mˆj : 30/05/25
DiPhUs : Dictionnaire de phrases usuelles

phrases par rŽaction : prŽsentation du classement



PLAN

1. organisation du classement des fonctions des ŽnoncŽs
1.1. orientation
1.2. transformativitŽ
1.3. rŽactions portant sur un thme
1.4. rŽactions non dŽterminŽes
2. rŽpartition des ŽnoncŽs dans les catŽgories de fonctions
2.1. trois niveaux hiŽrarchiques de fonctions
2.2. ŽnoncŽs uni- et plurifonctionnels
2.3. fonctions prŽcises et imprŽcises
3. ŽnoncŽs non classŽs
4. index alphabŽtique des rŽactions



1. ORGANISATION DU CLASSEMENT DES FONCTIONS DES ƒNONCƒS

Le classement des fonctions en grandes catŽgories est complŽtŽ par un index alphabŽtique des fonctions.

1.1. ORIENTATION

Comment classer les ŽnoncŽs selon la fonction qu'ils rŽalisent ? On donnera la prioritŽ ˆ l'orientation de l'ŽnoncŽ, c'est-ˆ-dire ˆ la distinction entre participation et opposition au motif de l'Žnonciation (ME), avec leurs variantes (non participation, participation ˆ qch. de val. nŽg. É). Accepter de faire l'acte que le dest. me demande de faire c'est participer ˆ cette demande, et refuser de le faire c'est s'y "opposer".

La notion d'orientation d'une rŽaction par rapport ˆ son motif peut Žgalement s'appliquer aux actants du motif : fŽliciter l'agent d'un acte c'est "participer" ˆ cet agent, le critiquer c'est s'y opposer. La distinction entre orentation par rapport au motif et par rapport ˆ l'agent du motif se marque dans des paires d'ŽnoncŽs comme C'est absurde ! [ce que tu dis, ce que tu fais] et Tu es absurde.

Plaindre quelqu'un est ˆ la fois une opposition au motif de la plainte (on lui suppose une val. nŽg.) et une participation ˆ la victime (on lui reconna”t une val. pos. dans le cadre du motif de val. nŽg.).

L'orientation par rapport ˆ un actant du motif n'est pas sans rapport avec la thŽorie de l'effort de figuration centrŽe sur la notion de "face" : cette thŽorie Žtudie la valeur des actes (de parole ou non) - pour les actants sur lesquels ils portent.
Ici l'orientation d'une rŽaction par rapport ˆ un actant du motif de cette rŽaction est secondaire ˆ l'orientation de cette rŽaction par rapport au motif lui-mme. L'orientation par rapport ˆ un actant est nŽanmoins centrale dans les rŽactions dites de "rŽtribution" d'un agent, d'un bŽnŽficiaire, d'une victime.

1.2. TRANSFORMATIVITƒ

Une autre variable concerne le caractre transformatif des rŽactions sur ce sur quoi elles portent, qui va tre un ŽlŽment du complexe motivationnel : le motif lui-mme, ses entours, ses actants. On oppose ici les rŽactions non transformatives, tensives, transformatives.

1.2.1. rŽactions non transformatives

Les rŽactions non transformatives laissent le motif en l'Žtat. C'est le cas des rŽactions concernant l'opinion, la vŽritŽ des assertions, des rŽactions Žvaluatives de re, des rŽactions cognitives, notamment informatives, et des rŽactions expressives, qui expriment ou manifestent un Žtat affectif causŽ par le motif. Respectivement :
C'est ce que je me dis moi aussi. partager l'opinion d'autrui.
Tu m'arrtes si je me trompe. demander au dest. de contr™ler la vŽritŽ de ce que je vais dire.
On sait comment a finit. prŽdire une dŽgradation d'une situation.
Ne va pas (t)'imaginer je ne sais quoi ! prŽvenir une hypothse fausse du dest.
Il faut avoir le cÏur bien accrochŽ ! exprimer son dŽgožt.

1.2.2. rŽactions tensives

Les programmations sont par dŽfaut considŽrŽes comme des programmations "actives", en ce sens qu'elles impliquent un proagent (le loc. lui-mme, le dest., voire un tiers) chargŽ de rŽaliser l'acte programmŽ. On qualifie de "passives" les programmations qui n'impliquent pas de proagent. C'est le cas des vÏux, des souhaits, des espoirs. NB Les verbes souhaiter, espŽrer peuvent construire des programmations passives ou actives :
J'espre qu'il fera beau / que tu viendras.
Je te souhaite bien du bonheur / je souhaite que tu viennnes.


Les programmations ("actives") pour un acte du dest. sont primaires, secondaires, tertiaires. Une programmation primaire, contrairement ˆ une programmation secondaire, ne rŽagit pas ˆ une programmation du mme acte. Une programmation tertiaire rŽagit ˆ une programmation secondaire. Comparer :
Il faut jouer le tout pour le tout., programmation primaire,
- [Tu peux revenir demain ?] - Entendu., programmation secondaire, acceptant de faire l'acte programmŽ,
[- Vas-y ! - Je n'ai pas envie !] - Je ne te demande pas si tu as envie., programmation tertiaire, s'opposant ˆ la programmation secondaire de refus.

La programmation n'est pas ˆ proprement parler une rŽaction, elle en est un mode de rŽalisation, comme
la rŽalisation elle-mme : Bonjour !, rŽalise l'acte de saluer
l'introduction : J'ai une proposition ˆ te faire., introduit l'ŽnoncŽ de la proposition
la prŽparation : Tu es libre dimanche ? prŽpare, si la rŽponse est "oui", une proposition de faire qch. ensemble
Programmer ne saurait tre considŽrŽ dans le mme paradigme de rŽactions que par exemple critiquer, remercier, saluer, etc. La programmation, qu'elle soit passive ou active, est dite "tensive" en ce sens qu'elle tend vers la rŽalisation de ce qu'elle programme. Les ŽnoncŽs qui consistent ˆ prŽparer ou ˆ introduire un acte de parole sont eux aussi "tensifs" par rapport ˆ l'acte prŽparŽ / introduit (qui est le motif d'Žnonciation immŽdiat de ces ŽnoncŽs).


rŽaction