màj 26/10/13

TAUL : Dictionnaire de phrases usuelles


-- analyse partielle et provisoire --

mot-vedette : absurde

(Mais) c'est absurde (, voyons) !

Dictionnaires :
. NPR : glose, atteste.

Critère(s) d'inclusion :
nomenclature large : expression valuative.
N.B. sous rserve des champs actuellement non renseigns.

Fonctions :
Critiquer un acte EN PART. Contester une assertion.

Mode de réalisation de la fonction : [en cours de refonte]

Motif de l'énonciation : [en attente]

Type de phrase :
assertion positive mode littral

Attestations :

     Enchaînements remarquables :
monol. : [ tu as des ides absurdes ] [ ce serait ridicule ]


1913 M. Proust, ALRDTP 1, Du ct de chez Swann, p. 29
Quant ma mre elle ne pensait qu' tcher d'obtenir de mon pre qu'il consentt parler Swann non de sa femme mais de sa fille qu'il adorait et cause de laquelle disait-on il avait fini par faire ce mariage. Tu pourrais ne lui dire qu'un mot, lui demander comment elle va. Cela doit tre si cruel pour lui. Mais mon pre se fchait : Mais non ! tu as des ides absurdes. Ce serait ridicule.

1921 M. Proust, ALRDTP 3, Le ct de Guermantes, p. 287
"Allons, lui dis-je assez lgrement pour n'avoir pas l'air de prendre trop au srieux son malaise, puisque tu as un peu mal au cur, si tu veux bien nous allons rentrer, je ne veux pas promener aux Champs-lyses une grand-mre qui a une indigestion. Je n'osais pas te le proposer cause de tes amis, me rpondit-elle. Pauvre petit ! Mais puisque tu le veux bien, c'est plus sage." J'eus peur qu'elle ne remarqut la faon dont elle prononait ses mots. "Voyons, lui dis-je brusquement, ne te fatigue donc pas parler, puisque tu as mal au cur, c'est absurde, attends au moins que nous soyons rentrs."

1921 M. Proust, ALRDTP 3, Le ct de Guermantes, p. 464
[Mme de Guermantes dit de la manire dont Charlus manifeste le deuil de sa femme que "ce n'est pas un deuil de mari."] Ce n'est pas pour dire du mal du pauvre Mm [=Charlus] [], reprit la duchesse, je reconnais qu'il est bon comme personne, il est dlicieux, il a une dlicatesse, un cur comme les hommes n'en ont pas gnralement. C'est un cur de femme, Mm ! Ce que vous dites est absurde, interrompit vivement M. de Guermantes. Mm n'a rien d'effmin, personne n'est plus viril que lui. Maisje ne vous dis pas qu'il soit effmin le moins du monde. Comprenez au moins ce que je dis, reprit la duchesse.

1922 M. Proust, ALRDTP 5, La Prisonnire, p. 274
Ce que vous dites est d'un faux, d'un absurde, d'un ct !

1922 M. Proust, ALRDTP 6, Albertine disparue, p. 18
ces moments-l je discutais pourtant en me disant : Inutile, n'est-ce pas, d'envisager l'hypothse o elle [=Albertine] partirait brusquement. C'est absurde. Si je la confiais un homme sens et intelligent [], il m'aurait srement dit : "Mais voustes fou. C'est impossible." Et en effet nous n'avions pas eu une seule querelle. On part pour un motif. On le dit. On vous donne le droit de rpondre. On ne part pas comme cela. Non, c'est un enfantillage. C'est la seule hypothse absurde.

1922 M. Proust, ALRDTP 6, Albertine disparue, p. 91
Par la contradiction mme qu'elle impliquait, une telle supposition tait absurde.

1922 M. Proust, ALRDTP 7, Le Temps retrouv, p. 179
Quelques-uns voulaient que le roman ft une sorte de dfil cinmatographique des choses. Cette conception tait absurde. Rien ne s'loigne plus de ce que nous avons peru en ralit qu'une telle vue cinmatographique.

1945 Les dames du Bois de Boulogne, film de Robert Bresson [dialogues publis par L'Avant-Scne Cinma, Paris, no 197, 1977]
(Jean a demand Hlne de laider rencontrer Agns. Hlne est rticente. Jean prend cong). HELENE. Qu'est-ce que vous comptez faire ? JEAN. Disparatre. HELENE. Mais disparatre o ? JEAN. Ne plus la voir. Ne plus vous voir. Ne plus voir personne. HELENE. Tout cela est absurde. Vous viendrez un soir, je vous arrangerai une rencontre, vous la verrez.

1973 L'emmerdeur, film de Edouard Molinaro
L : C'est absurde d'appeler la police, voyons ! A : Pourquoi ? L : Il est pas mort, il est mme pas bless. A : Peut-tre, mais moi il faut que je le signale. L : Vous croyez pas qu'ils ont autre chose faire ?

1981 La fille prodigue, film de Jacques Doillon [dialogues publis par L'Avant-Scne Cinma, Paris, no 275, 1981]
ANNE : Je ne veux pas le voir [mon mari]. Je ne le verrai pas. LE PERE : C'est absurde... Tu ne peux pas ne pas le voir. Il est venu pour te voir.

1993 Ptain, film de Jean Marbuf [dialogues publis par L'Avant-Scne Cinma, Paris, no 425, 1993]
Ptain : Faites voir. [Il lit le texte de Laval] : Pour construire cette Europe, l'Allemagne est en train de livrer des combats gigantesques. Je crois la victoire de l'Allemagne, parce que sans elle le bolchevisme s'installerait partout. Rochat : J'ai indiqu au Prsident [Laval] qu'il n'tait pas oblig de dire cette phrase puisque la France est en situation d'armistice Neutre, en quelque sorte. Ptain : L n'est pas la question. Elle est absurde cette phrase. Comment pouvez-vous crire: Je crois la victoire de l'Allemagne. ? Qu'est-ce que vous en savez ? C'est un problme militaire. Vous n'y entendez rien !



énoncés rangés sous une autre lettre ou autre
table TAUL
table pragmalex

TAUL, copyright © Michel Martins-Baltar 2008-2013, mmartinsb@neuf.fr