophie : — Agnès, qu'est-ce que t'en penses ? Elle est mignonne, non ? Martin : — Oui, et alors ? Sophie : — À mon avis, c'est du tout cuit. Martin : — Mais arrête de jouer les entremetteuses, ça te va pas du tout.
cul ; couilles
— parasèmes hétéropragmes
T'as pas de cul !
Plaindre le dest. pour sa malchance.
Tu n'as pas de couilles !
Critiquer le dest. pour le manque de courage qu'il manifeste.
— hétéranthropes antaxes
Je ne me casse pas le cul !
Se vanter d'en faire le moins possible.
Tu ne te casses pas le cul !
Critiquer le dest. pour sa nonchalance.
curieux
— hétéranthropes antaxes
Je suis curieux.
Introduire une question indiscrète. Justifier une question. Justifier un acte de recherche.
• 1986 Le rayon vert, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 356, 1986]
Vanessa : — Tu en changes comme de chemise, là ? Tu changes d'homme comme de chemise ? Ils
sont bons, mais après on s'en lasse, hein ! Delphine : — Pourquoi tu demandes ça ? C'est qui qui t'a
demandé ça ? Vanessa : — Personne, je suis curieuse.
Tu es (bien) curieux !
Critiquer le dest. de chercher à savoir qch.
• 1995 Nelly et M. Arnaud, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 459, 1997]
M. Arnaud : — Ils [=mes enfants] sont plus attachés à leur mère. Nelly : — Avec elle, ça
s'est fini comment ? M. Arnaud : — Vous êtes curieuse aujourd'hui. C'est elle qui m'a quitté…
vous connaissez… [Nelly vient de quitter son mari.]
• 1995 Nelly et M. Arnaud, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 459, 1997]
M. Arnaud : — Ils [=mes enfants] sont plus attachés à leur mère. Nelly : — Avec elle, ça
s'est fini comment ? M. Arnaud : — Vous êtes curieuse aujourd'hui. C'est elle qui m'a quitté…
vous connaissez… [Nelly vient de quitter son mari.]
— antisèmes synaxes
Tu es (bien) curieux !
Critiquer le dest. de chercher à savoir qch.
• 1995 Nelly et M. Arnaud, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 459, 1997]
M. Arnaud : — Ils [=mes enfants] sont plus attachés à leur mère. Nelly : — Avec elle, ça
s'est fini comment ? M. Arnaud : — Vous êtes curieuse aujourd'hui. C'est elle qui m'a quitté…
vous connaissez… [Nelly vient de quitter son mari.]
• 1995 Nelly et M. Arnaud, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 459, 1997]
M. Arnaud : — Ils [=mes enfants] sont plus attachés à leur mère. Nelly : — Avec elle, ça
s'est fini comment ? M. Arnaud : — Vous êtes curieuse aujourd'hui. C'est elle qui m'a quitté…
vous connaissez… [Nelly vient de quitter son mari.]
Tu n'es pas curieux !
Reprocher au dest. son manque de curiosité.
• 1980 Diva, film de Jean-Jacques Beinex [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 408, 1991]
Jules : — Et t'en fauches beaucoup comme ça [des disques] ? Alba : — C'est pas pour moi,
c'est pour offrir. Jules : — A qui ? Alba : — T'es pas vraiment curieux comme mec, toi !
C'est pour offrir à un mec, un mec qui est dans sa période cool !
• 1980 Diva, film de Jean-Jacques Beinex [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 408, 1991]
Jules : — Et t'en fauches beaucoup comme ça [des disques] ? Alba : — C'est pas pour moi,
c'est pour offrir. Jules : — A qui ? Alba : — T'es pas vraiment curieux comme mec, toi !
C'est pour offrir à un mec, un mec qui est dans sa période cool !
dégonfler ; gonfler
— antisèmes synaxes
Dégonflé !
Critiquer le dest. pour le manque de courage qu'il manifeste.
Tu me gonfles !
Critiquer un acte du dest. qui importune le loc.
dégoûter
— hétéranthropes antaxes
Je ne suis pas dégoûté.
Sens littéral.
Tu n'es pas dégoûté !
Critiquer le dest. pour le goût qu'il manifeste.
• 1959 R. Queneau, Zazie dans le métro, p. 186
— Bin, dit Turandot, t'es pas dégoûté. Tu vas haller dans une boîte de pédales pour célébrer tes fiançailles ? Bin, je le répète, t'es pas dégoûté.
• 1980 Le dernier métro, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 304, 1983]
RAYMOND. — Alors c'est à cette heure-ci que t'arrives ? Et en plus de ça, c'est pour te
balader avec des boches que tu me fais engueuler par Jean-Loup ! NADINE. — Non, mais ça va pas, mon
vieux ! Je finissais une synchro, on était en retard, ils m'ont proposé de me raccompagner, j'allais
pas refuser. RAYMOND. — T'es pas dégoûtée, toi ! On t'aurait proposé un rôle dans « Le Juif
Süss », t'aurais accepté, hein !?
• 1980 Le dernier métro, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 304, 1983]
BERNARD. — Qui c'est, celui-là ? RAYMOND. — Vous le connaissez pas ? Ça, c'est l'inspecteur
des travaux finis. C'est Daxiat, le critique de “Je suis partout”. NADINE. — Ah, c'est lui, Daxiat ?
Moi, je l'imaginais pas du tout comme ça, alors ! Oh, j'aimerais bien lui être présentée. BERNARD. —
Ben, t'es pas dégoûtée, toi, au moins.
• 1983 Vivement Dimanche, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 363, 1987]
Bertrand : — Je suis journaliste, je te signale. Je fais mon métier. Barbara : — Ton métier,
ton métier... y'a pas de chiens écrasés, ici... ! Bertrand : — Y a pas de chiens écrasés, mais il
commence à y avoir quelques cadavres... Barbara : — Beuh ... Bertrand : — Et tu ouvres la boutique,
en plus ! Ben, t'es pas dégoûtée... ! Travailler pour un assassin que tout le monde recherche
!
déjà
— hétéranthropes antaxes
Je te l'ai déjà dit.
Critiquer le dest. pour une question à laquelle on a répondu antérieurement.
Tu l'as déjà dit.
Critiquer le dest. de se répéter.
• 1938 Hôtel du nord, film de Marcel Carné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 375, 1988]
Louise : — Chaque fois que j'ai une initiative, il la prend pour
lui. Non, n'est-ce pas, je voulais vous dire, j'ai pas grand-chose à
vous offrir... Lecouvreur (se penchant vers sa femme) : — Ça, ça tu l'as déjà dit.
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
L'ONCLE. […] tu manges, mais tu ne te nourris pas. Celui qui te nourrit, c'est moi… Ton père,
qui était mon frère, ne l'aurait pas fait. C'était un brave homme, oui, mais il n'aimait pas qu'on
se foute de lui. IRÉNÉE. Tu me l'as déjà dit bien souvent.L’ONCLE. Et ça n'a jamais servi à
rien. IRÉNÉE (souriant). Alors à quoi ça sert de me le redire ? L'ONCLE. Oh ! Je sais bien que j'ai
tort.
• 1959 E. Ionesco, Rhinocéros, Gallimard Folio, p. 236
Daisy : — Je n'ai plus faim. C'est trop. Je ne peux plus résister. Bérenger : — Mais tu es
plus forte que moi. Tu ne vas pas te laisser impressionner. C'est pour ta vaillance que je t'admire.
Daisy : — Tu me l'as déjà dit. Bérenger : — Tu es sûre de mon amour ? Daisy : — Mais oui.
Bérenger : — Je t'aime. Daisy : — Tu te répètes, mon chou.
• 1981 La fille prodigue, film de Jacques Doillon [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 275, 1981]
ANNE : — Je ne veux pas le voir en ce moment [mon mari]. Si j'avais besoin de le voir, je
l'aurais appelé. LE PERE : — Mais lui, il a peut-être besoin de te voir... ANNE : — J'ai besoin de
calme ! Explique-le lui ! Quand je pourrai, je le verrai. Je n'aipas envie de le voir en ce moment.
LE PERE : — Ecoute, tu me l'as déjà dit... Enfin, du calme ! ANNE : — Dis-le lui. Tu lui dis,
hein ? J'ai confiance en toi. Je peux pas le voir.
• 1985 Péril en la demeure, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 343, 1985]
Daniel. — Tu me dégoûtes. Je ne sais pas ce que vous avez combiné exactement, elle et toi,
mais je suis sûr que c'est toi qui l'as, le globe. Et tu sais quels sont les ordres que j'ai reçus
ce matin ? De le récupérer à tout prix, ce globe. Et d'éliminercelui qui l'a volé. Tu m'as trompé.
Tu me dégoûtes ! David. — Tu l'as déjà dit.
• 1992 Un cœur en hiver, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 454, 1996]
Régine : — Quand on l'a acheté [=violon], il avait un son tendu... superbe... c'est un
Villaume. Non, on est inquiètes parce qu'on a des enregistrements qui commencent dans quinze jours
et on est déjà en répétitions. Maxime : — De toute façon, il faut contrôler la tension de l'âme.
Stéphane : — Oui. Le chevalet est un peu voilé. Régine : — Il faut le changer. Stéphane : — Oui.
Régine : — Ça peut se faire assez vite ? Stéphane : — Si je change le chevalet, je suis obligé de
corriger la touche. Ça peut prendre quelques jours. Régine : — Mais on est en pleine répétition.
Camille (d'un ton sec) : — Tu l'as déjà dit.
demander ; dire
— paramorphes hétéropragmes
Si tu n'as que ça à me demander…
Minimiser une demande du dest. pour un acte du loc. au bénéfice du dest.
• 1921 M. Proust, ALRDTP 3, Le côté de Guermantes, p. 93
[…] si vous pouviez lui [=Mme de Guermantes] faire savoir […] ce que vous pensez de moi, vous
me feriez un grand plaisir. — Mais très volontiers, si vous n'avez que cela à me demander, ce
n'est pas trop difficile, mais quelle importance cela peut-il avoir, ce qu'elle peut penser de vous
? […] en tout cas si ce n'est que cela, nous pourrons en parler devant tout le monde ou quand nous
serons seuls […]
Si tu n'as que ça à me demander…
Minimiser une demande du dest. pour un acte du loc. au bénéfice du dest.
• 1921 M. Proust, ALRDTP 3, Le côté de Guermantes, p. 93
[…] si vous pouviez lui [=Mme de Guermantes] faire savoir […] ce que vous pensez de moi, vous
me feriez un grand plaisir. — Mais très volontiers, si vous n'avez que cela à me demander, ce
n'est pas trop difficile, mais quelle importance cela peut-il avoir, ce qu'elle peut penser de vous
? […] en tout cas si ce n'est que cela, nous pourrons en parler devant tout le monde ou quand nous
serons seuls […]
démanger
— hétéranthropes antaxes
Ça me démange ! 1
Dire qu'on désire faire un acte. Programmer une réaction de participation au bénéfice du loc.
Ça te démange ?
Critiquer le dest. pour le désir qu'il manifeste.
• 1973 N. Sarraute, Isma, Théâtre, p. 104
LUI: Généreux! Vous osez dire ça! Quand vous n'avez travaillé que pour votre compte. H. 3:
Quoi? Pour mon compte? Qu'est-ce que c'est que ça? LUI: Oui. Ne faites pas la bête. Vous me
comprenez. Ça vous démange, hein? Et vous vous grattez. En public… C'est honteux.
devoir
— isolexes hétéropragmes
Tu dois confondre.
Contester une assertion. Infirmer unequestion totale positive.
• 1959 E. Ionesco, Rhinocéros, Gallimard Folio, p. 205
Daisy : — J'ai une nouvelle fraîche à vous donner : Botard est
devenu rhinocéros. Dudard : — Tiens ! Bérenger : — Ce n'est pas
possible ! Il était contre. Vous devez confondre.
• 1989 La vie et rien d'autre, film de Bertrand Tavernier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 389, 1990]
Irène : — Nous sommes passés là déjà, non ? André : — Madame doit confondre avec le cimetière des Anglais. Irène : — Ecoutez... Je sais reconnaître les Anglais ! Au moins leur drapeau !
Tu dois comprendre.
Renforcer un acte d'ass. Critiquer le dest. de ne pas tenir compte de ce qui est asserté.
• 1967 N. Sarraute, Le silence, Théâtre, p. 154
• 1987 L'ami de mon amie, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 367, 1987]
Alexandre — Mais je ne suis pas son mec ! Je ne le serai jamais, hein ! Cette histoire est ridicule. À moins d'être idiote, elle doit comprendre qu'elle n'a aucune chance. Léa — Non, mais, qu'est-ce que tu as contre elle ?
• 1987 L'ami de mon amie, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 367, 1987]
Léa — Blanche […] Je sais que de ton point de vue c'est mal ce
que j'ai fait. Mais… je n'y suis pour rien, je ne l'ai pas cherché. Tu dois comprendre. On est tombés dans les bras l'un de l'autre. Je suis encore toute surprise !
difficile
— antisèmes synaxes
Tu es (bien) difficile.
Critiquer le dest. pour l'insatisfaction qu'il manifeste.
• 1942 Les visiteurs du soir, film de Marcel Carné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 13, 1962]
RENAUD. — Tous ces baladins m'ennuient et me donnent sommeil. J'espère que ceux-là sauront
nous divertir un peu. (Anne se tourne vers son fiancé, et, avec douceur.) ANNE. — Vous êtes bien
difficile, Renaud. Le jongleur tout à l'heure m'a beaucoup amusée.
• 1993 Je m'appelle Victor, film de Guy Jacques [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 426, 1993]
[Bernard fait visiter le train fantôme] Cécile : — Oh ben vraiment, ils ne sont pas cassé la tête ! Bernard : — T'es vachement difficile !
Tu n'es pas difficile ! 2
Critiquer le dest. d'être satisfait.
• 1987 L'ami de mon amie, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 367, 1987]
Fabien — Elles [=filles] ne sont pas si moches que ça, contrairement à ce que tu dis… Léa — Eh bien tu n'es pas difficile ! J'espère que tu me trouves mieux !
— hétéranthropes antaxes
Je suis difficile.
Dire qu'on est difficile dans ses choix.
Tu es (bien) difficile.
Critiquer le dest. pour l'insatisfaction qu'il manifeste.
• 1942 Les visiteurs du soir, film de Marcel Carné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 13, 1962]
RENAUD. — Tous ces baladins m'ennuient et me donnent sommeil. J'espère que ceux-là sauront
nous divertir un peu. (Anne se tourne vers son fiancé, et, avec douceur.) ANNE. — Vous êtes bien
difficile, Renaud. Le jongleur tout à l'heure m'a beaucoup amusée.
• 1993 Je m'appelle Victor, film de Guy Jacques [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 426, 1993]
[Bernard fait visiter le train fantôme] Cécile : — Oh ben vraiment, ils ne sont pas cassé la tête ! Bernard : — T'es vachement difficile !
dire
— antisèmes synaxes
[Il est coupable], c'est moi qui te le dis !
Renforcer la vérité d'une assertion.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 255
« Il paraît qu'il [=Charlus] a fait de la prison. Oui, oui, ce sont des personnes très
renseignées qui me l'ont dit. Je sais, du reste, par quelqu'un qui demeure dans sa rue, qu'on n'a
pas idée des bandits qu'il fait venir chez lui. » Et comme Brichot qui allait souvent chez le baron
protestait, Mme Verdurin, s'animant, s'écria : « Mais je vous en réponds ! c'est moi qui vous le
dis », expression par laquelle elle cherchait d'habitude à étayer une assertion jetée un peu au
hasard. »
• 1922 M. Proust, ALRDTP 7, Le Temps retrouvé, p. 74
[…] elle était indignée qe M. de Cambremer, à son âge, fût dans un état-major, elle qui de
tout homme qui n'allait pas chez elle disait : « Où est-ce qu'il a encore trouvé le moyen de se
cacher celui-là ? » et si on affirmait que celui-là était en première ligne depuis le premier jour,
répondait sans scrupule de mentir ou peut-être par habitude de se tromper : « Mais pas du tout, il
n'a pas bougé de Paris, il fait quelque chose d'à peu près aussi dangereux que de promener un
ministre, c'est moi qui vous le dis, je vous en réponds, je le sais par quelqu'un qui l'a vu
»
• 1935 La Bandera, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 286, 1982]
Gilieth: — J'veux pas qu'il s'occupe de moi, et s'il continue à s'en occuper, je le corrigerai ; c'est moi qui te le dis.
• 1937 Pépé le Moko, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 270, 1981]
Pépé : — Et Carlos ? Tania : — Pas remonté. Pépé : — Pas remonté ? Tania : — J'ai veillé
toute la nuit, il ne remontera pas. C'est moi qui te le dis. Pépé : — Mais si ! il remontera
voyons, c'est pas un enfant, quoi ! [=il ne se fera pas prendre par la police]
• 1980 N. Sarraute, Elle est là, Théâtre, p. 46
H 3 : — Eh bien, mettez-vous ici, près de moi. Ne me dites pas
que je vous fais peur. F : — Peur ? Non. Ça non... Mais c'est que… H 3
: — C'est que quoi ? Si c'est le travail, il peut attendre... C'est moi qui vous le dis...
• 1987 Grand guignol, film de Jean Marbœuf [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 358, 1987]
[Répétition.] Baptiste : — Bon si c'est la révolte on reprendra
demain... C'était bien quand même... sauf les accessoires. Paulo : —
Chez Claudel y a moins d'accessoires, c'est moi qui vous l'dit.
Ce n'est pas moi qui le dis.
Renforcer la vérité d'une assertion.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Hr11
(46)(AL40)Hr11 : — xx je vous dis que d'après la g- la guerre de machin/ on disait enfin que
euh/ pas tous les progrès cette automatisation qui se ferait dans toutes les usines/ EF(Hr11) : —
oui (47)(AL41)Hr11 : — vous n'avez qu- qu'à voir/ que lorsqu'il vient un bateau ici avec les
containers/ on les a montrés à la télé c'est pas moi qui vous le dis/ et et et de partout on
vous montre à la télé que ce soit d'Italie que ce soit de- de- partout/ ou d'ici/ vous voyez les
robots vous voyez un x d'exposition/
— hétéranthropes antaxes
[Il est coupable], c'est moi qui te le dis !
Renforcer la vérité d'une assertion.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 255
« Il paraît qu'il [=Charlus] a fait de la prison. Oui, oui, ce sont des personnes très
renseignées qui me l'ont dit. Je sais, du reste, par quelqu'un qui demeure dans sa rue, qu'on n'a
pas idée des bandits qu'il fait venir chez lui. » Et comme Brichot qui allait souvent chez le baron
protestait, Mme Verdurin, s'animant, s'écria : « Mais je vous en réponds ! c'est moi qui vous le
dis », expression par laquelle elle cherchait d'habitude à étayer une assertion jetée un peu au
hasard. »
• 1922 M. Proust, ALRDTP 7, Le Temps retrouvé, p. 74
[…] elle était indignée qe M. de Cambremer, à son âge, fût dans un état-major, elle qui de
tout homme qui n'allait pas chez elle disait : « Où est-ce qu'il a encore trouvé le moyen de se
cacher celui-là ? » et si on affirmait que celui-là était en première ligne depuis le premier jour,
répondait sans scrupule de mentir ou peut-être par habitude de se tromper : « Mais pas du tout, il
n'a pas bougé de Paris, il fait quelque chose d'à peu près aussi dangereux que de promener un
ministre, c'est moi qui vous le dis, je vous en réponds, je le sais par quelqu'un qui l'a vu
»
• 1935 La Bandera, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 286, 1982]
Gilieth: — J'veux pas qu'il s'occupe de moi, et s'il continue à s'en occuper, je le corrigerai ; c'est moi qui te le dis.
• 1937 Pépé le Moko, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 270, 1981]
Pépé : — Et Carlos ? Tania : — Pas remonté. Pépé : — Pas remonté ? Tania : — J'ai veillé
toute la nuit, il ne remontera pas. C'est moi qui te le dis. Pépé : — Mais si ! il remontera
voyons, c'est pas un enfant, quoi ! [=il ne se fera pas prendre par la police]
• 1980 N. Sarraute, Elle est là, Théâtre, p. 46
H 3 : — Eh bien, mettez-vous ici, près de moi. Ne me dites pas
que je vous fais peur. F : — Peur ? Non. Ça non... Mais c'est que… H 3
: — C'est que quoi ? Si c'est le travail, il peut attendre... C'est moi qui vous le dis...
• 1987 Grand guignol, film de Jean Marbœuf [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 358, 1987]
[Répétition.] Baptiste : — Bon si c'est la révolte on reprendra
demain... C'était bien quand même... sauf les accessoires. Paulo : —
Chez Claudel y a moins d'accessoires, c'est moi qui vous l'dit.
C'est toi qui le dis !
Contester une assertion. Accuser le dest. de mentir.
— paramorphes hétéropragmes
Je n'ai rien dit. 1
Critiquer une dde du dest. que je répète alors que je n'ai rien dit.
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 181
LE DEUXIEME AGENT, arrachant les fleurs des mains du Soldat et les jetant, loin, dans la
coulisse : — Imbécile ! tu n'as pas honte ! Remonte dans ton camion avec tes camarades. […]
BÉRENGER : — Ça, c'est trop fort ! […] Je considère qu'un pays est perdu, dans lequel la police a le
pas… et la main sur l'armée. LE DEUXIEME AGENT : — De quoi vous mêlez-vous ? Est-ce que ça vous
regarde ? BÉRENGER : — Mais je n'ai rien dit, Monsieur l'Agent, je n'ai rien
dit…
• 1961 Ce soir ou jamais, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 9, 1961]
JEAN-PIERRE : — Tais-toi, Anita. ANITA, après un instant d'incompréhension. — Mais... je n'ai rien dit. JEAN-PIERRE : — Enfin, Anita, n'insiste pas, il n'y en a que pour toi !
Je ne t'ai rien dit ! 2
Demander au dest. de garder le secret sur ce que je lui confie.
— parasèmes hétéropragmes
C'est beaucoup dire.
Contester une assertion représentative ou évaluative.
• 1960 Tirez sur le pianiste, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 363, 1987]
Léna : — Demandez donc à votre jules, puisqu'après tout c'est avec ce mec que vous vivez. Mammy : — Que je vis, c'est beaucoup dire.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Hj19
(224)(ME81)Hj19 : — alors y en a qui aiment [la publicité] y en a d'autres qui aiment pas
EF(Hj19) : — ouais (225)(ME82)Hj19 : — ... moi j'aime pas. EF(Hj19) : — mm. y en a qui aiment x?
(226)(ME83)Hj19 : — ben euh aimer c'est beaucoup dire mais xx quoi ils écoutent ça bon ben/
ça les dérange pas quoi en fin de compte
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Hj19
(417)(PR56)Hj19 : — si je prends un exemple un mec qui se fait chier dans un bureau toute
une journée et euh je sais pas moi par exemple un fonctionnaire il se fait chier toute sa journée
dans son bureau/ le soir il rentre directement chez lui/ il se plante devant la télé/ il regarde le
film/ il va se coucher/ il recommence […] (422)(PR61)Hj19 : — ils sont satisfaits de leur euh truc
ils sont avec leur petit train train et puis ils essaient pas/ satisfaits c'est beaucoup
dire/ c'est pas sûr qu'ils soient satisfaits entièrement parce que EF(Hj19) : — ouais
(423)(PR62)Hj19 : — ... c'est pas évident non plus hein EF(Hj19) : — mm (424)(PR63)Hj19 : — mais
euh à certains ça leur suffit ils essaient pas de chercher plus loin quoi
• 1993 Je m'appelle Victor, film de Guy Jacques [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 426, 1993]
Basile : — Elle t'écrivait souvent, ta maman ? Rose : Souvent, c'est beaucoup dire.
[Il n'a pas répondu]. Ça en dit long !
Signaler l'existence d'un implicite.
— hétéranthropes hétéropragmes
Je n'ai rien à dire. 1
Evaluer positivement qch. en exprimant sa satisfaction.
• 1979 Il y a longtemps que je t'aime, film de Jean-Charles Tacchella [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 237, 1979]
GILBERT : — Papa ! On t'emmène. Josyane t'a préparé un petit dîner comme tu les aimes.
FRANÇOIS : — Oh, ça tombe mal. Ce soir, j'ai à faire. GILBERT : — Fais un petit effort, hein, on en
profitera pour discuter. FRANÇOIS : — J'ai rien à dire. On se voit tout le
temps...
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Ha16
EF(Ha16) : — est-ce que vous croyez que c'est un sujet [=la mort] qui: concerne les gens en
général? (179)(MO5)Ha16 : — je sais pas/ je sais pas/ enfin je peux pas ff... peut-être que
certains ont peur de la vie/ ont peur de la mort/ je sais pas. EF(Ha16) : — m (180)(MO6)Ha16 : —
enfin:... avant tout faut pas y penser x. (rire) EF(Ha16) : — oui. mm (181)(MO7)Ha16 : — mais non
moi x ça me: me préoccupe pas du tout. EF(Ha16) : — en fait on en entend de toute façon (??) d'en
parler quand même euh mettons simplement à la télévision etc. (182)(MO8)Ha16 : — mm. non (silence)
non moi j'ai rien à vous dire là-dessus vous savez!
Tu n'as rien à dire ! 2
Critiquer le dest. de parler. Programmer une réaction d'opposition du dest.
— paramorphes antaxes
Il fallait le dire ! 1
Evaluer négativement une information donnée par le dest.
• 1983 L'homme qui aimait deux femmes, film de Philippe Defrance [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 302, 1983]
LE PERE : — Et Eluard alors... « La confiance est le fruit de ton cerveau d'amour », en parlant de Staline fallait quand même le dire !
[J'ai accepté son offre]. Il fallait que ce soit dit.
Renforcer un acte d'info.
• 1982 Pauline à la plage, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 313, 1983]
[IPierre dit à Marion qu'il l'aime encore, elle ne l'aime pas.]
Marion. — Oh écoute Pierre, cesse de parler de ça. Pierre. — Bon,
d'accord, il fallait que ce soit dit, je l'ai dit.
• 1992 Un cœur en hiver, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 454, 1996]
Camille : — J'ai parlé à Maxime de nous. C'était difficile. Il m'a écoutée. Je lui ai dit ce
qui nous arrive. J'ai envie de vous. Je n'ai pas l'habitude de me jeter à la tête des gens comme ça.
Mais il fallait que je vous le dise. Voilà.
— paramorphes hétéropragmes
Disons que [je renonce].
Modérer un acte de parole.
• 1960 Tirez sur le pianiste, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 363, 1987]
[Après s'être bagarré.] Charlie : — Allez ! On s'en fout. Plyne : — Pas question... Il faut qu'y ait un gagnant. Charlie : — Disons que je me dégonfle.
Disons-le tout de suite : [p].
.
— paramorphes antaxes
Tu l'as dit ! 2
Approuver une assertion.
Tu l'as déjà dit.
Critiquer le dest. de se répéter.
• 1938 Hôtel du nord, film de Marcel Carné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 375, 1988]
Louise : — Chaque fois que j'ai une initiative, il la prend pour
lui. Non, n'est-ce pas, je voulais vous dire, j'ai pas grand-chose à
vous offrir... Lecouvreur (se penchant vers sa femme) : — Ça, ça tu l'as déjà dit.
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
L'ONCLE. […] tu manges, mais tu ne te nourris pas. Celui qui te nourrit, c'est moi… Ton père,
qui était mon frère, ne l'aurait pas fait. C'était un brave homme, oui, mais il n'aimait pas qu'on
se foute de lui. IRÉNÉE. Tu me l'as déjà dit bien souvent.L’ONCLE. Et ça n'a jamais servi à
rien. IRÉNÉE (souriant). Alors à quoi ça sert de me le redire ? L'ONCLE. Oh ! Je sais bien que j'ai
tort.
• 1959 E. Ionesco, Rhinocéros, Gallimard Folio, p. 236
Daisy : — Je n'ai plus faim. C'est trop. Je ne peux plus résister. Bérenger : — Mais tu es
plus forte que moi. Tu ne vas pas te laisser impressionner. C'est pour ta vaillance que je t'admire.
Daisy : — Tu me l'as déjà dit. Bérenger : — Tu es sûre de mon amour ? Daisy : — Mais oui.
Bérenger : — Je t'aime. Daisy : — Tu te répètes, mon chou.
• 1981 La fille prodigue, film de Jacques Doillon [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 275, 1981]
ANNE : — Je ne veux pas le voir en ce moment [mon mari]. Si j'avais besoin de le voir, je
l'aurais appelé. LE PERE : — Mais lui, il a peut-être besoin de te voir... ANNE : — J'ai besoin de
calme ! Explique-le lui ! Quand je pourrai, je le verrai. Je n'aipas envie de le voir en ce moment.
LE PERE : — Ecoute, tu me l'as déjà dit... Enfin, du calme ! ANNE : — Dis-le lui. Tu lui dis,
hein ? J'ai confiance en toi. Je peux pas le voir.
• 1985 Péril en la demeure, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 343, 1985]
Daniel. — Tu me dégoûtes. Je ne sais pas ce que vous avez combiné exactement, elle et toi,
mais je suis sûr que c'est toi qui l'as, le globe. Et tu sais quels sont les ordres que j'ai reçus
ce matin ? De le récupérer à tout prix, ce globe. Et d'éliminercelui qui l'a volé. Tu m'as trompé.
Tu me dégoûtes ! David. — Tu l'as déjà dit.
• 1992 Un cœur en hiver, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 454, 1996]
Régine : — Quand on l'a acheté [=violon], il avait un son tendu... superbe... c'est un
Villaume. Non, on est inquiètes parce qu'on a des enregistrements qui commencent dans quinze jours
et on est déjà en répétitions. Maxime : — De toute façon, il faut contrôler la tension de l'âme.
Stéphane : — Oui. Le chevalet est un peu voilé. Régine : — Il faut le changer. Stéphane : — Oui.
Régine : — Ça peut se faire assez vite ? Stéphane : — Si je change le chevalet, je suis obligé de
corriger la touche. Ça peut prendre quelques jours. Régine : — Mais on est en pleine répétition.
Camille (d'un ton sec) : — Tu l'as déjà dit.
— antisèmes synaxes
C'est dit !
Informer de sa décision.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 116
"Oh! s'écria Albertine, des choux, des carottes, des oranges. Voilà rien que des choses
que j'ai envie de manger. Faites-en acheter par Françoise. Elle fera les carottes à la crème. Et
puis ce sera gentil de manger tout ça ensemble. Ce sera tous ces bruits que nous entendons,
transformés en un bon repas." "Ah! je vous en prie, demandez à Françoise de faire plutôt une raie
au beurre noir. C'est si bon!" "Ma petite chérie, c'est convenu, ne restez pas ; sans cela c'est
tout ce que poussent les marchandes de quatre-saisons que vous demanderez." "C'est dit, je
pars, mais je ne veux plus jamais pour nos dîners que les choses dont nous aurons entendu le cri.
C'est trop amusant.
C'est pas dit.
Contester une assertion. Infirmer une question totale.
• 1974 Les doigts dans la tête, film de Jacques Doillon [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 158, 1975]
LEON : — Tu sais quels sont tes droits ? CHRIS [viré par son
patron] : — Non, mais je lui fais confiance pour avoir tous les droits
! LEON : — C'est pas dit ! Si tu te renseignes.
• 1974 Les doigts dans la tête, film de Jacques Doillon [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 158, 1975]
LEON : — Tu sais quels sont tes droits ? CHRIS [viré par son
patron] : — Non, mais je lui fais confiance pour avoir tous les droits
! LEON : — C'est pas dit ! Si tu te renseignes.
— hétéranthropes antaxes
Je te dis ça… (fais-en ce que tu veux !)
Relativiser la portée de son assertion.
• 1978 Une histoire simple, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 225, 1979]
La mère. — Tu vis toute seule alors depuis un mois complètement
? Marie. — Oui. La mère — Remarque, je te comprends, quoique, enfin
bref… enfin, je te dis ça, je me demande ... Marie. — Ah non, je t'assure, ne te demande pas.
• 1996 Chacun cherche son chat, film de Cédric Klapisch [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 482, 1999]
Mme Renée : — C'est cher, un café dix francs [au Pause-Café], vous imaginez ? Dix francs !
Vous êtes folle [de le fréquenter], tandis que le petit café, là, quatre francs, c'est aussi bien,
'fin je vous dis ça, vous faites comme vous voulez.
Tu dis ça…
Accuser le dest. d'être insincère.
• 1979 Série noire, film de Alain Corneau [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 234, 1979]
FRANK : — D'ailleurs, toi même, tu n'y crois pas [à ce que je te raconte]. JEANNE : — Si, je te crois. FRANK : — Ah, tu dis ça... mais, tu sais... hein, je te comprendrais de pas me croire.
— paramorphes hétéropragmes
Qu'est-ce que tu en dis ?
Demander au dest. d'évaluer qch.
• 1913 M. Proust, ALRDTP 1, Du côté de chez Swann, p. 201
Tout à l'heure vous regarderez cela. Chaque bronze correspond comme attribut au petit sujet
du siège; vous savez, vous avez de quoi vous amuser si vous voulez regarder cela, je vous promets un
bon moment. Rien que les petites frises des bordures, tenez là, la petite vigne sur fond rouge de
l'Ours et les Raisins. Est-ce dessiné? Qu'est-ce que vous en dites, je crois qu'ils le
savaient plutôt, dessiner! Est-elle assez appétissante cette vigne?
• 1944 Le ciel est à vous, film de Jean Grémillon [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 277, 1981]
Maulette : — Je ramène un trophée. (Il pose la coupe sur le comptoir et se retourne vers les époux Gauthier) Alors, qu'est-ce que vous en dites ? Thérèse : — Bravo ! Où avez-vous gagné ça ?
• 1954 E. Ionesco, Victimes du devoir, Folio p. 95
NICOLAS : — Je rêve d'un théâtre irrationaliste. LE POLICIER : — Un théâtre non aristotélicien ? NICOLAS : — Exactement. Qu'est-ce que vous en dites, Madame ?
• 1959 E. Ionesco, Rhinocéros, Gallimard Folio, p. 28
[Après le passage dévastateur d'un rhinocéros] Jean, à Bérenger : — Qu'est-ce que vous en dites ? […] Bérenger, à Jean : — De quoi parlez-vous ? Jean, à Bérenger : — Du rhinocéros, voyons, du rhinocéros !
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 39
Changer de peau. Peut-être aussi de nom, par la même occasion.
Laissez-moi me présenter : je m'appelle Wilfrid Murdock Espérandieu. Que dites-vous de cela ?
• 1965 Belphégor 1, film de Claude Barma
L. — Rien ni personne ne pourra me forcer à parler. Qu'est-ce que vous en dites ?
Et [sn], qu'est-ce que tu en fais ?
.
• 1980 N. Sarraute, Elle est là, Théâtre, p. 44
H. 2 : — Mais la libre discussion, qu'est-ce que vous en faites ? Vous ne l'admettez pas ?
• 1993 Pétain, film de Jean Marbœuf [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 425, 1993]
Barthélémy : — Vous allez faire condamner des gens qui n'ont
rien à voir avec ce crime ! Des gens qui se trouvaient en prison au
moment des faits […] Pucheu : — Et l'intérêt national, qu'est-ce que vous en faites ?
• 1996 Conte d'été, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 456, 1996]
Gaspard : — Alors, viens avec moi. Margot : — Encore ! Et mon travail, qu'est-ce que tu en fais ? Gaspard : — Tu peux te libérer, tu disais.
• 1980 N. Sarraute, Elle est là, Théâtre, p. 44
H. 2 : — Mais la libre discussion, qu'est-ce que vous en faites ? Vous ne l'admettez pas ?
• 1993 Pétain, film de Jean Marbœuf [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 425, 1993]
Barthélémy : — Vous allez faire condamner des gens qui n'ont
rien à voir avec ce crime ! Des gens qui se trouvaient en prison au
moment des faits […] Pucheu : — Et l'intérêt national, qu'est-ce que vous en faites ?
• 1996 Conte d'été, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 456, 1996]
Gaspard : — Alors, viens avec moi. Margot : — Encore ! Et mon travail, qu'est-ce que tu en fais ? Gaspard : — Tu peux te libérer, tu disais.
— paramorphes hétéropragmes
Qu'est-ce que je dis ! 1
Critiquer un acte de parole du loc. pour sa fausseté ou son contenu.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 336
[Mme Cottard s'était assoupie. Elle se réveille.] « Mon bain était bien comme chaleur,
murmura-t-elle, mais les plumes du dictionnaire… s'écria-t-elle en se redressant. Oh ! mon Dieu, que
je suis sotte ! Qu'est-ce que je dis ? je pensais à mon chapeau,j'ai dû dire une bêtise, un
peu plus j'allais m'assoupir, c'est ce maudit feu. » Tout le monde se mit à rire car il n'y avait
pas de feu.
Qu'est-ce que je dis ! 1
Critiquer un acte de parole du loc. pour sa fausseté ou son contenu.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 336
[Mme Cottard s'était assoupie. Elle se réveille.] « Mon bain était bien comme chaleur,
murmura-t-elle, mais les plumes du dictionnaire… s'écria-t-elle en se redressant. Oh ! mon Dieu, que
je suis sotte ! Qu'est-ce que je dis ? je pensais à mon chapeau,j'ai dû dire une bêtise, un
peu plus j'allais m'assoupir, c'est ce maudit feu. » Tout le monde se mit à rire car il n'y avait
pas de feu.
— antisèmes synantaxes
C'est ce qu'on dit ! 2
Contester une assertion. Infirmer une question totale.
• 1938 R. Queneau, Les enfants du limon, p. 199
— Vous ne voyez aucun inconvénient à ce que j'aille trouver Ast pour lui parler de la N.S.C.?
— Je ne sais pas ce qu'en pensera Noémi. — Pourquoi ne lui parlerais-je pas ? Nous ne sommes pas
fâchés. — C'est ce que l'on dit. Enfin, vous êtes libre.
Ce n'est pas ce qu'on dit.
Contester une assertion. Infirmer une question totale.
• 1963 Le doulos, film de Jean-Pierre Melville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 25, 1963]
Maurice : — Silien est un type correct... Gilbert : — Ce n'est pas ce qu'on dit à Paris. Tu n'as qu'à demander un peu à … Maurice : — Silien est mon ami ! Et il emmerde tout le monde.
— hétéranthropes synantaxes
C'est ce qu'on dit ! 2
Contester une assertion. Infirmer une question totale.
• 1938 R. Queneau, Les enfants du limon, p. 199
— Vous ne voyez aucun inconvénient à ce que j'aille trouver Ast pour lui parler de la N.S.C.?
— Je ne sais pas ce qu'en pensera Noémi. — Pourquoi ne lui parlerais-je pas ? Nous ne sommes pas
fâchés. — C'est ce que l'on dit. Enfin, vous êtes libre.
C'est ce que tu dis !
Contester une assertion. Accuser le dest. de mentir.
• 1973 Rude journée pour la Reine, film de René Allio [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 144, 1974]
ALBERT : — Sa petite amie va avoir un enfant !... De lui !… Enfin, c'est ce qu'elle dit !
discuter
— paramorphes hétéropragmes
Je ne discute pas. 1
Se défendre de contester une assertion représentative ou programmative.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 346
Possible que vous vous attabliez encore paisiblement devant
votre écuelle pleine le jour où moi je n'aurai que des briques à me
mettre sous la dent, je ne discute pas ; […] mais […]
• 1992 Un cœur en hiver, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 454, 1996]
Le musicien : — Vous vous souvenez ? J'ai joué ça à New York avec Kubelik. Maxime. : — Ah
non, Maître, excusez-moi... ça, vous l'avez joué avec le Philarmonique de Vienne, je suis formel...
Le musicien : — Ah, je ne discute pas... Vous savez ça mieux que moi !
On ne discute pas !
Insister sur la programmation d'un acte du dest. alors que le dest. contre-motive cet acte.
doigt
— isolexes hétéropragmes
[Ça se fait] les doigts dans le nez !
Evaluer positivement comme facile à faire un acte.
Tu veux mes doigts ?
Critiquer le dest. enf. de mettre ses
doigts dans son nez. Programmer une réaction d'opposition du dest.
dormir
— hétéranthropes antaxes
Je dors !
Critiquer le dest. de me déranger alors que je dors à moitié.
Tu dors ? !
Critiquer une non réaction du dest.
• 1974 Les valseuses, film de Bertrand Blier
L. — Y a un signal d'alarme, là-dessus ? A. — … L. — Oh ! on te demande si y a un signal d'alarme! ... Eh ben ? Tu dors ?
drôle
— antisèmes synaxes
T'es drôle (, toi) !
Critiquer un acte du dest. Contester une assertion. Infirmer une question totale.
• 1945 Les dames du Bois de Boulogne, film de Robert Bresson [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 197, 1977]
Mme D. — J'aimerais entendre de votre bouche que vous la [Agnès] laissez libre. HELENE. —
Libre ? Je vous laisse complètement libres. C'est vous qui n'êtes plus libres. Vous en êtes au
mariage. AGNES. — Au mariage ? HELENE. — Ma chère Agnès, vous êtes drôle. Vous rendez un
homme fou, que voulez-vous que j'y fasse ? Choisissez vous-même : ou vous marier, ou tout dire
[votre secret]. Vous préférez que je parle ?
• 1966 Trois enfants dans le désordre, film de Léo Joannon
L. — Hé ! ma clé ! A. — Permettez-moi de la conserver. L. — J'en ai besoin, vous êtes drôle !
• 1983 Vivement Dimanche, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 363, 1987]
Julien : — Vous avez pu savoir son nom ? Barbara : — Ben, vous êtes drôle, vous. Vous croyez que je peux aller lui dire : « Pardon, madame, comment vous appelez-vous ? »
Tu n'es pas drôle !
Critiquer un acte prétendument drôle du dest.
• 1970 Charles mort ou vif, film de Alain Tanner [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 109, 1970]
Germaine. — Vous n'êtes pas drôles avec vos histoires. Venez plutôt vous mettre à table.
durer ; long
— parasèmes hétéropragmes
Ça ne durera pas toujours.
Dire que qch. de val. pos. finira. Programmer d'en tirer les conséquences.
• 1921 M. Proust, ALRDTP 3, Le côté de Guermantes, p. 275
Nous fîmes prendre ce fébrifuge à ma grand-mère et remîmes alors le thermomètre. Comme un
gardien implacable à qui on montre l'ordre d'une autorité supérieure auprès de laquelle on a fait
jouer une protection, et qui le trouvant en règle répond : "C'estbien, je n'ai rien à dire, du
moment que c'est comme ça, passez", la vigilante tourière ne bougea pas cette fois. Mais, morose,
elle semblait dire : "À quoi cela vous servira-t-il ? Puisque vous connaissez la quinine, elle me
donnera l'ordre de ne pas bouger, une fois, dix fois, vingt fois. Et puis elle se lassera, je la
connais, allez. Cela ne durera pas toujours. Alors, vous serez bien avancés."
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 171
Nora voit en moi un objet de première nécessité dont elle se sert en conséquence. Elle aime
ça. Elle aime ça à la folie et je le sais. Tant que tu voudras, pauvre vieille cinoque ! Prends-en
pour ton argent, ça ne durera pas æternam.
Ça ne sera pas long.
Sens littéral.
eau
— isolexes hétéropragmes
Je préférerais me jeter à l'eau.
Refuser d'être actant.
• 1943 Madame de …, film de Max Ophüls [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 352, 1986]
Mme de : — Plutôt que de me séparer de cette rivière [=de diamants], je préférerais me jeter à l'eau.
Il faut se jeter à l'eau.
Demander au dest. de faire un acte.
écouter
— hétéranthropes antaxes
Si tu m'écoutais…
.Reprocher au dest. de ne pas avoir suivi mes conseils.
Si je t'écoutais…
Critiquer un acte envisagé par le dest. pour ses conséquences.
— hétéranthropes antaxes
Je t'écoute. 1
Dire qu'on écoute le dest.
On nous écoute !
Demander au dest. de ne pas parler.
• 1935 La kermesse héroïque, film de Jacques Feyder [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 27, 1963]
(Le bourgmestre vient de promettre sa fille au boucher, sans en avoir parlé à sa femme,
Cornélia.) CORNELIA. — D'où vous vient ce penchant soudain pour ce tueur de veaux ? Est-ce qu'une
fille est une marchandise qu'on négocie ? Et ne tenez-vous pour riende la faire pleurer ? LE
BOURGMESTRE. — Un caprice de fillette ! CORNÉLIA. — Et ne devriez-vous pas au moins me consulter, au
lieu d'en faire à votre guise ? LE BOURGMESTRE. — On voit que vous êtes Francaise, vous avez la
parole facile ! CORNÉLIA. — Vous ne pouvez pas en dire autant ! LE BOURGMESTRE. — On nous écoute
! CORNÉLIA. — Je n’ai rien à cacher, moi !
• 1946 Panique, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 391, 1990]
Marcelle. — Eh ben moi, je vous dis que c'est un poulet, ce type-là. Les flics, je les
reconnais à cent mètres. Il cherche l'assassin. Il le cherche partout : dans le tiroir, dans la
corbeille à papier, jusque dans I'encrier ! Et savez-vous ce qui s'passe pendant ce temps-là ?
Pendant que le poulet cherche son client sous la commode ou dans le porte-parapluie les assassins
ils vont au foot ! Le client (à voix basse). — Des oreilles ennemies nous écoutent. Marcelle.
— Oh, mais j'ai rien à cacher, moi !… Et puis si on m'écoutait, hein…
— hétéranthropes antaxes
Je ne t'écoute pas !
Refuser d'écouter le dest.
Tu ne m'écoutes pas !
Critiquer le dest. de ne pas tenir compte de ce que je dis.
égal
— hétéranthropes antaxes
Ça m'est égal.
Exprimer son indifférence.
• 1918 M. Proust, ALRDTP 2 , A l'ombre des jeunes filles en fleurs, p. 461
[…] je suis bien certaine qu'Albertine ne voudra pas vous voir, si elle vient seule [dormir]
à l'hôtel. Ce ne serait pas protocolaire" ajouta-t-elle en usant d'un adjectif qu'elle aimait
beaucooup, depuis peu, dans le sens "ce qui se fait". "Je vous discela parce que je connais les
idées d'Albertine. Moi, qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse, que vous la voyiez ou non ?
Cela m'est bien égal."
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 81
« À propos de dreyfusards, dis-je, il paraît que le prince Von l'est. — Ah ! vous faites bien
de me parler de lui, s'écria M. de Guermantes, j'allais oublier qu'il m'a demandé de venir dîner
lundi. Mais qu'il soit dreyfusard ou non, cela m'est parfaitement égal puisqu'il est
étranger. Je m'en fiche comme de colin-tampon. […] »
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 240
Excusez-moi, monsieur, de m'adresser à vous sans vous connaître. Mais j'ai entendu que vous
commandiez des tomates. Elles sont pourries aujourd'hui. Je vous le dis dans votre intérêt car pour
moi cela m'est égal, je n'en prends jamais.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 135
De même, si Albertine avait dit quelques instants plus tard : « Si je me tue, cela m'est bien égal », c'était parce qu'elle était persuadée qu'elle ne se tuerait pas.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 219
« Cela me serait égal que vous fumiez, mais c'est à cause du tapis, il est très
beau, ce qui me serait encore égal, mais il est très inflammable, j'ai très peur du feu et je ne
voudrais pas vous faire flamber tous, pour un bout de cigarette mal éteinte que vous auriez laissé
tomber par terre. »
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 312
« Je me rappelle très bien que j'ai donné ma photographie à cette Esther parce qu'elle
insistait beaucoup et que je voyais que cela lui ferait plaisir, mais quant à avoir eu de l'amitié
pour elle ou à avoir envie de la voir, jamais ! » Et pourtant Albertine était de caractère si léger
qu'elle ajouta : « Si elle veut me voir, moi ça m'est égal, elle est très gentille, mais je
n'y tiens aucunement. »
• 1931 Le million, film de René Clair [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 370, 1988]
Prosper. — Eh dis donc, j'veux faire quelque chose pour toi. Michel (bougonnant). — Oh ! oh
!... Prosper. — J'ai des relations, si je retrouve le billet [gagnant], on partage le million ?
Michel. — Oh, oh, on partage. Non, non, on partage pas. Prosper. —Oh !… ben cherche-le ton billet.
Si c'est ça les copains, alors... Michel. — D'abord, pourquoi dis-tu ça ? Prosper (mystérieux). — Oh
! une idée, un pressentiment. Michel. — Ah ! Prosper. — Oui. Michel. — Oh, moi, ça m'est
égal, au point où j'en suis.Prosper. — Alors c'est entendu ? Quel que soit le moyen, si c'est
moi qui te rapporte le billet, on partage le million. Michel (sans enthousiasme). — Eh ben, c'est
entendu.
• 1935 La Bandera, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 286, 1982]
Gilieth: — Tu t'rends compte qu'y en a pas un seul qui comprend ce que tu dis ? Mulot: — Ah, ça m'est égal. Eux ça les épate et moi ça m'amuse.
• 1935 La Bandera, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 286, 1982]
[Engagement dans la légion] Le militaire: — Votre nom ? Gilieth: — Benoît. Le militaire: —
C'est un nom que les français donnent souvent. Ça ne [vous] fait rien de vous appeler autrement ?
Gilieth: — Oh ! je m'en fous. Enfin. je m'en balance, ça m'est égal.
• 1935 La Bandera, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 286, 1982]
Gilieth: — Tu veux savoir ? Aïcha: — Ça m'est égal. Gilieth: — Ça t'est égal de savoir
que j'ai tué un homme ? Aïcha: — Ça m'est égal. Gilieth: — Tu veux pas savoir pourquoi ?
Aïcha: — Ah, si tu l'as fait c'est que tu avais tes raisons. Que la paix soit sur toi et sur
nous.
• 1935 La Bandera, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 286, 1982]
[Dans la chambrée…] Mulot: — Hé ! T'as des préférences? (Il désigne deux lits) Gilieth: — Non, ça m'est égal.
• 1943 Goupi-mains rouges, film de Jacques Becker [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 204, 1978]
(La vache va vêler.) MARIE. — Tu viens pas ? JEAN. — Non, ca m'est bien égal son veau.
• 1943 Goupi-mains rouges, film de Jacques Becker [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 204, 1978]
(Monsieur est injustement soupçonné de meurtre et de vol.) MONSIEUR. — Croyez ce que vous voulez, ça m'est bien égal. Voilà.
• 1946 Panique, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 391, 1990]
Garçon de café. — Ce sera quoi ? Alfred. — Ça m'est égal. Garçon de café. — Moi aussi. Alfred. — Un demi.
• 1959 R. Queneau, Zazie dans le métro, p. 90
— Ça sera quoi ? lui demanda Turandot. — Un remontant, répondait le type avec à-propos. — C'est qu'il y a des tas de marques. — M'est égal.
• 1963 E. Ionesco, Le Roi se meurt, Gallimard, p. 54
Marie : — De nouveaux astres sont sur le point d'apparaître. Le
Roi : — Je rage. Marie : — Ce sont des étoiles toutes neuves. Des
étoiles vierges. Le Roi : — Elles se flétriront. D'ailleurs, cela m'est égal.
• 1965 Belphégor 1, film de Claude Barma
A: — Si vous tombez, je tombe avec vous [=du toit]… L: — Ça m'est égal, c'est Laurence que vous aimez…
• 1974 Les valseuses, film de Bertrand Blier
— Ça m'est égal d'y aller seul [=faire un coup]…
• 1975 L'argent de poche, film de François Truffaut
Père, à sa petite fille: — Ou alors tu prends ce sac-là, ou
alors tu sais ce qui va se passer ? Nous allons aller au restaurant ta
mère et moi et nous allons te laisser ici toute seule. Sylvie: — Ça m'est égal.
• 1975 L'argent de poche, film de François Truffaut
Institutrice: — Où est ton livre ? Elève: — J'sais pas, ça m'est égal ! Institutrice: — Ah ça t'est égal ! Eh bien dans ce cas, tu vas aller passer l'heure de grammaire dans le couloir… Allez !
• 1978 Une histoire simple, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 225, 1979]
Marie: — T'es sûre que tu veux pas les [=les enfants] faire dormir ici avec toi ? Moi je vais n'importe où, ça m'est égal.
• 1980 N. Sarraute, Elle est là, Théâtre, p. 57
H 2 : — Vous savez, je ne sais pas ce qui m'arrive... c'est étrange... (L'air surpris :)
J'accepte. Oui. (Ton furieux :) J'accepte. (Ton accablé:) J'accepte. (Ton calme :) J'accepte. (Ton
ferme, décidé :) J'accepte. Qu'elle garde en elle son idée. Qu'elle la couve. Qu'elle la soigne.
Qu'elle l'engraisse... ça m'est égal... H 3 : — Ce n'est pas possible ?... Ne me dites pas
que vous êtes devenu un de ces indifférents... un de ces tièdes pour qui les idées...
• 1981 La femme d'à-côté, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 390, 1990]
Mathilde (elle pleure). — Je n'ai pas de mouchoir, tu peux me
prêter le tien ? Bernard. — Oui, voilà. Oh, attends, il est sale.
Mathilde. — Ça m'est égal, prête-le moi.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Fj12
(236)(DR10)Fj12 : — bon ils en fument [de l'herbe] ça m'est égal c'est leur problème.
ils en fument hein/ ils m'en ont proposé au début je leur ai dit non. . ) mais j'ai essayéc'est
tout.(>)
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Fj23
(289)(PR85)Fj23 : — parce que:.. bon on me dit moi/ oui toi tu penses comme ça nous on pense
pas comme toi/ ils pensent pas pareil/ enfin moi ça m'est égal/ EF(Fj23) : — oui
(290)(PR86)Fj23 : — ce qu'ils pensent/ moi c'est mon avis c'est tout/ moi les avis des autres bon/
je m'en occupe aussi un peu quand même EF(Fj23) : — oui (291)(PR87)Fj23 : — mais enfin pas trop
parce que ça me regarde pas hein/
• 1985 Escalier C, film de Jean-Charles Tacchella [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 344, 1985]
Charlotte [enfermée chez Bruno] : — Anita ! Ouvre le verrou, s'il te plaît ! Bruno : — Anita,
tu n'es pas chez toi. Si tu n'ouvres pas, si tu ne fais pas ce qu'on te dit, je vais chercher un
gendarme et tu auras une râclée. Anita : — Ça m'est égal, jen'ouvrirai pas.
• 1990 La discrète, film de Jean-Pierre Vincent et Christian Ronsin [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 402, 1991]
Antoine: — Tu peux me dire tout ce que, tu peux penser ce que tu veux, tu peux me traiter de tous les noms, de ce que tu veux, ça m'est complètement égal.
Ça t'est égal !
Critiquer le dest. de ne pas s'intéresser à qch.
• 1967 N. Sarraute, Le silence, Théâtre, p. 159
H. 1 : — Vous voyez, elles vous croient stupide. Joli résultat. Mais probablement que vous vous en moquez. Bien sûr, ça vous est égal. Sinon vous feriez un effort.
embêter
— hétéranthropes antaxes
Je ne m'embête pas !
Se vanter d'en faire le moins possible.
Tu t'embêtes pas !
Critiquer le dest. pour sa nonchalance.
• 1979 Il y a longtemps que je t'aime, film de Jean-Charles Tacchella [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 237, 1979]
BRIGITTE (à son ex) : — Tu as quand même jeté l'ancre ? Je suis
au courant par Sophie. Alors, tu partages l'existence de deux jolies
filles ? Tu t'embêtes pas !
emmerder
— hétéranthropes antaxes
Je ne m'emmerde pas !
Se vanter d'en faire le moins possible.
Tu t'emmerdes pas ! ([T'en prends un autre !]) 2
Justifier un acte programmé du dest.
— hétéranthropes antaxes
Je t'emmerde !
Manifester son mépris du dest.
• 1963 Le mépris, film de Jean-Luc Godard [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 413, 1992]
Paul : — Un mari a bien le droit de savoir pourquoi sa femme
fait la gueule. Je suis sûr que tu penses encore à cette fille. Camille
: — Je t'emmerde.
• 1975 Emile Ajar (Romain Gary), La vie devant soi, 1975 (Folio 1362), p. 235
Et ne me regardez pas comme ça, docteur Katz, parce que je ne vais pas faire une crise de
violence, je ne suis pas psychiatrique, je ne suis pas héréditaire, je ne vais pas tuer ma pute de
mère parce que c'est déjà fait, Dieu ait son cul, qui a fait beaucoup de bien sur cette terre, et
je vous emmerde tous, sauf Madame Rosa qui est la seule chose que j'aie aimée ici
[…]
• 1986 Le paltoquet, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 353, 1986]
Femme : — Voulez rien boire, Professeur ? Professeur : — Plus
tard. Tenancière : — D'accord. Professeur : — Serviteur. Tenancière (à mi-voix) : — Et moi, je t'emmerde.
• 1993 Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel, film de Laurence Ferreira Barbosa [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 433, 1994]
Martine [au téléphone] : — Attendez monsieur Dumont, vous vous êtes entendu avec votre voix
de crécelle, hein ?… Non, au contraire, c'est vous qui devriez aller vous faire soigner, d'accord ?
Oui, c'est ça, la politesse, c'est ça… Ben vous savez quoi ? Je t'emmerde ! JE T'EMMERDE,
moi, vieux chausson !
• 1997 Marius et Jeannette, film de Robert Guédiguian [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 473, 1998]
Caissière : — Jeannette ! Si tu continues comme ça tu vas te faire virer, fais gaffe. Jeannette : — Eh qu'ils me virent, je les emmerde !
Tu m'emmerdes !
Critiquer un acte du dest. qui importune le loc.
• 1977 La communion solennelle, film de René Féret [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 186, 1977]
[Salon de coiffure, sous le casque.] LA CLIENTE : — C'est trop chaud. LEONE : — Oh, elle m'emmerde celle-là ! Toujours à se plaindre... Merde...
• 1979 Buffet froid, film de Bertrand Blier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 245, 1980]
L'INSPECTEUR [à Alphonse qui lui dit qu'il vient d'assister à un meurtre] : — Ecoutez, mon
vieux. Des crimes et des assassins, je m'en farcis toute la journée. Actuellement, je suis pas en
service. Je mange. J'ai déménagé, je suis fatigué et vous m'emmerdez. Alors, vous allez
redescendre bien gentiment chez vous et essayer de m'oublier.
• 1993 Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel, film de Laurence Ferreira Barbosa [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 433, 1994]
Martine : — Tu m'emmerdes avec tes conseils. T'es tout le temps en train de me donner des conseils, mais ils sont nuls tes conseils.
encaisser
— isolexes hétéropragmes
Je peux vous encaisser ?
Demander au dest. client d'un café, d'un restaurant, de payer son addition.
Je ne peux pas l'encaisser.
Exprimer son antipathie pour un tiers.
enfant
— antisèmes sympragmes
Tu es un enfant. 2
Critiquer le dest. pour un acte régressif.
Tu n'es plus un enfant !
Critiquer le dest. pour un acte régressif.
• 1954 E. Ionesco, Victimes du devoir, Folio p. 27
CHOUBERT : — Je respire beaucoup mieux. Je me sens plus libre dans mes mouvements. Mais je ne
peux toujours pas me rappeler. LE POLICIER [qui demande s'ils ont connu les Mallot] : — Voyons, mon
vieux, vous n'êtes plus un enfant. MADELEINE : — Voyons, tu n'es plus un enfant. Tu entends
ce qu'on te dit ?… Tu me désespères.
• 1966 E. Ionesco, La soif et la faim, Gallimard, p. 99
Marie-Madeleine : — Ne joue plus à cache-cache. Toujours tes jeux stupides. Tu pourrais en inventer d'autres, tu n'es plus un enfant.
— antisèmes hétéropragmes
C'est un enfant.
Donner une excuse à un tiers enf.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 290
[Charlus accuse Morel de calomnie] [Charlus] alla faire à Mme Verdurin un long récit
attendrissant, lequel n'eut d'ailleurs nullement l'effet qu'il souhaitait. Car d'une part, Mme
Verdurin répétait au baron : « Vous n'avez qu'à plus vous occuper de lui,dédaignez-le, c'est un
enfant. » […]
• 1922 M. Proust, ALRDTP 7, Le Temps retrouvé, p. 55
• 1938 Hôtel du nord, film de Marcel Carné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 375, 1988]
Juge: — Du reste il a tout avoué [=avoir voulu vous assassiner]… Renée: — Oh ! c'est un enfant ! Pierre: — Pourquoi veux-tu me sauver à tout prix ? De toute façon, toi et moi c'est fini, alors autant dire la vérité…
• 1987 Au revoir les enfants, film de Louis Malle [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 374, 1988]
[Contrôle de la milice] François (entre ses dents). — Collabos !
Mme Quentin (énervée). — Tais-toi François ! Milicien. — C'est toi qui
a dis ça ? Mme Quentin. — C'est un enfant. Il ne sait pas ce qu'il dit.
Ce n'est pas un enfant !
Dire qu'un tiers est compétent.
• 1937 Pépé le Moko, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 270, 1981]
Pépé : — Et Carlos ? Tania : — Pas remonté. Pépé : — Pas remonté ? Tania : — J'ai veillé
toute la nuit, il ne remontera pas. C'est moi qui te le dis. Pépé : — Mais si ! il remontera
voyons, c'est pas un enfant, quoi ! [=il ne se fera pas prendre par la police]
enfantin ; infantile
— parasèmes antaxes
C'est enfantin ! 1
Evaluer positivement comme facile à faire un acte.
• 1974 Stavisky, film de Alain Resnais [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 157, 1975]
LALOY : — Les bons de Bayonne, Monsieur Alexandre, je n'ai pas encore compris. ALEXANDRE : —
C'est enfantin. On dédoublait les bons. Il y avait un bon réel de cent francs par exemple, et
un autre bon, sous le même numéro, dûment signé et tamponné, d'une valeur qu'on décidait vingt mille
francs, cent mille, un million !
C'est infantile !
Critiquer un acte régressif d'autrui.
• 1978 Le dossier 51, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 219, 1978]
ESCULAPE : — Votre hypothèse de travail est absurde. Vous voulez faire chanter cet homme en
le menaçant de révéler les galipettes de sa femme à ses collègues du Quai d'Orsay ? C'est
infantile ! Je vais vous dire ce qu'il fera, 51. Il rendra compte à ses supérieurs et donnera sa
démission.
entendre
— hétéranthropes antaxes
Tu entends ce que je te dis ? 1
Critiquer le dest. pour son inattention à
ce que je dis. Tester l'attention du dest. à ce que je dis.
• 1954 E. Ionesco, Victimes du devoir, Folio p. 27
CHOUBERT : — Je respire beaucoup mieux. Je me sens plus libre dans mes mouvements. Mais je ne
peux toujours pas me rappeler. LE POLICIER [qui demande s'ils ont connu les Mallot] : — Voyons, mon
vieux, vous n'êtes plus un enfant. MADELEINE : — Voyons, tun'es plus un enfant. Tu entends ce
qu'on te dit ?… Tu me désespères.
• 1980 Diva, film de Jean-Jacques Beinex [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 408, 1991]
Jules : — Tu peux me prêter du blé ? Tripo : — Ouais ! Jules : — Et ta Malaguti, tu peux me
la prêter ? Je peux pas garder ma mob !... T'entends ce que je te dis ? Tripo : — Ouais...
ben, le blé d'accord ! Mais pas la Malaguti, merde ! Je suis en rodage, moi, en ce
moment.
• 1993 Je m'appelle Victor, film de Guy Jacques [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 426, 1993]
Yvette [en visite, à son fils] : — Basile ! Pourquoi t'es parti ? Où tu vas avec ta carriole
? Tu pourrais me répondre, si tu crois que c'est facile ! Je travaille, moi… tu sais, je vais
bientôt l'avoir l'appartement, y aura plus de problème, je te reprendrai avec moi… t'entends ce
que je te dis ? C'est pas la peine que je me crève à prendre un appartement si t'as pas envie de
venir !
Tu entends ce qu'il (me) dit ?
Prendre le dest. à témoin d'un acte de parole de val. nég. d'un tiers.
• 1978 Une histoire simple, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 225, 1979]
Esther: — T'entends ce qu'il me dit ? L'influence de la mère, c'est la thalassothérapie …
• 1978 Une histoire simple, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 225, 1979]
Esther: — T'entends ce qu'il me dit ? L'influence de la mère, c'est la thalassothérapie …
— hétéranthropes hétéropragmes
Tu entends ce que je te dis ? 1
Critiquer le dest. pour son inattention à
ce que je dis. Tester l'attention du dest. à ce que je dis.
• 1954 E. Ionesco, Victimes du devoir, Folio p. 27
CHOUBERT : — Je respire beaucoup mieux. Je me sens plus libre dans mes mouvements. Mais je ne
peux toujours pas me rappeler. LE POLICIER [qui demande s'ils ont connu les Mallot] : — Voyons, mon
vieux, vous n'êtes plus un enfant. MADELEINE : — Voyons, tun'es plus un enfant. Tu entends ce
qu'on te dit ?… Tu me désespères.
• 1980 Diva, film de Jean-Jacques Beinex [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 408, 1991]
Jules : — Tu peux me prêter du blé ? Tripo : — Ouais ! Jules : — Et ta Malaguti, tu peux me
la prêter ? Je peux pas garder ma mob !... T'entends ce que je te dis ? Tripo : — Ouais...
ben, le blé d'accord ! Mais pas la Malaguti, merde ! Je suis en rodage, moi, en ce
moment.
• 1993 Je m'appelle Victor, film de Guy Jacques [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 426, 1993]
Yvette [en visite, à son fils] : — Basile ! Pourquoi t'es parti ? Où tu vas avec ta carriole
? Tu pourrais me répondre, si tu crois que c'est facile ! Je travaille, moi… tu sais, je vais
bientôt l'avoir l'appartement, y aura plus de problème, je te reprendrai avec moi… t'entends ce
que je te dis ? C'est pas la peine que je me crève à prendre un appartement si t'as pas envie de
venir !
Tu entends ce qu'il (me) dit ?
Prendre le dest. à témoin d'un acte de parole de val. nég. d'un tiers.
• 1978 Une histoire simple, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 225, 1979]
Esther: — T'entends ce qu'il me dit ? L'influence de la mère, c'est la thalassothérapie …
• 1978 Une histoire simple, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 225, 1979]
Esther: — T'entends ce qu'il me dit ? L'influence de la mère, c'est la thalassothérapie …
espionner ; suivre
— parasèmes hétéropragmes
Tu m'espionnes ? 1
Critiquer le dest. de m'avoir suivi.
Tu (me) suis ? 2
Demander au dest. s'il comprend ce que j'ai dit.
• 1973 Belle, film de André Delvaux [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 227, 1979]
VICTOR : — Justement je voulais vous expliquer que je crois avoir trouvé, enfin si j'ose
dire, un nouveau mode de classement pour les légendes fagnardes. Oui, pour ma somme légendaire,
n'est-ce pas ? Vous me suivez Mathieu ? Oui. Alors je voulais vous demander s'il
serait opportun que j'étende ces méthodes pour le fichier de la bibliothèque ? MATHIEU : — Ecoutez,
Victor, je suis très pressé. J'attends ma voiture.
• 1997 Marius et Jeannette, film de Robert Guédiguian [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 473, 1998]
Justin : Je veux dire que vos religions ne sont pas si éloignées. C'est comme ici ! Les
habitants de Marseille, c'est tous des Marseillais, hein ! Hé oui... Mais tu as : les Marseillais de
l'Estaque, les Marseillais d'Emdoume, les Marseillais de la Joliette, et ainsi de suite, hein. Tu
me suis ? Malek : — Couci-couça...
être
— paramorphes hétéropragmes
Qu'est-ce que c'est ? 2
Demander au dest. d'expliquer le $pourquoi@ de son initiative de conversation.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 464
— […] Il [=Bloch] ne lui manquerait plus que de demeurer à Paris, rue du Temple ! » M. de
Charlus […] me posait en réalité une question à deux fins, dont la principale était de savoir
l'adresse de Bloch. « En effet, fit remarquer Brichot, la rue du Temple s'appelait rue de la
Chevalerie-du-Temple. Et à ce propos, me permettez-vous une remarque, baron ? — Quoi ? Qu'est-ce
que c'est ? dit sèchement M. de Charlus, que cette observation empêchait d'avoir son
renseignement. — Non, rien, répondit Brichot intimidé. C'était à propos de l'étymologie de Balbec
qu'on m'avait demandée. […] »
• 1934 Lac aux Dames, film de Marc Allégret [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 285, 1982]
(On frappe à la porte.) LYSSENHOP. — Qu'est-ce que c'est ? DANNY. — C'est moi, papa. LYSSENHOP. — Entre !
• 1943 Madame de …, film de Max Ophüls [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 352, 1986]
(On frappe à la porte) Nounou (tournant la tête) : — Qu'est-ce que c'est ? Julien : — Monsieur le Baron Donati est en bas.
• 1944 Le ciel est à vous, film de Jean Grémillon [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 277, 1981]
(On sonne à la porte du garage.) Thérèse : — Qu'est-ce que c'est que ça ? Pierre : —
Je sais pas... Qui est-ce qu'est là? Marcel : — C'est moi, Marcel. Thérèse : — Le garçon du club !
Pierre : — Qu'est-ce qu'il peut nous vouloir ?
• 1946 Panique, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 391, 1990]
(On frappe à la porte.) Monsieur Hire. — Qu'est-ce que c'est ? Alice. — C'est moi, Alice ! Il faut que vous parle, tout de suite !
• 1986 Le paltoquet, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 353, 1986]
La tenancière (On entend la porte s'ouvrir. Elle se penche et glapit.) : — Qu'est-ce que c'est ? Dehors ! C'est pas ouvert, c'est fermé, savez pas lire ?
Qu'est-ce que ce sera (comme [dessert]) ?
Demander au dest. ce qu'il désire que le
loc. fasse. Programmer une réaction de participation du loc. au
bénéfice du dest.
• 1946 Panique, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 391, 1990]
Le boucher (il se retourne et rejoint Monsieur Hire) : — Manquait plus qu'la foire ! En voilà
pour dix jours d'empoisonnement... Enfin... (regaillardi) Qu'est-ce que ce sera pour vous,
Monsieur Hire ? Monsieur Hire (toujours d'une voix atone) : — Une côtelette dans le filet, un peu
épaisse et bien saignante.
• 1946 Panique, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 391, 1990]
Le boucher (il se retourne et rejoint Monsieur Hire) : — Manquait plus qu'la foire ! En voilà
pour dix jours d'empoisonnement... Enfin... (regaillardi) Qu'est-ce que ce sera pour vous,
Monsieur Hire ? Monsieur Hire (toujours d'une voix atone) : — Une côtelette dans le filet, un peu
épaisse et bien saignante.
exagérer
— hétéranthropes antaxes
J'exagère.
Critiquer un acte du loc.
• 1980 Une semaine de vacances, film de Bertrand Tavernier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 254, 1980]
LAURENCE. Plus tu leur [=aux élèves] donnes l'occasion de s'exprimer plus c'est nul. Faut
bien dire le mot : c'est nul ! On fait des expositions, de l'audio-visuel, des activités parallèles,
et on obtient une bouillie de lieux communs... La seule chose qui les différencie, c'est le nombre
de fautes d'orthographe. […] D'ailleurs, j'exagère un peu. Ils sont pas tous complètement
cons... 1978, c'était l'année de la femme, 79 celle de l'enfant, et 80, celle du retour du prof
sadique.
Tu exagères. 1
Critiquer un acte excessif du dest. Contester une assertion.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 208
A ce moment M. Verdurin vint à notre rencontre. M. Verdurin à qui nous fîmes nos condoléances
pour la princesse Sherbatoff nous dit: "Oui, je sais qu'elle est très mal." "Mais non, elle est
morte à six heures", s'écria Saniette. "Vous, vous exagéreztoujours", dit brutalement à
Saniette M. Verdurin, qui, la soirée n'étant pas décommandée, préférait l'hypothèse de la
maladie.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 7, Le Temps retrouvé, p. 221
« Ah ! me dit-elle, quelle joie de vous voir, vous mon plus vieil ami. » […] « Son plus vieil
ami, me dis-je, elle exagère, peut-être un des plus vieux, mais suis-je donc...» A ce moment
un neveu du prince s'approcha de moi: « Vous qui êtes un vieux Parisien », me dit-il.
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
IRENÉE Faire rire ! Devenir un roi du rire ! C'est moins effrayant que d'être guillotiné,
mais c'est aussi infamant. FRANÇOISE. Mais pourquoi ? IRENÉE. Des gens vont dîner, avec leur femme
ou leur maîtresse. Et vers neuf heures du soir, ils se disent: «Ah, maintenant qu'on est bien repu
et qu'on a fait les choses sérieuses de la journée, où allons-nous trouver un spectacle qui ne nous
fera pas penser, qui ne posera aucun problème et qui secouera un peu les boyaux, afin de nous
faciliter la digestion ?»… FRANÇOISE. Mais vous exagérez tout !
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
ASTRUC. — On a attiré cette vieilIe gloire dans un traquenard !. Et on a tout simplement
égorgé ce vieillard ! FRANÇOISE (un peu outrée). — Oh ! tu exagères tout ! ASTRUC. — Mais
non, je n'exagère pas du tout. Je ne suis pas marseillais, moi. J'ai de bonnes raisons d'être
clairvoyant. Le rôle que tu as fait arranger pour Irénée est excellent. Il aura un très gros succès
de comique, mais Galubert est cuit. Il n'a plus qu'à aller planter ses choux.
• 1954 E. Ionesco, La Cantatrice chauve, Folio, 1954, p. 69
Mme Martin : — Ça [le poème récité par Mary] m'a donné froid dans le dos. M. Martin : — Il y
a pourtant une certaine chaleur dans ces cers. Le pompier : — J'ai trouvé ça merveilleux. Mme Smith
: — Tout de même. M. Smith : — Vous exagérez.
• 1954 E. Ionesco, La Leçon, Folio 236, p. 117
Le professeur, à l'élève : — Je dois donc vous enseigner, si vous tenez vraiment à
vous présenter au doctorat partiel. L'élève : — Oui, Monsieur. Le professeur : — Les éléments de la
linguistique et de la philologie comparée. La bonne : — Non, Monsieur, non ! Il ne faut pas ! Le
professeur : — Marie, vous exagérez !
• 1954 E. Ionesco, Victimes du devoir, Folio p. 63
CHOUBERT : — Je suis vieux… Je suis vieux… MADELEINE : — Il ne le paraît pas tellement. Il exagère. Il veut qu'on le plaigne.
• 1958 E. Ionesco, Les Chaises, Folio p. 52
LE VIEUX : — Regardez-moi, regardez-moi, ai-je l'air d'un
mauvais soldat ? Une fois, mon Colonel, à une bataille… LA VIEILLE : — Il exagère ! C'est inconvenant !
• 1963 E. Ionesco, Le Roi se meurt, Gallimard, p. 17
Le médecin : — Il tombe de la neige au pôle Nord du soleil. La Voie lactée a l'air de
s'agglutiner. La comète est épuisée de fatigue, elle a vieilli, elle s'entoure de sa queue,
s'enroule sur elle-même comme un chien moribond. Marie : — Ce n'est pas vrai, vous exagérez.
Si, si, vous exagérez.
• 1966 E. Ionesco, La soif et la faim, Gallimard, p. 135
Jean : — Une plaine morose, une plaine grise, une plaine boueuse, une plaine sans fin, ou des
sentiers menant nulle part, des sentiers menant nulle part ; et puis la brume s'est étendue… Frère
Tarabas : — Vous exagérez. Vous ne vous rendez pas compte.Un de ces sentiers vous a bien mené
à nous.
• 1968 Je t'aime, je t'aime, film de Alain Resnais [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 92, 20 ]
Ridder — Bonjour, mon petit chat. […] Est-ce que tu as bien mangé aujourd'hui ? Ridder-Chat —
Eh bien pour tout vous dire, je trouve que cette femme ne me donne pas assez à manger. Oui, elle est
un peu avarée, je crois.. Ridder — Pas avarée, avare. Maisdans la rue, tu mangeais certainement
moins. Ridder-Chat — Ce n'est pas une raison pour m'affamer en appartement. Ridder — Je crois que
tu exagères un peu.
• 1980 Le dernier métro, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 304, 1983]
ARLETTE. — Je suis sûre qu'elle va faire une très bonne lecture mais à mon avis, ils ne la
prendront pas... Nadine est encore un bébé, on la verrait mieux dans « L'Ecole des femmes ».
JEAN-LOUP. — Dans « L'Ecole des femmes », Nadine ? Dans le rôle d'Agnès ? Moi, je veux bien, mais
quand elle dira : « Le petit chat est mort », j'aime autant te dire que dans la salle, ils vont tous
penser: « C'est elle qui a fait le coup ! ». MARION. — Tu exagères !
• 1980 Une semaine de vacances, film de Bertrand Tavernier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 254, 1980]
ANNE (en visite chez Laurence, prof.). Fait vachement froid dehors, hein ? Ah, j'oubliais…
Tubiana a su que je venais te voir, alors il m'a donné tes copies. LAURENCE. T'as vu tout ce qui me
reste à corriger ? Et puis, le niveau, ça va être encore… ANNE.Oh, t'exagères ! J'en ai lu
une ou deux qui sont très bien. Tiens, la première, justement, c'est pas mal du tout, ce qu'il
écrit.
• 1981 La femme d'à-côté, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 390, 1990]
Roland. — Alors, là, évidemment, il y a le problème de la tache de sang. Bon. Le petit garçon
est tombé, le dessin est très beau… mais moi, j'ai pensé que cette tache de sang était un petit peu
trop crue, trop violente pour de jeunes lecteurs. Mathilde (cassante). — Vous avez eu tort. J'ai
fait ce dessin justement pour montrer une tache de sang. Non, vraiment. Cette image, sans la couleur
rouge, ça n'a plus aucun sens. Roland. — Vous exagérez. Ce dessin était morbide, regardez
bien la variante. Elle ne vous trahit pas.
• 1981 La femme d'à-côté, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 390, 1990]
Nicole. — J'ai bien regardé [tes dessins] : très très bien,
presque trop beau pour des enfants. Mathilde (sourire). — Tu te rends
compte de ce que tu dis ? Trop beau pour des enfants, tu exagères.
• 1981 La femme d'à-côté, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 390, 1990]
Roland. — Philippe m'a dit que vous faites des livres pour enfants… Mathilde. — Il a encore fait ma propagande ! Il exagère !
• 1990 La discrète, film de Jean-Pierre Vincent et Christian Ronsin [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 402, 1991]
Antoine: — C'est rempli de dragueurs […]… Catherine: — Oh, vous exagérez, on ne se fait pas toujours draguer à Deligny [=piscine] !
• 1990 La discrète, film de Jean-Pierre Vincent et Christian Ronsin [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 402, 1991]
Antoine: — Et puis je me sentais honteux ! Honteux que cette fille m'aborde dans cet
accoutrement ! […] J'étais humilié ! Surtout qu'à côté de moi il y avait une fille sublime !. Jean:
— Tu exagères. Elle n'est pas laide à ce point.
• 1993 Je m'appelle Victor, film de Guy Jacques [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 426, 1993]
Yvette [à son fils] : — Tiens, essaie le short, pour voir. Basile : — Je mets pas de shorts,
je mets des pantalons. Yvette : — Tu mettras ce qu'on te donne ! Non mais… fff… moi, à ton âge, on
me demandait pas mon avis. Luce : — On ben t'éxagères ! On allait toujours choisir
ensemble.
• 1994 Le fils préféré, film de Nicole Garcia [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 452, 1996]
Jean-Paul : — Quoi qu'on fasse, on est perdant avec vous ! L'assureur : — Non. Là, vous exagérez, mais c'est vrai que je suis ici pour gagner de l'argent, pas pour en perdre, comme n'importe quelle entreprise.
• 1996 Y aura-t-il de la neige à Noël ?, film de Sandrine Veysset [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1997]
MARIE : — Bernard ! Où tu vas ? BERNARD (depuis le tracteur) : —
Vider la sulfateuse. MARIE : — Je viens avec toi ! L.A MÈRE : — T'exagères ! on va manger !
faire
— hétéranthropes hétéropragmes
Je fais ce qu'on me dit (de faire).
Justifier un acte du loc.
Tu fais ce qu'on te dit !
Critiquer le dest. pour la non
satisfaction d'une programmation. Programmer une réaction d'opposition
du dest.
• 1989 La-Baule-les-Pins, film de Diane Kurys
[Les deux sœurs dans le même lit]. La cadette. — Non, je dors pas près du mur ! Son aînée. — Ecoute, tu fais ce qu'on te dit.
— paramorphes hétéropragmes
Qu'est-ce qu'on fait ?
Demander au dest. de proposer qch.
• 1974 Les doigts dans la tête, film de Jacques Doillon [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 158, 1975]
CHRIS : — Putain, si il [=le patron] sort et qu'il monte à la piaule, qu'est-ce qu'on fait ? LEON : — On fait rien, il montera pas. CHRIS : — C'est qu'il est dangereux ce con-là.
• 1976 Mado, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 181, 1977]
[Une des deux voitures s'est embourbée.] Antoine : — Ça y est !… Alex s'est planté ! Simon : — Qu'est-ce qu'on fait ?… On va pas le laisser là !
• 1985 Trois hommes et un couffin, film de Coline Serreau [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 357, 1987]
Jacques : — Alors, écoutez, les mecs, faudrait savoir ce qu'on veut […] Moi je vous demande : qu'est-ce qu'on fait ? […] Non mais sans déconner, qu'est-ce que vous proposez ?
• 1989 Noce blanche, film de Jean-Claude Brisseau [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 388, 1989]
François : — Qu'est-ce qui se passe ? Le jeune homme : — Elle
pleurait sous la pluie et puis... elle s'est évanouie. La femme : —
Alors qu'est-ce qu'on fait ? On l'emmène à la police ?
• 1993 Pétain, film de Jean Marbœuf [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 425, 1993]
Dumoulin : — Hâtons-nous de donner tort à Déat. Bon, mais qu'est-ce qu'on fait ?. À vous, Peyrouton. Vous êtes le ministre de l'Intérieur. Ça vous regarde.
• 2002 Huit femmes, film de François Ozon [dialogues publiés par les Editions de La Martinière, Paris, 2002]
Soudain, on entend un bruit de porte que 1'on ferme violemment. GABY. — Qu'est-ce que c'est ?
AUGUSTINE. — Ça vient du premier étage. CATHERINE. — C'est Pierrette qui revient pour nous achever !
LOUISE. — Qu'est-ce qu'on fait, alors ? SUZON. — Rien ! Rien !
Qu'est-ce qu'on dit ? 2
Demander au dest. enf. de prononcer l'ap.
conventionnel en la circonstance. Critiquer le dest. enf. pour la non
réalisation d'un acte de parole conventionnel.
— paramorphes hétéropragmes
Que veux-tu qu'on y fasse ?
Déclarer forfait pour une réaction d'opposition.
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 123
ÉDOUARD : — C'est regrettable, certes. BÉRENGER : — Très regrettable ! Extrêmement regrettable … ÉDOUARD : — Que voulez-vous qu'on y fasse ?
• 1959 E. Ionesco, Rhinocéros, Gallimard Folio, p. 234
[Tout les autres sont devenus rhinocéros.] Bérenger : — Je t'aime, mon amour. Ne t'en fais
pas, ça leur passera. Un engouement passager. Daisy : — Ça ne leur passera pas. C'est définitif.
Bérenger : — je t'aime, je t'aime follement. Daisy : — Advienne que pourra. Que veux-tu qu'on y
fasse ? Bérenger : — Ils sont tous devenus fous.
Que veux-tu qu'on lui fasse ?
Sens littéral.
— hétéranthropes synaxes
Je ne sais pas ce que tu fais !
Critiquer un acte du dest.
Tu ne sais pas ce que tu fais.
Critiquer le dest. pour l'aveuglement qu'il manifeste.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 390
[…] il n'offrait rien, mais avec un visage torturé et un regard aussi indestructible qu'un
émail cuit, mais dans la composition duquel entrait, avec un désir pantelant de vous voir — à moins
qu'il ne trouvât quelqu'un d'autre de plus amusant — la volontéde ne pas laisser voir ce désir, il
me disait d'un air détaché : « Vous ne savez pas ce que vous faites ces jours-ci ? Parce que
j'irai sans doute près de Balbec. Mais non, cela ne fait rien, je vous le demandais par hasard.
»
— hétéranthropes antaxes
Je m'en fais pas.
Exprimer sa tranquillité. Justifier un (non) acte du loc.
Tu ne t'en fais pas !
Critiquer le dest. pour sa nonchalance.
— paramorphes hétéropragmes
Qu'est-ce que je fais ? 1
Demander au dest. de me conseiller qch. Demander au dest. de me donner des instructions.
• 1943 Madame de …, film de Max Ophüls [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 352, 1986]
Monsieur de (à Louise) : — Je désirerais vous parler seul à seul. Nounou (à Louise) : — Qu'est-ce que je fais ? Louise : — Je t'appellerai.
• 1965 Viva Maria, film de Louis Malle [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 57, 1966]
(Ayant renoué son lacet, le notable se redresse et s'étonne en s'apercevant qu’il est seul
debout en face des deux Marie. Gêné, il se prosterne à son tour.) MARIE—JEANNE. — Qu’est-ce qu’on
fait ? (Marie—Brigitte, les mains ouvertes, exprime son incertitude.)
• 1965 Viva Maria, film de Louis Malle [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 57, 1966]
MARIE-BRIGITTE [qui, en chantant sur scène, perd sa jupe] : — Qu’est-ce que je fais ?
MARIE-jEANNE se tord de rire et répond. : — Mais, continue, pardi ! (Marie-Brigitte, qui n'a pas
compris […] commence à défaire les boutons de son corsage.)
• 1972 La Maman et la putain, film de Jean Eustache [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1998]
VÉRONIKA : — Il y aura peut-être un homme avec moi, alors, ne
sortez pas en poussant des cris de douleur, venez à notre table.
ALEXANDRE : — Alors si vous êtes avec un homme, qu'est-ce que je fais ?
• 1974 Stavisky, film de Alain Resnais [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 157, 1975]
LE MAITRE-CHANTEUR : — Voici ce que j'ai retrouvé. Ça [=un magazine] date de 1926. Je vais
reproduire cette image dans notre prochain numéro, avec la légende suivante : « Le propriétaire du
journal "La Volonté" et du théâtre de l'Empire, au cours d'une surprise partie... » Ça vous va,
Bonny ? BONNY : — J'ai changé d'avis... Alexandre est sur ses gardes... LE MAITRE-CHANTEUR : —
Alors, qu'est-ce que je fais ? BONNY : — Allez le voir quand même...
• 1976 Mado, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 181, 1977]
Pierre : — Tiens, y a deux routes… Pas de pancarte… Qu'est-ce que je fais ? Antoine : — À droite.
• 1976 Mado, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 181, 1977]
Catherine : — Tu sais ce qui m'arrive ? Mado : — Tu es enceinte ?… de Paul ? Catherine : —
Evidemment ! Qu'est-ce que je fais ? Je le garde ou quoi ? Surtout que j'ai revu Jean et,
naturellement, il voudrait recommencer. Tu te rends compte ?
• 1985 Trois hommes et un couffin, film de Coline Serreau [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 357, 1987]
Pierre : — Ça doit être ses dents qui la [le bébé] travaillent. Jacques : — Qu'est-ce que je fais ? Michel : — On a acheté du sirop Delabarre.
• 1994 Le fils préféré, film de Nicole Garcia [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 452, 1996]
Bernard : — (Il sort des talons de chéquiers de sa poche) Il [= le contrôleur] cherche ça. Qu'est-ce que je fais ? Jean-Paul : — Pense à toi.
• 2001 Sous le sable, film de François Ozon [dialogues publiés par l'Arche, Paris, 2001]
NARIE : — Et quand pensez-vous le retrouver [mon mari] ? LE GENDARME : — Pour être tout à
fait franc, je dois vous avouer que s'il s'est noyé, son corps peut être retrouvé dans deux jours,
comme dans trois mois ou bien même jamais. MARIE : — Mais alorsqu'est-ce que je fais, moi ?
LE GENDARME : — Écoutez pour l'instant, ça ne sert à rien de trop s'inquiéter. Vous rentrez chez
vous, vous vous reposez et vous attendez.
Que fais-je ?
Reconnaître son erreur en cours.
fatiguer
— hétéranthropes antaxes
Je ne me suis pas fatigué !
Se vanter d'en avoir fait le moins possible.
Tu t'es pas fatigué.
Critiquer le dest. pour sa nonchalance.
• 1979 L'amour en fuite, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 255, 1980]
COLETTE : — Maman vous a donné mon numéro de téléphone ? ANTOINE : — Euh, oui, oui, je crois. COLETTE : — Vous ne vous êtes pas trop fatigué pour m'appeler.
— hétéranthropes antaxes
Je ne me fatigue pas !
Se vanter d'en faire le moins possible.
Tu ne te fatigues pas !
Critiquer le dest. pour sa nonchalance.
faute
— hétéranthropes antaxes
C'est toujours de ma faute !
Critiquer autrui de me tenir responsable de qch. de val. nég.
• 1980 N. Sarraute, C'est beau, Théâtre, p. 66
ELLE : — Bien sûr, on sait bien que c'est toujours ma faute. LUI : — Je ne te le fais pas dire. La preuve… qui a dit : « Qui elle? » C'est toi ou moi? Tu étais là, prostrée…
C'est toujours de ta faute !
Accuser le dest. d'être systématiquement coupable.
feu
— antisèmes synantaxes
Ça a fait long feu.
Critiquer un acte qui n'a pas eu l'effet espéré.
Ça n'a pas fait long feu.
Dire qu'une conséquence ou une réaction (de
val. pos. ou nég.) s'est produite immédiatement. Critiquer un acte qui
n'a pas duré comme espéré.
ficher (s'en)
— hétéranthropes antaxes
Je m'en fiche.
Exprimer son indifférence.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 81
« À propos de dreyfusards, dis-je, il paraît que le prince Von l'est. — Ah ! vous faites bien
de me parler de lui, s'écria M. de Guermantes, j'allais oublier qu'il m'a demandé de venir dîner
lundi. Mais qu'il soit dreyfusard ou non, cela m'est parfaitement égal puisqu'il est étranger. Je
m'en fiche comme de colin-tampon. […] »
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 334
[…] Cottard se décidant à jouer atout, prit un air sombre, «
cerveau brulé », et par allusion à ceux qui risquent leur peau, joua sa
carte comme si c'eût été sa vie, en s'écriant : « Après tout, je m'en fiche ! »
• 1922 M. Proust, ALRDTP 7, Le Temps retrouvé, p. 124
[…] deux clients très élégants […] se tenaient sur le seuil [=d'une sorte de maison de
rendez-vous] et délibéraient s'ils devaient entrer. C'était visiblement la première fois qu'ils
venaient là, on avait dû leur indiquer l'endroit et ils semblaient partagés entre le désir, la
tentation et une extrême frousse. L'un des deux — un beau jeune homme — répétait toutes les deux
minutes à l'autre avec un sourire mi-interrogateur, mi destiné à persuader : « Quoi ! Après tout
on s'en fiche ? » Mais il avait beau vouloir dire par là qu'après tout on se fichait des
conséquences, il est probable qu'il ne s'en fichait pas tant que cela car cette parole n'était
suivie d'aucun mouvement pour entrer mais d'un nouveau regard vers l'autre, suivi du même sourire et
du même après tout on s'en fiche. C'était, ce après tout on s'en fiche,
un exemplaire entre mille de ce magnifique langage, si différent de celui que nous parlons
d'habitude, et où l'émotion fait dévier ce que nous voulions dire et épanouir à la place une phrase
tout autre, émergée d'un lac inconnu où vivent ces expressions sans rapport avec la pensée et qui
par cela même la révèlent.
• 1934 Lac aux Dames, film de Marc Allégret [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 285, 1982]
DANNY (amoureuse d’Eric). — Je serai pauvre avec lui, s'il le
faut ! Je me priverai de tout ! J’aurai une toute petite voiture, un
tout petit appartement, cinq, six pièces… Je m'en fiche !
• 1976 Mado, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 181, 1977]
[Mado lui propose une solution.] Simon : — Tu parles d'un type
qui a été condamné par contumace pour escroquerie… Je vais pas m'en
sortir par escroc interposé ! Mado : — Après tout, je m'en fiche. C'est tes affaires !
• 2002 Huit femmes, film de François Ozon [dialogues publiés par les Editions de La Martinière, Paris, 2002]
SUZON. — Et avec qui joue-t-elle aux cartes maintenant ? LOUISE. — Ce n'est pas mon genre de
moucharder. CATHERINE. — Dites-le nous, on le dira à personne. LOUISE, qui ménage son effet. Elle
joue avec... Et puis, flûte, je m'en fiche. Elle joue avec mademoiselle Pierrette, la sœur de
votre père !
Tu t'en fiches. 2
Conseiller une non réaction.
finir ; mourir
— paramorphes antaxes
Autant en finir tout de suite.
Programmer de mettre immédiatement un
terme à une situation de val. nég. Critiquer une non réaction
d'opposition du dest.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 329
[…] je n'avais jamais eu l'idée de l'épouser, […] c'était quand je faisais, comme
involontairement, allusion à notre séparation prochaine que je disais la vérité, […] je la
quitterais de toute façon un jour ou l'autre, croyance que ma scène de ce soir n'avait pu alors que
fortifier et qui pouvait finir par engendrer chez elle cette résolution : « Si cela doit fatalement
arriver un jour ou l'autre, autant en finir tout de suite. »
[Arrêter de fumer ?] Autant mourir tout de suite !
Refuser d'être actant d'un acte de val. nég.
fois
— hétéranthropes antaxes
[Je ne le connais pas.] Je te l'ai dit {cent} fois. 1
Critiquer le dest. pour une question à laquelle j'ai déjà répondu.
Tu l'as dit cent fois !
Critiquer le dest. de se répéter.
• 1980 Une semaine de vacances, film de Bertrand Tavernier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 254, 1980]
LA MERE. Avec Pierre, vous allez vous marier ? LAURENCE. Je sais pas… LA MERE. Ah, Eric, je
l'aimais bien ! LAURENCE (agacée). Je sais, tu l'as dit cent fois ! Il était parfait Eric.
Bien élevé, belle situation, cultivé et tout… Seulement, j'étouffais!
— antisèmes hétéropragmes
C'est bien la première fois !
Exprimer son étonnement convaincu. Exprimer sa déception que qch. ne soit pas arrivé plus tôt.
• 2002 Huit femmes, film de François Ozon [dialogues publiés par les Editions de La Martinière, Paris, 2002]
GABY. — Il y a des lois contre les faux témoignages. LOUISE. — Il y a aussi des lois pour
hériter! GABY. — Ça signifie ? LOUISE. — Mais vous savez bien : « À qui profite le crime ? » GABY. —
Je ne comprends pas. CATHERINE. — Ben oui, la personne qui hérite de l'assassiné est forcément
l'assassin. C'est dans tous les bouquins policiers ! GABY. — Toi tu ferais mieux d'apprendre ta
géographie ! (Et elle gifle Catherine.) AUGUSTINE. — C'est bien la première fois que tu
t'occupes de ses études.
C'est (bien) la dernière fois.
Accepter qu'un nouvel acte au bénéfice du dest. soit réalisé.
folie
— paramorphes hétéropragmes
Tu fais une folie !
Critiquer le dest.
T'as fait une folie ! 1
Critiquer un acte intempestif du dest.
forcer
— paramorphes antaxes
Force-toi un peu !
Demander au dest. réticent de faire un effort.
Tu te forces.
Accuser le dest. d'être insincère.
fort
— paramorphes antaxes
C'est trop fort !
Evaluer négativement qch. Critiquer un acte d'autrui.
• 1943 Goupi-mains rouges, film de Jacques Becker [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 204, 1978]
MUGUET. — Je n'épouserai pas Monsieur. TISANE. — Tu ne vas pas nous dire que tu en aimes un
autre ?. Tu en aimes un autre. Mais qui ?. Tout de même pas Tonkin ?. TISANE. — C'est trop
fort. Tonkin, ce vaurien qu'a des mauvaises maladies, des maladies dechinois. MARIE. — Et si
elle l'aime ? TISANE. — Qu'est-ce qui vous prend ? MARIE. — Ben, je dis ce que je pense; si elle
aime Tonkin. TISANE. — Mêlez-vous de ce qui vous regarde. MARIE. — Vous n'avez pas de
cœur.
• 1954 E. Ionesco, La Leçon, Folio 236, p. 117
Le professeur, à l'élève : — Je dois donc vous enseigner, si vous tenez vraiment à
vous présenter au doctorat partiel. L'élève : — Oui, Monsieur. Le professeur : — . Les éléments de
la linguistique et de la philologie comparée. La bonne : — Non, Monsieur, non ! Il ne faut pas ! Le
professeur : — Marie, vous exagérez ! La bonne : — Monsieur, surtout pas de philologie, la
philologie mène au pire. L'élève, étonnée : — Au pire ? (Souriant, un peu bête.) En
voilà une histoire ! Le professeur, à la bonne : — C'est trop fort ! Sortez
!
• 1958 E. Ionesco, Les Chaises, Folio p. 51
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 41
L'ARCHITECTE, au téléphone et tapant du poing sur la table. Ça c'est trop fort. Qu'est-ce qu'on vous a fait ?
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 105
VOIX DU FACTEUR : — Ça répond pas. LA CONCIERGE : — Frappez plus fort. Il est Ià. VOIX DU
FACTEUR : — Je vous dis que ça ne répond pas ! LA CONClERGE : — Ça ne sait même pas frapper à une
porte ! […] VOIX DU FACTEUR : — Essayez ! VOIX DE LA CONCIERGE, qui frappe à la porte : —
Monsieur Bérenger, Monsieur Bérenger ! (Silence. Nouveaux coups.) Monsieur Bérenger !
Monsieur Bérenger ! VOIX DU FACTEUR : — Qu'est-ce que je vous avais dit ! VOIX DE LA CONCIERGE : —
Ça c'est trop fort ! Il peut pas être sorti.
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 180
LE DEUXIEME AGENT, arrachant les fleurs des mains du Soldat et les jetant, loin, dans la coulisse : — Imbécile ! tu n'as pas honte ! Remonte dans ton camion avec tes camarades. […] BÉRENGER : — Ça, c'est trop fort !
• 1961 Ce soir ou jamais, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 9, 1961]
VALÉRIE : — Moi, je trouve que tu pourrais me remercier, au lieu de bouder. GUILLAUME : — Ah
! non... ça c'est trop fort. Tu me fais marcher tant et plus. Çà, tu m'as eu, tu m'as bien
eu. Je suis beau joueur. C'est même assez drôle. Tu m'empêches de redescendre... Je ne sais pas
pourquoi, remarque, je ne veux pas être indiscret.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 208
Elle suffoque. S'attendait sûrement à me voir déguerpir à la
première injonction. Tant d'audace, tant d'insolence après ce qu'elle a
fait pour moi. C'est trop fort.
Trop fort !
Evaluer positivement qch.
foutre (s'en)
— hétéranthropes antaxes
Je m'en fous (éperdument / et m'en contrefous) !
Exprimer son indifférence.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 428
— Je vous apporte un mot de M. de Charlus. — […] Mon vieux, soyez gentil. Je n'ouvre pas la
lettre. Vous lui direz que vous ne m'avez pas trouvé. — Ne feriez-vous pas mieux d'ouvrir ? je me
figure qu'il y a quelque chose de grave […] est-ce qu'il n'y apas un duel demain ? demandai-je à
Morel, que je supposais aussi au courant. — Un duel ? me dit-il d'un air stupéfait. Je ne sais pas
un mot de ça. Après tout, je m'en fous, ce vieux dégoûtant peut bien se faire zigouiller si
ça lui plaît. Mais tenez,vous m'intriguez, je vais tout de même voir sa lettre. Vous lui direz que
vous l'avez laissée à tout hasard pour le cas où je rentrerais. »
• 1929 L'argent, film de Marcel L'herbier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 210, 1978]
Mazaud: — Le Crédit bordelais refuse l'avance de trois millions consentie hier. Saccard: — Je m'en fous !
• 1935 La Bandera, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 286, 1982]
[Engagement dans la légion] Le militaire: — Votre nom ? Gilieth: — Benoît. Le militaire: —
C'est un nom que les français donnent souvent. Ça ne [vous] fait rien de vous appeler autrement ?
Gilieth: — Oh ! je m'en fous. Enfin. je m'en balance, ça m'estégal.
• 1935 Toni, film de Jean Renoir [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 252, 1980]
JOSEFA. Je me suis coupée. ALBERT. J'm'en fous. JOSEFA. Tu es une brute. ALBERT. Mais tu pourrais être polie, qu'est-ce que c'est que ce genre ?
• 1935 Toni, film de Jean Renoir [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 252, 1980]
ALBERT. Nom de Dieu, encore cette ratatouille. Des tomates et des poivrons ! Mais tu sais
bien que je déteste ça ! JOSEFA. Y en a plein le jardin, il faut bien les manger. ALBERT. J'm'en
fous ! Maintenant que je suis le maître, hein, tu vas me faire leplaisir de varier un peu le
menu. Je veux plus voir sur la table cette nourriture de sauvages, là. Allez, ouvre-moi une boîte de
sardines. JOSEFA (résignée.) Si tu veux, Albert.
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
FRANÇOISE. Alors toi, pourquoi m'aimes-tu ? ASTRUC. Parce que, pour moi, tu es belle.
FRANÇOISE. Est-ce que tu m'as bien regardée ? ASTRUC. Trop. FRANÇOISE. Ecoute, pour te dire la
vérité, je sais que je ne suis pas femme pour deux sous. Les robes, les chapeaux, je m'en
fous. Moi, je ne m'habille pas, je me couvre.
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
ASTRUC. — Mais si on vous demandait [de jouer dans un film] ? LE BARMAN. — Je refuserais.
Parce que je serais forcé de refuser. DR0MART. — La direction de l'hôtel vous interdirait ? LE
BARMAN. — Non, monsieur. Non ! La direction de l'hôtel, je m'en fous. […]
• 1949 Manèges, film de Yves Allégret
— On vend tout ! tout ! et on se fout pas mal de ce qui lui arrivera à elle !
• 1957 Ascenseur pour l'échafaud, film de Louis Malle
-Tiens ! Monsieur Tavernier qui range toujours sa voiture sur les clous. Lui, les contraventions, les flics, il s'en fout totalement.
• 1959 R. Queneau, Zazie dans le métro, p. 151
[Projet de visite de la Sainte-Chapelle] — C'est foutu, dit le Sanctimontronais. / Il freina
de nouveau […] Plus la peine, qu'il ajouta. Ça va être fermé maintenant. — Raison de plus pour vous
presser, dit la veuve Mouaque raisonnable et stratégique. Notre guidenappé, on va plus pouvoir le
retrouver. — Je m'en fous, dit le type.
• 1960 Plein soleil, film de René Clément [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 262, 1981]
(Le canot glisse sur le pont du bateau, au bout de son amarre, et tombe à l'eau.) PHILIPPE
(fou de rage). — Mais t'es dingue ou quoi ? Allez, viens m'aider. Tu vas noyer toute la coque !
Saute on va le mettre à l'arrière. TOM (hurlant). — Mais je peux pas, j'ai peur ! PHILIPPE. — Peur
de quoi ? TOM. — Mais de la flotte ! PHILIPPE. — Mais je m'en fous, c'est de ta faute, allez
saute, mon vieux !
• 1968 Je t'aime, je t'aime, film de Alain Resnais [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 92, 20 ]
[Moyens et Rhuys ont recruté Ridder pour une expérience] Rhuys — Dans deux ou trois
kilomètres, nous serons arrivés. Tout ça vous laisse froid, dirait-on. Ridder [rescapé du suicide] —
Je m'en fous. Que voulez-vous qu'il m'arrive encore ?
• 1969 R. Sabatier, Les Allumettes suédoises, p. 133
• 1979 Série noire, film de Alain Corneau [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 234, 1979]
JEANNE : — J'ai filé mes collants. C'étaient mes derniers collants, hein ! FRANK : — Y en a
plein ma valise... T'as qu'à te servir... JEANNE : — Tu sais bien, ils ne me vont pas. Ils sont
toujours trop larges au talon. Je m'en fous : je partirai commeça.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Fj12
(271)(DR45)Fj12 : — c'est comme une cigarette/ c'est un mélange de beaucoup de choses/ c'est
un mélange d'habitudes/ c'est un mélange de frime au début quand t'es jeune. moi je sais si j'ai
commencé à fumer c'est parce que je me sentais plus grande/ j'ai paest "c'est "ma "vie. un point/
c'est tout. ce que peuvent dire les gens demoi je m'en fous. EF(Fj12) : — mm (272)(DR46)Fj12
: — et contrefous. ça alors là ça ne me touche pas. ça m'a trop touchée/ pour que ça me
touche maintenant.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Fj12
(116)(AN28)Fj12 : — je ne peux pas me passer d'animaux. je te dis (?) je m'en suis passée
pendant deux ou trois mois et c'était vraiment: (clic) dès que je voyais un animal je: ah! j'avais
le cœur qui se mettait à battre. mais à la limite on me dit mais
c'est vrai/ je l'accepte/ XX qu'on me dise ça mais je m'en "fous. (rire) pour moi j'aime
ça.
• 1989 La-Baule-les-Pins, film de Diane Kurys
— Il croit toujours que j'ai dix ans, i'm'prend pour une gamine. Moi je m'en fous parce que de toute façon j'm'amuse aussi bien quand il est pas là, alors.
• 1991 Bar des rails, film de Cédric Kahn [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 417, 1992]
Richard : — Je peux vous prendre une cigarette ? Marion (elle se tourne vers lui. D'une voix
blanche). — Tu fumes ? Richard : — Ben… des fois. Marion (elle va prendre son paquet hors-champ à
gauche et le lui tend. Elle parle en expirant de la fumée). — Tiens, moi je m'en fous, tu
fais ce que tu veux .
• 1993 Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel, film de Laurence Ferreira Barbosa [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 433, 1994]
[On se réveille.] Jean : — T'es pas bavarde le matin, toi. T'as du café ? Même soluble, hein, je m'en fous !
• 1996 Y aura-t-il de la neige à Noël ?, film de Sandrine Veysset [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1997]
JEANNE : — Qu'est-ce que t'es moche ! T'as vraiment pas de chance ! BLANDINE : — J'm'en fous, qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ?
Tu t'en fous. 2
Conseiller une non réaction.
gêner
— hétéranthropes antaxes
Je ne me gêne pas.
Sens littéral.
Tu ne te gênes pas !
Critiquer l'audace du dest.
• 1970 Charles mort ou vif, film de Alain Tanner [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 109, 1970]
Paul : — Si […] vous ne savez pas très bien où crêcher, la chambre là-haut est libre. Vous ne vous gênez pas. J'ai l'habitude d'héberger les bourgeois sans feux ni lieux.
glace ; glace
— isolexes antaxes
Ça me laisse de glace.
Exprimer son indifférence.
Ça me glace le sang !
Exprimer sa peur.
gonfler
— isolexes hétéropragmes
T'es gonflé (, toi) !
Critiquer l'audace du dest.
• 1975 L'argent de poche, film de François Truffaut
Instituteur: — Raconte-moi comment c'est alors là-bas. Elève: — J'y suis pas allé, M'sieur! Instituteur: — T'es gonflé alors, tu lèves le doigt pourquoi ?
• 1993 Je m'appelle Victor, film de Guy Jacques [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 426, 1993]
Yvette [à son fils] : — Tiens. essaie le short, pour voir. Basile : — Je mets pas de shorts,
je mets des pantalons. Yvette : — Tu mettras ce qu'on te donne ! Non mais… fff… moi, à ton âge, on
me demandait pas mon avis. Luce : — On ben t'éxagères ! On allait toujours choisir ensemble. Yvette
: — Quoi ? T'es gonflée ! Les fois où tu m'as acheté ce que je voulais, je peux les compter
sur les doigts de la main.
• 1993 Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel, film de Laurence Ferreira Barbosa [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 433, 1994]
Martine : — Il est gonflé lui, il me raccroche au nez…
• 1996 Y aura-t-il de la neige à Noël ?, film de Sandrine Veysset [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1997]
LE PÈRE (avec tendresse) : — Quelle chipie ! T'en a mis du temps pour plus faire la gueule. LA MÈRE : — T'es gonflé toi, on peut pas dire que je suis rancunière, avec tout ce que tu me fais voir...
• 1975 L'argent de poche, film de François Truffaut
Instituteur: — Raconte-moi comment c'est alors là-bas. Elève: — J'y suis pas allé, M'sieur! Instituteur: — T'es gonflé alors, tu lèves le doigt pourquoi ?
• 1993 Je m'appelle Victor, film de Guy Jacques [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 426, 1993]
Yvette [à son fils] : — Tiens. essaie le short, pour voir. Basile : — Je mets pas de shorts,
je mets des pantalons. Yvette : — Tu mettras ce qu'on te donne ! Non mais… fff… moi, à ton âge, on
me demandait pas mon avis. Luce : — On ben t'éxagères ! On allait toujours choisir ensemble. Yvette
: — Quoi ? T'es gonflée ! Les fois où tu m'as acheté ce que je voulais, je peux les compter
sur les doigts de la main.
• 1993 Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel, film de Laurence Ferreira Barbosa [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 433, 1994]
Martine : — Il est gonflé lui, il me raccroche au nez…
• 1996 Y aura-t-il de la neige à Noël ?, film de Sandrine Veysset [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1997]
LE PÈRE (avec tendresse) : — Quelle chipie ! T'en a mis du temps pour plus faire la gueule. LA MÈRE : — T'es gonflé toi, on peut pas dire que je suis rancunière, avec tout ce que tu me fais voir...
Tu me gonfles !
Critiquer un acte du dest. qui importune le loc.
— antisèmes synaxes
T'es gonflé (, toi) !
Critiquer l'audace du dest.
• 1975 L'argent de poche, film de François Truffaut
Instituteur: — Raconte-moi comment c'est alors là-bas. Elève: — J'y suis pas allé, M'sieur! Instituteur: — T'es gonflé alors, tu lèves le doigt pourquoi ?
• 1993 Je m'appelle Victor, film de Guy Jacques [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 426, 1993]
Yvette [à son fils] : — Tiens. essaie le short, pour voir. Basile : — Je mets pas de shorts,
je mets des pantalons. Yvette : — Tu mettras ce qu'on te donne ! Non mais… fff… moi, à ton âge, on
me demandait pas mon avis. Luce : — On ben t'éxagères ! On allait toujours choisir ensemble. Yvette
: — Quoi ? T'es gonflée ! Les fois où tu m'as acheté ce que je voulais, je peux les compter
sur les doigts de la main.
• 1993 Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel, film de Laurence Ferreira Barbosa [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 433, 1994]
Martine : — Il est gonflé lui, il me raccroche au nez…
• 1996 Y aura-t-il de la neige à Noël ?, film de Sandrine Veysset [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1997]
LE PÈRE (avec tendresse) : — Quelle chipie ! T'en a mis du temps pour plus faire la gueule. LA MÈRE : — T'es gonflé toi, on peut pas dire que je suis rancunière, avec tout ce que tu me fais voir...
• 1975 L'argent de poche, film de François Truffaut
Instituteur: — Raconte-moi comment c'est alors là-bas. Elève: — J'y suis pas allé, M'sieur! Instituteur: — T'es gonflé alors, tu lèves le doigt pourquoi ?
• 1993 Je m'appelle Victor, film de Guy Jacques [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 426, 1993]
Yvette [à son fils] : — Tiens. essaie le short, pour voir. Basile : — Je mets pas de shorts,
je mets des pantalons. Yvette : — Tu mettras ce qu'on te donne ! Non mais… fff… moi, à ton âge, on
me demandait pas mon avis. Luce : — On ben t'éxagères ! On allait toujours choisir ensemble. Yvette
: — Quoi ? T'es gonflée ! Les fois où tu m'as acheté ce que je voulais, je peux les compter
sur les doigts de la main.
• 1993 Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel, film de Laurence Ferreira Barbosa [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 433, 1994]
Martine : — Il est gonflé lui, il me raccroche au nez…
• 1996 Y aura-t-il de la neige à Noël ?, film de Sandrine Veysset [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1997]
LE PÈRE (avec tendresse) : — Quelle chipie ! T'en a mis du temps pour plus faire la gueule. LA MÈRE : — T'es gonflé toi, on peut pas dire que je suis rancunière, avec tout ce que tu me fais voir...
Dégonflé !
Critiquer le dest. pour le manque de courage qu'il manifeste.
grotesque
— isolexes hétéropragmes
C'est grotesque !
Critiquer un acte. Contester une assertion.
• 1918 M. Proust, ALRDTP 2 , A l'ombre des jeunes filles en fleurs, p. 113
Je trouve ça grotesque de s'occuper des autres dans les choses de sentiment.
• 1967 N. Sarraute, Le silence, Théâtre, p. 161
H. 1 : — Vous avez prononcé le mot esthétisme… Non ? Vous n'avez rien dit ? Pourtant j'aurais
juré. C'est vrai que je suis retombé. Là, avec ces charrettes. C'était grotesque… vous savez,
je n'ai jamais pu me défaire de cette sentimentalité. Ce côté fleur bleue.
C'est peut-être grotesque.
Critiquer un acte du loc.
• 1986 Mélo, film de Alain Resnais [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 360, 1987]
Pierre : — Je ne peux plus porter cette lettre sur moi... enfin, je n'ose plus. Un pauvre
bout de papier, avec des pauvres lignes d'une encre toute pâle... ça finirait par périr aussi... à
force d'être tiré d'un portefeuille, d'être tripoté... Alors, c'est peut-être grotesque...
j'ai loué un compartiment de coffre, dans une banque, qui est à côté de chez moi... pour y mettre la
lettre de Maniche.
heure
— paramorphes hétéropragmes
Tu vois l'heure ?
Sens littéral.
Tu as vu l'heure ? 1
Rappeler au dest. de faire un acte programmé.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 212
Quand j'eus dit au revoir à Rosemonde et à Gisèle, elles virent avec étonnement Albertine
arrêtée qui ne les suivait pas. « Hé bien, Albertine, qu'est-ce que tu fais, tu sais l'heure
? — Rentrez, leur répondit-elle avec autorité. J'ai à causer avec lui», ajouta-t-elle en me
montrant d'un air soumis.
• 1980 Le dernier métro, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 304, 1983]
(Soir.) ARLETTE. — Bon, ben on en reparlera plus tard. Rentre chez toi, Rosette [Rosette a 14 ans] , tu as vu l'heure ? ROSETTE. — Au revoir, Madame.
— parasèmes hétéropragmes
Ce n'est pas mon heure.
Déclarer forfait. Justifier un non acte
du loc. Critiquer un acte du dest. impliquant le loc. comme actant.
• 1929 L'argent, film de Marcel L'herbier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 210, 1978]
Saccard (sarcastique): — Vous en [=des actions] voulez maintenant ? La Méchain (arrogante): — Moi… c'est pas mon heure.
• 1978 Une histoire simple, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 225, 1979]
(Jérôme en riant propose à boire à Esther…) Esther: — Si j'avais pas peur des mélanges… Jérôme (insistant): — Goûte… Esther: — C'est pas mon heure, non, jamais…
• 2001 Sous le sable, film de François Ozon [dialogues publiés par l'Arche, Paris, 2001]
VINCENT : — Je pensais que... que tu aimerais parler... MARIE :
— Ah oui ? ... Tu sais, moi, le matin, je suis jamais très bavarde ... C'est pas mon heure, j'émerge tard !
Ce n'est pas mon jour (de chance).
Dire que ce qui arrive est un coup de malchance.
homme ; femme
— paramorphes hétéropragmes
Je suis ton homme ! 2
S'engager à faire un acte au bénéfice du dest.
Je suis ta femme.
Justifier un acte du loc. fém., ou du dest. masc. au bénéfice du loc. fém.
• 1979 Série noire, film de Alain Corneau [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 234, 1979]
JEANNE : — Il faut que je sache... Tu arrêtes de mentir ? Comment tu as eu cet argent ? FRANK
: — Mais je te l'ai dit, mon chou… Je t'ai tout expliqué... cent fois ! JEANNE : — Non, tu mens !...
[…] JEANNE : — Je veux savoir. Il faut que je sache ! FRANK: — Mais qu'est-ce que tu as ? Je t'ai
rien fait !... Mais pourquoi tu t'en prends à moi ? JEANNE : — Mais j'ai le droit de savoir. Je
suis ta femme.
idée
— isolexes hétéropragmes
C'est une idée.
Evaluer positivement un acte envisagé par autrui.
• 1938 Hôtel du nord, film de Marcel Carné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 375, 1988]
• 1959 R. Queneau, Zazie dans le métro, p. 250
— Et si je me mettais dans la cage, dit Turandot, et que ce soit Laverdure qui me porte ? — C'est une idée.
• 1961 Léon Morin, prêtre, film de Jean-Pierre Melville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 11, 1961]
Marion : — Vous devriez vous faire curé de campagne. Léon Morin : — Ah! Marion : — Je serais votre bonne... Léon Morin : — Ça serait une idée, sauf que les bonnes de curé doivent être vieilles... et laides !
• 1985 Trois hommes et un couffin, film de Coline Serreau [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 357, 1987]
Jacques. — Moi, si je pouvais refaire le monde […] voilà ce que
je ferais : je fabriquerais Adam avec la côte d'Eve. Pas l'inverse.
Graton (largué). — Ah oui ? C'est une idée, ça… Pourquoi pas, hein…
• 1987 L'ami de mon amie, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 367, 1987]
Alexandre — Viens avec moi! Je vais chez des amis ! […] Il y aura certaiement de très beaux
mecs, qui te plairont. Léa — C'est une idée, ça ! Mais… que dirait Blanche ? Alexandre —
Qu'est-ce qu'elle a à voir là-dedans ? Ecoute, cette fille ne m'est rien, d'accord ?
(Mais) c'est une idée fixe !
Critiquer le dest. pour son obstination. Contester une assertion. Critiquer une question.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 211
Vous aurez beau crier, tempêter, donner des ordres, je ne
bougerai pas d'un poil tant que la galette ne sera pas en ma
possession. Idée fixe, comme vous voyez.
• 1965 Belphégor 1, film de Claude Barma
Le gardien. — Il faut que j'aille au Louvre. Sa femme. — Encore ? Le gardien. — Oui. C'est une idée fixe. Il faut que j'y aille ! Sa femme. — Eh bien vas-y. Rends-toi ridicule. Après tout c'est ton affaire.
• 1965 Viva Maria, film de Louis Malle [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 57, 1966]
MARIE-BRIGITTE. Qu’est—ce qu’il fait, Rodolfo ? DIOGENE. — Il
travaille... Il rêve d'inventer le fusil à canon courbe... pour tirer
dans les coins. C'est une idée fixe.
• 1973 N. Sarraute, Isma, Théâtre, p. 95
LUI : Il ne faut pas toucher aux lieux communs, ils sont là pour ça. pour recouvrir, pour
étouffer . Tandis qu'avec les Dubuit. Ah, les Dubuit avaient cet avantage. H. 1: Ah ça non. Vous
nous avez promis [de ne plus parler d'eux]. F. 3: Si. Iaissez-le.juste un petit peu. Les Dubuit.
quand même, c'était. j'avoue. LUI: Avouez que ce n'était pas mal, hein? (Gourmand.) Avouez qu'il y
avait dans les Dubuit. quelque chose. H. 1: Mais c'est chez vous une idée fixe. C'est une
obsession. Ça se soigne, voussavez.
• 1981 Garde à vue, film de Claude Miller [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 289, 1982]
MARTINAUD : — Venise. L'hôtel d'Amérique. C'est là que tout
s'est détraqué. La jeune mariée a commencé à avoir des migraines à
répétition, à trouver que... j'avais des idées fixes.
— hétéranthropes hétéropragmes
Je n'ai pas idée.
Déclarer forfait pour répondre à une question.
Tu n'as pas idée !
Renforcer la qualité ou la quantité dans une assertion du loc.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 7, Le Temps retrouvé, p. 62
Vous n'avez pas idée de ce que c'est que cette guerre, mon cher ami, et de l'importance qu'y prend une route, un pont, une hauteur.
• 1976 L'affiche rouge, film de Frank Cassenti [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 175, 1976]
MALINE : — […] lesAllemands perdaient du terrain partout, sur le front russe surtout, et même
en France la Résistance portait des coups terribles... des attentats, des déraillements. Nous, on
n'avait plus rien à perdre, on se battait... Vous n'avez pasidée...
— hétéranthropes hétéropragmes
Je n'ai pas idée.
Déclarer forfait pour répondre à une question.
On n'a pas idée ! 1
Renforcer la quantité ou la qualité dans une assertion du loc.
• 1967 N. Sarraute, Le mensonge, Théâtre, p. 127
PIERRE : — Mais puisque je vous dis que ça a jailli malgré moi… c'est comme une poussée…
Rien. La roue. Le bûcher. JULIETTE, avec une gravité naïve : — C'est la vérité qui pousse
comme ça. Il faut le dire à la décharge de Pierre : quand elle se met à pousser, la vérité… JEANNE :
— Oui, hein, c'est dur à contenir. Ça demande un espace vital, on n'a pas idée. Ça a une
force d'expansion.
— hétéranthropes antaxes
Ça ne me vient pas à l'idée !
Dire qu'on ne désire pas faire un acte.
• 1961 Ce soir ou jamais, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 9, 1961]
LAURENT, Juliette aurait pu téléphoner pour nous prévenir Mais ça ne lui est même pas venu à l'idée.
• 1967 N. Sarraute, Le mensonge, Théâtre, p. 127
SIMONE : — C'est vrai, il me semble qu'avant elle était plus timide, elle le faisait plus
mollement. Mais maintenant, ces jérémiades continuelles… JEANNE : — Je dois dire que moi à sa place,
je ne sais pas, je n'oserais jamais… j'aurais si peur… Je n'aijamais pu, même pour des riens.
D'abord mon père, depuis qu'on était tout petits… Pour ça chez nous on était d'un strict. Et puis
ça ne me serait pas venu à l'idée.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Ha07
(409)(AG72)Ha7 : — chacun a ses petits problèmes bon mais effectivement chacun a ses petits
problèmes ça regarde pas forcément les autres EF(Ha7) : — mm (410)(AG73)Ha7 : — mais enfin des
fois ça vaudrait le coup peut-être de discuter un petit peu lesEF(Ha7) : — oui(411)(AG74)Ha7 : —
des enfants EF(Ha7) : — m (412)(AG75)Ha7 : — des des des autres EF(Ha7) : — m (413)(AG76)Ha7 : —
ou même des notres EF(Ha7) : — oui mm (414)(AG77)Ha7 : — puisque on... est tous avec des enfants
qui commencent à être grands et qui font leur vie EF(Ha7) : — mm(415)(AG78)Ha7 : — bon ben non
ça vient même pas à l'idée (claque la langue) chacun reste EF(Ha7) : — mm (416)(AG79)Ha7 :
— dans son petit coin alors on parle des choses et du beau temps de la chasse dela
pêche.
Ça ne te vient pas à l'idée ?
Vrf. une hypothèse exp. du $pourquoi@ de l'abstention du dest.
— parasèmes antaxes
C'est une idée.
Evaluer positivement un acte envisagé par autrui.
• 1938 Hôtel du nord, film de Marcel Carné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 375, 1988]
• 1959 R. Queneau, Zazie dans le métro, p. 250
— Et si je me mettais dans la cage, dit Turandot, et que ce soit Laverdure qui me porte ? — C'est une idée.
• 1961 Léon Morin, prêtre, film de Jean-Pierre Melville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 11, 1961]
Marion : — Vous devriez vous faire curé de campagne. Léon Morin : — Ah! Marion : — Je serais votre bonne... Léon Morin : — Ça serait une idée, sauf que les bonnes de curé doivent être vieilles... et laides !
• 1985 Trois hommes et un couffin, film de Coline Serreau [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 357, 1987]
Jacques. — Moi, si je pouvais refaire le monde […] voilà ce que
je ferais : je fabriquerais Adam avec la côte d'Eve. Pas l'inverse.
Graton (largué). — Ah oui ? C'est une idée, ça… Pourquoi pas, hein…
• 1987 L'ami de mon amie, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 367, 1987]
Alexandre — Viens avec moi! Je vais chez des amis ! […] Il y aura certaiement de très beaux
mecs, qui te plairont. Léa — C'est une idée, ça ! Mais… que dirait Blanche ? Alexandre —
Qu'est-ce qu'elle a à voir là-dedans ? Ecoute, cette fille ne m'est rien, d'accord ?
C'est une opinion.
Se distancier de l'opinion d'autrui.
• 1943 Le Corbeau, film de Henri-Georges Clouzot [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 187, 1977]
Substitut — Il est évident que le Corbeau se trouve parmi vous. Fayolles — C'est une opinion. Bonevi — C'est insensé ! Mercière — Il a raison.
intéresser
— hétéranthropes antaxes
Il n'y a que ça qui m'intéresse.
Exprimer son intérêt.
Il n'y a que ça qui t'intéresse.
Critiquer le dest. de s'intéresser exclusivement à qch.
— hétéranthropes antaxes
Ça m'intéresse. 1
Exprimer son intérêt.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 166
[Aux romanciers.] Prenez donc le speculum et allez voir de quoi il retourne sous les combles, c'est ça qui nous intéresse.
• 1967 La mariée était en noir, film de François Truffaut
L: — Est-ce que je vous choque ? A: — Non non, pas du tout, ça m'intéresse, continuez…
• 1975 L'argent de poche, film de François Truffaut
L: — Combien i't'donne pour faire ce boulot [=laver la voiture] ? A: — Trois francs. L: — Trois francs ? Ça m'intéresse. Si il veut faire laver les autres.
Ça t'intéresse ? 1
Demander au dest. si telle chose l'intéresse. Programmer un acte au bénéfice du dest.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 331
— […] J'ai trop négligé depuis quelque temps l'archange saint Michel, mon patron, et je
voudrais le dédommager en restant jusqu'à sa fête, le 29 septembre, à l'abbaye du Mont. — Ça vous
intéresse beaucoup, ces affaires-là ? » demanda Mme Verdurin, qui eût peut-être réussi à
faire taire son anticléricalisme blessé si elle n'avait craint qu'une excursion aussi longue ne fit
« lâcher » pendant quarante-huit heures le violoniste et le baron.
• 1974 Les valseuses, film de Bertrand Blier
L: — Un petit bas de laine de vieillard, ça vous intéresse [=à voler] ? A: — Faut voir…
• 1974 Les valseuses, film de Bertrand Blier
— Il y a un stock de papier-cul… Du Trèfle insonore, ouaté, ça t'intéresse ?
• 1979 Buffet froid, film de Bertrand Blier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 245, 1980]
ALPHONSE, Vous avez dîné ? L'ASSASSIN. Non... ALPHONSE. J'ai un restant de soupe... Ça vous intéresse ? L'ASSASSIN, Je dis pas non.
• 1987 L'ami de mon amie, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 367, 1987]
Léa: — Au fait, ça t'intéresse d'aller à Roland-Garros ? Blanche: — Ah oui, tu as un billet ?
• 1996 Chacun cherche son chat, film de Cédric Klapisch [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 482, 1999]
Chloé : — Ouais, dites, vous, ça vous intéresserait pas de
garder Grigri une semaine ? Concierge : — Non, c'est pas parce que j'ai
trois chats qu'il faut que je garde tous les chats du quartier !
inventer
— isolexes antaxes
Je ne l'ai pas inventé !
Déclarer sincère une assertion du loc.
• 1974 Vincent, François, Paul et les autres, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 154, 1974]
VINCENT : — Allo, allo... oui, oui,... hein, qu'est-ce que vous dites ? Ils n'ont pas annulé
sans raison... Bon je vais voir Becaru. ... Quoi, mais comment ça, ils n'ont pas répondu... mais si,
vous l'aviez dit. Enfin, c'est pas moi qui l'ai inventé !
Je ne peux pas inventer !
Déclarer forfait pour dire qch. de qch. Déclarer forfait pour répondre à une question partielle.
• 1986 Mélo, film de Alain Resnais [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 360, 1987]
Marcel : — Sur ma vie, je te jure que ce n'est pas vrai ! Pierre
: — Et il croit qu'il a raison de se taire, il croit qu'il est bon,
qu'il m'épargne de la peine. Ecoute-moi, Marcel... Marcel : — Je ne peux pas inventer !
jamais
— antisèmes synaxes
Je n'ai jamais dit ça !
Démentir une assertion prêtée au loc.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 349
« Adieu, mon petit Saniette, ne manquez pas de venir demain, vous savez que mon mari vous
aime beaucoup. Il aime votre esprit, votre intelligence ; mais si, vous le savez bien, il aime
prendre des airs brusques, mais il ne peut pas se passer de vous voir. C'est toujours la première
question qu'il me pose : "Est-ce que Saniette vient ? j'aime tant le voir !" — Je n'ai jamais dit
ça ! », dit M. Verdurin à Saniette avec une franchise simulée qui semblait concilier
parfaitement ce que disait la Patronne avec la façon dont il traitait Saniette. […] »
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 106
VOIX DU FACTEUR : — S'il n'est pas 1à, il n'est pas 1à. Vous
disiez qu'il restait tout le temps chez lui ! VOIX DE LA CONCIERGE : — J'ai jamais dit ça ! Passez-moi la dépêche, je la lui donnerai.
• 1963 Le doulos, film de Jean-Pierre Melville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 25, 1963]
Silien : — Je t'ai dit que j'avais les moyens de te dépanner. Maurice : — Tu es le deuxième,
en vingt-quatre heures ! … Non mais, vous croyez tous que je suis fini ? Silien : — Je ne t'ai
jamais dit que tu étais fini... Et, de toute façon, je ne te donnerai rien pour
rien.
• 1974 Stavisky, film de Alain Resnais [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 157, 1975]
ALEXANDRE : — J'ai des ennemis, c'est logique ! On ne peut pas réformer le système monétaire
européen sans se faire des ennemis ! PROFESSEUR PIERRE : — Les ennemis dont vous parlez, ce sont les
mêmes qui vous ont volé la Tour Eiffel ? ALEXANDRE : — Vousvoyez bien, Professeur ! Vous voulez me
faire croire que je suis fou... On m'a pas volé la Tour Eiffel, je n'ai jamais dit ça ! On
m'a volé un droit que j'ai payé très cher : le monopole de la publicité radiophonique au poste de la
Tour Eiffel !
• 1983 Vivement Dimanche, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 363, 1987]
Julien : — Pourquoi vous avez insulté ma femme ? Vous n'aviez pas à lui dire d'aller se faire cuire un œuf ! Barbara : — Je n'ai jamais dit ça !
• 1992 Un cœur en hiver, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 454, 1996]
Lachaume : — On n'est pas obligés de vivre vissés l'un à l'autre
! Madame Amet : — Je peux m'en aller, si tu veux, Louis ! tu resteras
tout seul ! Lachaume : — Qu'est-ce qui te prend ? J'ai jamais dit ça ! Tu recommences…
Je n'ai jamais dit autre chose !
Approuver une assertion.
• 1990 La campagne de Cicéron, film de Jacques Davila [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 403, 1991]
Nathalie : — Ecoute, on sait bien comment elle est. Ses défauts,
tout le monde les connait, c'est pas la peine de les décrire. C'est
quand même avant tout une femme bien ! Christian : — Je n'ai jamais dit autre chose !
laisser
— hétéranthropes antaxes
Si tu me laissais faire…
Critiquer le dest. pour un acte mal fait, un échec.
Si je te laissais faire…
Critiquer un acte envisagé du dest. pour ses conséquences.
— hétéranthropes hétéropragmes
Je te laisse.
Prendre congé.
• 1996 Y aura-t-il de la neige à Noël ?, film de Sandrine Veysset [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1997]
INSTITUEUR : — [Vos enfants] vous ont dit qu'il y avait la tombola de Noël, samedi après-midi
à l'école... Vous viendrez ? LA MÈRE : — Je ne pense pas. INSTITUTEUR : — Mais pourquoi ? On vous
voit jamais ! Faut sortir un peu ! La MERE : — On verra. Bon,je vous laisse. Il me manque
encore plein de choses et ça va bientôt fermer.
• 2001 Sous le sable, film de François Ozon [dialogues publiés par l'Arche, Paris, 2001]
MARIE : — Bon allez, je te laisse, il faut que j'y aille.
(|Allez / Allons |,) laisse-moi (maintenant) !
Donner congé au dest. désagréable. Critiquer le dest. de m'importuner.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 288
« Hé bien, enfin, ce n'est pas trop tôt, êtes-vous content, jeune gloire et bientôt jeune
chevalier de la Légion d'honneur ? Car bientôt vous pourrez montrer votre croix », dit M. de Charlus
à Morel d'un air tendre et triomphant […] « Laissez-moi, je vous défends de m'approcher, cria
Morel au baron. Vous ne devez pas être à votre coup d'essai, je ne suis pas le premier que vous
essayez de pervertir ! »
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 288
« Hé bien, enfin, ce n'est pas trop tôt, êtes-vous content, jeune gloire et bientôt jeune
chevalier de la Légion d'honneur ? Car bientôt vous pourrez montrer votre croix », dit M. de Charlus
à Morel d'un air tendre et triomphant […] « Laissez-moi, je vous défends de m'approcher, cria
Morel au baron. Vous ne devez pas être à votre coup d'essai, je ne suis pas le premier que vous
essayez de pervertir ! »
• 1943 Madame de …, film de Max Ophüls [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 352, 1986]
Femme de chambre : — Madame, les valises sont prêtes. Mais
pouvez-vous me dire pourquoi nous devons déjà partir ? Nous venons
d'arriver […] Louise : — Tu ne peux pas comprendre. Laisse-moi.
• 1972 La Maman et la putain, film de Jean Eustache [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1998]
Alexandre se met à courir pour la rejoindre. Il la rattrape dans la cour de l'hôpital. Il
lui prend le bras. VÉRONIKA : — Lâchez-moi. ALEXANDRE : — Qu'est-ce qui vous prend ? VÉRONIKA :
— Qu'est-ce que vous faites là? Laissez-moi. Elle le frappe avec son sac. Il veut la
retenir. Elle hurle. VÉRONIKA : — Vous me dégoûtez !
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 288
« Hé bien, enfin, ce n'est pas trop tôt, êtes-vous content, jeune gloire et bientôt jeune
chevalier de la Légion d'honneur ? Car bientôt vous pourrez montrer votre croix », dit M. de Charlus
à Morel d'un air tendre et triomphant […] « Laissez-moi, je vous défends de m'approcher, cria
Morel au baron. Vous ne devez pas être à votre coup d'essai, je ne suis pas le premier que vous
essayez de pervertir ! »
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 288
« Hé bien, enfin, ce n'est pas trop tôt, êtes-vous content, jeune gloire et bientôt jeune
chevalier de la Légion d'honneur ? Car bientôt vous pourrez montrer votre croix », dit M. de Charlus
à Morel d'un air tendre et triomphant […] « Laissez-moi, je vous défends de m'approcher, cria
Morel au baron. Vous ne devez pas être à votre coup d'essai, je ne suis pas le premier que vous
essayez de pervertir ! »
• 1943 Madame de …, film de Max Ophüls [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 352, 1986]
Femme de chambre : — Madame, les valises sont prêtes. Mais
pouvez-vous me dire pourquoi nous devons déjà partir ? Nous venons
d'arriver […] Louise : — Tu ne peux pas comprendre. Laisse-moi.
• 1972 La Maman et la putain, film de Jean Eustache [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1998]
Alexandre se met à courir pour la rejoindre. Il la rattrape dans la cour de l'hôpital. Il
lui prend le bras. VÉRONIKA : — Lâchez-moi. ALEXANDRE : — Qu'est-ce qui vous prend ? VÉRONIKA :
— Qu'est-ce que vous faites là? Laissez-moi. Elle le frappe avec son sac. Il veut la
retenir. Elle hurle. VÉRONIKA : — Vous me dégoûtez !
main
— paramorphes hétéropragmes
Haut la main !
Dire qu'un acte a été réalisé avec facilité.
Haut les mains !
Demander de mettre les mains en l'air, en menaçant d'une arme.
— parasèmes hétéropragmes
Qu'est-ce que tu as dans la main ?
Sens littéral.
Qu'est-ce que tu as dans les doigts ?
Critiquer le dest. pour un acte mal fait, un échec.
• 1996 Chacun cherche son chat, film de Cédric Klapisch [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 482, 1999]
[Déménagement, dans l'escalier.] — Mais je tourne... Donne-moi-le ... Aie ! mais fais attention à c'que tu fais merde ! T'as quoi dans les doigts, là ? Aide-le Pascal, aide-le... Voilà... Mais putain !
— paramorphes hétéropragmes
Les mains sur la table !
Demander au dest. de mettre les mains sur la table.
[Ça se fait] les doigts dans le nez !
Evaluer positivement comme facile à faire un acte.
— paramorphes antaxes
Tu veux que je te tienne la main ?
Sens littéral.
| Il faut / Tu veux | que je te tienne la main ?
Critiquer le dest. pour le manque de courage qu'il manifeste.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 128
« Hé bien, voyons, tu as peur parce qu'il y a un couloir, bougre de truffe, je te croyais moins empruntée. Faut-il que je te mène par la main ? »
mal
— isolexes hétéropragmes
Tu pourrais te faire mal.
Avertir le dest. d'un danger.
Tu pourrais te donner un peu de mal !
Critiquer le dest. de ne pas réagir.
• 1965 Viva Maria, film de Louis Malle [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 57, 1966]
[Diogène termine son numéro : aucun applaudissement] Mme Diogène
s'approche de l'oreille de son mari et lui parle tout bas. Sifflets et
hurlements de la salle. MADAME DIOGENE. Tu pourrais te donner un peu de mal, quand même !...
maladroit
— hétéranthropes hétéropragmes
Je suis maladroit.
Se donner une excuse.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 244
Aux reproches que je fis à Albertine quand Saint-Loup nous eut quittés, elle me répondit
qu'elle avait voulu, par sa froideur avec moi, effacer à tout hasard l'idée qu'il avait pu se faire
si […] il m'avait vu penché contre elle et mon bras passé autourde sa taille. […] « Votre attitude
n'effaçait rien du tout », dis-je à Albertine quand Saint-Loup nous eut quittés. « C'est vrai, me
dit-elle, j'ai été maladroite, je vous ai fait de la peine, j'en suis bien plus malheureuse
que vous. Vous verrez que jamais je ne serai plus comme cela ; pardonnez-moi », me dit-elle en me
tendant la main d'un air triste.
• 1977 La dentellière, film de Claude Goretta [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 267, 1981]
(François prend l'apéritif avec la mère de Pomme. Il renverse son verre). François. — Excusez-moi, je suis maladroit. La mère. — Cela n'est rien : ça se lave.
• 1983 Garçon !, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 320, 1984]
GLORIA : — Tu m'ôteras pas de l'idée qu'un homme qui a ton intelligence et tes capacités,
quand même... Victor aussi, avant, il n'était pas ce qu'il est et puis il a réagi, et maintenant si
je peux te faire entrer dans ses affaires, ça signifie pour toiplus d'argent, plus de
responsabilités, plus de liberté ! Le prêt-à-porter, c'est le prêt-à-porter, mais c'est tout de même
autre chose que de... ALEX [garçon dans un restaurant] : — Gloria, c'est peut-être autre chose, mais
ça ne m'intéresse pas. C'estça qu'il faut te dire ? GLORIA : — Je suis maladroite, je t'ai
fâché, excuse-moi.
Tu es maladroit !
Critiquer le dest. pour un acte mal fait, un échec.
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 142
BÉRENGER : — Allons, fermez bien maintenant… fermez à clef… (Édouard, un peu bousculé,
essaie vainement de fermer, avec une petite clef, la serrure de la serviette ; il s'arrête un peu
pour tousser.) A double tour !… Ce n'est pas le moment de tousser !(Édouard s'efforce de ne
pas tousser, tout en continuant son jeu.) Ah, là, là que vous êtes maladroit, vous n'avez
aucune force dans vos doigts.
• 1997 Marius et Jeannette, film de Robert Guédiguian [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 473, 1998]
[On tourne l'aïoli.] Dédé : — Il en met à côté ! Mais c'est pas vrai, tu es maladroit hein !
manger ; manquer
— paire minimale vraie
Je ne vais pas te manger !
Critiquer le dest. de se tenir à distance de moi.
• 1918 M. Proust, ALRDTP 2 , A l'ombre des jeunes filles en fleurs, p. 244
— […] Je pensais que vous alliez venir, je vous faisais des signes. je vous aurai présenté !
» dit-il en corrigeant par une légère ironie l'énormité de cette proposition, comme Assuérus quand
il dit à Esther : « Faut-il de mes États vous donner la moitié? » — « Non, non, non, non, nous
restons cachés, comme l'humble violette. — Mais vous avez tort, je vous le répète », répondit le
bâtonnier enhardi maintenant que le danger était passé. « Ils ne vous auraient pas mangés.
[…] »
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 67
De sa main libre, le duc me fit au moins à quarante mètres de distance mille signes d'appel
et d'amitié et qui avaient l'air de vouloir dire que je pouvais m'approcher sans crainte et que
je ne serais pas mangé tout cru à la place des sandwichs.
• 1935 La kermesse héroïque, film de Jacques Feyder [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 27, 1963]
SISKA (à Breughel, son amoureux.) — Eh bien qu'a dit mon père ? BREUGHEL, gêné. — Je ne lui
ai pas encore parlé. SISKCA, dure. — Vas-y ! BREUGHEL. — Quand ? SISKA. — Tout de suite. BREUGHEL. —
Où ? SISKA. — Dans son bureau. BREUGHEL. — Il est occupé. SISKA. — On frappe ! Entre ! Il ne te
mangera pas. Il faut vouloir dans la vie, Jean !
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 172
BÉRENGER : — Demandez-lui [le renseignement, à l'agent de police], demandez-lui donc, il ne vous mangera pas.
• 1987 L'ami de mon amie, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 367, 1987]
Léa: — C'est Fabien qui l'[billet pour Rolland-Garros] a eu par son club. Blanche: — Mais
lui, il ira ? Léa: — Oui. Ça t'ennuie ? Blanche: — Ben écoute les places sont numérotées, on va être
assis l'un à côté de l'autre. Léa: — Et alors ? il ne va pas te manger !
Je ne vais pas te manquer !
Menacer le dest.
— paramorphes hétéropragmes
Je ne vais pas te manger !
Critiquer le dest. de se tenir à distance de moi.
• 1918 M. Proust, ALRDTP 2 , A l'ombre des jeunes filles en fleurs, p. 244
— […] Je pensais que vous alliez venir, je vous faisais des signes. je vous aurai présenté !
» dit-il en corrigeant par une légère ironie l'énormité de cette proposition, comme Assuérus quand
il dit à Esther : « Faut-il de mes États vous donner la moitié? » — « Non, non, non, non, nous
restons cachés, comme l'humble violette. — Mais vous avez tort, je vous le répète », répondit le
bâtonnier enhardi maintenant que le danger était passé. « Ils ne vous auraient pas mangés.
[…] »
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 67
De sa main libre, le duc me fit au moins à quarante mètres de distance mille signes d'appel
et d'amitié et qui avaient l'air de vouloir dire que je pouvais m'approcher sans crainte et que
je ne serais pas mangé tout cru à la place des sandwichs.
• 1935 La kermesse héroïque, film de Jacques Feyder [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 27, 1963]
SISKA (à Breughel, son amoureux.) — Eh bien qu'a dit mon père ? BREUGHEL, gêné. — Je ne lui
ai pas encore parlé. SISKCA, dure. — Vas-y ! BREUGHEL. — Quand ? SISKA. — Tout de suite. BREUGHEL. —
Où ? SISKA. — Dans son bureau. BREUGHEL. — Il est occupé. SISKA. — On frappe ! Entre ! Il ne te
mangera pas. Il faut vouloir dans la vie, Jean !
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 172
BÉRENGER : — Demandez-lui [le renseignement, à l'agent de police], demandez-lui donc, il ne vous mangera pas.
• 1987 L'ami de mon amie, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 367, 1987]
Léa: — C'est Fabien qui l'[billet pour Rolland-Garros] a eu par son club. Blanche: — Mais
lui, il ira ? Léa: — Oui. Ça t'ennuie ? Blanche: — Ben écoute les places sont numérotées, on va être
assis l'un à côté de l'autre. Léa: — Et alors ? il ne va pas te manger !
Je ne vais pas (te) le manger !
Justifier de vouloir utiliser ou
d'utiliser qch. Critiquer le dest. de ne pas vouloir me laisser
utiliser qch.
• 1980 Diva, film de Jean-Jacques Beinex [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 408, 1991]
Alba (ouvrant le couvercle du Nagra) : — Comment ça marche ? Jules : — Eh ! Mais
qu'est-ce que tu fais ? Non, non, touche pas au matos, c'est sacré ! Non, non, faut pas toucher à ça
! Alba : — Oh, t'es pas maniaque mon vieux ! Je vais pas te le bouffer, ton Nagra
!
• 1982 Le beau mariage, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 294, 1982]
SABINE : — Si au moins il disait que je ne lui plais pas ! Mais non, il se dérobe, il ne dit
rien. Qu'il parle, enfin, qu'il parle ! Je n'ai jamais connu quelqu'un d'aussi lâche... Mais il a
peur de quoi ? Mais je voudrais bien savoir ! Mais je ne vaistout de même pas le
manger.
• 1982 Pauline à la plage, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 313, 1983]
Pierre: — Tu crois quand même pas que je vais te laisser avec
lui toute seule ! Henri: — Ben qu'est-ce qui t'arrive ? Je suis pas le
loup, je vais pas la manger !
marrant
— antisèmes synaxes
T'es marrant (, toi) !
Critiquer un acte du dest. Contester une assertion. Infirmer une question totale.
• 1973 Salut l'artiste, film de Yves Robert [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 147, 1974]
CLEMENT (lisant la carte postale) : — « Deux hommes et une femme dans un bateau ! Baisers. »
Et les signatures : Elisabeth, Rodrigue, Louis. NICOLAS : — Ils font du bateau ? Où ça ? CLEMENT : —
T'es marrant, j'en sais rien, moi ! NICOLAS : — Ben, tu l'as pas lue ? CLEMENT : — Ben si,
j'ai lue, mais j'en sais pas plus que toi.
• 1974 Vincent, François, Paul et les autres, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 154, 1974]
PIERRE : — Tu rigoles, mais les types, ceux qui sont déjà à soixante ou cent kilomètres de
leur travail, c'est pas une rigolade pour eux. En attendant qu'on les éjecte un peu plus loin…
FRANÇOIS : — C'est l'évolution urbaine, c'est inévitable. Il faut savoir s'adapter. PIERRE : —
S'adapter !... t'es très marrant, toi ! Il faut avoir les moyens de s'adapter.
• 1993 Je m'appelle Victor, film de Guy Jacques [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 426, 1993]
Basile : — Je croyais que tu viendrais plus. Cécile : — T'es marrant, toi. J'ai des trucs à faire !
• 1999 La fille sur le pont, film de Patrice Leconte [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 492, 2000]
Adèle : — On peut tuer quelqu'un avec ces trucs-là [des couteaux à lancer]. Gabor : — Mais on
peut tuer quelqu'un avec n'importe quoi, avec un cure-dents, ou un trombone : faut pas se fier aux
apparences. Adèle : — Faut pas se fier, vous êtes marrant,il fout quand même les jetons votre
matériel.
T'es pas marrant !
Critiquer le dest. pour son manque ou son excès de sérieux.
mauvais
— paramorphes hétéropragmes
Mauvaise langue !
Critiquer le dest. de médire, de calomnier un tiers.
• 1990 La campagne de Cicéron, film de Jacques Davila [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 403, 1991]
Françoise : — Elle chantait bien ? Charles-Henry : — C'est un grand mot. Elle avait un petit
brin de voix... seulement, c'était une salope, et les hommes, elle se les tapait tous. Ce qui fait
que sa voix, elle s'est envolée avec les orgasmes. Déjà que les chanteuses fragiles, enfin, les pas
trop grosses, ne gardent pas longtemps leur voix à cause des aigus... Oui, à chaque aigu, elles
jouissent. Elle, en plus des aigus, elle s'envoyait tous les ténors, tous les barytons, et surtout
les basses, qui ontune grosse réputation ! Hermance : — Qu'est-ce que tu racontes ? Charles-Henry :
— Ta carrière ! Hermance : — Ne l'écoutez pas. C'est une mauvaise langue !
Mauvaise pioche !
Constater qu'on a fait un mauvais choix.
même
— paramorphes hétéropragmes
Toi de même !
Retourner un compliment, un vœu du dest.
([Idiot]) toi-même !
Retourner une insulte.
merde
— antisèmes sympragmes
On est dans la merde !
Se plaindre de la situation.
On n'est pas dans la merde !
Se plaindre de la situation.
— hétéranthropes hétéropragmes
Dis-moi merde !
Demander au dest. de faire un vœu de succès pour le loc.
Dis-lui merde !
Demander au dest. de refuser qch. à un tiers. Demander au dest. de donner congé à un tiers.
mettre
— hétéranthropes antaxes
Si je m'y mets…
. Prédire que si le loc. réagit ce sera efficace.
Si tu t'y mets !…
Critiquer le dest. de se mettre à faire quelque chose.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 281
Il paraît qu'avant-hier, chez la duchesse d'Ayen, on n'a pas
parlé d'autre chose [que d'homosexualité] pendant deux heures. Vous
pensez, si maintenant les femmes se mettent à parler de ça, c'est un véritable scandale !
— isolexes hétéropragmes
Mettons.
Supposer qu'une assertion du dest. est vraie.
• 1989 La vie et rien d'autre, film de Bertrand Tavernier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 389, 1990]
Mercadot : — Deux cent mille [morts] de plus, deux cent mille de moins… Dellaplane : — Ah non
! non ! Mes chiffres sont sûrs ! On a escamoté deux cent mille morts ! Mercadot : — Mettons !
Et après ? L'humanité est entrée dans la fête finale, le bal dela mort et de la vie, la grande
apothéose ! Les survivants bouchent les trous et forniquent à couilles rabattues pour préparer la
prochaine !
Mettons que je n'ai rien dit.
Annuler un acte de parole du loc.
modeste
— antisèmes synaxes
Tu es modeste. 1
Critiquer le dest. pour la modestie qu'il manifeste.
Tu n'es pas modeste !
Critiquer le dest. pour son manque de modestie.
moquer (s'en)
— hétéranthropes antaxes
Je m'en moque (comme de l'an quarante).
Exprimer son indifférence.
• 1880 Zola, Nana, DCT1
Devant ce regard noir, où il lut une menace, le jeune homme céda
tout d'un coup, balbutiant des paroles confuses : — Faites, après tout,
je m'en moque, … Ah ! Vous abusez… Vous verrez, vous verrez…
• 1921 M. Proust, ALRDTP 3, Le côté de Guermantes, p. 201
- Dis-moi, reprit Bloch en me parlant tout bas, quelle fortune peut avoir Saint-Loup? Tu
comprends bien que si je te demande cela, je m'en moque comme de l'an quarante, mais c'est au
point de vue balzacien, tu comprends. Et tu ne sais même pas en quoic'est placé, s'il a des valeurs
françaises, étrangères, des terres ?
• 1938 R. Queneau, Les enfants du limon, p. 284
— Je suis quelque peu inquiet sur l'état de santé mentale de votre oncle. — Je m'en
moque. — Vous ne le trouvez pas un peu drôle, votre oncle? — Que voulez-vous que cela me fasse
? — Ma chère Agnès. ./. Il la prit de nouveau dans ses bras et l'embrassa.
• 1942 Les visiteurs du soir, film de Marcel Carné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 13, 1962]
GILLES. — Mais pourriez-vous me dire où nous sommes ? A qui appartient ce château ? A vous,
peut-être ? D'ailleurs, peu m'importe, je ne tiens pas à vous connaître, vous avez une façon de
sourire que je n'aime pas. Et tout ceci n'a d'ailleurs pas d'importance. Je ne sais pas qui je suis,
d'où je viens et pourquoi je suis ici, mais je m'en moque éperdument. Je marche. J'ai envie
de rire. Je suis vivant. Il y a du soleil. La vie est belle, pourquoi en demander davantage
?
• 1946 Un revenant, film de Christian-Jaque [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 399, 1991]
Jérôme (à son fils.) — Pour conserver la considération des gens, il faut toujours avoir du
sens moral ! François. — Oui, eh bien les gens, moi, je m'en moque ! Quant aux affaires, rien
ne dit que je prendrai ta suite… La soie, moi, je trouve ça triste!
• 1965 Belphégor 1, film de Claude Barma
A: — J'ai tant d'autres choses à vous vendre. B: — Mais je m'en moque.
Tu t'en moques. 2
Conseiller une non réaction.
mourir ; tuer
— parasèmes hétéropragmes
Je suis mort !
Dire qu'on est très fatigué.
• 1961 Amélie ou le temps d'aimer, film de Michel Drach [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 9, 1961]
Tu me tues !
Critiquer un acte du dest. qui dure, se répète, pour ses conséquences sur le loc.
• 1913 M. Proust, ALRDTP 1, Du côté de chez Swann, p. 344
— […] Il y a combien de temps? — Oh! Charles, mais tu ne vois pas que tu me tues ! c'est tout ce qu'il y a de plus ancien. Je n'y avais jamais repensé. On dirait que tu veux absolument me redonner ces idées-là.
• 1921 M. Proust, ALRDTP 3, Le côté de Guermantes, p. 164
[…] pour amuser la jeune femme […] il [un danseur] se mit à refaire le mouvement de ses
paumes, en se contrefaisant lui-même avec une finesse de pasticheur et une bonne humeur d'enfant.
"Oh ! c'est trop gentil, ce coup de s'imiter soi-même, s'écria-t-elle en battant des mains. — Je
t'en supplie, mon petit, lui dit Saint-Loup d'une voix désolée, ne te donne pas en spectacle comme
cela, tu me tues, je te jure que si tu dis un mot de plus, je ne t'accompagne pas à ta loge,
et je m'en vais […]
• 1991 Conte d'hiver, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 415, 1992]
Félicie : — Pourquoi ai-je la certitude que j'aime Charles, comment puis-je en être
absolument sûre ? Quand je l'ai rencontré, j'ai eu l'impression de quelque chose de déjà connu.
Alors comment tu expliques ça, sinon parce que nous nous sommes déjà vus dans une vie antérieure ?
Loïc : — Arrête, Félicie, tu me tues !
— parasèmes hétéropragmes
Je suis mort !
Dire qu'on est très fatigué.
• 1961 Amélie ou le temps d'aimer, film de Michel Drach [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 9, 1961]
Je n'existe | pas / plus |.
Critiquer autrui de ne pas s'intéresser à moi.
• 1999 Rien sur Robert, film de Pascal Bonitzer [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1999]
LA MÈRE : — C'est qui, Arthur ? ARTHUR: — C'est Didier, maman. MADAME TEMPLE : — Ah, tout de
même. […] MADAME TEMPLE: — Tout de même, tout de même ! DIDIER: — Quoi, tout de même ? MADAME TEMPLE
: — Je me disais, quand est-ce que je le verrai ? Tu rends visite à ton frère, mais nous, on
n'existe plus. Qu'est-ce qu'on t'a fait, est-ce que c'est si terrible pour toi de venir nous
voir de temps en temps ?
mot
— hétéranthropes antaxes
[On dit que tout est génétique], mais je n'en pense pas un mot.
Contester une assertion.
Tu n'en penses pas un mot !
.
— isolexes hétéropragmes
J'ai un mot à te dire.
Prendre l'initiative d'une conversation avec une connaissance.
• 1930 Sous les toits de Paris, film de René Clair [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 282, 1982]
FRED [rival d'Albert]. J'ai deux mots à dire à ton ami, heu... le chanteur. BILL. Albert ? FRED. Oui. Tu sais où il demeure ? BILL. Oui. FRED. Bon, viens par là.
• 1938 Hôtel du nord, film de Marcel Carné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 375, 1988]
Edmond : — Sors ! j'ai un mot à te dire [=bagarre]. Lecouvreur : — Allez! pas d'histoires ici.
J'ai deux mots à te dire. [Tu as vu ce que tu as fait ? !].
Introduire un acte de critique visant le dest.
— antisèmes synaxes
C'est le mot.
Evaluer positivement une formulation.
• 1954 E. Ionesco, La Cantatrice chauve, Folio, 1954, p. 67
M. Smith : — Hum… hum… vous êtes attendrissants, tous les deux, mais aussi un peu… un peu… M. Martin : — Oui, c'est bien le mot. M. Smith : — Un peu trop voyants.
• 1959 R. Queneau, Zazie dans le métro, p. 221
[…] tout ce qu'elle voulait, c'est voir danser Gabriella. Gabriella… marant… positivement marant. — C'est le mot, dit Fédor Balanovitch.
• 1966 E. Ionesco, La soif et la faim, Gallimard, p. 106
Ce domaine est le plus beau du monde. Un site sublime. C'est le mot qui convient.
• 1966 E. Ionesco, La soif et la faim, Gallimard, p. 124
Jean : — Je comprends : vous tenez une auberge à l'ancienne mode ; un relais pour voyageurs.
Frère Tarabas : — Si vous voulez, oui, un relais pour voyageurs. Vous pouvez appeler cette maison
l'auberge, c'est le mot juste. Vous n'avez pas vu l'enseigne, dehors ?
• 1968 Je t'aime, je t'aime, film de Alain Resnais [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 92, 20 ]
Wiana — Si tu veux, tu peux passer la nuit ici. Ridder — Non, non, je rentrerai. Tu n'as pas
trop sommeil ? Wiana — Parce qu'elle serait triste de ne pas te voir rentrer ? Ridder — Triste ?
C'est le mot. Malheureusement, elle n'en connaît pas d'autre.Elle est triste quand je ne suis
pas là, quand je suis là, quand elle dort, quand elle se réveille, quand elle rit.
• 1980 Une semaine de vacances, film de Bertrand Tavernier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 254, 1980]
(À propos d'une bonne copie d'élève.) LAURENCE. Ses parents doivent être de gauche, faut pas
chercher plus loin. C'est banal. De notre bord, mais carrément banal. ANNE. Ben dis donc. c'est vrai
que c'est la déprime… LAURENCE. Ah, y'a de quoi ! Plus tu leur donnes l'occasion de s'exprimer plus
c'est nul. Faut bien dire le mot : c'est nul !
• 1992 L'arbre, le maire et la médiathèque, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 430, 1994]
Etudiant : — On force les agriculteurs à irriguer surabondamment, d'une façon excessive et
complètement folle, complètement loufdingue, je crois, c'est le mot, et bref les agriculteurs
investissent des sommes considérables, je veux dire.
Ce | n'est / sont | pas des mots.
Déclarer sincère un acte du loc.
• 1991 Conte d'hiver, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 415, 1992]
Maxence : — Tu as vu quoi ? Félicie : — Eh bien ce que je t'ai dit, que je ne devais pas me
lier avec quelqu'un que je n'aime pas à la folie. Pour toi, ça, c'est des mots, mais pour moi,
c'est pas des mots. Je ne te dis pas "j'ai compris", je te dis :"j'ai vu". Y a pas à
discuter, c'est comme ça.
• 1991 Conte d'hiver, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 415, 1992]
Maxence : — Tu as vu quoi ? Félicie : — Eh bien ce que je t'ai dit, que je ne devais pas me
lier avec quelqu'un que je n'aime pas à la folie. Pour toi, ça, c'est des mots, mais pour
moi, c'est pas des mots. Je ne te dis pas "j'ai compris", je te dis :"j'ai vu". Y a pas à discuter,
c'est comme ça.
nouvelle
— isolexes hétéropragmes
Tu as des nouvelles ?
Demander des nouvelles au dest.
Tu | connais / sais | la nouvelle ? [Luc est venu] !
Introduire une information.
• 1981 Neige, film de Juliet Berto et Jean-Henri Roger [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 422, 1993]
Willy : — Salut ! Anita : — C'est pour boire ou pour draguer ? Willy : — Non, non faut quj'te parle, t'es au courant ? Tu sais la nouvelle ? Anita : — Ça dépend laquelle. Willy : — Bon, allez viens.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Fj23
(460)(MO41)Fj23 : — et puis le samedi/ bon/ mon oncle il a fallu qu'il aille: chez lui avec
ma mère/ alors ils y sont allés/ et puis euh… y a/ ma mère/ elle revient chez moi/ toute: patraque/
elle était toute blanche/ mon oncle lui il avait les larmes aux yeux/ puis ils m'ont dit: <vous
connaissez pas la bonne nouvelle?> parce qu'il
s'appelait Francis / ça ça ça nous a surpris/ là ça nous avait choqués/ parce
qu'on le voit le vendredi// il était "bien/ EF(Fj23) : — mm (461)(MO42)Fj23 : — il était normal et
puis le samedi matin il mourait/ alors ça c'est choquant aussi
• 1981 Neige, film de Juliet Berto et Jean-Henri Roger [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 422, 1993]
Willy : — Salut ! Anita : — C'est pour boire ou pour draguer ? Willy : — Non, non faut quj'te parle, t'es au courant ? Tu sais la nouvelle ? Anita : — Ça dépend laquelle. Willy : — Bon, allez viens.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Fj23
(460)(MO41)Fj23 : — et puis le samedi/ bon/ mon oncle il a fallu qu'il aille: chez lui avec
ma mère/ alors ils y sont allés/ et puis euh… y a/ ma mère/ elle revient chez moi/ toute: patraque/
elle était toute blanche/ mon oncle lui il avait les larmes aux yeux/ puis ils m'ont dit: <vous
connaissez pas la bonne nouvelle?> parce qu'il
s'appelait Francis / ça ça ça nous a surpris/ là ça nous avait choqués/ parce
qu'on le voit le vendredi// il était "bien/ EF(Fj23) : — mm (461)(MO42)Fj23 : — il était normal et
puis le samedi matin il mourait/ alors ça c'est choquant aussi
opinion
— hétéranthropes antaxes
[Luc est coupable]. C'est mon opinion (et je la partage $(plais.)@).
Donner son opinion thétique,
programmative ou évaluative. Faire l'hp. qu'un état de choses est vrai.
C'est ton opinion (, ce n'est pas la mienne).
Se distancier de l'opinion du dest.
parler
— hétéranthropes synaxes
Je parle pour ne rien dire.
Critiquer autrui de ne pas tenir compte de ce que je dis.
• 1975 Emile Ajar (Romain Gary), La vie devant soi, 1975 (Folio 1362), p. 250
— Je vais téléphoner à l'hôpital, dit le docteur Katz définitivement. Je demande
immédiatement une ambulance. Son [=Mme Rosa] état l'exige. Il lui faut des soins constants. ./. Je
[=Momo : il ne veut pas que Mme Rosa aille à l'hôpital] me suis mis à chialer mais je voyais bien
que je parlais pour ne rien dire.
Tu parles pour ne rien dire.
Critiquer un acte de parole du dest. inutile.
• 1935 La kermesse héroïque, film de Jacques Feyder [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 27, 1963]
(Assemblée des femmes.) LE BOURGMESTRE. — Ne dirait-on pas d'ici une basse-cour avant l’orage
? LE BOULANGER. — Les femmes parlent pour ne rien dire. LE BOURGMESTRE. — Dieu veuille que
nous n’ayons pas à en pâtir. LE BOURGMESTRE. — Il faudrait rabattrele caquet à ces péronnelles
!
• 1942 Les visiteurs du soir, film de Marcel Carné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 13, 1962]
GILLES, très faux. — Anne, mon amour, mon grand amour. Anne, vous êtes belle comme le jour,
je vous aime à la folie. Donnez-moi vos lèvres ! ANNE, se débattant. — Laissez-moi, laissez-moi,
vous n'êtes pas Gilles ! GILLES, suffoqué. — Comment ? ANNE. — Non, vous n'êtes pas Gilles. Vous
ressemblez à Gilles, vous avez pris la voix de Gilles, mais Gilles ne dirait pas les choses que vous
dites : "Je vous aime à la folie, donnez-moi vos lèvres". A quoi cela ressemble-t-il ? Vous
parlez pour ne rien dire.
• 1943 Goupi-mains rouges, film de Jacques Becker [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 204, 1978]
(La vache a vêlé.) LA LOI. — Il ne demande qu'à vivre le veau. DICTON. — C'est beau la vie. TISANE. — Au lieu de parler pour ne rien dire, vous feriez mieux de changer la litière.
— antisèmes sympragmes
Parlons-en !
Evaluer négativement ce dont parle le dest.
• 1985 Escalier C, film de Jean-Charles Tacchella [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 344, 1985]
Virgile : — T'es une sardine, t'es faite pour vivre en boîte ! Moi, j'ai le sens des grands espaces ! Béatrice : — Parlons-en ! Tu ne sors jamais de ton trou !
N'en parlons pas.
Evaluer négativement ce dont on parle.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 7, Le Temps retrouvé, p. 149
Robert m'avait souvent dit avec tristesse, bien avant la guerre : « Oh ! ma vie, n'en parlons pas, je suis un homme condamné d'avance. »
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 343
Sicelli est le seul capable de dénicher une somme quelconque dans les plus brefs délais.
Brandès, n'en parlons pas. Avant qu'il ait débattu du pour et du contre et de l'opportunité
de demander de l'argent à sa folle, j'aurai eu dix fois le temps de tomber d'inanition.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Hr11
(12)(AL6)Hr11 : — xx pour d'aujourd'hui... vous prenez un saucisson/ EF(Hr11) : — oui
(13)(AL7)Hr11 : — dites moi ce qui y a dedans?... EF(Hr11) : — ... m (14)(AL8)Hr11 : — la/ tout
tout ce que les: c'est ça/ vous prenez: il faut que vraiment et alors du prix n'en parlons
pas/ si on veut manger par exemple euh: un un petit saucisson le cadre il peut manger par
exemple/ un un petit beefsteack/
— hétéranthropes synaxes
Je ne sais pas de quoi tu parles.
Dire qu'on ne comprend pas le $quoi@ d'un acte de parole du dest. Demander au dest. d'expliquer.
Tu ne sais (même) pas de quoi tu parles.
Critiquer le dest. de parler d'un sujet qu'il ne connaît pas.
• 1975 Emile Ajar (Romain Gary), La vie devant soi, 1975 (Folio 1362), p. 234
— Dites, est-ce que vous ne pourriez pas l'avorter [=euthanasie], docteur, entre Juifs ? […]
— Non, mon petit Momo, on ne peut pas faire ça. L'euthanasie est sévèrement interdite par la loi.
Nous sommes dans un pays civilisé, ici. Tu ne sais pas de quoitu parles.
parole
— paramorphes hétéropragmes
Je te donne la parole.
Donner la parole.
Je te donne ma parole (d'honneur) (que [je ne savais pas]) !
Jurer qu'une assertion du loc. est vraie. S'engager à (ne pas) faire un acte.
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 201
BÉRENGER [au Tueur] : — Je vous donne ma parole d'honneur que les saints versent des larmes pour vous, des torrents, des océans de larmes.
— paramorphes hétéropragmes
Tu as la parole.
Donner la parole.
[Je ne savais pas], tu as ma parole !
Jurer qu'une assertion du loc. est vraie. S'engager à (ne pas) faire un acte.
• 1976 La Marquise d'O, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 174, 1976]
GENERAL : — Sur votre parole, vous êtes libre d'aller où vous voulez. PERE : — Vous avez ma parole.
pas, adv.
— paramorphes hétéropragmes
Pas de chance !
Dire que ce qui arrive est un coup de malchance.
• 1986 Le paltoquet, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 353, 1986]
Commissaire : — A partir de là, tout va très vite. On fait
disparaître les papiers du mort, il faut que la police commence par
patauger un peu... Pas de chance, j'adore patauger.
Pas de boniment !
Accuser le dest. d'être insincère.
• 1935 La Bandera, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 286, 1982]
Gilieth [à qui on a volé son portefeuille]: — Allez, rendez ça tout de suite… Siméon: — Quoi
qu'est-ce que tu veux dire ? Gorlier… — En voilà des manières ! Gilieth: — Allez, pas de
boniment… J'ai compris, rendez-moi mon portefeuille !
— paramorphes hétéropragmes
Pas de problème.
Dire que qch. n'est pas cause de difficultés. Accepter qu'un acte soit réalisé.
• 1980 Le dernier métro, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 304, 1983]
MERLIN : — Voilà ce que vous m'avez demandé, Madame Steiner. J’ai vérifié le compte y est.
(Il lui tend une grosse liasse de billets) Mais si vous en avez besoin autant chaque mois, ça
sera difficile. MARION : — Mais qui vous parle de chaque mois, c'est tout à fait exceptionnel.
MERLIN : — Ah bon, dans ce cas-là, pas de problème.
• 1985 Trois hommes et un couffin, film de Coline Serreau [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 357, 1987]
Pierre (au téléphone): — Oui, oui, j'ai compris : quelqu'un dépose un paquet dimanche et vient le reprendre jeudi. Pas de problème.
• 1993 Pétain, film de Jean Marbœuf [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 425, 1993]
Peyrouton : — Il faut boucler Déat en premier. Alibert : — Le boucler à Paris ? Peyrouton : —
Pas de problème : si Vichy a un représentant sur place, c'est pour l'utiliser. Je l'ai
prévenu à tout hasard. Il fera interpeller Déat dès qu'il aura reçu lesignal.
• 1996 Conte d'été, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 456, 1996]
Alain : — Bon on va se coucher, nous, bonsoir. Vous saurez vous
débrouiller ? Tu connais la maison, Solène ? Solène : — Mumm, mumm, pas de problème.
• 1996 Conte d'été, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 456, 1996]
Gaspard : — Aujourd'hui c'est moi qui pourrai pas venir. Margot : — [Tu seras avec] Léna !...
Alors tu vois que tu n'avais pas de raisons de désespérer. Mais qu'est-ce que tu vas faire avec
l'autre [Solène] ? Gaspard : — Pas de problème. Et tant mieuxque je ne me sois pas trop
engagé avec elle, et même pas engagé du tout.
• 1997 Vive la République !, film de Eric Rochant [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 471, 1998]
Corinne : — Je veux pouvoir venir [voir ma fille] quand je veux. Henri : — Pas de problème.
• 2000 Ressources humaines, film de Laurent Cantet [dialogues publiés par Arte Editions / Editions 00h00.com, coll. Scénars, Paris, 2000]
LE PATRON : — Ce qui serait intéressant pour la réunion « cadres
» de lundi c'est que tu me prépares une petite note de synthèse de
façon à ce que je puisse présenter un premier bilan. FRANK : — Entendu.
Pas de problème.
(Allez,) pas d'histoires ! 1
Insister sur la programmation d'un acte
au bénéfice du dest. Critiquer le dest. de faire des manières.
• 1954 E. Ionesco, Victimes du devoir, Folio p. 93
CHOUBERT : — C'est très dur [=manger de l'écorce de chêne] ! LE POLICIER : — Allons, pas d'histoires, pas de grimaces, vite, mastique !
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 103
LA CONClERGE : — Tu salis les carreaux ! C'est mon locataire !
C'est moi qui les nettoie. LE CLOCHARD : — Oh ! pardon, Madame. Je ne
savais pas. Faut pas vous fâcher. LA CONCIERGE : — Allez, va-t'en, pas d'histoires !
• 1977 Le pays bleu, film de Jean-Charles Tacchella [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 279, 1981]
MANON : — Dans ces conditions, je préfère rentrer à pied. Je
veux vivre ma vie. Laissez-moi. […] Non, laissez-moi, je rentre à pied.
ARMAND : — Allez, pas d'histoires, vous en avez assez fait comme ça.
passer
— paramorphes antaxes
Je m'en passerai.
Dire qu'on agira sans qch. de val. pos.
• 1913 M. Proust, ALRDTP 1, Du côté de chez Swann, p. 322
— Je ne sais pas ce que me doit le chapitre, mais je sais que je suis tapée de cent francs tous les ans par le curé, ce dont je me passerais.
• 1967 N. Sarraute, Le mensonge, Théâtre, p. 145
ROBERT : — Ma petite Simone, moi à votre place, je serais flattée: c'est ce qu'on appelle rendre un homme fou. SIMONE : — Je m'en passerais.
Je m'en passerais.
Exprimer son déplaisir causé par qch. d'effectif.
• 1913 M. Proust, ALRDTP 1, Du côté de chez Swann, p. 322
— Je ne sais pas ce que me doit le chapitre, mais je sais que je suis tapée de cent francs tous les ans par le curé, ce dont je me passerais.
• 1967 N. Sarraute, Le mensonge, Théâtre, p. 145
ROBERT : — Ma petite Simone, moi à votre place, je serais flattée: c'est ce qu'on appelle rendre un homme fou. SIMONE : — Je m'en passerais.
peau
— isolexes hétéropragmes
Je t'ai dans la peau !
Déclarer son désir sexuel pour le dest.
J'aurai ta peau !
Menacer de mort le dest.
penser
— paramorphes synantaxes
Je sais à quoi tu penses.
Dire qu'on a compris à quoi le dest. fait allusion.
Je sais ce que tu penses.
Contester une opinion tacite du dest. dont le contenu est de val. nég.
— paramorphes antaxes
Tu penses ! 2
Contester une assertion. Infirmer unequestion totale positive.
• 1982 Le beau mariage, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 294, 1982]
LA MERE : — Et... ton peintre... ? Il ne pourrait pas t'aider ? SABINE : — Simon ? Tu penses ! A part sa peinture, il ne connaît rien...
• 1996 Y aura-t-il de la neige à Noël ?, film de Sandrine Veysset [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1997]
LE PÈRE (avec tendresse) : — Quelle chipie ! T'en a mis du temps pour plus faire la gueule.
LA MÈRE : — T'es gonflé toi, on peut pas dire que je suis rancunière, avec tout ce que tu me fais
voir... LE PÈRE : — De quoi tu te plains ! T'es heureuse, ici. La MERE : — Tu penses ! je
suis toujours seule.
Penses-tu !
Contester une assertion. Infirmer une question totale.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 219
[…] la tante d'Albertine qui passait devant l'hôtel en voiture, s'était arrêtéee à tout
hasard pour voir si elle n'y était pas et la ramener. Albertine fit répondre qu'elle ne pouvait pas
descendre, qu'on dînât sans l'attendre, qu'elle ne savait pas à quelle heure elle rentrerait. « Mais
votre tante sera fâchée ? — Pensez-vous ! Elle comprendra très bien. »
• 1944 Le ciel est à vous, film de Jean Grémillon [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 277, 1981]
[Déménagement.] Claude (il se retourne) — Oh, et la toise … on l'oubliait… Pierre — Penses-tu ! Comme si j'allais oublier ça !
• 1954 E. Ionesco, Victimes du devoir, Folio p. 69
LE POLICIER : — Dans les Andes, voyons, dans les Andes, y es-tu allé ? MADELEINE, au Policier : — Jamais, Monsieur, pensez-vous…
• 1961 Ce soir ou jamais, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 9, 1961]
MARTINE : — Valérie pleurait, tu sais. LAURENT : — Penses-tu ! Elle a dû se mettre du rimmel dans l'œil.
• 1974 Vincent, François, Paul et les autres, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 154, 1974]
MARCO : — J'ai amené ma sœur, ça vous dérange pas ? PAUL : — Non, non, penses-tu, au contraire.
• 1979 Il y a longtemps que je t'aime, film de Jean-Charles Tacchella [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 237, 1979]
(Les ex.) FRANÇOIS : — Il est plutôt sympa, ton gars. Il est jeune... Qu'est-ce qu'il
fout dans la vie ? BRIGITTE : — Chimiste. Il travaille dans une fabrique de produits de beauté. Sa
passion, c'est le cinéma. FRANÇOIS : — Tu l'emmènes aux Canaries ?BRIGITTE (elle rit) : —
Penses-tu !
• 1989 La vie et rien d'autre, film de Bertrand Tavernier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 389, 1990]
Dellaplane : — Je vous ramène à la préfecture ? Mercadot : — Oh non non non. Pensez-vous ! Je suis de commission aux Beaux-Arts à Verdun.
• 1994 Le fils préféré, film de Nicole Garcia [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 452, 1996]
[Téléphone.] Jean-Paul : — Francis, c'est Jean-Paul. Je ne te réveille pas ? Voix de Francis : — Penses-tu.
— hétéranthropes synantaxes
Je pense ! 1
Reprocher au dest. de me distraire alors que je réfléchis.
Tu penses ! 2
Contester une assertion. Infirmer unequestion totale positive.
• 1982 Le beau mariage, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 294, 1982]
LA MERE : — Et... ton peintre... ? Il ne pourrait pas t'aider ? SABINE : — Simon ? Tu penses ! A part sa peinture, il ne connaît rien...
• 1996 Y aura-t-il de la neige à Noël ?, film de Sandrine Veysset [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1997]
LE PÈRE (avec tendresse) : — Quelle chipie ! T'en a mis du temps pour plus faire la gueule.
LA MÈRE : — T'es gonflé toi, on peut pas dire que je suis rancunière, avec tout ce que tu me fais
voir... LE PÈRE : — De quoi tu te plains ! T'es heureuse, ici. La MERE : — Tu penses ! je
suis toujours seule.
perdre
— hétéranthropes hétéropragmes
J'ai perdu la tête.
Expliquer le $pourquoi@ d'un acte de val. nég. du loc. Se donner une excuse pour un acte.
• 1978 N. Sarraute, Pour un oui ou pour un non, p. 24
H. 1 : — Nous étions cinq: nous deux, deux copains et un guide. On était en train de
redescendre... Et tout à coup, tu t'es arrêté. Tu as stoppé toute la cordée. Et tu as dit, sur un
ton...: « Si on s'arrêtait un instant pour regarder ? Ça en vaut tout de même la peine... » H. 2 : —
J'ai dit ça ? J'ai osé ? H. 1 : — Oui. Et tout le monde a été obligé de s'arrêter... Nous étions là,
à attendre... piétinant et piaffant... pendant que tu « contemplais »... H. 2 : — Devant vous ?
Il fallait que j'aie perdula tête...
Tu as perdu la tête ?
Critiquer le dest.
• 2002 Huit femmes, film de François Ozon [dialogues publiés par les Editions de La Martinière, Paris, 2002]
MAMY. — Ah! Mais quelle bande de voleurs! Au voleur! Elle hurle. — À l'assassin ! Au voleur !
GABY. — Mais enfin maman, qu'est-ce qui t'arrive ? Tu as perdu la tête ! MAMY. — Pas la tête,
non ! SUZON. — Mamy vient de m'apprendre qu'on lui a volé ses titres, il y a deux
jours...
• 2002 Huit femmes, film de François Ozon [dialogues publiés par les Editions de La Martinière, Paris, 2002]
AUGUSTINE. — Mais tu sais bien, elle t'a accusée d'avoir assassiné papa. AUGUSTINE. — Mais
pourquoi ça te fait rire, ta fille ose te dire des horreurs et… MAMY. — Mais ce ne sont pas des
horreurs, ma chérie, c'est la vérité. AUGUSTINE. — Qu'est-ce que turacontes ? Tu as perdu la tête
! Pourquoi est-ce que tu aurais tué papa ?
peur
— hétéranthropes antaxes
Je n'ai peur de rien.
Sens littéral.
Tu n'as peur de rien ! 1
Féliciter le dest. pour le courage qu'il manifeste.
plaisanter
— hétéranthropes antaxes
Je plaisante.
Déclarer comme plaisanterie un acte du loc.
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
FRANÇOISE. Monsieur Meyerboom, et bien, voilà ! il voudrait qu'à
la signature du contrat. […] il voudrait que vous lui donniez aussi
votre voiture. MEYERBOOM. Tu veux ma voiture ? IRÉNÉE. Mais non, elle plaisante !
• 1942 Les visiteurs du soir, film de Marcel Carné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 13, 1962]
RENAUD. — Quel jeu jouez-vous, Dominique ? DOMINIQUE. — Que voulez-vous dire, Renaud ?
RENAUD. — Il était à vos pieds et vous baisait les mains... DOMINIQUE. — Croyez-vous que je ne
mérite pas un tel hommage ? les femmes aiment plaire. Où est le mal ? RENAUD, presque menaçant. —
Dominique !... DOMINIQUE. — Voyons, Renaud, je plaisante... Le baron Hugues avait des
soupçons, il m'a questionnée, j'ai répondu, c'est tout.
• 1943 Madame de …, film de Max Ophüls [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 352, 1986]
M. de : — C'est peut-être mieux ainsi mais vous ne saurez jamais
à quel point j'ai de la peine. Lola : — Heureusement. Si je le savais,
je ne voudrais peut-être plus partir. Oh, rassure-toi, je plaisante.
• 1972 La Maman et la putain, film de Jean Eustache [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1998]
ALEXANDRE : — Et si je faisais opposition à votre mariage. GILBERTE : — Que peux-tu faire ?
ALEXANDRE : — Je ne sais pas. Venir à la mairie. Dire: « Je ne suis pas d'accord. Je ne suis pas
d'accord avec ce mariage. » En pleine cérémonie. Ça ferait de l'effet. GILBERTE : — Tu n'as aucune
raison. ALEXANDRE : — Si. Je t'aime. Et tu m'aimes. GIILBERTE : — Ce n'est pas valable. ALEXANDRE :
— Je sais bien. Mais à ce moment-là tu comprendrais peut-être que c'est moi que tu dois épouser. Tu
ne crois pas ? GILBERTE : — Non. ALEXANDRE : De toute façon je plaisante.
• 1984 Entretiens FRA80, Crédif : Fa17
EF(Fa17) : — oui oui non xxx voilà on a fini regardez dans quel état que vous m'avez mis mon
fil! xx (en riant) (514)Fa17 : — oh c'est à vous! oh! (rire) EF(Fa17) : — je me disais... quelle
nervosité! (en riant) (515)Fa17 : — oh excusez-moi (rire) EF(Fa17) : — c'est pas grave (???)
c'était pas pénible finalement ? je me demande si c'était pas pénible cet entretien!? si? (516)Fa17
: — (rire) ben non EF(Fa17) : — vous avez vu le fil comme (en riant)'est pas grave/ je je
plaisante.
• 1990 La discrète, film de Jean-Pierre Vincent et Christian Ronsin [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 402, 1991]
Antoine: — C'est là que je travaille [=un café]… […] Oui, sur le
coup de midi, quand il y a un coup de feu, je leur donne un coup de
main en extra… Mais non, je plaisante, je vous fais marcher…
• 1993 Pétain, film de Jean Marbœuf [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 425, 1993]
Laval : — Boudit… Si on doit faire toute la guerre à reculons,
il serait peut-être urgent de changer ce vieux tacot. Baudot : — Oui
Monsieur Pierre. Laval : — Je plaisante… Mais c'est navrant qu'on en soit là.
• 1996 Chacun cherche son chat, film de Cédric Klapisch [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 482, 1999]
Carlos : — Mais laisse-la la demoiselle, elle est pas pour toi, Djamel ! Chloé : — Bon, ça
va, de quoi je me mêle ? Qu'est-ce que vous en savez qu'il est pas pour moi ? Carlos (à Djamel) : —
J'sais pas euh... T'as qu'à l'embrasser ! Chloé (à Djamel) : —Bon, viens on s'en va... Carlos : —
Mademoiselle, on plaisante !
• 1996 Conte d'été, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 456, 1996]
Margot : — Ne sois pas cynique, ça ne te va pas. Gaspard : — Mais, je plaisante !
• 1997 Marius et Jeannette, film de Robert Guédiguian [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 473, 1998]
Caroline : — Meffi. S'il aime pas l'ail [ton fiancé], il aime pas vraiment les femmes. Magali
: — Et qu'est-ce que ça a à voir ? Jeannette : — Oh, Magali ! Arrête d'être sérieuse ! C'est moi qui
t'ai élevée comme ça ?... On plaisante.
• 1997 Vive la République !, film de Eric Rochant [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 471, 1998]
Émile : — Quand est-ce qu'on fait raquer les pigeons ? Solange : — Les « pigeons » ? Émile :
— Oui. Ben oui ! Les gogos qu'on fait adhérer là ! Solange : — Tu plaisantes ? Émile : — Comment je
plaisante ? Pas du tout ! Où est-ce qu'ils sont ces gros couillons, à qui on va faire croire qu'on
change la société ?… Je plaisante !
Tu plaisantes ? 2
Demander au dest. s'il plaisante, en espérant que non.
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
FRANÇOISE. Tu m'as dit, deux ou trois fois en plaisantant, que tu voulais te marier avec moi.
Est-ce que tu plaisantais vraiment ? ASTRUC. Puisque tu affirmes que je te l'ai dit en
plaisantant, c'est que je plaisantais. FRANÇOISE. Je n'affirme rien, excuse-moi de te poser une
question qui va peut-être te faire rire. Mais... est-ce que tu plaisantais ? ASTRUC (grave).
C'est-à-dire que je plaisantais du fond de mon cœur.
plaisir
— hétéranthropes antaxes
Ça me ferait trop plaisir.
Evaluer positivement qch. en exprimant sa satisfaction d'une éventualité.
Ça te ferait trop plaisir.
Justifier un non acte. Refuser qu'un acte soit réalisé au bénéfice du dest.
• 1993 Pétain, film de Jean Marbœuf [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 425, 1993]
Laval : — Ils veulent ma peau. Et je ne leur ferai pas de
cadeau, moi… Oh ce n'est pas que j'y tienne tant que ça, à ma peau,
mais… ça leur ferait trop plaisir.
— antisèmes synaxes
C'est pour le plaisir.
.Expliquer exclusivement un acte par le plaisir qu'il procure.
Ce n'est pas pour le plaisir !
Expliquer le $pourquoi@ d'un acte par sa
seule obligation ou par sa seule utilité. Exprimer son déplaisir à
faire un acte.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 208
Ne faites pas semblant de ne pas comprendre. Je ne discute pas pour le plaisir.
— isolexes antaxes
Tu me fais plaisir. 1
Remercier.
• 1974 Vincent, François, Paul et les autres, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 154, 1974]
CLOVIS : — Là, tu me fais plaisir... Ils m'avaient dit que tu ne viendrais pas. Je me suis dit : « Ah, le salaud !...»
• 1986 Thérèse, film de Alain Cavalier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 365, 1987]
Aimée: — C'est la récréation… Je peux vous parler… Vous voulez
bien ? Thérèse: — Mais… oui… Aimée: — Vous avez bonne mine… Thérèse: — Vous me faites plaisir…
Tu dis ça pour me faire plaisir !
Accuser le dest. d'être insincère en me disant des choses agréables.
• 1944 Le ciel est à vous, film de Jean Grémillon [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 277, 1981]
Pierre : — Je serai peut-être pas à la hauteur… Thérèse : —
Allez, allez, tu connais ton métier autant qu'un autre… Mieux qu'un
autre… Pierre (il a retrouvé son sourire) : — Tu dis ça pour me faire plaisir !
plus, adv.
— hétéranthropes antaxes
Qu'est-ce qu'il me faut de plus ?
Evaluer positivement qch. en exprimant sa satisfaction.
Qu'est-ce qu'il me faut de plus ?
Evaluer positivement qch. en exprimant sa satisfaction.
pousser
— paramorphes hétéropragmes
Pousse pas !
Critiquer un acte excessif du dest.
Ne poussez pas !
Critiquer les dest. qui poussent dans la queue. Programmer une réaction d'opposition des dest.
prendre
— hétéranthropes antaxes
Pour qui tu me prends ? !
Critiquer un acte du dest. pour le manque de respect qu'il me manifeste.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 4, Sodome et Gomorrhe, p. 298
[…] on peut les entendre, pour peu qu'un autre qui ne leur plaît pas les regarde, dire : «
Monsieur, pour qui me prenez-vous ? (simplement parce qu'on les prend pour ce qu'ils sont) je
ne vous comprends pas, inutile d'insister, vous faites erreur », aller au besoin jusqu'aux gifles,
et devant quelqu'un qui connaît l'imprudent, s'indigner : « Comment, vous connaissez cette horreur ?
Elle a une façon de vous regarder !… En voilà des manières ! »
• 1934 L'atalante, film de Jean Vigo
— C'est inimaginable… Ce dossier, i'me regarde pas, pour qui me prend-on, à la fin ? Je vais le jeter au panier…
• 1935 La kermesse héroïque, film de Jacques Feyder [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 27, 1963]
L'HOSTELIERE. — C'est exprès que vous avez posé là votre bannière ? LE PORTE-FANION. — Oui.,
j'ai pris la frange à un clou. L’HOSTELIERE. — Je vais vous recoudre ça. (Elle entre dans la
chambre.) VOIX DE L’HOSTELIERE. — Vous n’y pensez pas ! VOIX DU PORTE-FANION. — Mais je ne pense
qu'à ça ! VOIX DE L’HOSTELIERE. — Mais pour qui me prenez-vous ? Aïe ! VOIX DU PORTE-FANION.
— Quoi donc ? VOIX DE L’HOSTELIERE. — J'ai juste le soleil dans I’œil !
• 1935 La kermesse héroïque, film de Jacques Feyder [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 27, 1963]
L’HOSTELIERE (au client.) — Votre pourpoint ! LE CAPITAINE. — Mon pourpoint ? L’HOSTELIERE. —
Oui, pour que j’y fasse un point. LE CAPITAINE. — Ah ! mais vous pensez à tout. L’HOSTELIERE. — J'ai
toujours du fil dans ma poche. (Le capitaine déboutonne sonpourpoint.) Pas la peine. LE CAPITAINE. —
Si je l'en1evais, ce serait peut-être plus commode. L’HOSTELIERE. — Pour qui ? LE CAPITAINE. — Pour
vous ! L’HOSTELIERE. — Non ! je suis à la bonne hauteur. LE CAPITAINE. — Alors, faites vite.
L’HOSTELIERE. — Vous êtes pressé ? LE CAPITAINE (l'embrassant.) — Terriblement. L'HOSTELIERE. —
Pour qui me prenez-vous, mon capitaine ? LE CAPITAINE. — Pour la plus jolie… Pour la plus
bouleversante. (Il l'embrasse à nouveau.) L'HOSTELIERE (mollement.) — Ah ! finissezou je me fâche
!
• 1938 Hôtel du nord, film de Marcel Carné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 375, 1988]
Prosper : — Mais je pense tellement à toi… Tu devrais venir à l'écluse, tu me tiendrais compagnie… Raymonde : — Pour qui que tu me prends, hein ? Pour qui ? Prosper : — Ben ma petite reine, voyons…
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
(Les farceurs sont convoqués chez le patron.) CHARLET. — Ah ben, mon vieux, il va nous
passer un savon ! DROMART. — Pour ça ! Il va gueuler dans son bureau. Et c'est embêtant,. parce que
ce n'est pas très bon pour le son ! ACCESSOIRISTE. — Dites donc, on lui dit la vérité ? COUSINE. —
Mais naturellement ! Dis donc, pour qui nous prends-tu ? On n'a pas assez de vices comme ça,.
sans être menteur par dessus le marché.
• 1941 Volpone, film de Maurice Tourneur [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 190, 1977]
VOLPONE. — M. le Lieutenant, je réclame une heure... une petite heure... [pour livrer la
marchandise]. Mais j'ai du crédit sur la place de Venise... VOLTORE (ricane). — Oh, oh, oh...
VOLPONE. — Mais pour qui me prend—on, je rembourserai Messire Corvino.
• 1946 Un revenant, film de Christian-Jaque [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 399, 1991]
(L'ex de Karina est de retour.) Karina (à son amant actuel.) — Tu vas être très raisonnable.
si, si. ce soir, pendant que ce monsieur sera dans ma loge, tu viendras me dire bonjour pendant
l'entracte. Je vous présenterai. tu verras. il est très gentil.François. — Ah ! non ! Ah ! non !
Pour qui me prends-tu ! Je ne suis pas un mari complaisant ! Je suis pas Werther, moi
!
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 94
L'EPICIER : — Pour qui me prenez-vous ? Je suis commerçant, moi, Madame, je ne vends pas la mèche.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 185
Qu'elle se décide et qu'on en finisse. Je ne vais pas passer la nuit à la regarder se masser le gras des joues. Me prend pour qui ? Je suis bien bon, moi, de patienter, de lui faciliter la tâche. Je me tire, et à la revoyure !
• 1963 Le doulos, film de Jean-Pierre Melville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 25, 1963]
SILIEN : — Tu diras aux policiers qu'ils te faisaient garder à vue, qu'ils te séquestraient.
Comme ça, on ne pourra pas t'accuser de complicité. FABIENNE : — Tu me prends pour quoi ?
SILIEN : — Tu ne te rends pas compte que je t'offre la chance de ta vie ? C'est l'occasion unique de
te libérer.
• 1963 Le doulos, film de Jean-Pierre Melville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 25, 1963]
Gilbert : — Tu n'en as parlé à personne ? Maurice : — Hein ?... Non... Dis, tu me prends pour qui ? Gilbert : — Même pas à Silien ? Maurice : — Silien est un type correct...
• 1965 Viva Maria, film de Louis Malle [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 57, 1966]
[Le beau jeune qui l’attendait en la dévorant des yeux s'approche d'elle.] FLORES. Senorita
?... (Marie—Jeanne se retourne vers lui, le toise du regard et s'éloigne rapidement après lui avoir
jeté : — Ah !... Vous... pour qui me prenez-vous ?
• 1967 N. Sarraute, Le mensonge, Théâtre, p. 125
PIERRE : — Je n'ai pas pu y tenir… que voulez-vous, elle exagère. Il y a des limites à la fin… Pour qui elle nous prend ? Pour des crétins ? Il fallait l'entendre !
• 1973 N. Sarraute, Isma, Théâtre, p. 99
[H.2 propose un mot pour caractériser ce que 'elle' et 'lui' ressentent.] LUI: L'antipathie!…
c'est ça que vous nous offrez. Faut-il être difficile pour ne pas s'en contenter! pour faire la fine
bouche! Qu'est-ce qu'il nous faut d'autre? Mais pour qui nous prenez-vous? ELLE : Mais
voyons, mon pauvre ami, c'est la première chose qui nous est venue à l'esprit. Nous y avons pensé
dès le début.
• 1980 N. Sarraute, Elle est là, Théâtre, p. 39
H. 2 : — À quoi bon ces attaques ? Il ne s'agit pas de nous... pas de vous... F : — Pas de
moi ? Tiens. .. Vous êtes bon. .. « Réfléchissez une seconde » « On vous a fait ingurgiter »... Je
suis une idiote, une demeurée... À qui vous faites l'honneur...et je dois encaisser... Mais enfin
pour qui me prenez-vous ? H. 2 : — Oh... pour quelqu'un de très bien, croyez-moi...
• 1982 Pauline à la plage, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 313, 1983]
— Je cours pas les garçons, moi… Pour qui vous me prenez ?
• 1985 Péril en la demeure, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 343, 1985]
Edwige. — Vous savez ce que j'étais en train de me dire ? Que j'ai une « chute de reins »,
comme on dit, un « petit cul », comme on dit aussi, pas si mal que ça... (Elle regarde David bien en
face, comme si elle attendait son avis. David (pris de court,affreusement maladroit). On peut
toucher ? Edwige. — Vous me prenez pour un melon, ou quoi ? (L'imitant.) « On peut toucher ?
» Nous ne sommes pas sur le marché de Montélimar, mon bon. David. — Cavaillon. Montélimar, c'est les
nougats.
• 1993 Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel, film de Laurence Ferreira Barbosa [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 433, 1994]
Martine : — Alors, même toi tu souffres ? François : — Ben ouais, évidemment… pour qui tu me prends, toi ?
Pour qui tu te prends ? !
Critiquer le dest. pour son manque de modestie.
• 1954 E. Ionesco, La Cantatrice chauve, Folio, 1954, p. 65
Mme Martin : — Qu'est-ce qu'elle [=Mary, la bonne] dit ? M. Martin : — Je crois que la bonne
de nos amis devient folle… Elle veut dire elle aussi une anecdote. Le pompier : — Pour qui se
prend-elle ? (Il la regarde.) Oh ! Mme Smith : — De quoi vous mêlez-vous ? M. Smith : —
Vous êtes vraiment déplacée, Mary…
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 271
A défaut de M. Lehmann, j'aimerais voir M. Perrier qui, paraît-il, est un homme charmant. Sa
[=la secrétaire] figure ingrate s'incendie. Elle hausse le ton malgré elle. Je me prends pour
qui, on ne dérange pas plus Perrier que Lehmann, cela dit pour magouverne.
• 1975 Souvenirs d'en France, film de André Téchiné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 167, 1976]
BERTHE (monologue). Cinq francs par leçon, c'est une bonne
affaire ! Pourquoi tu as dit non à cette peronelle [qui lui m'a demandé
de lui apprendre la broderie] ? Pour qui tu te prends ?
• 1993 Pétain, film de Jean Marbœuf [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 425, 1993]
Pétain : — Si la grande politique que j'avais envisagée n'a rien donné, c'est la faute de M. Laval. Mais pour qui se prend-il, à la fin ?… Est-ce lui ou moi que les Français ont choisi ?
• 2000 Ressources humaines, film de Laurent Cantet [dialogues publiés par Arte Editions / Editions 00h00.com, coll. Scénars, Paris, 2000]
LA MÈRE : — Alors tu as mangé avec qui ? FRANK : — J'étais à la table des cadres. Je me suis
ennuyé à crever. Ils sont sinistres. Et pas très futés. LE PÈRE : — Commence pas comme ça. Pour
qui tu te prends, toi ? FRANK : — Pour rien de spécial... Je dis juste que demain, je viendrai
manger avec vous, parce que vous, vous rigolez.
• 2000 Ressources humaines, film de Laurent Cantet [dialogues publiés par Arte Editions / Editions 00h00.com, coll. Scénars, Paris, 2000]
FRANK : — Si ça t'amuse de passer pour un plouc, de sortir des clichés… CHRISTIAN, vexé, se
jette sur Frank et le saisit par le col de la chemise : — Je préfère être un plouc qu'un connard de
snob. (Frank se dégage très agressivement. François s'interpose entre ses deux copains et toise
Frank.) FRANÇOIS : — Eh ! Oh ! Du calme ! Pour qui tu te prends ? C'est la réussite qui
te monte au cerveau ?
prétention
— hétéranthropes antaxes
J'ai des pétentions !
Justifier un acte du loc. par des bénéfices importants qu'il en attend.
Tu as des prétentions !
Critiquer le dest. pour son manque de modestie.
• 1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 182
BÉRENGER : — … On peut mettre la main sur lui [= le Tueur], j'ai toutes les preuves…
C'est-à-dire, c'est Édouard qui les a, il me les apportera, elles sont dans sa serviette… Je les ai,
en principe… en attandant, je dois me rendre à la Préfecture, c'estencore assez loin. Peut-on m'y
accompagner ? LE DEUXIEME AGENT, au Premier : — Tu l'entends ? Il en a des prétentions
!
principe
— hétéranthropes antaxes
J'ai des principes.
Justifier un acte du loc.
Tu as des principes !
Critiquer le dest. pour son comportement formaliste.
profiter
— hétéranthropes antaxes
Je profite !
Evaluer positivement qch. en exprimant sa satisfaction.
Tu profites !
Critiquer un acte du dest. de val. pos. pour le dest.
• 1935 Toni, film de Jean Renoir [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 252, 1980]
(Josefa piquée par une guêpe.) TONI. Maintenant, il faudrait bien presser et sucer le sang.
Mais ça va te faire mal. JOSEFA. Bon, tant pis. Vas-y ! Vas-y ! (Toni presse.) TONI (lui tendant le
dard). Tiens ! JOSEFA. Aah ! Le piquant. (Toni se met à sucerla blessure et crache le venin.) Aaaah.
Ça fait moins mal, ça. Fais-le encore, Toni. Peut-être que j'ai encore du venin, tu sais. Un
poquito. (Toni l'enlace franchement.) Eh Toni! Toni ! (ll l'embrasse. On entend le bruit du baiser.)
Assez, tu profites!
promettre
— paramorphes hétéropragmes
Il ne faut rien lui promettre.
Sens littéral.
Il ne faut pas lui en promettre !
Dire qu'un tiers s'attend à ce qu'on tienne ses engagements vis-à-vis de lui.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 354
Nourrir douze hommes matin et soir, des gars râblés qui ont marché toute une journée sous le soleil, la canicule de Galilée, devait pas falloir leur en promettre en arrivant au bivouac…
question
— paramorphes hétéropragmes
C'est en dehors de la question.
Critiquer un acte de parole du dest. non pertinent.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 208
Jiecke, le pardon, vos esbroufes, vos grands airs, tout le barnum, c'est en dehors de la question. Vous savez où je veux en venir. Clair et net. Du pognon, mademoiselle.
C'est hors de question !
Refuser d'être ou qu'autrui soit actant.
recommencer
— hétéranthropes antaxes
Je recommence.
Annoncer qu'on recommence.
(Ça y est !) Ça recommence !
Constater une nouvelle occurrence d'une
situation de val. nég. Critiquer une nouvelle occurrence d'un acte
d'autrui.
• 1960 Tirez sur le pianiste, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 363, 1987]
[La voiture ne démarre pas.] Ernest : — Ça y est, ça recommence. La panne ! Ça fait la troisième. Quelle tire ! J'aimerais mieux un siège à la turque.
• 1973 L'emmerdeur, film de Edouard Molinaro
— Monsieur N…, ça recommence ! [=ma sortie de garage est encore bloquée].
• 1979 Série noire, film de Alain Corneau [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 234, 1979]
FRANK : — Dis donc, si on allait tous les deux chez la vieille
comme ça, en douce, p'têt bien qu'elle nous laisserait nous amuser avec
la petite, kek t'en penses ? TIKIDES : — V'la que ça recommence...
• 1980 Extérieur nuit, film de Jacques Bral [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 310, 1983]
LEO : — Quelles inepties on enregistre aujourd'hui ? Sur quoi on va s'éclater ? La crème à
raser Ducon, ou la pommade Duchmol ? VERONIQUE : — Ça recommence ! LEO : — Ça recommence pas,
ça continue ! VERONIQUE : — Et les chèques à la fin de la semaine,tu craches pas dessus
!
• 1986 Mélo, film de Alain Resnais [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 360, 1987]
Romaine : — Eh bien, dans un jour ou deux... quand tu seras tout à fait rétabli, nous
parlerons. C'est fini les enfantillages, Pierre, je veux me trouver devant un homme. Pierre : — Je
crois que, de ce côté-là, tu n'auras pas à te plaindre. Romaine : — Oh ! Pierre : — Quoi ? En ce
moment j'ai une tête de macchabée, c'est entendu, mais... Romaine : — Enfin, tu ne vois donc pas ?
Tu ne sens donc pas ? Pierre : — Qu'est-ce que je ne sens pas ? Romaine : — Mais regarde-moi, à la
fin ! Pierre : — Mais je teregarde. Romaine : — Je suis une sale bête, Pierre ! Pierre : — Allez
! ça recommence. Romaine : — Une sale bête.
reconnaître
— paramorphes hétéropragmes
Je ne te reconnais pas.
Sens littéral.
Je ne te reconnais plus.
Féliciter le dest. pour un acte de val.
pos. inhabituel. Critiquer le dest. pour un acte de val. nég.
inhabituel.
• 1946 Un revenant, film de Christian-Jaque [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 399, 1991]
Geneviève : — Oh, les jolies fleurs ! Elles sont pour moi ? Edmond : — Pour qui veux-tu que
ce soit ? Pour le pape ? Geneviève : — Oh ! Mon chéri… Jérôme : — Non, c'est moi qu'il faut
remercier. Geneviève : — Non ! Mais je ne te reconnais plus ! Ellessont très belles. Merci
Jérôme.
répéter
— hétéranthropes antaxes
Je te le répète : [je ne savais pas] !
Réitérer un acte d'ass. Critiquer le dest. de ne pas tenir compte de ce qui est asserté.
Tu te répètes !
Critiquer le dest. de se répéter.
• 1959 E. Ionesco, Rhinocéros, Gallimard Folio, p. 236
Daisy : — Je n'ai plus faim. C'est trop. Je ne peux plus résister. Bérenger : — Mais tu es
plus forte que moi. Tu ne vas pas te laisser impressionner. C'est pour ta vaillance que je t'admire.
Daisy : — Tu me l'as déjà dit. Bérenger : — Tu es sûre de monamour ? Daisy : — Mais oui. Bérenger :
— Je t'aime. Daisy : — Tu te répètes, mon chou.
• 1976 Mado, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 181, 1977]
Simon : — Tu as couché aussi avec ce Manecca ? Tu as combien de clients dans l'immobilier ? Mado : — Tu te répètes.
reprendre
— hétéranthropes hétéropragmes
Ça me reprend.
Dire qu'on souffre de nouveau d'une douleur.
Ça te reprend ?
Critiquer un nouvel acte du dest.
• 1967 N. Sarraute, Le mensonge, Théâtre, p. 140
PIERRE : — Avouez, Simone, je vous en supplie… SIMONE : — Qu'est-ce qu'il y a ? Ah, ça vous reprend ? Vous recommencez ? PIERRE : — Oui, ça me reprend. C'est là, tout à coup…
retenir
— hétéranthropes antaxes
Rien (ni personne) ne peut me retenir.
Renforcer la programmation d'un acte du loc.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 311
Si j'écrivais tous les soirs au lieu d'aller traîner ma bosse ?
Mais c'est plus fort que moi. Je sais, je sens que la vie circule
au-dehors, et rien ne pourrait me retenir de sortir.
Rien ne peut te retenir ?
Essayer de retenir le dest. qui prend congé.
• 1943 Le Corbeau, film de Henri-Georges Clouzot [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 187, 1977]
Dr Germain : — Je vous trouve très gentille. Denise : — Mais
vous partez quand même. Dr Germain : — Ouais. Denise : — Tout à fait
décidé ? Dr Germain : — Tout à fait. Denise : — Rien ne peut vous retenir ? Dr Germain : — Rien.
• 1961 Amélie ou le temps d'aimer, film de Michel Drach [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 9, 1961]
FANY : — Tu sais... je repartirai peut-être demain... AMÉLIE : — Il n'y a rien qui peut te retenir ici ? FANY : — Non, rien... Ma vie est ailleurs.
rêve
— paramorphes antaxes
C'est le rêve !
Evaluer positivement une situation comme idéale.
C'est un rêve (, ça) ! 2
Contester une assertion pour le manque de réalisme de son contenu.
rêver ; rêveur
— paramorphes antaxes
Ça fait rêver.
Evaluer positivement une situation.
• 1997 Vive la République !, film de Eric Rochant [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 471, 1998]
Solange : — Il n'y a que les Bretons qui resteraient Français, en gros. Henri : — C'est sûr
que ça réglerait le problème du chômage, hein ! Je me demande même s'il n'y aurait pas trop de
travail... Émile : — Ça fait rêver, dis donc hein. Trop de travail ! On serait plus que trois
à l'usine.
Ça laisse rêveur.
Exprimer son étonnement convaincu.
• 1959 E. Ionesco, Rhinocéros, Gallimard Folio, p. 201
Bérenger : — Mille fois merde, le Logicien est devenu rhinocéros ! […] Dudard : — C'est le seul rhinocéros à canotier. Cela vous laisse rêveur. C'est bien votre Logicien ! …
rien
— paramorphes hétéropragmes
Je ne peux rien te dire.
Refuser de répondre à une question.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 7, Le Temps retrouvé, p. 106
On me dit que Mme Verdurin donne des réunions tous les jours. Je ne le sais que par les
on-dit, moi je ne sais absolument rien d'eux, j'ai entièrement rompu » ajouta-t-il en baissant non
seulement les yeux comme si avait passé un télégraphiste, mais aussi la tête, les épaules, et en
levant le bras avec le geste qui signifie sinon "je m'en lave les mains", du moins "je ne peux
rien vous dire" (bien que je ne lui demandasse rien).
On ne peut rien te dire. 2
Critiquer le dest. d'avoir rapporté à un tiers ce que je lui ai confié.
• 1990 Conte de printemps, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 393, 1990]
[Dispute.] Natacha : — Vous êtes tortueux les uns et les autres
! Jeanne : — Natacha !... Natacha pourquoi tu le prends comme ça ? On ne peut rien dire !...
• 1993 Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel, film de Laurence Ferreira Barbosa [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 433, 1994]
Martine : — Tu m'emmerdes avec tes conseils. T'es tout le temps en train de me donner des
conseils, mais ils sont nuls tes conseils. Muriel : — De toutes façons on ne peut jamais rien te
dire, alors si on ne peut pas parler, ne parlons de rien.
• 1995 Nelly et M. Arnaud, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 459, 1997]
M. Arnaud : — Tu commences à m'emmerder là ! Dollabella : — Écoute Pierre ne te fâche pas comme ça. On ne peut rien te dire sans que tu te mettes tout de suite en colère.
rire
— hétéranthropes antaxes
Ça me fait rire !
Critiquer une assertion d'autrui pour son contenu de val. nég.
• 1986 Le paltoquet, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 353, 1986]
[Le Professeur est soupçonné d'un crime.] Journaliste : — Professeur, vous avez la parole.
C'est à vous... ça tourne ! Professeur : — Vous me faites hurler de rire. C'est à qui de
parler [aux cartes] ? On joue, oui ou merde ? Honorable Commerçant : — Vous avez remarqué, il y a
des gens, comme ça, qui disent tout le temps, très, très, très, très sérieusement : « Ça me fait
hurler de rire. » Moi, ça me fait hurler de rire.
Ça te fait rire ? !
Défier le dest. qui rit de moi.
• 1989 Noce blanche, film de Jean-Claude Brisseau [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 388, 1989]
Mathilde : — Ah, en maths c'est autre chose. François : — Bon, ben on va s'y mettre dès
maintenant, après tout en [section] A on ne vous demande pas grand chose... donnez-moi votre
bouquin. Mathilde : — J'en ai pas. François : — Bien. Qu'est-ce qui vousmanque encore ? Mathilde : —
J'ai rien. François : — Même pas un cahier, un classeur ? Mathilde : — Mais non, je vous dis : j'ai
rien. François : — Et ça vous fait rire?
• 1997 Marius et Jeannette, film de Robert Guédiguian [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 473, 1998]
Monique : — C'est Dédé [au téléphone] . Jeannette : — Eh ben ça, on le savait, ouais ! ...
Monique : — Il est à l'hôpital. Caroline : — Quoi ? Monique explose de rire, les yeux fermés.
Jeannette : — Et ça te fait rire ça ? Monique : — Oui ! Parce que… il a bu quelques verres
[…]
rond
— antisèmes synaxes
Ça tourne en rond.
Evaluer négativement l'évolution de la situation.
Ça ne tourne pas rond.
Evaluer négativement qch. Critiquer un acte.
— paramorphes antaxes
Ça tourne rond !
Evaluer positivement comme succès le déroulement de qch.
Ça tourne en rond.
Evaluer négativement l'évolution de la situation.
savoir
— paramorphes hétéropragmes
Il faudrait le savoir.
Sens littéral.
Faudrait savoir ! 1
Critiquer le dest. pour son inconséquence.
• 1999 La fille sur le pont, film de Patrice Leconte [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 492, 2000]
Adèle [future cible du lanceur de couteaux] : — Il fout quand même les jetons votre matériel.
Gabor : — Mais les jetons de quoi ? je croyais que vous étiez au bout du rouleau, que vous vous
foutiez de tout, faudrait savoir : ça vous a passé ?
— paramorphes hétéropragmes
Je ne sais plus ce que je dis. 1
Critiquer une formulation du loc.
Je ne sais plus ce que je disais.
Demander au dest. de me rappeler ce que je disais.
— paramorphes hétéropragmes
Ça se saura !
Annoncer qu'on va dénoncer le dest.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 296
Ça se saurait !
Contester une assertion. Infirmer une question totale.
— paramorphes hétéropragmes
On le saura !
Critiquer le dest. de répéter une information.
Ça se saura !
Annoncer qu'on va dénoncer le dest.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 296
— antisèmes synaxes
Tu sais toujours tout !
Se moquer du savoir du dest.
• 1959 R. Queneau, Zazie dans le métro, p. 54
— Vous cherchez la petite fille, je parie. — Oui, grogne Gabriel, sans enthousiasme. — Je sais où elle est allée. — Vous savez toujours tout, dit Gabriel avec une certaine mauvaise humeur.
Tu ne sais jamais rien !
Reprocher au dest. de ne pas savoir qch.
— hétéranthropes antaxes
Je ne veux rien savoir !
Exprimer son indifférence à ce que dit le dest. Refuser de réagir.
• 1935 La Bandera, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 286, 1982]
Le Capitaine: — Ainsi vous êtes de la police. Lucas: — Oui, mon
Capitaine. Mon engagement est nul. Je ne l'ai souscrit que… Le
Capitaine: — Je ne veux rien savoir.
• 1945 Les dames du Bois de Boulogne, film de Robert Bresson [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 197, 1977]
(Le jour du mariage d’Agnès et Jean). AGNES. — Faites de moi ce que vous voudrez, je le
mérite. Mais je vous supplie, laissez-moi, puisque Hélène vient de tout vous dire [mon secret] à la
sacristie. Puisque vous savez tout. JEAN. — Je ne sais rien et jene veux rien savoir ! Vous
m'entendez ?
• 1976 La Marquise d'O, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 174, 1976]
COMTE : — Je viens renouveler ma demande [en mariage] et trouver le bonheur du ciel, si vous
voulez bien m'exaucer. MARQUISE : — Laissez-moi, sur le champ ! Je l'ordonne ! COMTE : — Chérie !...
Adorée! ... MARQUISE : — Vous entendez ! COMTE : — Rien qu'un mot chuchoté ! MARQUISE : — Je ne
veux rien savoir.
[$ — Je ne sais pas… @] — Tu ne veux rien savoir !
Critiquer le dest. de ne pas s'intéresser à qch., en part. à une situation de val. nég.
— antisèmes synaxes
( | Attends, / Et | ) tu ne sais pas tout ! 1
Ajouter qch. à une information donnée par le loc.
• 1980 Le dernier métro, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 304, 1983]
JEAN-LOUP. — Tu n'as jamais eu tellement envie d'être actrice, finalement ? MARION. — J'avais
un métier, il me plaisait. JEAN-LOUP. — Oh, mais non, je sais bien, si Lucas avait pas été te sortir
de ta maison de couture tu serais encore au milieu de tes chiffons, hein ? Avoue ! MARION. — Tu
crois pas si bien dire, et encore tu ne sais pas tout : si j'avais refusé de le suivre, il me
l'a avoué lui-même, il aurait demandé à Mademoiselle Chanel de me renvoyer !
Tu sais toujours tout !
Se moquer du savoir du dest.
• 1959 R. Queneau, Zazie dans le métro, p. 54
— Vous cherchez la petite fille, je parie. — Oui, grogne Gabriel, sans enthousiasme. — Je sais où elle est allée. — Vous savez toujours tout, dit Gabriel avec une certaine mauvaise humeur.
— hétéranthropes hétéropragmes
Je ne sais pas ce que je t'ai fait !
Critiquer le dest. pour son comportement hostile à mon égard.
Je ne sais pas ce que tu lui as dit.
Dire qu'on ignore le $pourquoi@ de la
réaction d'un tiers à un acte de parole du dest. Critiquer un acte de
parole du dest.
• 1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnière, p. 291
Tandis que M. de Charlus, assommé sur le coup par les paroles que venait de prononcer Morel
[…] prenait la pose de la nymphe en proie à la terreur panique, M. et Mme Verdurin s'étaient retirés
[…] « Tu vas nous raconter comment cela s'est passé, dit avidement Mme Verdurin à son mari. — Je
ne sais pas ce que vous lui avez dit, il avait l'air tout ému, dit Ski, il avait des larmes dans
les yeux. » Feignant de ne pas avoir compris : « Je crois que ce que j'ai dit lui a été tout à fait
indifférent », ditMme Verdurin […]
— hétéranthropes antaxes
Je veux tout savoir !
Demander au dest. de donner les informations dont il dispose.
Tu veux tout savoir !
Critiquer une question pour l'intérêt qu'elle manifeste.
• 1960 Le trou, film de Jacques Becker [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 14, 1962]
(Fouille dans la cellule, après celle de Freddy où les gardiens cherchaient une lime.) MANU.
— Alors cette lime ?. elle y était ?. LE CHEF. — Sont-ils curieux hein ? !. Y voudraient tout
savoir !. Vous le rencontrerez bien un jour, Freddy. il vous le dira lui.
— paramorphes antaxes
Tu veux tout savoir ? [Luc est venu].
Justifier condt. de donner une information au dest.
• 1986 Le paltoquet, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 353, 1986]
Commisaire : — Je veux être le plus fort... Et pour être le plus fort, je ne reculerai devant
rien. S'il le faut, je vous laisserai vous faire tuer les uns après les autres, tous. Vous voulez
tout savoir ? J'ai tracé un plan où chacun de vous, que vousle vouliez ou non, joue un
rôle...
Tu veux tout savoir !
Critiquer une question pour l'intérêt qu'elle manifeste.
• 1960 Le trou, film de Jacques Becker [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 14, 1962]
(Fouille dans la cellule, après celle de Freddy où les gardiens cherchaient une lime.) MANU.
— Alors cette lime ?. elle y était ?. LE CHEF. — Sont-ils curieux hein ? !. Y voudraient tout
savoir !. Vous le rencontrerez bien un jour, Freddy. il vous le dira lui.
— hétéranthropes hétéropragmes
Est-ce que je sais (, moi) ?
Déclarer forfait pour répondre à une question, pour exposer un sujet dans tous ses détails.
• 1913 M. Proust, ALRDTP 1, Du côté de chez Swann, p. 219
Elle [Odette] prétend […] qu'il [Swann] est timide avec elle, que cela l'intimide à son tour,
qu'elle ne l'aime pas de cette manière-là, que c'est un être idéal, qu'elle a peur de déflorer le
sentiment qu'elle a pour lui, est-ce que je sais, moi ?
• 1937 Pépé le Moko, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 270, 1981]
Aïcha (très inquiète) : — Oh Régis! Où il est Pierrot? Régis : — Est-ce que je sais, moi
! Aïcha : — Mais toi, tu ne l'accompagnais pas ? Régis : — Ah oui, pour descendre, mais pas
pour remonter. Pourquoi? il n'est pas revenu ? Aïcha : — Non (...)
• 1946 Un revenant, film de Christian-Jaque [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 399, 1991]
Geneviève. — De quoi avez-vous parlé ? Edmond. — Est-ce que je sais moi ! Il y a vingt ans que nous n'avons plus rien à nous dire…
• 1951 Fanfan la tulipe, film de Christian-Jaque [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 371, 1988]
Fanfan : — Mais enfin Adeline, qu'ai-je fait pour mériter ton amour. Rien ! Pourquoi m'aimerais-tu ? Adeline : — Est-ce que je sais, moi, Fanfan ? Près de toi, quand tu me regardes, je me sens heureuse.
• 2002 Huit femmes, film de François Ozon [dialogues publiés par les Editions de La Martinière, Paris, 2002]
AUGUSTINE. — Pourquoi les chiens n'ont-ils pas aboyé ? PIERRETTE. — Est-ce que je sais ?
Est-ce que tu sais ?
Sens littéral.
— hétéranthropes antaxes
Je ne veux pas le savoir ! 1
Exprimer son indifférence à une information.
• 1921 M. Proust, ALRDTP 3, Le côté de Guermantes, p. 186
C'est une personne impossible : elle dit "plumitif", enfin des choses comme ça. — Qu'est-ce
que ça veut dire "plumitif" ? demanda Mme de Villeparisis à sa nièce. — Mais je n'en sais rien !
s'écria la duchesse avec une indignation feinte. Je ne veux pasle savoir. Je ne parle pas ce
français-là."
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
L'ONCLE. — Tu sais combien il faut vendre de morues sèches pour gagner un million de francs ? IRÉNÉE. — Non… Et je ne veux pas le savoir. Mais, moi, je gagnerai des millions parce que j'ai un don.
[$ — Je ne sais pas… @] — Tu ne veux pas le savoir !
Critiquer le dest. de ne pas s'intéresser à qch.
suivre
— isolexes hétéropragmes
Tu (me) suis ? 2
Demander au dest. s'il comprend ce que j'ai dit.
• 1973 Belle, film de André Delvaux [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 227, 1979]
VICTOR : — Justement je voulais vous expliquer que je crois avoir trouvé, enfin si j'ose
dire, un nouveau mode de classement pour les légendes fagnardes. Oui, pour ma somme légendaire,
n'est-ce pas ? Vous me suivez Mathieu ? Oui. Alors je voulais vous demander s'il
serait opportun que j'étende ces méthodes pour le fichier de la bibliothèque ? MATHIEU : — Ecoutez,
Victor, je suis très pressé. J'attends ma voiture.
• 1997 Marius et Jeannette, film de Robert Guédiguian [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 473, 1998]
Justin : Je veux dire que vos religions ne sont pas si éloignées. C'est comme ici ! Les
habitants de Marseille, c'est tous des Marseillais, hein ! Hé oui... Mais tu as : les Marseillais de
l'Estaque, les Marseillais d'Emdoume, les Marseillais de la Joliette, et ainsi de suite, hein. Tu
me suis ? Malek : — Couci-couça...
Suis-moi.
Inviter le visiteur à me suivre.
taper (s'en)
— hétéranthropes antaxes
Je m'en tape !
Exprimer son indifférence.
• 1963 L. Calaferte, Septentrion, Denoël (Folio 2142) p. 359
Le vieux est contre, deux vieilles pour, la troisième s'en tape.
Tu t'en tapes. 2
Conseiller une non réaction.
tâter
— hétéranthropes hétéropragmes
Je me tâte.
Dire qu'on n'est pas décidé.
Tu te tâtes ! 2
Contester une assertion.
temps
— hétéranthropes antaxes
J'ai du temps à perdre.
Dire qu'on a la possibilité de faire un acte.
Tu as du temps à perdre.
Critiquer un acte du dest. pour son inutilité pour le dest.
• 1961 Ce soir ou jamais, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 9, 1961]
MARTINE : — Je viens de parler avec Laurent. VALÉRIE : — Tu as du temps à perdre. Ou plutôt... (Presque à elle-même.) ...tu ne perds pas de temps…
— antisèmes synaxes
Tu perds ton temps.
Critiquer un acte du dest. pour son inutilité pour le dest.
• 1935 La Bandera, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 286, 1982]
Lucas: — T'as été à la coloniale, toi ? Gilieth: — Si tu veux. Lucas: — T'as une poule, hein ? Gilieth: — Tu perds ton temps, va. À la légion mon vieux faut toujours regarder devant soi. C'est un conseil.
• 1935 La kermesse héroïque, film de Jacques Feyder [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 27, 1963]
(Deux Espagnols fixent une Flamande à la table voisine.) PREMIER PIQUIER. — Tu perds ton temps, José, avec cette petite. DEUXIEME PIQUIER (sûr de lui.) — Tu n'y connais rien, va !…
• 1937 Pépé le Moko, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 270, 1981]
[Pépé tire sur les policiers] Grand-Père : — Vous perdez votre temps,
mon cher, ce sont des gens avec qui on ne peut pas discuter. Pépé : —
Mais t'en fais pas, je leur fais pas de mal, je vise les jambes.
• 1943 Goupi-mains rouges, film de Jacques Becker [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 204, 1978]
(L'Empereur sait où est caché le magot mais il a perdu l'usage de la parole. On le promène
dans la maison, en espérant qu'il va faire un signe.) DICTON. — C'est peut-être par là ? LA LOI. —
Tu perds ton temps, mon ami. DICTON. — Descendons-le à la cave, on aura peut-être plus de
chance.
• 1946 Panique, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 391, 1990]
Monsieur Hire (se découvrant). — Mademoiselle ! Alice. — Encore vous ! Monsieur Hire. —
Pardonnez-moi de vous avoir abordée ce matin et d'avoir bafouillé des mots que vous n'avez pas pu
comprendre, mais il faut que vous sachiez qui je suis… Alice (agacée). — Vous perdez votre
temps.
• 1969 R. Sabatier, Les Allumettes suédoises, p. 166
Il avait essayé de lui prendre le coude, mais se dégageant sans
brusquerie, elle lui avait jeté un regard indifférent suivi de : « Vous perdez votre temps, allez, et méfiez-vous : les imprimeurs, c'est musclé aussi ! »
• 1979 Il y a longtemps que je t'aime, film de Jean-Charles Tacchella [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 237, 1979]
GENEVIEVE : — Depuis trois ans avec un homme marié, tu te rends compte ! LOLITA : — Il ne
peut pas quitter sa femme : elle est infirme. GENEVIEVE : — Ils disent tous ça. LOLITA : — Tout de
même, je l'ai vue, sa femme, dans une petite voiture ! Elle a eula polio... GENEVIEVE : — Mais
il ne la quittera jamais. Tu perds ton temps ! Regarde Brigitte : elle vient de passer
vingt-cinq ans en famille, elle a compris !
• 1980 Le dernier métro, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 304, 1983]
(Le critique Daxiat a sali Marion Steiner. Dispute avec Bernard Granger.) BERNARD. — Faites
des excuses ! DAXIAT. — Je n'ai pas d'excuses à faire, j'ai fait mon métier ! BERNARD. — Je vous
demande de vous battre, Monsieur ! DAXIAT. — Monsieur, je ne me battrai pas ! BERNARD. — Monsieur,
vous allez vous battre ! DAXIAT. — Mais vous perdez votre temps, je vous dis que je me
battrai pas !
Tu ne perds pas ton temps !
Critiquer une réaction du dest. au bénéfice du dest.
• 1961 Ce soir ou jamais, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 9, 1961]
MARTINE : — Je viens de parler avec Laurent. VALÉRIE : — Tu as du temps à perdre. Ou plutôt... (Presque à elle-même) tu ne perds pas de temps…
• 1977 La communion solennelle, film de René Féret [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 186, 1977]
JOSETTE : — Alors, c'est pour bientôt la naissance ? GASTON : —
Deux semaines et cinq jours... JULIEN 1 (taquin) : — Eh ben les jeunes
mariés, vous n'avez pas perdu de temps !
• 1987 L'ami de mon amie, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 367, 1987]
Léa [à Blanche, après un quiproquo] — Alors, tu croyais que je
parlais de Fabien ? Ah, mais c'est avec lui que pendant mon absence… Eh bien, tu ne perds pas ton temps !
• 1995 Nelly et M. Arnaud, film de Claude Sautet [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 459, 1997]
[Au téléphone.] M. Arnaud : — Oui, elle est là. Bon écoutez, je vous la passe. Nelly : — Oui,
bonjour. Non, pas spécialement. Oui. d'accord, à quelle heure ? Oui, à tout à l'heure. (Elle
raccroche.) Il m'a invitée à dîner. M. Arnaud (légèrement froid) :— Oui, j'ai cru comprendre. Mais
vous aviez parlé longtemps avec lui ? Nelly : — Non. M. Arnaud : — Il ne perd pas de temps.
Mais c'est bien.
• 1996 Conte d'été, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 456, 1996]
Gaspard : — Si j'allais à Ouessant... avec un copain ou une copine-copine, ça me gênerait
pas. Mais avec toi, c'est pas pareil. Je préférerais aller ailleurs. Solène : — Je vois pas la
différence. Gaspard : — Tu sais, j'avais encore proposé à une autre fille [en plus de Léna] ... à
Margot parce que ce n'est qu'une amie. Solène : — Eh bien mon petit vieux ! Tu ne perds pas de
temps ! Me voilà en troisième position ! Moi qui te croyais naïf !
tenir
— paramorphes antaxes
Je n'y tiens pas. 1
Justifier un non acte du loc. Refuser qu'un acte soit réalisé.
• 1938 Hôtel du nord, film de Marcel Carné [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 375, 1988]
Lecouvreur : — Surtout que les journaux vous on fait de la
réclame. Vous les avez lus ? Où sont-ils ? Je les avais mis de côté…
Renée (presque suppliante) : — Je ne tiens pas à les lire.
• 1968 Je t'aime, je t'aime, film de Alain Resnais [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 92, 20 ]
[Moyens emmène Ridder dans un Centre de Recherches pour une
expérience] Moyens — Vous ne voulez pas passer chez vous d'abord ?
Ridder — Non merci, je n'y tiens pas.
• 1974 Stavisky, film de Alain Resnais [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 157, 1975]
ERNA WOLFGANG : — Vous êtes quoi, ici ? ALEXANDRE : — Tout. Tout
est à moi. C'est mon Empire [=le théâtre]. Je peux vous offrir Paris.
ERNA WOLFGANG : — Merci. Je n'y tiens pas.
• 1976 La meilleure façon de marcher, film de Claude Miller [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 169, 1976]
CHANTAL : — Je croyais qu'on irait à la colo... Tu m'aurais présenté à tes amis. PHILIPPE : — J'y tiens pas.
• 1987 L'ami de mon amie, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 367, 1987]
Fabien. — Elle y [chez moi] campe la semaine et puis... elle
retourne chez ses parents le samedi […] Je pourrais l'y suivre, mais je n'y tiens pas.
• 1998 L'ennui, film de Cédric Kahn [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 481, 1999]
Martin : — Dis donc t'as pas vu le fameux Jean-Paul ? Ferdinand : — Tu veux que je te le présente ? Martin : — Non non merci, j'y tiens pas.
Je n'y tiens plus !
Dire qu'on est impatient de faire un
acte. Programmer une réaction de participation au bénéfice du loc.
• 1967 N. Sarraute, Le silence, Théâtre, p. 164
F. 1: — Moi je vais en faire autant. On va tous en faire autant. Nous allons jouer à ça.
Silence. Chacun se taira, plein de dignité. F. 2 : — Mais… F. 3 : — Chut… (Silence.) F. 2, pouffe de
rire: — Non, pouce. Je n'y tiens plus. Je ne peux pas, la langue me démange. H. 2 : — Eh
bien, vous savez, nous ne sommes pas à la hauteur. Zéro. Il faut le constater. Il ne vaut pas un
clou, notre silence. Aucun effet.
tête
— isolexes hétéropragmes
Qu'est-ce que tu as dans la tête ?
Critiquer le dest. pour l'incompétence qu'il manifeste.
• 1980 N. Sarraute, Elle est là, Théâtre, p. 47
H. 2, doux : — Dites-nous pourquoi vous refusez d'accepter... quand c'est criant de vérité ? Qu'est-ce que vous avez dans la tête ?
Qu'est-ce que tu as derrière la tête ?
Demander au dest. d'expliquer le but de son acte. Critiquer un acte du dest. pour son but.
— hétéranthropes antaxes
Je ne me suis pas cassé la tête !
Se vanter d'en faire le moins possible.
Tu ne t'es pas cassé la tête !
Critiquer le dest. pour sa nonchalance.
• 1993 Je m'appelle Victor, film de Guy Jacques [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 426, 1993]
[Bernard fait visiter le train fantôme] Cécile : — Oh ben vraiment, ils ne sont pas cassé la tête ! Bernard : — T'es vachement difficile !
— hétéranthropes hétéropragmes
Je perds la tête ! 1
Se plaindre de la diminution de ses facultés intellectuelles.
• 1989 La vie et rien d'autre, film de Bertrand Tavernier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 389, 1990]
Dellaplane : — Ah je sais, vous me l'avez déjà dit ça. Irène : — Moi ? Dellaplane : — Hier.
Irène : — Comment est-ce possible ? C'est une chose qui m'était absolument sortie de l'esprit. C'est
juste en vous parlant que... Dellaplane : — A Decize, l'hôpital de Decize ! Irène : — C'est vrai
oui. L'usine s'était repliée à côté de Decize. Et je vous ai déjà dit tout ça ? Ah décidément je
perds la tête.
Tu perds la tête !
Critiquer le dest. pour l'insanité qu'il manifeste.
• 1935 La kermesse héroïque, film de Jacques Feyder [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 27, 1963]
LE BOUCHER. — Oh ! mademoiselle Siska. Avouez-ie, on attend le résuitat de l'entrevue [de
votre amoureux] avec son papa. SISKA. — Mais comment savez-vous ? LE BOUCHER. — Petit masque... Eh
hien ! c’est fait ! Votre papa consent. SISKA, ravie. — Vrai ? LEBOUCHER. — Votre joie me rend tout
joyeux. SISKA. — Vous êtes gentil ! LE BOUCHER. — Oh ! vous verrez, quand vous me connaîtrez mieux.
SISKA. — Je suis heureuse., heureuse ! LE BOUCHER. — Et vous le serez toute votre vie avec un mari
qui vous adorera. SISKALE BOUCHER. — Oh ! mademoiselle Siska. Avouez-ie, on attend le résuitat de
l'entrevue [de votre amoureux] avec son papa. SISKA. — Oh ! laissez-moi vous baiser au front. SISKA.
— Vous perdez la tête !
• 1973 N. Sarraute, Isma, Théâtre, p. 101
ELLE : Eh bien, oui. Les Dubuit. c'est juste. c'est une couverture. c'est une transposition.
En réalité, il s'agit… eh bien, il s'agit de nos parents… enfin de mes beaux-parents. Les Dubuit
leur ressemblent. LUI: Tu es folle, qu'est-ce que tu dis ? ELLE: Qu'est-ce que tu veux que je dise,
que c'est nos enfants ? LUI: Mais tu perds complètement la tête. Tu oublies où ça va nous
mener.
• 1980 N. Sarraute, Elle est là, Théâtre, p. 40
H. 2 : — Ça vous agace ? Hein ? Eh bien, je vais vous agacer. Vous serez forcée de l'écouter.
Je le ferai entrer que vous le vouliez ou non. (Crie des mots qu'on distingue mal. Elle se bouche
les oreilles. Il lui écarte les mains.) Ça entrera... Même ici, dans cette... cette (il lui
frappe le front)… il n'est pas possible que ça ne puisse pas entrer, démolir ce qui est là,
cette imbécillité. F : — Mais dites donc... qu'est-ce qui vous prend ? mais qu'est-ce que vous avez
? Vous perdez la tête.
• 1980 N. Sarraute, Elle est là, Théâtre, p. 44
H 2 : — 0ui, le voir agir et ne pas bouger. La tolérance. On est pris là-dedans... pieds et
poings liés... Quel mot, hein ? Une vraie camisole de force... (Silence accablé.) Hé mais,
dites-moi.. . mais qu'est-ce que nous avons ? Mais nous perdons la tête. Mais je ne me
laisserai pas ligoter comme ça.
— paramorphes hétéropragmes
Je perds la tête ! 1
Se plaindre de la diminution de ses facultés intellectuelles.
• 1989 La vie et rien d'autre, film de Bertrand Tavernier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 389, 1990]
Dellaplane : — Ah je sais, vous me l'avez déjà dit ça. Irène : — Moi ? Dellaplane : — Hier.
Irène : — Comment est-ce possible ? C'est une chose qui m'était absolument sortie de l'esprit. C'est
juste en vous parlant que... Dellaplane : — A Decize, l'hôpital de Decize ! Irène : — C'est vrai
oui. L'usine s'était repliée à côté de Decize. Et je vous ai déjà dit tout ça ? Ah décidément je
perds la tête.
J'ai perdu la tête.
Expliquer le $pourquoi@ d'un acte de val. nég. du loc. Se donner une excuse pour un acte.
• 1978 N. Sarraute, Pour un oui ou pour un non, p. 24
H. 1 : — Nous étions cinq: nous deux, deux copains et un guide. On était en train de
redescendre... Et tout à coup, tu t'es arrêté. Tu as stoppé toute la cordée. Et tu as dit, sur un
ton...: « Si on s'arrêtait un instant pour regarder ? Ça en vaut tout de même la peine... » H. 2 : —
J'ai dit ça ? J'ai osé ? H. 1 : — Oui. Et tout le monde a été obligé de s'arrêter... Nous étions là,
à attendre... piétinant et piaffant... pendant que tu « contemplais »... H. 2 : — Devant vous ?
Il fallait que j'aie perdula tête...
toucher
— hétéranthropes antaxes
Tu me touches.
Exprimer son émotion causée par le dest.
Tu te touches ! 2
Contester une assertion.
toujours
— parasèmes hétéropragmes
C'est toujours ça (de pris).
Evaluer positivement qch. en exprimant sa satisfaction.
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
LE FIGURANT (expulsé du studio de cinéma; il se lève, ramasse son chapeau, se frotte les
fesses et dit philosophiquement). — Qui ne demande rien… n'a rien ! LE PERE NOBLE. — Tandis que toi,
tu as demandé et tu as recu un bon coup de pied dans les fesses.C'est toujours ça de gagné
!
• 1946 Un revenant, film de Christian-Jaque [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 399, 1991]
Geneviève. — Si je quittais Edmond [pour vous], il serait capable de… Jean-Jacques. — … de se
remarier. Geneviève. — … d'en mourir. Jean-Jacques. — Ce serait toujours ça. Alors ?
Geneviève. — Mais, vous êtes fou, n'est-ce pas ? Vous êtes complètement fou. Jean-Jacques. — Et je
vous demande de partager ma folie.
• 1949 Manèges, film de Yves Allégret
Mère : — J'ai trop bu… une bouteille de champagne, à moi toute seule ! Fille: — C'est toujours ça de pris !
C'est toujours la même chose.
Evaluer négativement un fait qui se répète.
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
L'ONCLE. C'est toujours la même chose !... Et ça sera
toujours la même chose !… On ne saura jamais,… on ne saura jamais qui
c'est qui a laissé la corbeille de croissants sous le robinet du bidon
de pétrole.
• 1961 Ce soir ou jamais, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 9, 1961]
LAURENT : — J'aimerais que tu essaies... que tu essaies de... Tu vois, allonge-lui un peu les
yeux. Comme ça, ça serait mieux.. en amande. (Anita approche le crayon des yeux de Nicole.)
JEAN-PIERRE : — Mais enfin, Anita, fais attention ! Ne tremble pas comme ça ! (Il se retourne,
affolé, vers Guillaume!) JEAN-PIERRE : — Elle va lui crever les yeux ! ...Elle va lui crever les
yeux, je vous dis... ANITA, à voix basse et sans rancœur. C'est tout le temps la même
chose...
— paramorphes hétéropragmes
C'est toujours ça (de pris).
Evaluer positivement qch. en exprimant sa satisfaction.
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
LE FIGURANT (expulsé du studio de cinéma; il se lève, ramasse son chapeau, se frotte les
fesses et dit philosophiquement). — Qui ne demande rien… n'a rien ! LE PERE NOBLE. — Tandis que toi,
tu as demandé et tu as recu un bon coup de pied dans les fesses.C'est toujours ça de gagné
!
• 1946 Un revenant, film de Christian-Jaque [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 399, 1991]
Geneviève. — Si je quittais Edmond [pour vous], il serait capable de… Jean-Jacques. — … de se
remarier. Geneviève. — … d'en mourir. Jean-Jacques. — Ce serait toujours ça. Alors ?
Geneviève. — Mais, vous êtes fou, n'est-ce pas ? Vous êtes complètement fou. Jean-Jacques. — Et je
vous demande de partager ma folie.
• 1949 Manèges, film de Yves Allégret
Mère : — J'ai trop bu… une bouteille de champagne, à moi toute seule ! Fille: — C'est toujours ça de pris !
C'est toujours comme ça.
Evaluer négativement un fait qui se répète.
• 1969 R. Sabatier, Les Allumettes suédoises, p. 209
« C'était un jeune homme [le chevalier de La Barre], dit Bougras. Ils lui ont coupé la tête
et ils l'ont brûlé. Pour trois fois rien. Il n'aimait pas les curés. — Alors, on a donné son nom à
une rue ? — Oui, c'est toujours comme ça. »
— antisèmes sympragmes
Tu dis toujours ça !
Critiquer une nouvelle assertion du dest. pour son contenu de val. nég.
• 1989 Monsieur Hire, film de Patrice Leconte [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 391, 1990]
Alice : — Allez, viens, on va marcher, j'ai besoin d'air, je suis restée enfermée toute la
journée, moi. Emile : — Ecoute Alice... Heu... Alice : — T'es vraiment un dégueulasse, t'aurais pu
t'arranger ! Emile : — Tu sais très bien que j'y suis pour rien,mais j'ai promis à mon père. Alice :
— Tu dis toujours ça !
• 1996 Y aura-t-il de la neige à Noël ?, film de Sandrine Veysset [dialogues publiés par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Paris, 1997]
L.A MÈRE : — Qu'est-ce qu'on ferait si on partait ? T'aimerais te retrouver dans un HLM ? Là
au moins, vous êtes à la campagne... BRUNO : — Tu dis toujours ça, mais on se débrouillerait.
Je travaillerais, Jeanne aussi... LA MÈRE : — Dis pas de bêtises,je sais bien que tu
m'aiderais.
Tu n'as pas toujours dit ça !
Critiquer une assertion du dest. en contradiction avec ses déclarations antérieures.
• 1937 Pépé le Moko, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 270, 1981]
Pépé : — Ah là là, deux ans de Casbah, deux ans que je suis avec toi ! ça commence à faire
un compte rond, tu sais. Ben, mets-toi à ma place. Inès le matin, Inès le midi, Inès le soir. T'es
pas une femme, t'es un régime ! Inès : — T'as pas toujours ditça.
• 1943 Goupi-mains rouges, film de Jacques Becker [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 204, 1978]
(Enquête de la gendarmerie après la mort de Tisane.) MES SOUS. — Ecoute, Mains Rouges,
écoute. MAINS ROUGES. — Oui, oui, oui, j'fais que ça. MES SOUS. — Y a que toi pour nous tirer de là.
MAINS ROUGES. — Je suis ni le Bon Dieu, ni le diable. MES SOUS. —Non, mais t'es le plus malin de la
famille [Goupi]. […] LA LOI. — Et n'oublie pas que t'es un Goupi, toi aussi. MAINS ROUGES. — Dis
donc, La Loi, t'as pas toujours dit ca, il t'arrive encore quelques fois, de penser à Goupi
la Belle ? Si tu l'avais pasempêchée de m'épouser, elle ne se serait pas jetée dans le puits. LA
LOI. — C'est toi qui le dis, et ça, c'est de l'histoire ancienne.
• 1981 Neige, film de Juliet Berto et Jean-Henri Roger [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 422, 1993]
Willy : — Vous êtes marrants tous les deux, on s'croirait dans un film avec deux
saint-bernards. Anita : — Tu fais chier. Willy : — Ah bon ? T'as pas toujours dit ça ! Anita
: — Qu'est-ce que ça veut dire, ça ? J'te dois p't'être quequ'chose ? Allez, vas-y, crache... Willy
: — Ça va, j'ai rien dit...
• 1986 Le paltoquet, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 353, 1986]
Commissaire : — Alors vous vous taisez, la taulière ! Tenancière : — […] Dis donc, mon lapin, mon chaud lapin, t'as pas toujours dit ça !
tout
— paramorphes hétéropragmes
On verra tout.
Sens littéral.
On aura tout vu !
Exprimer son étonnement convaincu. Evaluer négativement qch.
• 1959 R. Queneau, Zazie dans le métro, p. 162
— Si maintenant elle [Zazie] se met à te faire du charme, dit Gabriel, on aura tout vu. — Pourquoi ? demanda Zazie. C'est un hormo ?
• 1963 Le doulos, film de Jean-Pierre Melville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 25, 1963]
LE CHASSEUR : — Bonsoir, monsieur Silien. Vous cherchez, quelqu'un ? SILIEN : — Non. J'ai
soif... DEUXIEME CHASSEUR : — Ben !... Silien qui vient boire chez Nuttheccio, on aura tout vu
! PREMIER CHASSEUR : — Ça ne présage rien de bon...
• 1980 Le dernier métro, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 304, 1983]
ROSEN. — Alors, Monsieur Cottins, vous avez expliqué mon cas à Madame Steiner ? Que vous
a-t-elle dit ? JEAN-LOUP. — Ecoutez, Rosen, je suis désolé, mais elle ne veut rien entendre. Elle ne
veut pas d'acteur juif dans son théâtre. ROSEN. — Alors, décidément, on aura tout vu !
J'aurais accepté cette réponse de n'importe qui, mais s'entendre dire ça dans le propre théâtre de
Lucas Steiner, je trouve que c'est un comble !
— hétéranthropes hétéropragmes
Il faut tout me dire.
Demander au dest. de tout me dire, y compris ce qui est de val. nég.
• 1959 R. Queneau, Zazie dans le métro, p. 59
— Allons, voyons, disait le type d'un ton encourageant, qu'est-ce qu'il y a ? Tes parents te
battent ? Tu as perdu quelque chose et tu as peur qu'ils te grondent […] Il faut tout me
dire. N'aie pas peur. Tu peux avoir confiance en moi.
Il faut tout te dire.
Critiquer le manque d'initiative du dest.
• 1986 Le paltoquet, film de Michel Deville [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 353, 1986]
Tenancière : — Y a plus rien à voir, c'est fini ! Allez, jouez ! Faut tout leur dire…
— antisèmes synaxes
Je t'ai tout dit.
Dire qu'on a donné toutes les informations dont on disposait sur un sujet.
• 2002 Huit femmes, film de François Ozon [dialogues publiés par les Editions de La Martinière, Paris, 2002]
SUZON. — Maman ! GABY. — Oui, qu'est-ce qu'il y a ? Tu as une autre révélation à me faire ? SUZON. — Non, non, je t'ai tout dit.
Tout n'est pas dit.
Dire que ce qui est désiré / craint peut encore arriver.
— parasèmes synantaxes
Tout peut arriver.
Dire que qch. est possible ou faisable.
| Il faut / On peut | s'attendre à tout !
Prédire une suite de val. nég.
• 1918 M. Proust, ALRDTP 2 , A l'ombre des jeunes filles en fleurs, p. 42
[…] elle avait depuis peu entendu dire par une femme sculpteur : « On peut s'attendre à tout
de la part des hommes, ils sont si mufles», et frappée par la
profondeur de cete maxime pessimiste, elle se l'était appropriéee […]
• 1959 E. Ionesco, Rhinocéros, Gallimard Folio, p. 205
Daisy : — Je sais qu'il était contre. Pourtant, il est devenu rhinocéros, vingt-quatre heures
après la transformation de M. Papillon. Dudard : — Voilà ! il a changé d'idée ! Tout le monde a le
droit d'évoluer. Bérenger : — Mais alors, alors on peut s'attendre à tout !
• 1965 Viva Maria, film de Louis Malle [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 57, 1966]
Rodolfo : — Florès ? Florès, ils n'emmènent que les filles
[mises en prison]. Pourquoi ? Florès : — Avec un homme comme Rodriguez,
il faut s'attendre à tout.
— hétéranthropes hétéropragmes
Je sais tout !
Accuser le dest. d'un acte coupable.
• 2000 Ressources humaines, film de Laurent Cantet [dialogues publiés par Arte Editions / Editions 00h00.com, coll. Scénars, Paris, 2000]
FRANK : — Quand on a les pleins pouvoirs, il faut savoir les assumer plutôt que de ruser
constamment comme vous le faites. LE PATRON : — Ruser ? Mais où tu vas chercher tout ça ? Quelle
ruse ? FRANK : — Mais arrêtez ! Je suis au courant de tout ! Le plande licenciement ! La fermeture
de la soudure ! Je sais tout !
| Maintenant / comme ça |, tu sais tout.
Dire qu'on a donné toutes les informations dont on disposait sur un sujet.
— hétéranthropes hétéropragmes
Je ne sais pas tout.
Déclarer forfait pour répondre à une question.
( | Attends, / Et | ) tu ne sais pas tout ! 1
Ajouter qch. à une information donnée par le loc.
• 1980 Le dernier métro, film de François Truffaut [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 304, 1983]
JEAN-LOUP. — Tu n'as jamais eu tellement envie d'être actrice, finalement ? MARION. — J'avais
un métier, il me plaisait. JEAN-LOUP. — Oh, mais non, je sais bien, si Lucas avait pas été te sortir
de ta maison de couture tu serais encore au milieu de tes chiffons, hein ? Avoue ! MARION. — Tu
crois pas si bien dire, et encore tu ne sais pas tout : si j'avais refusé de le suivre, il me
l'a avoué lui-même, il aurait demandé à Mademoiselle Chanel de me renvoyer !
transparent
— hétéranthropes synaxes
Je suis transparent !
Critiquer autrui de ne pas s'intéresser à moi.
Tu n'es pas transparent !
Critiquer le dest. de faire écran entre
ce que je regarde et moi. Programmer une réaction d'opposition du dest.
tuer
— paramorphes antaxes
Tu me tues !
Critiquer un acte du dest. qui dure, se répète, pour ses conséquences sur le loc.
• 1913 M. Proust, ALRDTP 1, Du côté de chez Swann, p. 344
— […] Il y a combien de temps? — Oh! Charles, mais tu ne vois pas que tu me tues ! c'est tout ce qu'il y a de plus ancien. Je n'y avais jamais repensé. On dirait que tu veux absolument me redonner ces idées-là.
• 1921 M. Proust, ALRDTP 3, Le côté de Guermantes, p. 164
[…] pour amuser la jeune femme […] il [un danseur] se mit à refaire le mouvement de ses
paumes, en se contrefaisant lui-même avec une finesse de pasticheur et une bonne humeur d'enfant.
"Oh ! c'est trop gentil, ce coup de s'imiter soi-même, s'écria-t-elle en battant des mains. — Je
t'en supplie, mon petit, lui dit Saint-Loup d'une voix désolée, ne te donne pas en spectacle comme
cela, tu me tues, je te jure que si tu dis un mot de plus, je ne t'accompagne pas à ta loge,
et je m'en vais […]
• 1991 Conte d'hiver, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 415, 1992]
Félicie : — Pourquoi ai-je la certitude que j'aime Charles, comment puis-je en être
absolument sûre ? Quand je l'ai rencontré, j'ai eu l'impression de quelque chose de déjà connu.
Alors comment tu expliques ça, sinon parce que nous nous sommes déjà vus dans une vie antérieure ?
Loïc : — Arrête, Félicie, tu me tues !
Tu m'as tué(e) !
Féliciter le partenaire, après l'amour.
vent
— paramorphes hétéropragmes
C'est du vent.
Critiquer une assertion d'autrui pour le manque de sérieux de son contenu.
Du vent !
Donner congé au dest. désagréable.
• 1985 Escalier C, film de Jean-Charles Tacchella [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 344, 1985]
Forster : — C'est la première fois de ma vie que je sympathise avec quelqu'un ! Claude : —
Avec une morte ? Ah, c'est intéressant. Et ça te mènera où ? Forster : — C'est comme une épreuve. Il
faut que je la réussisse. Claude : — Oh, Forster, faut te ressaisir. Forster : — Oh là, là ! Mais
j'en ai marre de tes sermons, à toi ! Allez, allez, allez, tire-toi, du vent !
vernir
— hétéranthropes antaxes
Je suis verni !
Evaluer négativement la situation du loc.
Tu es verni !
Evaluer positivement la situation du dest.
vite
— isolexes hétéropragmes
Dis vite !
Demander au dest. de donner les informations dont il dispose.
• 1954 E. Ionesco, La Cantatrice chauve, Folio, 1954, p. 36
Mme Martin : — Eh bien, j'ai assisté aujourd'hui à une chose extraordinaire. Une chose incroyable. M. Martin : — Dis vite, chérie.
• 1966 E. Ionesco, La lacune, Gallimard, p. 183
La femme : — Alors, cher ami, dites vite. L'ami : — Je ne sais pas comment vous annoncer cela.
C'est vite dit !
Critiquer un acte envisagé par le dest. Contester une assertion représentative ou programmative.
• 1935 La Bandera, film de Julien Duvivier [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 286, 1982]
Gilieth : — Dis donc, ça t'épate pas tout le fric qu'il a ? Mulot : — C'est sa mère… Gilieth : — Oh, ça dame, ça dame… c'est vite dit !
• 1974 Les doigts dans la tête, film de Jacques Doillon [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 158, 1975]
LIV [suédoise] : — Excuse-moi aussi pour je suis venue, mais tu
sais, on est tous un peu fous dans la tête... Il faut faire une
bataille contre l'éducation qu'on a mis dans la tête. ROSETTE : — Ben, c'est vite dit !
• 1985 Vaudeville, film de Jean Marbœuf [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 358, 1987]
Madeleine : — Tu n'es pas au magasin ? Victor : — Pour quoi faire ? Gagner du fric ? J'ai
personne à ma charge, alors ! moi, je me fous de tout ! Madeleine : — C'est un mauvais moment à
passer, Victor. Il faut être fort... Victor : — « Il faut »... « Ilfaut »... C'est vite dit,
ça... C'est facile pour toi d'ête forte, c'est inné... Tu crains rien. Mais moi,
hein...
voilà
— parasèmes antaxes
Et voilà le travail ! 1
Evaluer positivement comme succès le résultat d'un acte du loc.
• 1979 Série noire, film de Alain Corneau [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 234, 1979]
STAPLIN [le patron] : — Bonjour mon petit Frank. […] FRANK [démarcheur] : — […] (Il sort de sa poche quatre billets de cent francs [qu'il a gagnés], qu'il déplie et étale devant Staplin.) Et voilà le travail !
Et voilà le résultat !
Critiquer un acte d'autrui pour ses conséquences actuelles.
• 1951 Fanfan la tulipe, film de Christian-Jaque [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 371, 1988]
Adeline. — Vous vouliez vous soustraire au mariage... Nous étions là et vous en avez profité.
Fanfan. — Et voilà le résultat ! [=il est en prison]. Adeline. — Oh, rien n'est perdu... Je
vais parler à Fier-à-Bras... Il fait tout ce que je lui demande.
voir
— paramorphes antaxes
(Oui,) on peut voir.
Accepter qu'un acte soit réalisé.
On peut nous voir.
Critiquer un acte du loc. et du dest.
Programmer une réaction d'opposition. Justifier un acte du loc.
Programmer une réaction d'opposition à un comportement inconvenant aux
yeux de tiers.
• 1943 Le Corbeau, film de Henri-Georges Clouzot [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 187, 1977]
Laura [au Dr. Germain qui lui baise la main] — Attention, on peut nous voir. Dr Germain — Et quel mal y a-t-il ? Laura — Rien, bien sûr. Mais il faut prendre garde !
— hétéranthropes antaxes
Je ne vois que ça.
Dire qu'on a donné une information complète, à sa connaissance.
Tu ne vois que ça !
Critiquer le dest. de ne tenir compte qu'un d'un aspect des choses.
— parasèmes hétéropragmes
Tu ne m'as pas vu ! 2
Demander au dest. de garder secrète notre rencontre.
Tu ne m'as pas regardé !
Refuser d'être actant d'un acte programmé par le dest.
• 1935 Toni, film de Jean Renoir [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 252, 1980]
GABI. Qu'est-ce que tu veux, cousine ? JOSEFA. Ça m'embête d'aller au lavoir. GABI. Tu crois
pas que je vais y aller à ta place, non ? Eh, non… mais tu me vois pas en train de faire la lessive,
hein ? JOSEFA. Aide-moi à tirer le charreton... GABI. Oh, dis, tu m'as pas regardé, alors
!
vraiment
— parasèmes hétéropragmes
Tu (le) penses vraiment ?
Demander au dest. s'il parle sérieusement.
• 1938 Le Schpountz, film de Marcel Pagnol [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 106, 1970]
FRANÇOISE (très doucement). Toi, depuis très longtemps, tu me dis des choses gentilles. Est-ce que tu les penses vraiment ? ASTRUC. Qu'est-ce que c'est les choses gentilles que je t'ai dites ?
• 1959 E. Ionesco, Rhinocéros, Gallimard Folio, p. 182
Bérenger : — Quand il n'y aura plus d'épidémie [certains se transforment en rhinocéros], je
ne boierai plus. J'avais déjà pris cette décision avant les événements. Je la reporte,
provisoirement ! Dudard : — Vous vous donnez des excuses. Bérenger : — Ah oui, vous croyez ?… En
tout cas, cela n'a rien à voir avec ce qui se passe. Dudard : — Sait-on jamais ? Bérenger : —
Vous le pensez vraiment ? Vous croyez que cela prépare le terrain ? Je ne suis pas
alcoolique.
• 1992 L'arbre, le maire et la médiathèque, film de Eric Rohmer [dialogues publiés par L'Avant-Scène Cinéma, Paris, no 430, 1994]
Le Directeur : — Mais les écologistes, les Verts sont les pires réactionnaires. Ils ne sont
pas de gauche, ils ne l'ont jamais été. Bérénice : — Ah ! vous le pensez ? Le Directeur : —
Mais enfin… Bérénice : — Moi aussi, je le pense.
Tu le crois vraiment ?
Demander au dest. s'il est certain de ce qu'il asserte.