Dictionnaires : [en attente]
Critère(s) d'inclusion :
nomenclature troite : locution phrastique (hors proverbes).
nomenclature large : expression valuative.
N.B. sous rserve des champs actuellement non renseigns.
Fonction :
Critiquer un acte envisag pour son inutilit.
Mode de réalisation de la fonction : [en cours de refonte]
Motif de l'énonciation : [en attente]
Type de phrase :
phrase prpositionnelle question partielle valant pour une rponse vide
mode substitutif (locution)
Attestations :
Enchaînements remarquables :
dial. : [ quoi bon ? ] [ mais si ]
monol. : [ quoi bon ? ] [ il vaut mieux [l'oublier] ]
monol. : [ quoi bon [continuer] ? ] [ je n'y arrivarai pas ]
monol. : [ du reste, quoi bon ? ] [ a n'aurait rien chang ]
1922 M. Proust, ALRDTP 6, Albertine disparue, p. 87
Dans un roman que j'avais lu il y avait une femme qu'aucune objurgation de l'homme qui l'aimait
ne pouvait dcider parler. En le lisant j'avais trouv cette situation absurde ; j'aurais, moi, me
disais-je, forc la femme parler d'abord, ensuite nous nous serions entendus. quoi bon
les malheurs inutiles ? Mais je voyais maintenant que nous ne sommes pas libres de ne pas
nous les forger et que nous avons beau connatre notre volont, les autres tres ne lui obissent
pas.
1922 M. Proust, ALRDTP 7, Le Temps retrouv, p. 163
Mais puisque je savais maintenant que je ne pouvais rien atteindre de plus que des plaisirs frivoles, quoi bon me les refuser ?
1935 P. Lautaud, Journal particulier, Mercure de France, 2012, p. 113
Elle me demande d'aller la voir mardi la Bibliothque. Je dis : quoi bon ? Elle dit : Mais si. Je dis : Alors, c'est entendu.
1935 La kermesse hroque, film de Jacques Feyder [dialogues publis par L'Avant-Scne Cinma, Paris, no 27, 1963]
(Lennemi espagnol approche du bourg.) QUATRIEME FLAMAND. A quoi bon rsister ? LE PREMIER ARQUEBUSIER. Du moment qu'on n'est pas les plus forts, c'est bte.
1941 Volpone, film de Maurice Tourneur [dialogues publis par L'Avant-Scne Cinma, Paris, no 190, 1977]
[Volpone est lagonie] CORBACCIO (appelant). Messire Volpone... m'entendezvous ? ( Mosca) Ah ben, il entend mme plus... eh bien ! essaie toi-mme. MOSCA. quoi bon ! Il n'a mme plus sa connaissance
1942 Les visiteurs du soir, film de Marcel Carn [dialogues publis par L'Avant-Scne Cinma, Paris, no 13, 1962]
DOMINIQUE ( Gilles qui vient de ressusciter un ours). A quoi bon, Gilles ?
GILLES, triste et indiffrent. Cela m'amuse tout de mme de faire le bien, de temps en temps.
DOMINIQUE, haussant les paules avec lassitude. A quoi bon, Gilles ?
1942 Les visiteurs du soir, film de Marcel Carn [dialogues publis par L'Avant-Scne Cinma, Paris, no 13, 1962]
ANNE. Je vous aime. GILLES. Anne... j'appartiens au Diable... je suis de ses amis... et si vous m'aimez, c'est grce lui peut-tre. ANNE, trs sre d'elle. A quoi bon vous torturer ainsi ?
1943 Le Corbeau, film de Henri-Georges Clouzot [dialogues publis par L'Avant-Scne Cinma, Paris, no 187, 1977]
Marie Le cancer du foie ? Oh, il en a pour quinze jours, et encore Dr Germain Vous ne lui faites pas de morphine ? Marie A quoi bon ? Je lui en ai donn le premier jour, il ne s'en est mme pas aperu !
1943 Madame de , film de Max Ophls [dialogues publis par L'Avant-Scne Cinma, Paris, no 352, 1986]
Monsieur de : Il faura me donner votre adresse Constantinople. Lola : A quoi bon, tu n'criras pas. M. de : Pourquoi dites-vous a ?
1946 Un revenant, film de Christian-Jaque [dialogues publis par L'Avant-Scne Cinma, Paris, no 399, 1991]
(Franois s'est jet du haut des cintres.) Karina. Est-il gravement bless ? Jean-Jacques.
Non, un miracle. Karina. On peut le voir ? Jean-Jacques. A quoi bon ! Karina. Oh ! Tout
de mme Jean-Jacques. Non, pas d'attendrissement de circonstance.
1949 Le point du jour, film de Louis Daquin [dialogues publis par L'Avant-Scne Cinma, Paris, no 206, 1978]
MADAME BREHARD. La premire fois que ton pre n'est pas rentr directement de la fosse
[=mine], j'ai cru devenir folle. MARIE. Tu veux que j'aille jusqu'au carreau pour me renseigner?
MADAME BREHARD. A quoi bon. Quand on y va c'est pour voir notre misre.
1958 E. Ionesco, Tueur sans gage, Folio, p. 203
BRENGER [au Tueur] : Mme si la police ferme les yeux, ce qui arrive dans la plupart des cas, quoi bon tant d'efforts et de fatigue, des plans d'action compliqus, des nuits de guet puisantes le mpris des hommes ?
1959 E. Ionesco, Rhinocros, Gallimard Folio, p. 226
Brenger : Moi, pour ma part, je me reprocherai toujours de n'avoir pas t plus doux avec Jean. [] Daisy : Ne te tracasse pas. Tu as tout de mme fait de ton mieux. On ne peut faire l'impossible. A quoi bon les remords ?
1959 E. Ionesco, Rhinocros, Gallimard Folio, p. 237
Brenger : Nous aussi, nous pouvons avoir du courage. Il n'en faut pas tellement d'ailleurs. Cela se fait tout seul, avec du temps, de la patience. Daisy : A quoi bon ? Brenger : Si, si, un peu de courage, un tout petit peu.
1961 Lon Morin, prtre, film de Jean-Pierre Melville [dialogues publis par L'Avant-Scne Cinma, Paris, no 11, 1961]
Lon Morin : Avant il y avait quelquefois trois prtres pour conduire un type dans le trou. A quoi bon ! L'enterrement ce n'est pas un sacrement, c'est secondaire. On est l pour les vivants, on n'est pas des croquemorts.
1963 L. Calaferte, Septentrion, Denol (Folio 2142) p. 189
crire, c'est ne jamais trouver. A quoi bon en attendre autre chose ?
1963 L. Calaferte, Septentrion, Denol (Folio 2142) p. 211
Du moment que j'encaissais tout, quoi bon se gner avec moi ?
1963 L. Calaferte, Septentrion, Denol (Folio 2142) p. 291
Tu te boucles dans ta chambre et l'air n'en sera que plus respirable. Rentre donc tout de suite pendant que tu y es. A quoi bon attendre encore, il en sera de mme minuit ou deux heures du matin, l'argent ne va pas tomber du ciel []
1963 L. Calaferte, Septentrion, Denol (Folio 2142) p. 430
Tout a dj t fait et refait. Dit et redit. Avant mme que nous soulevions pour la premire fois les paupires. A quoi bon s'chiner jusqu'au sang ?
1975 Emile Ajar (Romain Gary), La vie devant soi, 1975 (Folio 1362), p. 92
Mais enfin, comment est-ce possible ? Qui a procur cette vieille dame de l'hrone ? ./. Je
[=dix ans] le regardais, les mains dans les poches, mais je ne lui ai rien dit parce qu' quoi
bon, c'tait un jeune mec de trente ans qui avait encore tout apprendre.
1975 Emile Ajar (Romain Gary), La vie devant soi, 1975 (Folio 1362), p. 212
Mohammed ! Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi pleures-tu ? Mohammed ! ./. J'aimais pas tellement qu'elle m'appelle Mohammed parce que a fait beaucoup plus loin que Momo mais quoi bon.
1978 N. Sarraute, Pour un oui ou pour un non, p. 17
F., H. 3 : Eh bien, je trouve a gentil... H. 2, gmit : Oh ! F., H. 3 : Vous ne trouvez
pas a gentil ? Moi, on me proposerait... H. 2 : quoi bon continuer ? Je n'y arriverai
pas. H. 1 : Si, j'y tiens. Continue, je t'en prie. Ce n'tait pas gentil ?
1980 N. Sarraute, C'est beau, Thtre, p. 70
ELLE : J'tais heureuse, heureuse, heureuse, heureuse ! Il y a eu juste, tout coup, je ne
sais pas comment. cet affreux moment. Chaque fois que j'y repense. LUI, froid : De toute manire,
quoi bon ? Il vaut mieux l'oublier. Ce qui est fait estfait. Maintenant tu ne le changeras
pas.
1980 N. Sarraute, Elle est l, Thtre, p. 38
F : D'ailleurs, c'est ce que j'ai fait... je n'ai pas bronch... Mais ce n'est pas encore
assez... Mais o est-on ? H. 2 : Oui, o est-on ? Je suis fou... Voil ce que c'est... de traiter
d'gal gal... de discuter Oh non, ne partez pas... j'ai tort. quoi bon ces attaques ?
Il ne s'agit pas de nous... pas de vous...
1986 Mlo, film de Alain Resnais [dialogues publis par L'Avant-Scne Cinma, Paris, no 360, 1987]
Pierre [lit] : Plus j'ai t mauvaise et cruelle, plus on riait... plus on m'a aime...
Voil ma seule excuse... Personne ne lui est venu en aide cette petite rosse de Maniche [=moi].
Du reste quoi bon ? a n'aurait rien chang...