Index des énoncés usuels dans Proust (ALRDTP)
citations
Du côté de chez Swann A l'ombre des jeunes filles en fleurs Le côté de Guermantes Sodome et Gomorrhe La prisonnière
Albertine disparue Le temps
retrouvé
Du côté de chez Swann
[…] ma grand-mère parlant à haute voix,
pour prêcher d'exemple, sur un ton qu'elle s'efforçait
de rendre naturel, disait de ne pas chuchoter ainsi […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 021
Vous ne trouvez pas ça joli tous ces arbres,
ces aubépines et mon étang dont vous ne m'avez jamais félicité
? Vous avez l'air comme un bonnet de nuit. Sentez-vous ce petit vent ? Ah
! on a beau dire, la vie a du bon tout de même, mon cher Amédée
!
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 022
Certes ces récits faisaient rire ma grand-mère,
mais sans qu'elle distinguât bien si c'était à cause
du rôle ridicule que s'y donnait toujours Swann ou de l'esprit qu'il
mettait à les conter : « On peut dire que vous êtes
un vrai type, monsieur Swann ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 024
Si la conversation tombait sur les princes de la Maison
de France : « des gens que nous ne connaîtrons jamais ni vous
ni moi et nous nous en passons, n'est-ce pas », disait ma grand-tante
à Swann qui avait peut-être dans sa poche une lettre de Twickenham
; […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 025
— Vous avez vu que Swann a les "honneurs" du Figaro
? — Mais je vous ai toujours dit qu'il avait beaucoup de goût,
dit ma grand-mère
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 028
Quant à ma mère elle ne pensait qu'à
tâcher d'obtenir de mon père qu'il consentît à
parler à Swann non de sa femme mais de sa fille qu'il adorait et à
cause de laquelle disait-on il avait fini par faire ce mariage. « Tu
pourrais ne lui dire qu'un mot, lui demander comment elle va. Cela doit être
si cruel pour lui. » Mais mon père se fâchait : «
Mais non ! tu as des idées absurdes. Ce serait ridicule. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 029
Quant à ma mère elle ne pensait qu'à
tâcher d'obtenir de mon père qu'il consentît à
parler à Swann non de sa femme mais de sa fille qu'il adorait et à
cause de laquelle disait-on il avait fini par faire ce mariage. « Tu
pourrais ne lui dire qu'un mot, cela doit être si cruel lui." Mais
mon père se fâchait: "Mais non! tu as des idées absurdes.
Ce serait ridicule".
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 029
« Ne commencez pas à chuchoter,
dit ma grand-mère. Comme c'est confortable d'arriver dans une maison
où tout le monde parle bas ! […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 030
C'est dans le volume sur son [=Saint-Simon] ambassade
d'Espagne ; ce n'est pas un des meilleurs, ce n'est guère qu'un journal,
mais du moins un journal merveilleusement écrit, ce qui fait déjà
une première différence avec les assommants journaux que nous
nous croyons obligés de lire matin et soir. — Je ne suis pas de
votre avis, il y a des jours où la lecture des journaux me semble
fort agréable… », interrompit ma tante Flora, pour montrer qu'elle
avait lu la phrase sur le Corot de Swann dans Le Figaro.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 032
« Donc Saint-Simon raconte que Maulévrier
avait eu l'audace de tendre la main à ses fils… Vous savez, c'est
ce Maulévrier dont il dit : "Jamais je ne vis dans cette épaisse
bouteille que de l'humeur, de la grossiéreté et des sottises…"
[…] "Je ne sais si ce fut ignorance ou panneau", écrit Saint-Simon,
"il voulut donner la main à mes enfants… Je m'en aperçus assez
tôt pour l'en empêcher…" » Mon grand-père s'extasiait
déjà sur « ignorance ou panneau », mais Mlle Céline,
chez qui le nom de Saint-Simon — un littérateur — avait empêché
l'anesthésie complète des facultés auditives, s'indignait
déjà : « Comment ? vous admirez cela ? Eh bien ! c'est
du joli ! Mais qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ; est-ce qu'un
homme n'est pas autant qu'un autre ? Qu'est-ce que cela peut faire qu'il
soit duc ou cocher s'il a de l'intelligence et du cœur ? Il avait une belle
manière d'élever ses enfants, votre Saint-Simon, s'il ne leur
disait pas de donner la main à tous les honnêtes gens… Mais
c'est abominable, tout simplement… Et vous osez citer cela ? » ce fut
ignorance ou panneau", écrit Saint-Simon, "il voulut donner la main
à mes enfants… Je m'en aperçus assez tôt pour l'en empêcher…"
»
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 033
« Donc Saint-Simon raconte que Maulévrier
avait eu l'audace de tendre la main à ses fils. Vous savez, c'est
ce Maulévrier dont il dit : "Jamais je ne vis dans cette épaisse
bouteille que de l'humeur, de la grossiéreté et des sottises."
[…] "Je ne sais si ce fut ignorance ou panneau", écrit Saint-Simon,
"il voulut donner la main à mes enfants. Je m'en aperçus assez
tôt pour l'en empêcher." » Mon grand-père s'extasiait
déjà sur « ignorance ou panneau », mais Mlle Céline,
chez qui le nom de Saint-Simon — un littérateur — avait empêché
l'anesthésie complète des facultés auditives, s'indignait
déjà : « Comment ? vous admirez cela ? Eh bien ! c'est
du joli ! Mais qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ? est-ce
qu'un homme n'est pas autant qu'un autre ? Qu'est-ce que cela peut faire
qu'il soit duc ou cocher s'il a de l'intelligence et du cœur ? Il avait une
belle manière d'élever ses enfants, votre Saint-Simon, s'il
ne leur disait pas de donner la main à tous les honnêtes gens.
Mais c'est abominable, tout simplement. Et vous osez citer cela ? »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 033
« Donc Saint-Simon raconte que Maulévrier
avait eu l'audace de tendre la main à ses fils. Vous savez, c'est
ce Maulévrier dont il dit : "Jamais je ne vis dans cette épaisse
bouteille que de l'humeur, de la grossiéreté et des sottises."
[…] "Je ne sais si ce fut ignorance ou panneau", écrit Saint-Simon,
"il voulut donner la main à mes enfants. Je m'en aperçus assez
tôt pour l'en empêcher." » Mon grand-père s'extasiait
déjà sur « ignorance ou panneau », mais Mlle Céline,
chez qui le nom de Saint-Simon — un littérateur — avait empêché
l'anesthésie complète des facultés auditives, s'indignait
déjà : « Comment ? vous admirez cela ? Eh bien ! c'est
du joli ! Mais qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ; est-ce qu'un homme
n'est pas autant qu'un autre ? Qu'est-ce que cela peut faire qu'il
soit duc ou cocher s'il a de l'intelligence et du cœur ? Il avait une belle
manière d'élever ses enfants, votre Saint-Simon, s'il ne leur
disait pas de donner la main à tous les honnêtes gens. Mais c'est
abominable, tout simplement. Et vous osez citer cela ? »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 033
« Donc Saint-Simon raconte que Maulévrier
avait eu l'audace de tendre la main à ses fils. Vous savez, c'est
ce Maulévrier dont il dit : "Jamais je ne vis dans cette épaisse
bouteille que de l'humeur, de la grossiéreté et des sottises."
[…] "Je ne sais si ce fut ignorance ou panneau", écrit Saint-Simon,
"il voulut donner la main à mes enfants. Je m'en aperçus assez
tôt pour l'en empêcher." » Mon grand-père s'extasiait
déjà sur « ignorance ou panneau », mais Mlle Céline,
chez qui le nom de Saint-Simon — un littérateur — avait empêché
l'anesthésie complète des facultés auditives, s'indignait
déjà : « Comment ? vous admirez cela ? Eh bien ! c'est
du joli ! Mais qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ; est-ce qu'un homme
n'est pas autant qu'un autre ? Qu'est-ce que cela peut faire qu'il soit duc
ou cocher s'il a de l'intelligence et du cœur ? Il avait une belle manière
d'élever ses enfants, votre Saint-Simon, s'il ne leur disait pas de
donner la main à tous les honnêtes gens. Mais c'est abominable,
tout simplement. Et vous osez citer cela ? »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 033
« Donc Saint-Simon raconte que Maulévrier
avait eu l'audace de tendre la main à ses fils. Vous savez, c'est
ce Maulévrier dont il dit : "Jamais je ne vis dans cette épaisse
bouteille que de l'humeur, de la gorssiéreté et des sottises."
[…] "Je ne sais si ce fut ignorance ou panneau", écrit Saint-Simon,
"il voulut donner la main à mes enfants. Je m'en aperçus assez
tôt pour l'en empêcher." » Mon grand-père s'extasiait
déjà sur « ignorance ou panneau », mais Mlle Céline,
chez qui le nom de Saint-Simon — un littérateur — avait empêché
l'anesthésie complète des facultés auditives, s'indignait
déjà : « Comment ? vous admirez cela ? Eh bien ! c'est
du joli ! Mais qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ; est-ce qu'un homme
n'est pas autant qu'un autre ? Qu'est-ce que cela peut faire qu'il soit duc
ou cocher s'il a de l'intelligence et du cœur ? Il avait une belle manière
d'élever ses enfants, votre Saint-Simon, s'il ne leur disait pas de
donner la main à tous les honnêtes gens. Mais c'est abominable,
tout simplement. Et vous osez citer cela ? »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 033
Puis elle sortit d'un air résigné qui
semblait signifier : « C'est-il pas malheureux pour des parents
d'avoir un enfant pareil ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 035
Il nous reconnaît, nous aborde familièrement,
nous demande ce que nous faisons là. Et comme nous inventons que nous
avons quelque chose d'urgent à dire à sa parente ou amie, il
nous assure que rien n'est plus simple, nous fait entrer dans le vestibule
et nous promet de nous l'envoyer avant cinq minutes.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 036
Ma mère ne vint pas, et sans ménagements
pour mon amour-propre […] me fit dire par Françoise ces mots : «
Il n'y a pas de réponse » que depuis j'ai si souvent entendu
des concierges de « palaces » ou des valets de pied de tripots,
rapporter à quelque pauvre fille qui s'étonne : « Comment,
il n'a rien dit, mais c'est impossible ! Vous avez pourtant bien remis
ma lettre. C'est bien, je vais attendre encore. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 037
[…] je venais de prendre la résolution de ne
plus essayer de m'endormir sans avoir revu maman, de l'embrasser coûte
que coûte, bien que ce fût avec la certitude d'être
ensuite fâché pour longtemps avec elle, quand elle remonterait
se coucher.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 038
Quand j'irais me mettre sur le chemin de ma mère
au moment où elle monterait se coucher, et qu'elle verrait que j'étais
resté levé pour lui redire bonsoir dans le couloir, on ne me
laisserait plus rester à la maison, on me mettrait au collège
le lendemain, c'était certain. Eh bien ! dussé-je me
jeter par la fenêtre cinq minutes après, j'aimais encore mieux
cela.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 039
[…] ou bien, comme il [=mon père] avait encore
fait ce soir, longtemps avant l'heure rituelle, il me disait : « Allons,
monte te coucher, pas d'explication ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 041
— Mais va donc avec lui puisque tu disais justement
que tu n'as pas envie de dormir, reste un peu dans sa chambre, moi je n'ai
besoin de rien. — Mais, mon ami, répondit timidement ma mère,
que j'aie envie ou non de dormir, ne change rien à la chose,
on ne peut pas habituer cet enfant. — Mais il ne s'agit pas d'habituer, dit
mon père en haussant les épaules, tu vois bien que ce petit
a du chagrin, il a l'air désolé, cet enfant ; voyons, nous
ne sommes pas des bourreaux ! Quand tu l'auras rendu malade, tu seras bien
avancée !
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 041
— Mais va donc avec lui puisque tu disais justement
que tu n'as pas envie de dormir, reste un peu dans sa chambre, moi je n'ai
besoin de rien. — Mais, mon ami, répondit timidement ma mère,
que j'aie envie ou non de dormir, ne change rien à la chose, on ne
peut pas habituer cet enfant… — Mais il ne s'agit pas d'habituer,
dit mon père en haussant les épaules, tu vois bien que ce petit
a du chagrin, il a l'air désolé, cet enfant ; voyons, nous
ne sommes pas des bourreaux ! Quand tu l'auras rendu malade, tu seras bien
avancée !
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 041
— Mais va donc avec lui puisque tu disais justement
que tu n'as pas envie de dormir, reste un peu dans sa chambre, moi je n'ai
besoin de rien. — Mais, mon ami, répondit timidement ma mère,
que j'aie envie ou non de dormir, ne change rien à la chose, on ne
peut pas habituer cet enfant. — Mais il ne s'agit pas d'habituer, dit mon
père en haussant les épaules, tu vois bien que ce petit a du
chagrin, il a l'air désolé, cet enfant ; voyons, nous ne sommes
pas des bourreaux ! Quand tu l'auras rendu malade, tu seras bien avancée
!
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 041
[…] je l'entendais souvent se dire à elle-même
: « Il faut que je me rappelle que je n'ai pas dormi »
(car ne jamais dormir était sa grande prétention […]) […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 055
« Françoise, vous n'avez pas entendu ce
carillon qui m'a cassé la tête ? — Non, madame Octave. — Ah
! ma pauvre fille, il faut que vous l'ayez solide votre tête,
vous pouvez remercier le bon Dieu. C'était la Maguelonne qui était
venue chercher le docteur Piperaud. Il est ressorti tout de suite avec elle
et ils ont tourné par la rue de l'Oiseau. Il faut qu'il y ait
quelque enfant de malade. […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 059
« Françoise, vous n'avez pas entendu ce
carillon qui m'a cassé la tête ? — Non, madame Octave. — Ah
! ma pauvre fille, il faut que vous l'ayez solide votre tête, vous
pouvez remercier le bon Dieu. C'était la Maguelonne qui était
venue chercher le docteur Piperaud. Il est ressorti tout de suite avec elle
et ils ont tourné par la rue de l'Oiseau. Il faut qu'il y ait quelque
enfant de malade. […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 059
Quand Françoise […] remontait une première
fois chez ma tante pour lui donner sa pepsine et lui demander ce qu'elle
prendrait pour déjeuner, il était bien rare qu'il ne lui fallût
pas donner déjà son avis ou fournir des explications sur quelque
événement d'importance : [après quelques échanges
: ] — Françoise, mais pour qui donc a-t-on sonné la cloche
des morts ? Ah ! mon Dieu, ce sera pour Mme Rousseau. Voilà-t-il pas
que j'avais oublié qu'elle a passé l'autre nuit. Ah ! il est
temps que le Bon Dieu me rappelle, je ne sais plus ce que j'ai fait de ma
tête depuis la mort de mon pauvre Octave. Mais je vous fais perdre
votre temps, ma fille. — Mais non, madame Octave, mon temps n'est pas
si cher ; celui qui l'a fait ne nous l'a pas vendu. Je vas seulement voir
si mon feu ne s'éteint pas. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 059
Quand Françoise […] remontait une première
fois chez ma tante pour lui donner sa pepsine et lui demander ce qu'elle
prendrait pour déjeuner, il était bien rare qu'il ne lui fallût
pas donner déjà son avis ou fournir des explications sur quelque
événement d'importance : [après quelques échanges
: ] — Françoise, mais pour qui donc a-t-on sonné la cloche
des morts ? Ah ! mon Dieu, ce sera pour Mme Rousseau. Voilà-t-il pas
que j'avais oublié qu'elle a passé l'autre nuit. Ah ! il est
temps que le Bon Dieu me rappelle, je ne sais plus ce que j'ai fait de
ma tête depuis la mort de mon pauvre Octave. Mais je vous fais
perdre votre temps, ma fille. — Mais non, madame Octave, mon temps n'est
pas si cher ; celui qui l'a fait ne nous l'a pas vendu. Je vas seulement
voir si mon feu ne s'éteint pas. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 059
— Mais ce sera la fille à M. Pupin » disait
Françoise […] « La fille à M. Pupin ! Oh ! je vous crois
bien ma pauvre Françoise ! Avec cela que je ne l'aurais pas reconnue
! — Mais je ne veux pas dire la grande, madame Octave, je veux dire la gamine,
celle qui est en pension à Jouy. Il me ressemble de l'avoir déjà
vue ce matin. — Ah ! à moins de ça, disait ma tante. Il faudrait
qu'elle soit venue pour les fêtes. C'est cela ! Il n'y a pas besoin
de chercher, elle sera venue pour les fêtes.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 060
[…] si j'avais l'imprudence de lui dire que nous avions
rencontré, près du Pont-Vieux, un homme que mon grand-père
ne connaissait pas : « Un homme que grand-père ne connaissait
point, s'écriait-elle. Ah ! je te crois bien ! » Néanmoins,
un peu émue de cette nouvelle, elle voulait en avoir le cœur net, mon
grand-père était mandé.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 061
[La tante du Narrateur a vu passer un chien qu'elle
ne connaît pas] — Ce sera le chien de Mme Sazerat » disait Françoise,
sans grande conviction, mais dans un but d'apaisement et pour que ma tante
ne se « fende pas la tête ». « Comme si je
ne connaissais pas le chien de Mme Sazerat ! » répondait ma
tante dont l'esprit critique n'admettait pas si facilement un fait.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 061
[…] un édifice occupant, si l'on peut dire,
un espace à quatre dimensions — la quatrième étant celle
du Temps — […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 064
Ignorante en architecture, elle disait [à propos
du clocher de Combray] : « Mes enfants, moquez-vous de moi si vous
voulez, il n'est peut-être pas beau dans les règles, ma
sa vieille figure bizarre me plaît. […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 067
Sans trop savoir pourquoi, ma grand-mère
trouvait au clocher de Saint-Hilaire cette absence de vulgarité, de
prétention, de mesquinerie […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 067
[variations dans le menu : ] […] un gigot rôti
parce que le grand air creuse et qu'il avait bien le temps de descendre d'ici
sept heures, des épinards pour changer, des abricots parce
que c'était encore une rareté, […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 073
[…] ma première question était toujours
pour lui demander s'il était déjà allé au théâtre
et s'il trouvait que le plus grand acteur était bien Got, le second
Delaunay, etc. Et si, à son avis, Febvre ne venait qu'après
Thiron […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 076
[au Narrateur qui lui a rendu visite] « Allons,
voyons, il est l'heure que tu t'en ailles », me dit mon oncle.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 080
[…] avec assez d'embarras il me laissait entendre sans
oser me le dire ouvertement qu'il aimerait autant que je ne parlasse
pas de cette visite à mes parents […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 081
[…] après le déjeuner comme elle disait
qu'elle était un peu souffrante, il avait étouffé un
sanglot et essuyé des larmes. "Comment veux-tu que ce soit sincère,
me dit-elle, puisqu'il ne me connaît pas; ou bien alors il est fou."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 093
Un dimanche, prendant ma lecture au jardin, je fus dérangé
par Swann qui venait voir mes parents. "Qu'est-ce que vous lisez, on peut
regarder ? Tiens, du Bergotte ? Qui donc vous a indiqué ses ouvrages
?" Je lui dis que c'était Bloch.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 097
Si elle a loin à aller avant vêpres elle
pourrait bien la [=sa robe] faire saucer. […] C'était la pluie./.
« Eh bien ! Françoise, qu'est-ce que je disais ?
Ce que cela tombe ! […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 101
« Monsieur le Curé, qu'est-ce que l'on
me disait, qu'il y a un artiste qui a installé son chevalet dans votre
église pour copier un vitrail. Je peux dire que je suis arrivée
à mon âge sans avoir jamais entendu parler d'une chose pareille
! Qu'est-ce que le monde aujourd'hui va donc chercher ! Et ce qu'il
y a de plus vilain dans l'église ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 103
[…] sancta Eulalia, savez-vous ce qu'elle est devenue
en Bourgogne? Saint Éloi tout simplement: elle est devenue un saint.
Voyez-vous, Eulalie, qu'après votre mort on fasse de vous un homme?
— Monsieur le Curé a toujours le mot pour rigoler.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 104
Si à dix heures et demie un distrait tirait
sa montre en disant : « Allons, encore une heure et demie avant le
déjeuner », chacun était enchanté d'avoir à
lui dire : « Mais voyons, à quoi pensez-vous, vous oubliez
que c'est samedi ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 110
Ma mère lui disait avec admiration : «
Tu es extraordinaire ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 114
« Je sais que se sont encore mal arrangées
tantôt, Léonie, lui dit-elle avec douceur, vous avez eu tout
votre monde à la fois. » ./. Ce que ma tante interrompit par
: « Abondance de biens… » car depuis que sa fille était
malade elle croyait devoir la remonter en lui présentant toujours
tout par le bon côté.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 117
- "Est-ce que vous avez des amis de ce côté-là,
que vous connaissez si bien Balbec?" ./. Dans un dernier effort désespéré,
le regard souriant de Legrandin atteignit son maximum de tendresse, de vague,
de sincérité et de distraction, mais, pensant sans doute qu'il
n'y avait plus qu'à répondre, il nous dit: — "J'ai des amis
partout où il y a des troupes d'arbres blessés, mais non vaincus,
qui se sont rapprochés pour implorer ensemble avec une obstination
pathétique un ciel inclément qui n'a pas pitié d'eux."
— "Ce n'est pas cela que je voulais dire, interrompit mon père,
aussi obstiné que les arbres et aussi impitoyable que le ciel. Je
demandais pour le cas où il arriverait n'importe quoi à ma belle-mère
et où elle aurait besoin de ne pas se sentir là-bas en pays
perdu, si vous y connaissez du monde?"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 129
Legrandin pris au dépourvu par cette question
à un moment où ses yeux étaient fixés sur mon
père, ne put les détourner, mais les attachant de seconde en
seconde avec plus d'intensité — et tout en souriant tristement —
sur les yeux de son interlocuteur, avec un air d'amitié et de franchise
et de ne pas craindre de le regarder en face, il sembla lui avoir traversé
la figure comme si elle fût devenue transparente, et voir en ce moment
bien au delà derrière elle un nuage vivement coloré
qui lui créait un alibi mental et qui lui permettrait d'établir
qu'au moment où on lui avait demandée s'il connaissait quelqu'un
à Balbec, il pensait à autre chose et n'avait pas entendu la
question. Habituellement de tels regards font dire à l'interlocuteur:
"A quoi pensez-vous donc?"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 129
Et sans avoir pris le temps d'enlever nos affaires,
nous montions vite chez ma tante Léonie pour la rassurer et lui montrer
que, contrairement à ce qu'elle imaginait déjà, il ne
nous était rien arrivé, mais que nous étions allés
"du côté de Guermantes" et, dame, quand on faisait cette promenade-là,
ma tante savait pourtant bien qu'on ne pouvait jamais être sûr
de l'heure à laquelle on serait rentré. — "Là, Françoise,
disait ma tante, quand je vous le disais, qu'ils seraient allés
du côté de Guermantes! Mon Dieu! ils doivent avoir une faim!
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 131
- "Allons, Gilberte, viens; qu'est-ce que tu fais,
cria d'une voix perçante et autoritaire une dame en blanc que je n'avais
pas vue […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 138
Et voyant sur l'eau et à la face du mur un pâle
sourire répondre au sourire du ciel, je m'écriai dans mon enthousiasme
en brandissant mon parapluie refermé : « Zut, zut, zut, zut.
» Mais en même temps je sentis que mon devoir eût été
de ne pas m'en tenir à ces mots opaques et de tâcher de voir
plus clair dans mon ravissement.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 151
« Laisse donc tout ouvert, j'ai chaud, dit son
amie. — Mais c'est assommant, on nous verra », dit Mlle Vinteuil.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 156
- "Oh! ce portrait de mon père qui nous regarde,
je ne sais pas qui a pu le mettre là, j'ai pourtant dit vingt fois
que ce n'était pas sa place."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 157
« Laisse donc tout ouvert, j'ai chaud, dit son
amie. — Mais c'est assommant, on nous verra », dit Mlle Vinteuil. […]
— "Oui, c'est probable qu'on nous regarde à cette heure-ci, dans
cette campagne fréquentée, dit ironiquement son amie. Et
puis quoi? ajouta-t-elle (en croyant devoir accompagner d'un clignement
d'yeux malicieux et tendre, ces mots qu'elle récita par bonté,
comme un texte, qu'elle savait être agréable à Mlle Vinteuil,
d'un ton qu'elle s'efforçait de rendre cynique), quand même
on nous verrait ce n'en est que meilleur."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 157
Pour faire partie du "petit noyau", du "petit groupe",
du "petit clan" des Verdurin, une condition était suffisante mais
elle était nécessaire: il fallait adhérer tacitement
à un Credo dont un des articles était que le jeune pianiste,
protégé par Mme Verdurin cette année-là et dont
elle disait: "Ça ne devrait pas être permis de savoir
jouer Wagner comme ça!", "enfonçait" à la fois Planté
et Rubinstein et que le Dr Cottard avait plus de diagnostic que Potain.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 183
- "Je viendrai le vendredi saint... vous faire mes
adieux car nous allons passer les fêtes de Pâques en Auvergne."
— "En Auvergne? pour vous faire manger par les puces et la vermine, grand
bien vous fasse!"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 184
Les Verdurin n'invitaient pas à dîner :
on avait chez eux "son couvert mis"… Pour la soirée, il n'y avait
pas de programme… Le jeune pianiste jouait, mais seulement "si ça
lui chantait", car on ne forçait personne […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 184
Si le pianiste voulait jouer la chevauchée de
la Walkyrie ou le prélude de Tristan Opéra de Wagner., Mme
Verdurin protestait, non que cette musique lui déplût, mais
au contraire parce qu'elle lui causait trop d'impression. "Alors vous tenez
à ce que j'aie ma migraine? Vous savez bien que c'est la même
chose chaque fois qu'il joue ça. Je sais ce qui m'attend! Demain
quand je voudrai me lever, bonsoir, plus personne!"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 184
- "Je viendrai le vendredi saint... vous faire mes
adieux car nous allons passer les fêtes de Pâques en Auvergne."
— "En Auvergne? pour vous faire manger par les puces et la vermine,
grand bien vous fasse!"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 185
[Mme Verdurin à Odette qui veut lui présenter
Swann] — Mais voyons, est-ce qu'on peut refuser quelque chose à une
petite perfection comme ça ? Taisez-vous, on ne vous demande pas
votre avis, je vous dis que vous êtes une perfection.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 186
Savez-vous ce qui serait gentil, ce serait de
vous faire présenter à Mme Verdurin chez qui je vais tous les
soirs.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 193
Le docteur Cottard ne savait jamais […] si son interlocuteur
voulait rire ou était sérieux. […] on y [=sur son visage] voyait
flotter perpétuellement une incertitude où se lisait la question
qu'il n'osait pas poser : "Dites-vous cela pour de bon ?"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 194
- "C'est une si excellente femme, répondit-il.
Je vous accorde qu'elle n'est pas étourdissante; mais je vous assure
qu'elle est agréable quand on cause seul avec elle. "Je n'en doute
pas, s'empressa de concéder Swann. Je voulais dire qu'elle ne me semblait
pas "éminente" ajouta-t-il en détachant cet adjectif, et en
somme c'est plutôt un compliment!" "Tenez, dit M. Verdurin,
je vais vous étonner, elle écrit d'une manière
charmante.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 198
« Qu'est-ce qu'ils ont à rire, toutes ces
bonnes gens-là, on a l'air de ne pas engendrer la mélancolie
dans votre petit coin là-bas, s'écria Mme Verdurin. Si vous
croyez que je m'amuse, moi, à rester toute seule en pénitence
», ajouta-t-elle sur un ton dépité, en faisant l'enfant.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 198
« […] je n'ai pas envie à force de pleurer
[en entendant la sonate] de me fiche un rhume de cerveau avec névralgies
faciales, comme la dernière fois ; merci du cadeau ; je ne tiens
pas à recommencer ; vous êtes bons vous autres, on voit
bien que ce n'est pas vous qui garderez le lit huit jours ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 199
« […] je n'ai pas envie à force de pleurer
[en entendant la sonate] de me fiche un rhume de cerveau avec névralgies
faciales, comme la dernière fois ; merci du cadeau ; je ne
tiens pas à recommencer; vous êtes bons vous autres, on voit
bien que ce n'est pas vous qui garderez le lit huit jours ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 199
« […] je n'ai pas envie à force de pleurer
[en entendant la sonate] de me fiche un rhume de cerveau avec névralgies
faciales, comme la dernière fois ; merci du cadeau ; je ne tiens pas
à recommencer; vous êtes bons vous autres, on voit bien
que ce n'est pas vous qui garderez le lit huit jours ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 199
« […] je n'ai pas envie à force de pleurer
[en entendant la sonate] de me fiche un rhume de cerveau avec névralgies
faciales, comme la dernière fois ; merci du cadeau ; je ne tiens pas
à recommencer; vous êtes bons vous autres, on voit bien que
ce n'est pas vous qui garderez le lit huit jours ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 199
— "Mais pourquoi veux-tu que ça l'ennuie [de
jouer], dit M. Verdurin, M. Swann ne connaît peut-être pas la
sonate en fa dièse que nous avons découverte, il va nous jouer
l'arrangement pour piano." — "Ah! non, non, pas ma sonate! cria Mme Verdurin,
je n'ai pas envie à force de pleurer de me fiche un rhume de cerveau
avec névralgies faciales, comme la dernière fois; merci du
cadeau, je ne tiens pas à recommencer; vous êtes bons vous autres,
on voit bien que ce n'est pas vous qui garderez le lit huit jours!" […] —
Eh bien! voyons, c'est entendu, dit M. Verdurin, il ne jouera que l'andante.
— "Que l'andante, comme tu y vas ! s'écria Mme Verdurin. C'est
justement l'andante qui me casse bras et jambes. Il est vraiment superbe
le Patron! C'est comme si dans la "Neuvième" il disait: nous n'entendrons
que le finale, ou dans "les Maîtres" que l'ouverture."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 200
- Ah! si madame Verdurin commence à peloter
les bronzes, nous n'entendrons pas de musique ce soir, dit le peintre. —
"Taisez-vous, vous êtes un vilain. Au fond, dit-elle en se tournant
vers Swann, on nous défend à nous autres femmes des choses
moins voluptueuses que cela. Mais il n'y a pas une chair comparable à
cela! Quand M. Verdurin me faisait l'honneur d'être jaloux de moi.
— Allons, sois poli au moins, ne dis pas que tu ne l'as jamais été...
— "Mais je ne dis absolument rien. Voyons docteur je vous prends à
témoin: est-ce que j'ai dit quelque chose?"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 201
- Ah! si madame Verdurin commence à peloter
les bronzes, nous n'entendrons pas de musique ce soir, dit le peintre. —
"Taisez-vous, vous êtes un vilain. Au fond, dit-elle en se tournant
vers Swann, on nous défend à nous autres femmes des choses
moins voluptueuses que cela. Mais il n'y a pas une chair comparable à
cela! Quand M. Verdurin me faisait l'honneur d'être jaloux de moi —
allons, sois poli au moins, ne dis pas que tu ne l'as jamais été..."
— "Mais je ne dis absolument rien. Voyons docteur je vous prends
à témoin: est-ce que j'ai dit quelque chose?"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 201
[…] je suis plus gourmande que vous tous, mais je n'ai
pas besoin de me les [des raisins] mettre dans la bouche puisque je jouis
par les yeux [des raisins dessinés sur de la tapisserie de Beauvais].
Qu'est-ce que vous avez tous à rire ?
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 201
Celle-ci [Mme Verdurin], voyant Swann sur une chaise,
le fit lever: "Vous n'êtes pas bien là, allez donc vous
mettre à côté d'Odette, n'est-ce pas Odette, vous feriez
bien une place à M. Swann ?
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 201
Tout à l'heure vous regarderez cela. Chaque
bronze correspond comme attribut au petit sujet du siège; vous savez,
vous avez de quoi vous amuser si vous voulez regarder cela, je vous promets
un bon moment. Rien que les petites frises des bordures, tenez là,
la petite vigne sur fond rouge de l'Ours et les Raisins. Est-ce dessiné?
Qu'est-ce que vous en dites, je crois qu'ils le savaient plutôt,
dessiner! Est-elle assez appétissante cette vigne?
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 201
« Quel charmeur, n'est-ce pas, dit-elle [=Mme
Verdurin] à Swann ; la comprend-il assez, sa sonate, le petit misérable
? Vous ne saviez pas que le piano pouvait atteindre à ça. C'est
tout, excepté du piano, ma parole ! Chaque fois j'y suis
reprise, je crois entendre un orchestre. C'est même plus beau que l'orchestre,
plus complet. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 205
"[…] je vous dirai que je n'aime pas beaucoup chercher
la petite bête et m'égarer dans des pointes d'aiguilles ; on
ne perd pas son temps à couper les cheveux en quatre ici, ce n'est
pas le genre de la maison.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 206
« Comment, s'écria Mme Verdurin, il y
a encore des gens qui sefont soigner par Potain ! — Ah ! madame Verdurin,
dit Cottard, sur un ton de marivaudage, vous oubliez que vous parlez d'un
de mes confrères, je devrais dire un de mes maîtres. »
[…] — Laissez-moi donc tranquille avec vos maîtres, vous en
savez dix fois autant que lui, répondit Mme Verdurin au docteur Cottard,
du ton d'une personne qui a le courage de ses opinions et tient bravement
tête à ceux qui ne sont pas du même avis qu'elle. Vous
ne tuez pas vos malades, vous, au moins !
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 207
« Comment, s'écria Mme Verdurin, il y
a encore des gens qui sefont soigner par Potain ! — Ah ! madame Verdurin,
dit Cottard, sur un ton de marivaudage, vous oubliez que vous parlez d'un
de mes confrères, je devrais dire un de mes maîtres.
»
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 207
— Mais ce pourrait être un parent, reprit Swann,
cela serait assez triste, mais enfin un homme de génie peut-être
le cousin d'une vieille bête. Si cela était, j'avoue qu'il
n'y a pas de supplice que je ne m'imposerais pour que la vieille bête
me présentât à l'auteur de la sonate : d'abord le supplice
de fréquenter la vieille bête, et qui doit être affreux.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 207
- Comment ça, M. Grévy? vous connaissez
M. Grévy? dit-il à Swann de l'air stupide et incrédule
d'un municipal à qui un inconnu demande à voir le Président
de la République, et qui, comprenant par ces mots "à qui
il a affaire", comme disent les journaux, assure au pauvre dément
qu'il va être reçu à l'instant et le dirige sur l'infirmerie
spéciale du dépôt.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 209
"[…] je déjeune justement demain avec le Préfet
de police à l'Élysée. — Comment ça, à
l'Élysée? cria le docteur Cottard d'une voix tonnante. — Oui,
chez M. Grévy", répondit Swann, un peu gêné de
l'effet que sa phrase avait produit. […] — Comment ça, M.
Grévy? vous connaissez M. Grévy? dit [Cottard] à Swann
de l'air stupide et incrédule d'un municipal à qui un inconnu
demande à voir le Président de la République, et qui,
comprenant par ces mots "à qui il a affaire", comme disent les journaux,
assure au pauvre dément qu'il va être reçu à l'instant
et le dirige sur l'infirmerie spéciale du dépôt.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 209
"[…] je déjeune justement demain avec le Préfet
de police à l'Élysée. — Comment ça, à
l'Élysée? cria le docteur Cottard d'une voix tonnante. — Oui,
chez M. Grévy", répondit Swann, un peu gêné de
l'effet que sa phrase avait produit. Et le peintre dit, en manière
de plaisanterie — Ça vous prend souvent ?
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 209
- "Je pourrais même dîner seule avec vous,
si vous aimiez mieux cela", lui disait-elle. — "Et Mme Verdurin?" — "Oh!
ce serait bien simple. Je n'aurais qu'à dire que ma robe n'a pas été
prête, que mon cab est venu en retard. Il y a toujours moyen de
s'arranger."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 210
À son entrée, tandis que Mme Verdurin
montrant des roses qu'il avait envoyées le matin lui disait : «
Je vous gronde » et lui indiquait une place à côté
d'Odette […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 211
Ou bien si elle [Odette] n'avait pas eu le temps de
lui écrire, quand il [Swann] arriverait chez les Verdurin, elle irait
vivement à lui et lui dirait: "J'ai à vous parler",
et il contemplerait avec curiosité sur son visage et dans ses paroles
ce qu'elle lui avait caché jusque-là de son cœur.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 218
"Mais non, il n'y a absolument rien [entre Odette et
Swann], et entre nous, je trouve qu'elle a bien tort et qu'elle se conduit
comme une fameuse cruche, qu'elle est du reste. — Ta ta ta, dit M. Verdurin,
qu'est-ce que tu en sais, qu'il n'y a rien?
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 219
— "Vous voulez dire qu'elle est du dernier bien avec
lui, qu'elle lui a fait voir l'heure du berger", dit le docteur, expérimentant
avec prudence le sens de ces expressions. — Mais non, il n'y a absolument
rien, et entre nous, je trouve qu'elle a bien tort et qu'elle se conduit
comme une fameuse cruche, qu'elle est du reste. — "Ta, ta, ta, dit
M. Verdurin, qu'est-ce que tu en sais qu'il n'y a rien, nous n'avons pas
été y voir, n'est-ce pas."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 219
— […] Ce [=une liaison avec Swann] serait pourtant absolument
ce qu'il lui [Odette] faut. — Tu me permettras de ne pas être de
ton avis, dit M. Verdurin, il ne me revient qu'à demi ce monsieur
; je le trouve poseur.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 219
Elle [Odette] prétend […] qu'il [Swann] est timide
avec elle, que cela l'intimide à son tour, qu'elle ne l'aime pas de
cette manière-là, que c'est un être idéal, qu'elle
a peur de déflorer le sentiment qu'elle a pour lui, est-ce que
je sais, moi ?
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 219
Et après tout, on ne peut rien dire, puisqu'il
a l'air de la croire intelligente. Je ne sais si tu as entendu ce qu'il lui
débitait l'autre soir sur la sonate de Vinteuil; j'aime Odette
de tout mon cœur, mais pour lui faire des théories d'esthétique,
il faut tout de même être un fameux jobard!" — Voyons, ne dites
pas du mal d'Odette, dit Mme Verdurin en fisant l'enfant. Elle est charmante.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 219
j'aime Odette de tout mon cœur, mais pour lui faire
des théories d'esthétique, il faut tout de même être
un fameux jobard ! — Voyons, ne dites pas du mal d'Odette, dit Mme
Verdurin en faisant l'enfant.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 219
— […] Cela ne vous gêne pas que je remette
droites les fleurs de votre corsage qui ont été déplacées
par le choc ? J'ai peur que vous ne les perdiez, je voudrais les enfoncer
un peu. /. Elle, qui n'avait pas été habituée à
voir les hommes faire tant de façons avec elle, dit en souriant: —
"Non, pas du tout, ça ne me gêne pas." ./. Mais lui,
intimidé par sa réponse, peut-être aussi pour avoir l'air
d'avoir été sincère quand il avait pris ce prétexte,
ou même, commençant déjà à croire qu'il
l'avait été, s'écria: — "Oh! non, surtout, ne parlez
pas, vous allez encore vous essouffler vous pouvez bien me répondre
par gestes, je vous comprendrai bien.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 223
— […] Cela ne vous gêne pas que je remette droites
les fleurs de votre corsage qui ont été déplacées
par le choc ? J'ai peur que vous ne les perdiez, je voudrais les enfoncer
un peu. /. Elle, qui n'avait pas été habituée à
voir les hommes faire tant de façons avec elle, dit en souriant: —
"Non, pas du tout, ça ne me gêne pas." ./. Mais lui,
intimidé par sa réponse, peut-être aussi pour avoir l'air
d'avoir été sincère quand il avait pris ce prétexte,
ou même, commençant déjà à croire qu'il
l'avait été, s'écria: — "Oh! non, surtout, ne parlez
pas, vous allez encore vous essouffler vous pouvez bien me répondre
par gestes, je vous comprendrai bien.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 224
Sérieusement, je ne suis pas désagréable
? Et en les respirant [=les catleyas sur le corsage d'Odette] pour voir s'ils
n'ont vraiment pas d'odeur, non plus ? Je n'en ai jamais senti, je peux ?
dites la vérité . » / Souriant, elle haussa les épaules,
comme pour dire « vous êtes fou, vous voyez bien que ça
me plaît ».
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 224
- "Sincèrement je ne vous gêne pas? Voyez,
il y a un peu... je pense que c'est du pollen qui s'est répandu sur
vous, vous permettez que je l'essuie avec ma main? Je ne vais pas trop fort,
je ne suis pas trop brutal? Je vous chatouille peut-être un peu? mais
c'est que je ne voudrais pas toucher le velours de la robe pour ne pas le
friper. Mais, voyez-vous, il était vraiment nécessaire de les
[=les catleyas de votre corsage] fixer, ils seraient tombés; et, comme
cela, en les enfonçant un peu moi-même... Sérieusement,
je ne suis pas désagréable? Et en les respirant pour voir s'ils
n'ont vraiment pas d'odeur non plus? Je n'en ai jamais senti, je peux? dites
la vérité"? Souriant, elle haussa légèrement
les épaules, comme pour dire "vous êtes fou, vous voyez bien
que ça me plaît".
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 225
Maintenant, tous les soirs, quand il l'avait ramenée
chez elle, il fallait qu'il entrât et souvent elle ressortait en robe
de chambre et le conduisait jusqu'à sa voiture l'embrassait aux yeux
du cocher, disant: "Qu'est-ce que cela peut me faire, que me font les
autres?"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 226
Alors elle faisait mine de s'arrêter [de jouer
du piano] disant: "Comment veux-tu que je joue comme cela si tu me tiens
? je ne peux tout faire à la fois, sache au moins ce que tu
veux, est-ce que je dois jouer la phrase ou faire des petites caresses ?"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 229
[…] [Odette] lui répondait avec un peu de mépris:
"Mais les endroits chics, parbleu! Si, à ton âge, il
faut t'apprendre ce que c'est que les endroits chics, que veux-tu que je
te dise, moi ? par exemple le dimanche matin l'avenue de l'Impératrice
[…]"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 233
« Il ne va jamais que dans les endroits chics.
» Et si Swann lui demandait ce qu'elle entendait par là , elle
lui répondait avec un peu de mépris : "Mais les endroits chics,
parbleu ! Si, à ton âge, il faut t'apprendre ce que
c'est que les endroits chics, que veux-tu que je te dise, moi ? par exemple
le dimanche matin l'avenue de l'Impératrice […]"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 233
Mais elle a l'air d'une ouvreuse, d'une vieille concierge,
darling ! Ça, une marquise ! Je ne suis pas marquise, mais il faudrait
me payer bien cher pour me faire sortir nippée comme ça
!
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 234
[…] comme il avait critiqué que l'amie d'Odette
donnât […] dans le faux ancien: "Tu ne voudrais pas qu'elle
vécût comme toi au milieu de meubles cassés et de tapis
usés", lui dit-elle […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 235
La première fois qu'elle lui en vit un [=monocle]
dans l'œil, elle ne put contenir sa joie : « Je trouve que pour un
homme, il n'y a pas à dire, ça a beaucoup de chic !
[…] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 236
Eh bien! ajoutait-il avec cette légère
émotion qu'on éprouve quand même sans bien s'en rendre
compte, on dit une chose non parce qu'elle est vraie, mais parce qu'on a
plaisir à la dire et qu'on l'écoute dans sa propre voix comme
si elle venait d'ailleurs que de nous-mêmes, le sort en est jeté,
j'ai choisi d'aimer les seuls cœurs magnanimes et de ne plus vivre que dans
la magnanimité.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 239
Ainsi Brichot, ce soir, ce n'est rien : je l'ai vu,
vous savez, chez moi, éblouissant, à se mettre à genoux
devant; eh bien ! chez les autres, ce n'est plus le même homme, il
n'a plus d'esprit, il faut lui arracher les mots, il est même
ennuyeux."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 242
Ainsi Brichot, ce soir, ce n'est rien: je l'ai vu,
vous savez, chez moi, éblouissant, à se mettre à genoux
devant; eh bien! chez les autres, ce n'est plus le même homme, il n'a
plus d'esprit, il faut lui arracher les mots, il est même ennuyeux."
— C'est curieux! dit Forcheville étonné.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 242
— Quel est ce monsieur?" demanda Forcheville […] — Comment,
vous ne connaissez pas le fameux Brichot ? il est célèbre dans
toute l'Europe. — Ah ! c'est Bréchot, s'écria Forcheville qui
n'avez pas bien entendu, vous m'en direz tant" ajouta-t-il […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 242
-[…] cela ne semblait pas d'un art, comme on dit, très
"élevé" […] — Élevé. à la hauteur d'une
institution", interrompit Cottard […] Toute la table éclata de rire.
— Quand je vous disais qu'on ne peut pas garder son sérieux
avec lui, dit Mme Verdurin […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 243
[Le peintre a terminé de parler] Et toi, qu'est-ce
que tu as, à rester comme cela, bouche bée comme une grande
bête ? dit-elle [Mme Verdurin] à son mari. Tu sais pourtant
qu'il parle bien ; on dirait que c'est la première fois qu'il vous
entend.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 244
[Le peintre a terminé de parler] Et toi, qu'est-ce
que tu as, à rester comme cela, bouche bée comme une grande
bête ? dit-elle [Mme Verdurin] à son mari. Tu sais pourtant
qu'il parle bien ; on dirait que c'est la première fois qu'il
vous entend. Si vous l'aviez vu pendant que vous parliez, il vous buvait.
Et demain il nous récitera tout ce que vous avez dit sans manger un
mot.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 244
Ça a l'air fait avec rien, reprit le peintre,
pas plus moyen de découvrir le truc que dans La Ronde ou Les
Régentes et c'est encore plus fort comme patte que Rembrandt et
que Hals. Tout y est, mais non, je vous jure."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 244
[…] redonnez donc de la sole normande à Monsieur,
vous voyez bien que la sienne est froide. Nous ne sommes pas si pressés,
vous servez comme s'il y avait le feu, attendez donc un peu pour donner la
salade.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 245
[…] redonnez donc de la sole normande à Monsieur,
vous voyez bien que la sienne est froide. Nous ne sommes pas si pressés,
vous servez comme s'il y avait le feu, attendez donc un peu pour donner
la salade.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 245
[…] j'avoue que mon manque d'admiration est à
peu près égal pour ces deux chefs-d'œuvre. — Vraiment, qu'est-ce
que vous leur reprochez ? Trouvez-vous peut-être que c'est un peu
triste ?
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 246
Mais le marbre [=Mme Verdurin, muette] finit par s'animer
et fit entendre qu'il fallait ne pas être dégoûté
pour aller chez ces gens-là, car la femme était toujours ivre
et le mari si ignorant qu'il disait collidor pour corridor. « On
me paierait bien cher que je ne laisserais pas entrer ça
chez moi… » conclut Mme Verdurin, en regardant Swann d'un air impérieux.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 248
Mais le marbre [=Mme Verdurin, muette] finit par s'animer
et fit entendre qu'il fallait ne pas être dégoûté
pour aller chez ces gens-là, car la femme était toujours
ivre et le mari si ignorant qu'il disait collidor pour corridor.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 248
Mais le marbre [=Mme Verdurin] finit par s'animer et
fit entendre qu'il fallait ne pas être dégoûté
pour aller chez ces gens-là, car la femme était toujours ivre
et le mari si ignorant qu'il disait collidor pour corridor. — "On me paierait
bien cher que je ne laisserais pas entrer ça chez moi", conclut Mme
Verdurin, en regardant Swann d'un air impérieux. /. Sans doute elle
n'espérait pas qu'il se soumettrait jusqu'à imiter la sainte
simplicité de la tante du pianiste qui venait de s'écrier:
— Voyez-vous ça ? Ce qui m'étonne, c'est qu'ils trouvent
encore des personnes qui consentent à leur causer; il me semble que
j'aurais peur: un mauvais coup est si vite reçu! Comment y a-t-il
encore du peuple assez brute pour leur courir après.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 248
Mais le marbre [=Mme Verdurin] finit par s'animer et
fit entendre qu'il fallait ne pas être dégoût pour aller
chez ces gens-là, car la femme était toujours ivre et le mari
si ignorant qu'il disait collidor pour corridor. — "On me paierait bien
cher que je ne laisserais pas entrer ça chez moi", conclut Mme Verdurin,
en regardant Swann d'un air impérieux. /. Sans doute elle n'espérait
pas qu'il se soumettrait jusqu'à imiter la sainte simplicité
de la tante du pianiste qui venait de s'écrier: — Voyez-vous ça
? Ce qui m'étonne, c'est qu'ils trouvent encore des personnes qui consentent
à leur causer; il me semble que j'aurais peur: un mauvais coup est
si vite reçu! Comment y a-t-il encore du peuple assez brute pour leur
courir après./. Que ne répondait-il du moins comme Forcheville:
"Dame c'est une duchesse; il y a des gens que ça impressionne encore",
ce qui aurait permis au moins à Mme Verdurin de répliquer:
"Grand bien leur fasse!"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 248
- […] Voyons, Swann, qu'entendez-vous par intelligence
? — Voilà! s'écria Odette, voilà les grandes choses
dont je lui demande de me parler, mais il ne veut jamais. — Mais si... protesta
Swann. — Cette blague ! dit Odette. — Blague à tabac? demanda
le docteur.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 249
[Saniette raconte une histoire dont Swann prétend
qu'elle est fausse.] Il [=Swann] capitula si vite, eut l'air si malheureux
de voir manqué l'effet sur lequel il avait compté et répondit
d'un ton si lâche à Swann pour que celui-ci ne s'acharnât
pas à une réfutation désormais inutile : « C'est
bon, c'est bon ; en tous cas, même si je me trompe, ce n'est pas
un crime, je pense », que Swann aurait voulu pouvoir dire que l'histoire
était vraie et délicieuse.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 250
[Saniette raconte une histoire dont Swann prétend
qu'elle est fausse.] Il [=Saniette] capitula si vite, eut l'air si malheureux
de voir manqué l'effet sur lequel il avait compté et répondit
d'un ton si lâche à Swann pour que celui-ci ne s'acharnât
pas à une réfutation désormais inutile : « C'est
bon, c'est bon ; en tous cas, même si je me trompe, ce n'est pas
un crime, je pense », que Swann aurait voulu pouvoir dire que l'histoire
était vraie et délicieuse.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 250
[…] elle lui avait jeté un regard de complicité
dans le mal, qui voulait si bien dire : « Voilà une exécution,
ou je ne m'y connais pas. Avez-vous vu son air penaud ? il en pleurait
»
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 264
[Swann aurait voulu rester avec Odette. Mme Verdurin
est intervenue.] Et elle ajouta encore, un instant après, avec colère
: « Non, mais voyez-vous, cette sale bête ! » en
employant sans s'en rendre compte, et peut-être en obéissant
au même besoin obscur de se justifier — comme Françoise à
Combray quand le poulet ne voulait pas mourir — les mots qu'arrachent les
derniers sursauts d'un animal inoffensif qui agonise, au paysan qui est en
train de l'écraser.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 272
[…] il [Swann] se plongeait dans le plus enivrant des
romans d'amour, l'indicateur des chemins de fer qui lui apprenait les moyens
de la [Odette] rejoindre […] Car enfin l'indicateur et les trains eux-mêmes
n'étaient pas faits pour des chiens.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 278
Mais quand elle [Odette] était partie pour Dreux
ou pour Pierrefonds — hélas, sans lui [Swann] permettre d'y aller,
comme par hasard, de son côté, car "cela ferait un effet
déplorable" disait-elle […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 278
Ce n'était vraiment pas de chance qu'elle lui
défendît le seul endroit qui le tentait aujourd'hui. Aujourd'hui!
S'il y allait, malgré son interdiction, il pourrait la voir aujourd'hui
même! Mais, alors que, si elle eût retrouvé à Pierrefonds
quelque indifférent, elle lui eût dit joyeusement: "Tiens,
vous ici!", et lui aurait demandé d'aller la voir à l'hôtel
où elle était descendue avec les Verdurin, au contraire si
elle l'y rencontrait, lui, Swann, elle serait froissée, elle se dirait
qu'elle était suivie, elle l'aimerait moins, peut-être se détournerait-elle
avec colère en l'apercevant. "Alors, je n'ai plus le droit de voyager!",
lui dirait-elle au retour, tandis qu'en somme c'était lui qui n'avait
plus le droit de voyager!
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 279
Ce n'était vraiment pas de chance qu'elle lui
défendît le seul endroit qui le tentait aujourd'hui. Aujourd'hui!
S'il y allait, malgré son interdiction, il pourrait la voir aujourd'hui
même! Mais, alors que, si elle eût retrouvé à Pierrefonds
quelque indifférent, elle lui eût dit joyeusement: "Tiens, vous
ici!", et lui aurait demandé d'aller la voir à l'hôtel
où elle était descendue avec les Verdurin, au contraire si
elle l'y rencontrait, lui, Swann, elle serait froissée, elle se dirait
qu'elle était suivie, elle l'aimerait moins, peut-être se détournerait-elle
avec colère en l'apercevant. "Alors, je n'ai plus le droit de
voyager!", lui dirait-elle au retour, tandis qu'en somme c'était lui
qui n'avait plus le droit de voyager!
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 279
Il fatiguait la pensée de Swann, lequel, se
passant la main sur les yeux, s'écriait: "A la grâce de Dieu",
comme ceux qui après s'être acharnés à étreindre
le problème de la réalité du monde extérieur
ou de l'immortalité de l'âme accordent la détente d'un
acte de foi à leur cerveau lassé.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 281
Alors Swann la détestait. "Mais aussi, je
suis trop bête, se disait-il, je paie avec mon argent le plaisir
des autres. Elle fera tout de même bien de faire attention et de ne
pas trop tirer sur la corde, car je pourrais bien ne plus rien donner du
tout. En tous cas, renonçons provisoirement aux gentillesses supplémentaires!
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 285
[…] espérons qu'elle refusera, grand Dieu !
Entendre du Wagner [à Bayreuth] pendant quinze jours avec elle qui
s'en soucie comme un poisson d'une pomme, ce serait gai !
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 286
Swann avait l'air si triste qu'elle [=Odette se prépare
à sortir] ne pouvait réprimer un geste d'impatience et disait:
"Voilà comme tu me remercies de t'avoir gardé jusqu'à
la dernière minute. Moi qui croyais avoir fait quelque chose de gentil.
C'est bon à savoir pour une autre fois!"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 298
Swann avait l'air si triste qu'elle [=Odette se prépare
à sortir] ne pouvait réprimer un geste d'impatience et disait:
"Voilà comme tu me remercies de t'avoir gardé jusqu'à
la dernière minute. Moi qui croyais avoir fait quelque chose de gentil.
C'est bon à savoir pour une autre fois!"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 298
[…] mais, dès que, pour se préparer à
dormir, il cessait d'exercer sur lui-même une contrainte dont il n'avait
même pas conscience tant elle était devenue habituelle, au même
instant un frisson glacé refluait en lui et il se mettait à
sangloter. Il ne voulait même pas savoir pourquoi, s'essuyait les yeux,
se disait en riant: "C'est charmant, je deviens névropathe."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 300
Il n'est pas positivement laid si vous voulez,
mais il est ridicule; ce monocle, ce toupet, ce sourire !
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 303
Maintenant, à toutes les paroles de Swann elle
répondit parfois d'un ton irrité, parfois indulgent : «
Ah ! tu ne seras donc jamais comme tout le monde ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 303
Odette n'aime pas que je prenne Lorédan [cocher],
elle ne le trouve pas bien pour moi; enfin que veux-tu, les femmes,
tu sais ! je sais que ça lui déplairait beaucoup.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 304
(avec cette espèce d'égarement et d'abandon
du regard qu'ont les douleurs qui ne se connaissent plus ni ne cherchent
à se maîtriser et disent : « Que voulez-vous !
»)
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 311
Plein d'une mélancolique ironie, Swann les regardait
écouter l'intermède de piano […] et suivre le jeu vertigineux
du virtuose, Mme de Franquetot anxieusement, les yeux éperdus comme
si les touches sur lesquelles il courait avec agilité avaient été
une suite de trapèzes d'où il pouvait tomber d'une hauteur
de quatre-vingt mètres, et non sans lancer à sa voisine des
regards d'étonnement, de dénégation qui signifiaient
: « Ce n'est pas croyable, je n'aurais jamais pensé qu'un
homme pût faire cela. » […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 311
Plein d'une mélancolique ironie, Swann les regardait
écouter l'intermède de piano […] et suivre le jeu vertigineux
du virtuose, Mme de Franquetot anxieusement, les yeux éperdus comme
si les touches sur lesquelles il courait avec agilité avaient été
une suite de trapèzes d'où il pouvait tomber d'une hauteur
de quatre-vingt mètres, et non sans lancer à sa voisine des
regards d'étonnement, de dénégation qui signifiaient
: « Ce n'est pas croyable, je n'aurais jamais pensé qu'un
homme pût faire cela. » […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 311
Mais par nature elle avait horreur de ce qu'elle appelait
« les éxagérations » et tenait à montrer
qu'elle « n'avait pas à » se livrer à des
manifestations qui n'allaient pas avec le « genre » de la coterie
où elle vivait […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 313
— Ah ! mais Cambremer, c'est un nom authentique et ancien,
dit le général. — Je ne vois aucun mal à ce que
ce soit ancien, répondit sèchement la princesse, mais en tous
cas ce n'est pas euphonique" ajouta-t-elle en détachant le mot euphonique
comme s'il était entre guillemets, petite affection de débit
qui était particulière à la coterie Guermantes.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 319
Je comprends très bien qu'on ne puisse
pas avoir de jolies choses, mais au moins qu'on n'ait pas de choses
ridicules. Qu'est-ce que vous voulez ? je ne connais rien de plus pompier,
de plus bourgeois que cet horrible style […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 320
— Ah ! princesse, vous n'êtes pas
Guermantes pour des prunes… Le possédez-vous assez, l'esprit
des Guermantes !
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 321
Moi je ne sais pas, mais si j'en juge par moi,
cela m'ennuie déjà tant de voir les personnes que je connais,
je crois que s'il fallait voir des gens que je ne connais pas, "même
héroïques", je deviendrais folle.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 321
Moi je ne sais pas, mais si j'en juge par moi, cela
m'ennuie déjà tant de voir les personnes que je connais, je
crois que s'il fallait voir des gens que je ne connais pas, "même héroïques",
je deviendrais folle.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 321
— Je ne sais pas ce que me doit le chapitre, mais je
sais que je suis tapée de cent francs tous les ans par le curé,
ce dont je me passerais.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 322
[…] il songea que s'il avait été, comme
tant d'autres, pauvre, humble, dénué, obligé d'accepter
toute besogne, ou lié à des parents, à une épouse,
il aurait pu être obligé de quiter Odette, que ce rêve
dont l'effroi était encore si proche aurait pu être vrai, et
il se dit : « On ne connaît pas son bonheur. On n'est jamais
aussi malheureux qu'on croit. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 334
[…] il songea que s'il avait été, comme
tant d'autres, pauvre, humble, dénué, obligé d'accepter
toute besogne, ou lié à des parents, à une épouse,
il aurait pu être obligé de quiter Odette, que ce rêve
dont l'effroi était encore si proche aurait pu être vrai, et
il se dit : « On ne connaît pas son bonheur. On n'est
jamais aussi malheureux qu'on croit. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 335
[…] ce mot de "marbre" […] l'avait aussitôt fait
souvenir de cette histoire qu'Odette lui avait racontée autrefois,
d'une visite […] où [Mme Verdurin] lui avait dit: "Prends garde, je
saurai bien te dégeler, tu n'es pas de marbre."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 340
"Oh! que tu me rends malheureuse", s'écria-t-elle
en se dérobant par un sursaut à l'étreinte de sa question.
"Mais as-tu bientôt fini ? Qu'est-ce que tu as aujourd'hui ?
Tu as donc décidé qu'il fallait que je te déteste ?
que je t'exècre? […]"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 342
« Oh ! que tu me rends malheureuse », s'écria-t-elle
en se dérobant par un sursaut à l'étreinte de sa question.
« Mais as-tu bientôt fini ? Qu'est-ce que tu as aujourd'hui
? Tu as donc décidé qu'il fallait que je te déteste
? que je t'exècre ? […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 342
— […] Il y a combien de temps ? — Oh ! Charles, mais
tu ne vois pas que tu me tues ! c'est tout ce qu'il y a de plus ancien. Je
n'y avais jamais repensé. On dirait que tu veux absolument me redonner
ces idées-là. Tu seras bien avancé, dit-elle
avec une sottise inconsciente et une méchanceté voulue.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 344
— […] Il y a combien de temps? — Oh! Charles, mais
tu ne vois pas que tu me tues ! c'est tout ce qu'il y a de plus ancien.
Je n'y avais jamais repensé. On dirait que tu veux absolument me redonner
ces idées-là.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 344
« À une table voisine il y avait une femme
que je n'avais pas vue depuis longtemps. Elle m'a dit : "Venez donc derrière
le petit rocher voir l'effet du clair de lune sur l'eau." D'abord j'ai bâillé
et j'ai répondu : "Non je suis fatiguée et je suis bien ici."
Elle a assuré qu'il n'y avait jamais eu un clair de lune pareil. Je
lui ai dit : "Cette blague !" ; je savais bien où elle voulait
en venir. » […] Elle avait raconté, elle avait mimé cette
scène avec tant de simplicité que Swann, haletant, voyait tout
: le bâillement d'Odette, le petit rocher. Il l'entendait répondre
— gaiement, hélas — : « Cette blague ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 345
Mais puisque je vous dis que je ne veux pas ! C'est
une idée comme ça, ça ne me plaît pas. Je pense
que je suis libre de faire ce que je veux, tout de même ! Si j'avais
besoin d'argent, je comprends…
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 348
Mais puisque je vous dis que je ne veux pas ! C'est
une idée comme ça, ça ne me plaît pas. Je pense
que je suis libre de faire ce que je veux, tout de même ! Si
j'avais besoin d'argent, je comprends…
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 348
J'avais vraiment été chez Prévost,
ça c'était pas de la blague, il m'y avait rencontrée
et m'avait demandé d'entrer regarder ses gravures.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 349
Un soir qu'il était ainsi, sur l'ordre qu'elle
lui en avait donné, rentré avec elle, et qu'elle entremêlait
ses baisers de paroles passionnées qui contrastaient avec sa sécheresse
ordinaire, il crut tout d'un coup entendre du bruit ; il se leva, chercha
partout, ne trouva personne, mais n'eut pas le courage de reprendre sa place
auprès d'elle qui alors, au comble de la rage, brisa un vase et dit
à Swann : « On ne peut jamais rien faire avec toi ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 351
[Swann dans une maison de rendez-vous.] — Comme nous
avons une belle conversation, pour un endroit de ce genre ! Je ne t'ennuie
pas ? Tu as peut-être à faire ? — Non, j'ai tout mon temps.
Si vous m'auriez ennuyée je vous l'aurez dit.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 352
[Swann dans une maison de rendez-vous] — Comme nous
avons une belle conversation, pour un endroit de ce genre! Je ne t'ennuie
pas? Tu as peut-être à faire ? — Non, j'ai tout mon temps.
Si vous m'auriez ennuyée je vous l'aurez dit.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 352
[Swann dans une maison de rendez-vous] — Comme nous
avons une belle conversation, pour un endroit de ce genre ! Je ne t'ennuie
pas ? Tu as peut-être à faire ? — Non, j'ai tout mon temps.
Si vous m'auriez ennuyée je vous l'aurez dit.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 352
Mais je dois vous l'avouer franchement, vous ne me
trouverez pas très fin de siècle, mais je le dis comme je
le pense, je ne comprends pas.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 353
« Les oreilles ont dû vous tinter,
Monsieur, lui dit-elle, pendant le voyage que nous avons fait avec Mme Verdurin.
On ne parlait que de vous. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 354
« Les oreilles ont dû vous tinter, Monseiur,
lui dit-elle, pendant le voyage que nous avons fait avec Mme Verdurin. On
ne parlait que de vous. » […] « D'ailleurs, ajouta Mme Cottard,
Mme [Odette] de Crécy était là et c'est tout dire.
Quand Odette est quelque part elle ne peut jamais rester bien longtemps sans
parler de vous. […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 354
Et à tout moment elle demandait : "Qu'est-ce
qu'il [=Swann, le présent allocutaire] peut faire en ce moment ? Si
seulement il travaillait un peu ! C'est malheureux, un garçon
si doué, qu'il soit si paresseux !" (Vous me pardonnez, n'est-ce pas
?)
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 354
Et à tout moment elle demandait : "Qu'est-ce
qu'il [=Swann, le présent allocutaire] peut faire en ce moment ? Si
seulement il travaillait un peu ! C'est malheureux, un garçon si doué,
qu'il soit si paresseux !" (Vous me pardonnez, n'est-ce pas ?)
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 354
M. Verdurin lui disait : "Mais comment pouvez-vous voir
ce qu'il fait en ce moment puisque vous êtes à 800 lieues de
lui ?" Alors Odette lui a répondu : "Rien n'est impossible à
l'œil d'une amie." Non je vous jure, je ne vous dis pas cela pour vous
flatter, vous avez là une vraie amie comme on n'en a pas beaucoup.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 354
Tout d'un coup Odette tourna son poignet, regarda une
petite montre et dit : "Il faut que je m'en aille", elle prenait congé
de tout le monde, de la même façon, sans prendre à part
Swann, sans lui dire où elle le reverrait […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 357
La vieille dame elle-même ayant plié ses
Débats, demanda l'heure à une bonne d'enfants qui passait
et qu'elle remercia en lui disant : « Comme vous êtes aimable
! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 376
"[…] Cette neige, vous allez rire de moi, ça
me fait penser à de l'hermine!" Et la vieille dame se mit à
rire.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 377
« Brava ! Brava ! ça c'est très
bien, je dirais comme vous que c'est chic, que c'est crâne,
si je n'étais pas d'un autre temps, du temps de l'Ancien Régime
», s'écria la vieille dame […] pour remercier Gilberte d'être
venue [patiner] sans se laisser intimider par le temps.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 377
« Brava ! Brava ! ça c'est très
bien, je dirais comme vous que c'est chic, que c'est crâne,
si je n'étais pas d'un autre temps, du temps de l'Ancien Régime
», s'écria la vieille dame […] pour remercier Gilberte d'être
venue sans se laisser intimider par le temps.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 377
Vous savez, vous pouvez m'appeler Gilberte, en tous
cas moi, je vous appellerai par votre nom de baptême. C'est trop
gênant.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 381
- J'avais justement beaucoup de choses à vous
demander, lui dis-je. Je croyais que ce jour compterait beaucoup dans notre
amitié. Et aussitôt arrivée, vous allez partir! Tâchez
de venir demain de bonne heure, que je puisse enfin vous parler./. Sa figure
resplendit et ce fut en sautant de joie qu'elle me répondit: — Demain,
comptez-y, mon bel ami, mais je ne viendrai pas! j'ai un grand goûter;
après-demain non plus, je vais chez une amie pour voir de ses fenêtres
l'arrivée du roi Théodose, ce sera superbe, et le lendemain
encore à Michel Strogoff et puis après, cela va être
bientôt Noël et les vacances du jour de l'An.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 387
« À ce propos, devinez qui j'ai
rencontré aux Trois Quartiers, au rayon des parapluies : Swann. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 391
— Mais alors, vous n'êtes pas brouillés?
— Brouillés ? mais pourquoi veux-tu que nous soyons brouillés",
répondit-elle vivement comme si j'avais attenté à la
fiction de ses bons rapports avec Swann et essayé de travailler à
un "rapprochement". « Il pourrait t'en vouloir de ne plus l'inviter.
»
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 392
« Il pourrait t'en vouloir de ne plus l'inviter.
— On n'est pas obligé d'inviter tout le monde ; est-ce qu'il
m'invite ? Je ne connais pas sa femme. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 393
J'étais si amoureux de Gilberte que si sur le
chemin j'apercevais leur vieux maître d'hôtel promenant un chien,
l'émotion m'obligeait à m'arrêter, j'attachais sur ses
favoris blancs des regards pleins de passion. Françoise me disait
: « Qu'est-ce que vous avez ? » Puis, nous poursuivions
notre route […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 393
Vous savez qui c'est ? Mme Swann ! Cela ne vous dit
rien ? Odette de Crécy ? — Odette de Crécy ? Mais je me
disais aussi, ces yeux tristes…
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 397
Index des énoncés usuels dans Proust ALRDTP
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