Index des énoncés usuels dans Proust (ALRDTP)

citations




Du côté de chez Swann A l'ombre des jeunes filles en fleurs Le côté de Guermantes Sodome et Gomorrhe La prisonnière Albertine disparue Le temps retrouvé
Du côté de chez Swann


[…] ma grand-mère parlant à haute voix, pour prêcher d'exemple, sur un ton qu'elle s'efforçait de rendre naturel, disait de ne pas chuchoter ainsi […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 021

Vous ne trouvez pas ça joli tous ces arbres, ces aubépines et mon étang dont vous ne m'avez jamais félicité ? Vous avez l'air comme un bonnet de nuit. Sentez-vous ce petit vent ? Ah ! on a beau dire, la vie a du bon tout de même, mon cher Amédée !
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 022

Certes ces récits faisaient rire ma grand-mère, mais sans qu'elle distinguât bien si c'était à cause du rôle ridicule que s'y donnait toujours Swann ou de l'esprit qu'il mettait à les conter : « On peut dire que vous êtes un vrai type, monsieur Swann ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 024

Si la conversation tombait sur les princes de la Maison de France : « des gens que nous ne connaîtrons jamais ni vous ni moi et nous nous en passons, n'est-ce pas », disait ma grand-tante à Swann qui avait peut-être dans sa poche une lettre de Twickenham ; […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 025

— Vous avez vu que Swann a les "honneurs" du Figaro ? — Mais je vous ai toujours dit qu'il avait beaucoup de goût, dit ma grand-mère
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 028

Quant à ma mère elle ne pensait qu'à tâcher d'obtenir de mon père qu'il consentît à parler à Swann non de sa femme mais de sa fille qu'il adorait et à cause de laquelle disait-on il avait fini par faire ce mariage. « Tu pourrais ne lui dire qu'un mot, lui demander comment elle va. Cela doit être si cruel pour lui. » Mais mon père se fâchait : « Mais non ! tu as des idées absurdes. Ce serait ridicule. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 029

Quant à ma mère elle ne pensait qu'à tâcher d'obtenir de mon père qu'il consentît à parler à Swann non de sa femme mais de sa fille qu'il adorait et à cause de laquelle disait-on il avait fini par faire ce mariage. « Tu pourrais ne lui dire qu'un mot, cela doit être si cruel lui." Mais mon père se fâchait: "Mais non! tu as des idées absurdes. Ce serait ridicule".
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 029

« Ne commencez pas à chuchoter, dit ma grand-mère. Comme c'est confortable d'arriver dans une maison où tout le monde parle bas ! […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 030

C'est dans le volume sur son [=Saint-Simon] ambassade d'Espagne ; ce n'est pas un des meilleurs, ce n'est guère qu'un journal, mais du moins un journal merveilleusement écrit, ce qui fait déjà une première différence avec les assommants journaux que nous nous croyons obligés de lire matin et soir. — Je ne suis pas de votre avis, il y a des jours où la lecture des journaux me semble fort agréable… », interrompit ma tante Flora, pour montrer qu'elle avait lu la phrase sur le Corot de Swann dans Le Figaro.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 032

« Donc Saint-Simon raconte que Maulévrier avait eu l'audace de tendre la main à ses fils… Vous savez, c'est ce Maulévrier dont il dit : "Jamais je ne vis dans cette épaisse bouteille que de l'humeur, de la grossiéreté et des sottises…" […] "Je ne sais si ce fut ignorance ou panneau", écrit Saint-Simon, "il voulut donner la main à mes enfants… Je m'en aperçus assez tôt pour l'en empêcher…" » Mon grand-père s'extasiait déjà sur « ignorance ou panneau », mais Mlle Céline, chez qui le nom de Saint-Simon — un littérateur — avait empêché l'anesthésie complète des facultés auditives, s'indignait déjà : « Comment ? vous admirez cela ? Eh bien ! c'est du joli ! Mais qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ; est-ce qu'un homme n'est pas autant qu'un autre ? Qu'est-ce que cela peut faire qu'il soit duc ou cocher s'il a de l'intelligence et du cœur ? Il avait une belle manière d'élever ses enfants, votre Saint-Simon, s'il ne leur disait pas de donner la main à tous les honnêtes gens… Mais c'est abominable, tout simplement… Et vous osez citer cela ? » ce fut ignorance ou panneau", écrit Saint-Simon, "il voulut donner la main à mes enfants… Je m'en aperçus assez tôt pour l'en empêcher…" »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 033

« Donc Saint-Simon raconte que Maulévrier avait eu l'audace de tendre la main à ses fils. Vous savez, c'est ce Maulévrier dont il dit : "Jamais je ne vis dans cette épaisse bouteille que de l'humeur, de la grossiéreté et des sottises." […] "Je ne sais si ce fut ignorance ou panneau", écrit Saint-Simon, "il voulut donner la main à mes enfants. Je m'en aperçus assez tôt pour l'en empêcher." » Mon grand-père s'extasiait déjà sur « ignorance ou panneau », mais Mlle Céline, chez qui le nom de Saint-Simon — un littérateur — avait empêché l'anesthésie complète des facultés auditives, s'indignait déjà : « Comment ? vous admirez cela ? Eh bien ! c'est du joli ! Mais qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ? est-ce qu'un homme n'est pas autant qu'un autre ? Qu'est-ce que cela peut faire qu'il soit duc ou cocher s'il a de l'intelligence et du cœur ? Il avait une belle manière d'élever ses enfants, votre Saint-Simon, s'il ne leur disait pas de donner la main à tous les honnêtes gens. Mais c'est abominable, tout simplement. Et vous osez citer cela ? »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 033

« Donc Saint-Simon raconte que Maulévrier avait eu l'audace de tendre la main à ses fils. Vous savez, c'est ce Maulévrier dont il dit : "Jamais je ne vis dans cette épaisse bouteille que de l'humeur, de la grossiéreté et des sottises." […] "Je ne sais si ce fut ignorance ou panneau", écrit Saint-Simon, "il voulut donner la main à mes enfants. Je m'en aperçus assez tôt pour l'en empêcher." » Mon grand-père s'extasiait déjà sur « ignorance ou panneau », mais Mlle Céline, chez qui le nom de Saint-Simon — un littérateur — avait empêché l'anesthésie complète des facultés auditives, s'indignait déjà : « Comment ? vous admirez cela ? Eh bien ! c'est du joli ! Mais qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ; est-ce qu'un homme n'est pas autant qu'un autre ? Qu'est-ce que cela peut faire qu'il soit duc ou cocher s'il a de l'intelligence et du cœur ? Il avait une belle manière d'élever ses enfants, votre Saint-Simon, s'il ne leur disait pas de donner la main à tous les honnêtes gens. Mais c'est abominable, tout simplement. Et vous osez citer cela ? »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 033

« Donc Saint-Simon raconte que Maulévrier avait eu l'audace de tendre la main à ses fils. Vous savez, c'est ce Maulévrier dont il dit : "Jamais je ne vis dans cette épaisse bouteille que de l'humeur, de la grossiéreté et des sottises." […] "Je ne sais si ce fut ignorance ou panneau", écrit Saint-Simon, "il voulut donner la main à mes enfants. Je m'en aperçus assez tôt pour l'en empêcher." » Mon grand-père s'extasiait déjà sur « ignorance ou panneau », mais Mlle Céline, chez qui le nom de Saint-Simon — un littérateur — avait empêché l'anesthésie complète des facultés auditives, s'indignait déjà : « Comment ? vous admirez cela ? Eh bien ! c'est du joli ! Mais qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ; est-ce qu'un homme n'est pas autant qu'un autre ? Qu'est-ce que cela peut faire qu'il soit duc ou cocher s'il a de l'intelligence et du cœur ? Il avait une belle manière d'élever ses enfants, votre Saint-Simon, s'il ne leur disait pas de donner la main à tous les honnêtes gens. Mais c'est abominable, tout simplement. Et vous osez citer cela ? »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 033

« Donc Saint-Simon raconte que Maulévrier avait eu l'audace de tendre la main à ses fils. Vous savez, c'est ce Maulévrier dont il dit : "Jamais je ne vis dans cette épaisse bouteille que de l'humeur, de la gorssiéreté et des sottises." […] "Je ne sais si ce fut ignorance ou panneau", écrit Saint-Simon, "il voulut donner la main à mes enfants. Je m'en aperçus assez tôt pour l'en empêcher." » Mon grand-père s'extasiait déjà sur « ignorance ou panneau », mais Mlle Céline, chez qui le nom de Saint-Simon — un littérateur — avait empêché l'anesthésie complète des facultés auditives, s'indignait déjà : « Comment ? vous admirez cela ? Eh bien ! c'est du joli ! Mais qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ; est-ce qu'un homme n'est pas autant qu'un autre ? Qu'est-ce que cela peut faire qu'il soit duc ou cocher s'il a de l'intelligence et du cœur ? Il avait une belle manière d'élever ses enfants, votre Saint-Simon, s'il ne leur disait pas de donner la main à tous les honnêtes gens. Mais c'est abominable, tout simplement. Et vous osez citer cela ? »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 033

Puis elle sortit d'un air résigné qui semblait signifier : « C'est-il pas malheureux pour des parents d'avoir un enfant pareil ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 035

Il nous reconnaît, nous aborde familièrement, nous demande ce que nous faisons là. Et comme nous inventons que nous avons quelque chose d'urgent à dire à sa parente ou amie, il nous assure que rien n'est plus simple, nous fait entrer dans le vestibule et nous promet de nous l'envoyer avant cinq minutes.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 036

Ma mère ne vint pas, et sans ménagements pour mon amour-propre […] me fit dire par Françoise ces mots : « Il n'y a pas de réponse » que depuis j'ai si souvent entendu des concierges de « palaces » ou des valets de pied de tripots, rapporter à quelque pauvre fille qui s'étonne : « Comment, il n'a rien dit, mais c'est impossible ! Vous avez pourtant bien remis ma lettre. C'est bien, je vais attendre encore. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 037

[…] je venais de prendre la résolution de ne plus essayer de m'endormir sans avoir revu maman, de l'embrasser coûte que coûte, bien que ce fût avec la certitude d'être ensuite fâché pour longtemps avec elle, quand elle remonterait se coucher.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 038

Quand j'irais me mettre sur le chemin de ma mère au moment où elle monterait se coucher, et qu'elle verrait que j'étais resté levé pour lui redire bonsoir dans le couloir, on ne me laisserait plus rester à la maison, on me mettrait au collège le lendemain, c'était certain. Eh bien ! dussé-je me jeter par la fenêtre cinq minutes après, j'aimais encore mieux cela.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 039

[…] ou bien, comme il [=mon père] avait encore fait ce soir, longtemps avant l'heure rituelle, il me disait : « Allons, monte te coucher, pas d'explication ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 041

— Mais va donc avec lui puisque tu disais justement que tu n'as pas envie de dormir, reste un peu dans sa chambre, moi je n'ai besoin de rien. — Mais, mon ami, répondit timidement ma mère, que j'aie envie ou non de dormir, ne change rien à la chose, on ne peut pas habituer cet enfant. — Mais il ne s'agit pas d'habituer, dit mon père en haussant les épaules, tu vois bien que ce petit a du chagrin, il a l'air désolé, cet enfant ; voyons, nous ne sommes pas des bourreaux ! Quand tu l'auras rendu malade, tu seras bien avancée !
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 041

— Mais va donc avec lui puisque tu disais justement que tu n'as pas envie de dormir, reste un peu dans sa chambre, moi je n'ai besoin de rien. — Mais, mon ami, répondit timidement ma mère, que j'aie envie ou non de dormir, ne change rien à la chose, on ne peut pas habituer cet enfant… — Mais il ne s'agit pas d'habituer, dit mon père en haussant les épaules, tu vois bien que ce petit a du chagrin, il a l'air désolé, cet enfant ; voyons, nous ne sommes pas des bourreaux ! Quand tu l'auras rendu malade, tu seras bien avancée !
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 041

— Mais va donc avec lui puisque tu disais justement que tu n'as pas envie de dormir, reste un peu dans sa chambre, moi je n'ai besoin de rien. — Mais, mon ami, répondit timidement ma mère, que j'aie envie ou non de dormir, ne change rien à la chose, on ne peut pas habituer cet enfant. — Mais il ne s'agit pas d'habituer, dit mon père en haussant les épaules, tu vois bien que ce petit a du chagrin, il a l'air désolé, cet enfant ; voyons, nous ne sommes pas des bourreaux ! Quand tu l'auras rendu malade, tu seras bien avancée !
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 041

[…] je l'entendais souvent se dire à elle-même : « Il faut que je me rappelle que je n'ai pas dormi » (car ne jamais dormir était sa grande prétention […]) […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 055

« Françoise, vous n'avez pas entendu ce carillon qui m'a cassé la tête ? — Non, madame Octave. — Ah ! ma pauvre fille, il faut que vous l'ayez solide votre tête, vous pouvez remercier le bon Dieu. C'était la Maguelonne qui était venue chercher le docteur Piperaud. Il est ressorti tout de suite avec elle et ils ont tourné par la rue de l'Oiseau. Il faut qu'il y ait quelque enfant de malade. […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 059

« Françoise, vous n'avez pas entendu ce carillon qui m'a cassé la tête ? — Non, madame Octave. — Ah ! ma pauvre fille, il faut que vous l'ayez solide votre tête, vous pouvez remercier le bon Dieu. C'était la Maguelonne qui était venue chercher le docteur Piperaud. Il est ressorti tout de suite avec elle et ils ont tourné par la rue de l'Oiseau. Il faut qu'il y ait quelque enfant de malade. […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 059

Quand Françoise […] remontait une première fois chez ma tante pour lui donner sa pepsine et lui demander ce qu'elle prendrait pour déjeuner, il était bien rare qu'il ne lui fallût pas donner déjà son avis ou fournir des explications sur quelque événement d'importance : [après quelques échanges : ] — Françoise, mais pour qui donc a-t-on sonné la cloche des morts ? Ah ! mon Dieu, ce sera pour Mme Rousseau. Voilà-t-il pas que j'avais oublié qu'elle a passé l'autre nuit. Ah ! il est temps que le Bon Dieu me rappelle, je ne sais plus ce que j'ai fait de ma tête depuis la mort de mon pauvre Octave. Mais je vous fais perdre votre temps, ma fille. — Mais non, madame Octave, mon temps n'est pas si cher ; celui qui l'a fait ne nous l'a pas vendu. Je vas seulement voir si mon feu ne s'éteint pas. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 059

Quand Françoise […] remontait une première fois chez ma tante pour lui donner sa pepsine et lui demander ce qu'elle prendrait pour déjeuner, il était bien rare qu'il ne lui fallût pas donner déjà son avis ou fournir des explications sur quelque événement d'importance : [après quelques échanges : ] — Françoise, mais pour qui donc a-t-on sonné la cloche des morts ? Ah ! mon Dieu, ce sera pour Mme Rousseau. Voilà-t-il pas que j'avais oublié qu'elle a passé l'autre nuit. Ah ! il est temps que le Bon Dieu me rappelle, je ne sais plus ce que j'ai fait de ma tête depuis la mort de mon pauvre Octave. Mais je vous fais perdre votre temps, ma fille. — Mais non, madame Octave, mon temps n'est pas si cher ; celui qui l'a fait ne nous l'a pas vendu. Je vas seulement voir si mon feu ne s'éteint pas. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 059

— Mais ce sera la fille à M. Pupin » disait Françoise […] « La fille à M. Pupin ! Oh ! je vous crois bien ma pauvre Françoise ! Avec cela que je ne l'aurais pas reconnue ! — Mais je ne veux pas dire la grande, madame Octave, je veux dire la gamine, celle qui est en pension à Jouy. Il me ressemble de l'avoir déjà vue ce matin. — Ah ! à moins de ça, disait ma tante. Il faudrait qu'elle soit venue pour les fêtes. C'est cela ! Il n'y a pas besoin de chercher, elle sera venue pour les fêtes.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 060

[…] si j'avais l'imprudence de lui dire que nous avions rencontré, près du Pont-Vieux, un homme que mon grand-père ne connaissait pas : « Un homme que grand-père ne connaissait point, s'écriait-elle. Ah ! je te crois bien ! » Néanmoins, un peu émue de cette nouvelle, elle voulait en avoir le cœur net, mon grand-père était mandé.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 061

[La tante du Narrateur a vu passer un chien qu'elle ne connaît pas] — Ce sera le chien de Mme Sazerat » disait Françoise, sans grande conviction, mais dans un but d'apaisement et pour que ma tante ne se « fende pas la tête ». « Comme si je ne connaissais pas le chien de Mme Sazerat ! » répondait ma tante dont l'esprit critique n'admettait pas si facilement un fait.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 061

[…] un édifice occupant, si l'on peut dire, un espace à quatre dimensions — la quatrième étant celle du Temps — […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 064

Ignorante en architecture, elle disait [à propos du clocher de Combray] : « Mes enfants, moquez-vous de moi si vous voulez, il n'est peut-être pas beau dans les règles, ma sa vieille figure bizarre me plaît. […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 067

Sans trop savoir pourquoi, ma grand-mère trouvait au clocher de Saint-Hilaire cette absence de vulgarité, de prétention, de mesquinerie […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 067

[variations dans le menu : ] […] un gigot rôti parce que le grand air creuse et qu'il avait bien le temps de descendre d'ici sept heures, des épinards pour changer, des abricots parce que c'était encore une rareté, […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 073

[…] ma première question était toujours pour lui demander s'il était déjà allé au théâtre et s'il trouvait que le plus grand acteur était bien Got, le second Delaunay, etc. Et si, à son avis, Febvre ne venait qu'après Thiron […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 076

[au Narrateur qui lui a rendu visite] « Allons, voyons, il est l'heure que tu t'en ailles », me dit mon oncle.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 080

[…] avec assez d'embarras il me laissait entendre sans oser me le dire ouvertement qu'il aimerait autant que je ne parlasse pas de cette visite à mes parents […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 081

[…] après le déjeuner comme elle disait qu'elle était un peu souffrante, il avait étouffé un sanglot et essuyé des larmes. "Comment veux-tu que ce soit sincère, me dit-elle, puisqu'il ne me connaît pas; ou bien alors il est fou."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 093

Un dimanche, prendant ma lecture au jardin, je fus dérangé par Swann qui venait voir mes parents. "Qu'est-ce que vous lisez, on peut regarder ? Tiens, du Bergotte ? Qui donc vous a indiqué ses ouvrages ?" Je lui dis que c'était Bloch.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 097

Si elle a loin à aller avant vêpres elle pourrait bien la [=sa robe] faire saucer. […] C'était la pluie./. « Eh bien ! Françoise, qu'est-ce que je disais ? Ce que cela tombe ! […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 101

« Monsieur le Curé, qu'est-ce que l'on me disait, qu'il y a un artiste qui a installé son chevalet dans votre église pour copier un vitrail. Je peux dire que je suis arrivée à mon âge sans avoir jamais entendu parler d'une chose pareille ! Qu'est-ce que le monde aujourd'hui va donc chercher ! Et ce qu'il y a de plus vilain dans l'église ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 103

[…] sancta Eulalia, savez-vous ce qu'elle est devenue en Bourgogne? Saint Éloi tout simplement: elle est devenue un saint. Voyez-vous, Eulalie, qu'après votre mort on fasse de vous un homme? — Monsieur le Curé a toujours le mot pour rigoler.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 104

Si à dix heures et demie un distrait tirait sa montre en disant : « Allons, encore une heure et demie avant le déjeuner », chacun était enchanté d'avoir à lui dire : « Mais voyons, à quoi pensez-vous, vous oubliez que c'est samedi ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 110

Ma mère lui disait avec admiration : « Tu es extraordinaire ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 114

« Je sais que se sont encore mal arrangées tantôt, Léonie, lui dit-elle avec douceur, vous avez eu tout votre monde à la fois. » ./. Ce que ma tante interrompit par : « Abondance de biens… » car depuis que sa fille était malade elle croyait devoir la remonter en lui présentant toujours tout par le bon côté.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 117

- "Est-ce que vous avez des amis de ce côté-là, que vous connaissez si bien Balbec?" ./. Dans un dernier effort désespéré, le regard souriant de Legrandin atteignit son maximum de tendresse, de vague, de sincérité et de distraction, mais, pensant sans doute qu'il n'y avait plus qu'à répondre, il nous dit: — "J'ai des amis partout où il y a des troupes d'arbres blessés, mais non vaincus, qui se sont rapprochés pour implorer ensemble avec une obstination pathétique un ciel inclément qui n'a pas pitié d'eux." — "Ce n'est pas cela que je voulais dire, interrompit mon père, aussi obstiné que les arbres et aussi impitoyable que le ciel. Je demandais pour le cas où il arriverait n'importe quoi à ma belle-mère et où elle aurait besoin de ne pas se sentir là-bas en pays perdu, si vous y connaissez du monde?"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 129

Legrandin pris au dépourvu par cette question à un moment où ses yeux étaient fixés sur mon père, ne put les détourner, mais les attachant de seconde en seconde avec plus d'intensité — et tout en souriant tristement — sur les yeux de son interlocuteur, avec un air d'amitié et de franchise et de ne pas craindre de le regarder en face, il sembla lui avoir traversé la figure comme si elle fût devenue transparente, et voir en ce moment bien au delà derrière elle un nuage vivement coloré qui lui créait un alibi mental et qui lui permettrait d'établir qu'au moment où on lui avait demandée s'il connaissait quelqu'un à Balbec, il pensait à autre chose et n'avait pas entendu la question. Habituellement de tels regards font dire à l'interlocuteur: "A quoi pensez-vous donc?"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 129

Et sans avoir pris le temps d'enlever nos affaires, nous montions vite chez ma tante Léonie pour la rassurer et lui montrer que, contrairement à ce qu'elle imaginait déjà, il ne nous était rien arrivé, mais que nous étions allés "du côté de Guermantes" et, dame, quand on faisait cette promenade-là, ma tante savait pourtant bien qu'on ne pouvait jamais être sûr de l'heure à laquelle on serait rentré. — "Là, Françoise, disait ma tante, quand je vous le disais, qu'ils seraient allés du côté de Guermantes! Mon Dieu! ils doivent avoir une faim!
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 131

- "Allons, Gilberte, viens; qu'est-ce que tu fais, cria d'une voix perçante et autoritaire une dame en blanc que je n'avais pas vue […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 138

Et voyant sur l'eau et à la face du mur un pâle sourire répondre au sourire du ciel, je m'écriai dans mon enthousiasme en brandissant mon parapluie refermé : « Zut, zut, zut, zut. » Mais en même temps je sentis que mon devoir eût été de ne pas m'en tenir à ces mots opaques et de tâcher de voir plus clair dans mon ravissement.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 151

« Laisse donc tout ouvert, j'ai chaud, dit son amie. — Mais c'est assommant, on nous verra », dit Mlle Vinteuil.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 156

- "Oh! ce portrait de mon père qui nous regarde, je ne sais pas qui a pu le mettre là, j'ai pourtant dit vingt fois que ce n'était pas sa place."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 157

« Laisse donc tout ouvert, j'ai chaud, dit son amie. — Mais c'est assommant, on nous verra », dit Mlle Vinteuil. […] — "Oui, c'est probable qu'on nous regarde à cette heure-ci, dans cette campagne fréquentée, dit ironiquement son amie. Et puis quoi? ajouta-t-elle (en croyant devoir accompagner d'un clignement d'yeux malicieux et tendre, ces mots qu'elle récita par bonté, comme un texte, qu'elle savait être agréable à Mlle Vinteuil, d'un ton qu'elle s'efforçait de rendre cynique), quand même on nous verrait ce n'en est que meilleur."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 157

Pour faire partie du "petit noyau", du "petit groupe", du "petit clan" des Verdurin, une condition était suffisante mais elle était nécessaire: il fallait adhérer tacitement à un Credo dont un des articles était que le jeune pianiste, protégé par Mme Verdurin cette année-là et dont elle disait: "Ça ne devrait pas être permis de savoir jouer Wagner comme ça!", "enfonçait" à la fois Planté et Rubinstein et que le Dr Cottard avait plus de diagnostic que Potain.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 183

- "Je viendrai le vendredi saint... vous faire mes adieux car nous allons passer les fêtes de Pâques en Auvergne." — "En Auvergne? pour vous faire manger par les puces et la vermine, grand bien vous fasse!"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 184

Les Verdurin n'invitaient pas à dîner : on avait chez eux "son couvert mis"… Pour la soirée, il n'y avait pas de programme… Le jeune pianiste jouait, mais seulement "si ça lui chantait", car on ne forçait personne […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 184

Si le pianiste voulait jouer la chevauchée de la Walkyrie ou le prélude de Tristan Opéra de Wagner., Mme Verdurin protestait, non que cette musique lui déplût, mais au contraire parce qu'elle lui causait trop d'impression. "Alors vous tenez à ce que j'aie ma migraine? Vous savez bien que c'est la même chose chaque fois qu'il joue ça. Je sais ce qui m'attend! Demain quand je voudrai me lever, bonsoir, plus personne!"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 184

- "Je viendrai le vendredi saint... vous faire mes adieux car nous allons passer les fêtes de Pâques en Auvergne." — "En Auvergne? pour vous faire manger par les puces et la vermine, grand bien vous fasse!"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 185

[Mme Verdurin à Odette qui veut lui présenter Swann] — Mais voyons, est-ce qu'on peut refuser quelque chose à une petite perfection comme ça ? Taisez-vous, on ne vous demande pas votre avis, je vous dis que vous êtes une perfection.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 186

Savez-vous ce qui serait gentil, ce serait de vous faire présenter à Mme Verdurin chez qui je vais tous les soirs.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 193

Le docteur Cottard ne savait jamais […] si son interlocuteur voulait rire ou était sérieux. […] on y [=sur son visage] voyait flotter perpétuellement une incertitude où se lisait la question qu'il n'osait pas poser : "Dites-vous cela pour de bon ?"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 194

- "C'est une si excellente femme, répondit-il. Je vous accorde qu'elle n'est pas étourdissante; mais je vous assure qu'elle est agréable quand on cause seul avec elle. "Je n'en doute pas, s'empressa de concéder Swann. Je voulais dire qu'elle ne me semblait pas "éminente" ajouta-t-il en détachant cet adjectif, et en somme c'est plutôt un compliment!" "Tenez, dit M. Verdurin, je vais vous étonner, elle écrit d'une manière charmante.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 198

« Qu'est-ce qu'ils ont à rire, toutes ces bonnes gens-là, on a l'air de ne pas engendrer la mélancolie dans votre petit coin là-bas, s'écria Mme Verdurin. Si vous croyez que je m'amuse, moi, à rester toute seule en pénitence », ajouta-t-elle sur un ton dépité, en faisant l'enfant.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 198

« […] je n'ai pas envie à force de pleurer [en entendant la sonate] de me fiche un rhume de cerveau avec névralgies faciales, comme la dernière fois ; merci du cadeau ; je ne tiens pas à recommencer ; vous êtes bons vous autres, on voit bien que ce n'est pas vous qui garderez le lit huit jours ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 199

« […] je n'ai pas envie à force de pleurer [en entendant la sonate] de me fiche un rhume de cerveau avec névralgies faciales, comme la dernière fois ; merci du cadeau ; je ne tiens pas à recommencer; vous êtes bons vous autres, on voit bien que ce n'est pas vous qui garderez le lit huit jours ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 199

« […] je n'ai pas envie à force de pleurer [en entendant la sonate] de me fiche un rhume de cerveau avec névralgies faciales, comme la dernière fois ; merci du cadeau ; je ne tiens pas à recommencer; vous êtes bons vous autres, on voit bien que ce n'est pas vous qui garderez le lit huit jours ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 199

« […] je n'ai pas envie à force de pleurer [en entendant la sonate] de me fiche un rhume de cerveau avec névralgies faciales, comme la dernière fois ; merci du cadeau ; je ne tiens pas à recommencer; vous êtes bons vous autres, on voit bien que ce n'est pas vous qui garderez le lit huit jours ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 199

— "Mais pourquoi veux-tu que ça l'ennuie [de jouer], dit M. Verdurin, M. Swann ne connaît peut-être pas la sonate en fa dièse que nous avons découverte, il va nous jouer l'arrangement pour piano." — "Ah! non, non, pas ma sonate! cria Mme Verdurin, je n'ai pas envie à force de pleurer de me fiche un rhume de cerveau avec névralgies faciales, comme la dernière fois; merci du cadeau, je ne tiens pas à recommencer; vous êtes bons vous autres, on voit bien que ce n'est pas vous qui garderez le lit huit jours!" […] — Eh bien! voyons, c'est entendu, dit M. Verdurin, il ne jouera que l'andante. — "Que l'andante, comme tu y vas ! s'écria Mme Verdurin. C'est justement l'andante qui me casse bras et jambes. Il est vraiment superbe le Patron! C'est comme si dans la "Neuvième" il disait: nous n'entendrons que le finale, ou dans "les Maîtres" que l'ouverture."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 200

- Ah! si madame Verdurin commence à peloter les bronzes, nous n'entendrons pas de musique ce soir, dit le peintre. — "Taisez-vous, vous êtes un vilain. Au fond, dit-elle en se tournant vers Swann, on nous défend à nous autres femmes des choses moins voluptueuses que cela. Mais il n'y a pas une chair comparable à cela! Quand M. Verdurin me faisait l'honneur d'être jaloux de moi. — Allons, sois poli au moins, ne dis pas que tu ne l'as jamais été... — "Mais je ne dis absolument rien. Voyons docteur je vous prends à témoin: est-ce que j'ai dit quelque chose?"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 201

- Ah! si madame Verdurin commence à peloter les bronzes, nous n'entendrons pas de musique ce soir, dit le peintre. — "Taisez-vous, vous êtes un vilain. Au fond, dit-elle en se tournant vers Swann, on nous défend à nous autres femmes des choses moins voluptueuses que cela. Mais il n'y a pas une chair comparable à cela! Quand M. Verdurin me faisait l'honneur d'être jaloux de moi — allons, sois poli au moins, ne dis pas que tu ne l'as jamais été..." — "Mais je ne dis absolument rien. Voyons docteur je vous prends à témoin: est-ce que j'ai dit quelque chose?"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 201

[…] je suis plus gourmande que vous tous, mais je n'ai pas besoin de me les [des raisins] mettre dans la bouche puisque je jouis par les yeux [des raisins dessinés sur de la tapisserie de Beauvais]. Qu'est-ce que vous avez tous à rire ?
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 201

Celle-ci [Mme Verdurin], voyant Swann sur une chaise, le fit lever: "Vous n'êtes pas bien là, allez donc vous mettre à côté d'Odette, n'est-ce pas Odette, vous feriez bien une place à M. Swann ?
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 201

Tout à l'heure vous regarderez cela. Chaque bronze correspond comme attribut au petit sujet du siège; vous savez, vous avez de quoi vous amuser si vous voulez regarder cela, je vous promets un bon moment. Rien que les petites frises des bordures, tenez là, la petite vigne sur fond rouge de l'Ours et les Raisins. Est-ce dessiné? Qu'est-ce que vous en dites, je crois qu'ils le savaient plutôt, dessiner! Est-elle assez appétissante cette vigne?
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 201

« Quel charmeur, n'est-ce pas, dit-elle [=Mme Verdurin] à Swann ; la comprend-il assez, sa sonate, le petit misérable ? Vous ne saviez pas que le piano pouvait atteindre à ça. C'est tout, excepté du piano, ma parole ! Chaque fois j'y suis reprise, je crois entendre un orchestre. C'est même plus beau que l'orchestre, plus complet. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 205

"[…] je vous dirai que je n'aime pas beaucoup chercher la petite bête et m'égarer dans des pointes d'aiguilles ; on ne perd pas son temps à couper les cheveux en quatre ici, ce n'est pas le genre de la maison.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 206

« Comment, s'écria Mme Verdurin, il y a encore des gens qui sefont soigner par Potain ! — Ah ! madame Verdurin, dit Cottard, sur un ton de marivaudage, vous oubliez que vous parlez d'un de mes confrères, je devrais dire un de mes maîtres. » […] — Laissez-moi donc tranquille avec vos maîtres, vous en savez dix fois autant que lui, répondit Mme Verdurin au docteur Cottard, du ton d'une personne qui a le courage de ses opinions et tient bravement tête à ceux qui ne sont pas du même avis qu'elle. Vous ne tuez pas vos malades, vous, au moins !
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 207

« Comment, s'écria Mme Verdurin, il y a encore des gens qui sefont soigner par Potain ! — Ah ! madame Verdurin, dit Cottard, sur un ton de marivaudage, vous oubliez que vous parlez d'un de mes confrères, je devrais dire un de mes maîtres. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 207

— Mais ce pourrait être un parent, reprit Swann, cela serait assez triste, mais enfin un homme de génie peut-être le cousin d'une vieille bête. Si cela était, j'avoue qu'il n'y a pas de supplice que je ne m'imposerais pour que la vieille bête me présentât à l'auteur de la sonate : d'abord le supplice de fréquenter la vieille bête, et qui doit être affreux.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 207

- Comment ça, M. Grévy? vous connaissez M. Grévy? dit-il à Swann de l'air stupide et incrédule d'un municipal à qui un inconnu demande à voir le Président de la République, et qui, comprenant par ces mots "à qui il a affaire", comme disent les journaux, assure au pauvre dément qu'il va être reçu à l'instant et le dirige sur l'infirmerie spéciale du dépôt.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 209

"[…] je déjeune justement demain avec le Préfet de police à l'Élysée. — Comment ça, à l'Élysée? cria le docteur Cottard d'une voix tonnante. — Oui, chez M. Grévy", répondit Swann, un peu gêné de l'effet que sa phrase avait produit. […] — Comment ça, M. Grévy? vous connaissez M. Grévy? dit [Cottard] à Swann de l'air stupide et incrédule d'un municipal à qui un inconnu demande à voir le Président de la République, et qui, comprenant par ces mots "à qui il a affaire", comme disent les journaux, assure au pauvre dément qu'il va être reçu à l'instant et le dirige sur l'infirmerie spéciale du dépôt.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 209

"[…] je déjeune justement demain avec le Préfet de police à l'Élysée. — Comment ça, à l'Élysée? cria le docteur Cottard d'une voix tonnante. — Oui, chez M. Grévy", répondit Swann, un peu gêné de l'effet que sa phrase avait produit. Et le peintre dit, en manière de plaisanterie — Ça vous prend souvent ?
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 209

- "Je pourrais même dîner seule avec vous, si vous aimiez mieux cela", lui disait-elle. — "Et Mme Verdurin?" — "Oh! ce serait bien simple. Je n'aurais qu'à dire que ma robe n'a pas été prête, que mon cab est venu en retard. Il y a toujours moyen de s'arranger."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 210

À son entrée, tandis que Mme Verdurin montrant des roses qu'il avait envoyées le matin lui disait : « Je vous gronde » et lui indiquait une place à côté d'Odette […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 211

Ou bien si elle [Odette] n'avait pas eu le temps de lui écrire, quand il [Swann] arriverait chez les Verdurin, elle irait vivement à lui et lui dirait: "J'ai à vous parler", et il contemplerait avec curiosité sur son visage et dans ses paroles ce qu'elle lui avait caché jusque-là de son cœur.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 218

"Mais non, il n'y a absolument rien [entre Odette et Swann], et entre nous, je trouve qu'elle a bien tort et qu'elle se conduit comme une fameuse cruche, qu'elle est du reste. — Ta ta ta, dit M. Verdurin, qu'est-ce que tu en sais, qu'il n'y a rien?
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 219

— "Vous voulez dire qu'elle est du dernier bien avec lui, qu'elle lui a fait voir l'heure du berger", dit le docteur, expérimentant avec prudence le sens de ces expressions. — Mais non, il n'y a absolument rien, et entre nous, je trouve qu'elle a bien tort et qu'elle se conduit comme une fameuse cruche, qu'elle est du reste. — "Ta, ta, ta, dit M. Verdurin, qu'est-ce que tu en sais qu'il n'y a rien, nous n'avons pas été y voir, n'est-ce pas."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 219

— […] Ce [=une liaison avec Swann] serait pourtant absolument ce qu'il lui [Odette] faut. — Tu me permettras de ne pas être de ton avis, dit M. Verdurin, il ne me revient qu'à demi ce monsieur ; je le trouve poseur.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 219

Elle [Odette] prétend […] qu'il [Swann] est timide avec elle, que cela l'intimide à son tour, qu'elle ne l'aime pas de cette manière-là, que c'est un être idéal, qu'elle a peur de déflorer le sentiment qu'elle a pour lui, est-ce que je sais, moi ?
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 219

Et après tout, on ne peut rien dire, puisqu'il a l'air de la croire intelligente. Je ne sais si tu as entendu ce qu'il lui débitait l'autre soir sur la sonate de Vinteuil; j'aime Odette de tout mon cœur, mais pour lui faire des théories d'esthétique, il faut tout de même être un fameux jobard!" — Voyons, ne dites pas du mal d'Odette, dit Mme Verdurin en fisant l'enfant. Elle est charmante.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 219

j'aime Odette de tout mon cœur, mais pour lui faire des théories d'esthétique, il faut tout de même être un fameux jobard ! — Voyons, ne dites pas du mal d'Odette, dit Mme Verdurin en faisant l'enfant.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 219

— […] Cela ne vous gêne pas que je remette droites les fleurs de votre corsage qui ont été déplacées par le choc ? J'ai peur que vous ne les perdiez, je voudrais les enfoncer un peu. /. Elle, qui n'avait pas été habituée à voir les hommes faire tant de façons avec elle, dit en souriant: — "Non, pas du tout, ça ne me gêne pas." ./. Mais lui, intimidé par sa réponse, peut-être aussi pour avoir l'air d'avoir été sincère quand il avait pris ce prétexte, ou même, commençant déjà à croire qu'il l'avait été, s'écria: — "Oh! non, surtout, ne parlez pas, vous allez encore vous essouffler vous pouvez bien me répondre par gestes, je vous comprendrai bien.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 223

— […] Cela ne vous gêne pas que je remette droites les fleurs de votre corsage qui ont été déplacées par le choc ? J'ai peur que vous ne les perdiez, je voudrais les enfoncer un peu. /. Elle, qui n'avait pas été habituée à voir les hommes faire tant de façons avec elle, dit en souriant: — "Non, pas du tout, ça ne me gêne pas." ./. Mais lui, intimidé par sa réponse, peut-être aussi pour avoir l'air d'avoir été sincère quand il avait pris ce prétexte, ou même, commençant déjà à croire qu'il l'avait été, s'écria: — "Oh! non, surtout, ne parlez pas, vous allez encore vous essouffler vous pouvez bien me répondre par gestes, je vous comprendrai bien.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 224

Sérieusement, je ne suis pas désagréable ? Et en les respirant [=les catleyas sur le corsage d'Odette] pour voir s'ils n'ont vraiment pas d'odeur, non plus ? Je n'en ai jamais senti, je peux ? dites la vérité . » / Souriant, elle haussa les épaules, comme pour dire « vous êtes fou, vous voyez bien que ça me plaît ».
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 224

- "Sincèrement je ne vous gêne pas? Voyez, il y a un peu... je pense que c'est du pollen qui s'est répandu sur vous, vous permettez que je l'essuie avec ma main? Je ne vais pas trop fort, je ne suis pas trop brutal? Je vous chatouille peut-être un peu? mais c'est que je ne voudrais pas toucher le velours de la robe pour ne pas le friper. Mais, voyez-vous, il était vraiment nécessaire de les [=les catleyas de votre corsage] fixer, ils seraient tombés; et, comme cela, en les enfonçant un peu moi-même... Sérieusement, je ne suis pas désagréable? Et en les respirant pour voir s'ils n'ont vraiment pas d'odeur non plus? Je n'en ai jamais senti, je peux? dites la vérité"? Souriant, elle haussa légèrement les épaules, comme pour dire "vous êtes fou, vous voyez bien que ça me plaît".
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 225

Maintenant, tous les soirs, quand il l'avait ramenée chez elle, il fallait qu'il entrât et souvent elle ressortait en robe de chambre et le conduisait jusqu'à sa voiture l'embrassait aux yeux du cocher, disant: "Qu'est-ce que cela peut me faire, que me font les autres?"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 226

Alors elle faisait mine de s'arrêter [de jouer du piano] disant: "Comment veux-tu que je joue comme cela si tu me tiens ? je ne peux tout faire à la fois, sache au moins ce que tu veux, est-ce que je dois jouer la phrase ou faire des petites caresses ?"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 229

[…] [Odette] lui répondait avec un peu de mépris: "Mais les endroits chics, parbleu! Si, à ton âge, il faut t'apprendre ce que c'est que les endroits chics, que veux-tu que je te dise, moi ? par exemple le dimanche matin l'avenue de l'Impératrice […]"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 233

« Il ne va jamais que dans les endroits chics. » Et si Swann lui demandait ce qu'elle entendait par là , elle lui répondait avec un peu de mépris : "Mais les endroits chics, parbleu ! Si, à ton âge, il faut t'apprendre ce que c'est que les endroits chics, que veux-tu que je te dise, moi ? par exemple le dimanche matin l'avenue de l'Impératrice […]"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 233

Mais elle a l'air d'une ouvreuse, d'une vieille concierge, darling ! Ça, une marquise ! Je ne suis pas marquise, mais il faudrait me payer bien cher pour me faire sortir nippée comme ça !
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 234

[…] comme il avait critiqué que l'amie d'Odette donnât […] dans le faux ancien: "Tu ne voudrais pas qu'elle vécût comme toi au milieu de meubles cassés et de tapis usés", lui dit-elle […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 235

La première fois qu'elle lui en vit un [=monocle] dans l'œil, elle ne put contenir sa joie : « Je trouve que pour un homme, il n'y a pas à dire, ça a beaucoup de chic ! […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 236

Eh bien! ajoutait-il avec cette légère émotion qu'on éprouve quand même sans bien s'en rendre compte, on dit une chose non parce qu'elle est vraie, mais parce qu'on a plaisir à la dire et qu'on l'écoute dans sa propre voix comme si elle venait d'ailleurs que de nous-mêmes, le sort en est jeté, j'ai choisi d'aimer les seuls cœurs magnanimes et de ne plus vivre que dans la magnanimité.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 239

Ainsi Brichot, ce soir, ce n'est rien : je l'ai vu, vous savez, chez moi, éblouissant, à se mettre à genoux devant; eh bien ! chez les autres, ce n'est plus le même homme, il n'a plus d'esprit, il faut lui arracher les mots, il est même ennuyeux."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 242

Ainsi Brichot, ce soir, ce n'est rien: je l'ai vu, vous savez, chez moi, éblouissant, à se mettre à genoux devant; eh bien! chez les autres, ce n'est plus le même homme, il n'a plus d'esprit, il faut lui arracher les mots, il est même ennuyeux." — C'est curieux! dit Forcheville étonné.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 242

— Quel est ce monsieur?" demanda Forcheville […] — Comment, vous ne connaissez pas le fameux Brichot ? il est célèbre dans toute l'Europe. — Ah ! c'est Bréchot, s'écria Forcheville qui n'avez pas bien entendu, vous m'en direz tant" ajouta-t-il […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 242

-[…] cela ne semblait pas d'un art, comme on dit, très "élevé" […] — Élevé. à la hauteur d'une institution", interrompit Cottard […] Toute la table éclata de rire. — Quand je vous disais qu'on ne peut pas garder son sérieux avec lui, dit Mme Verdurin […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 243

[Le peintre a terminé de parler] Et toi, qu'est-ce que tu as, à rester comme cela, bouche bée comme une grande bête ? dit-elle [Mme Verdurin] à son mari. Tu sais pourtant qu'il parle bien ; on dirait que c'est la première fois qu'il vous entend.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 244

[Le peintre a terminé de parler] Et toi, qu'est-ce que tu as, à rester comme cela, bouche bée comme une grande bête ? dit-elle [Mme Verdurin] à son mari. Tu sais pourtant qu'il parle bien ; on dirait que c'est la première fois qu'il vous entend. Si vous l'aviez vu pendant que vous parliez, il vous buvait. Et demain il nous récitera tout ce que vous avez dit sans manger un mot.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 244

Ça a l'air fait avec rien, reprit le peintre, pas plus moyen de découvrir le truc que dans La Ronde ou Les Régentes et c'est encore plus fort comme patte que Rembrandt et que Hals. Tout y est, mais non, je vous jure."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 244

[…] redonnez donc de la sole normande à Monsieur, vous voyez bien que la sienne est froide. Nous ne sommes pas si pressés, vous servez comme s'il y avait le feu, attendez donc un peu pour donner la salade.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 245

[…] redonnez donc de la sole normande à Monsieur, vous voyez bien que la sienne est froide. Nous ne sommes pas si pressés, vous servez comme s'il y avait le feu, attendez donc un peu pour donner la salade.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 245

[…] j'avoue que mon manque d'admiration est à peu près égal pour ces deux chefs-d'œuvre. — Vraiment, qu'est-ce que vous leur reprochez ? Trouvez-vous peut-être que c'est un peu triste ?
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 246

Mais le marbre [=Mme Verdurin, muette] finit par s'animer et fit entendre qu'il fallait ne pas être dégoûté pour aller chez ces gens-là, car la femme était toujours ivre et le mari si ignorant qu'il disait collidor pour corridor. « On me paierait bien cher que je ne laisserais pas entrer ça chez moi… » conclut Mme Verdurin, en regardant Swann d'un air impérieux.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 248

Mais le marbre [=Mme Verdurin, muette] finit par s'animer et fit entendre qu'il fallait ne pas être dégoûté pour aller chez ces gens-là, car la femme était toujours ivre et le mari si ignorant qu'il disait collidor pour corridor.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 248

Mais le marbre [=Mme Verdurin] finit par s'animer et fit entendre qu'il fallait ne pas être dégoûté pour aller chez ces gens-là, car la femme était toujours ivre et le mari si ignorant qu'il disait collidor pour corridor. — "On me paierait bien cher que je ne laisserais pas entrer ça chez moi", conclut Mme Verdurin, en regardant Swann d'un air impérieux. /. Sans doute elle n'espérait pas qu'il se soumettrait jusqu'à imiter la sainte simplicité de la tante du pianiste qui venait de s'écrier: — Voyez-vous ça ? Ce qui m'étonne, c'est qu'ils trouvent encore des personnes qui consentent à leur causer; il me semble que j'aurais peur: un mauvais coup est si vite reçu! Comment y a-t-il encore du peuple assez brute pour leur courir après.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 248

Mais le marbre [=Mme Verdurin] finit par s'animer et fit entendre qu'il fallait ne pas être dégoût pour aller chez ces gens-là, car la femme était toujours ivre et le mari si ignorant qu'il disait collidor pour corridor. — "On me paierait bien cher que je ne laisserais pas entrer ça chez moi", conclut Mme Verdurin, en regardant Swann d'un air impérieux. /. Sans doute elle n'espérait pas qu'il se soumettrait jusqu'à imiter la sainte simplicité de la tante du pianiste qui venait de s'écrier: — Voyez-vous ça ? Ce qui m'étonne, c'est qu'ils trouvent encore des personnes qui consentent à leur causer; il me semble que j'aurais peur: un mauvais coup est si vite reçu! Comment y a-t-il encore du peuple assez brute pour leur courir après./. Que ne répondait-il du moins comme Forcheville: "Dame c'est une duchesse; il y a des gens que ça impressionne encore", ce qui aurait permis au moins à Mme Verdurin de répliquer: "Grand bien leur fasse!"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 248

- […] Voyons, Swann, qu'entendez-vous par intelligence ? — Voilà! s'écria Odette, voilà les grandes choses dont je lui demande de me parler, mais il ne veut jamais. — Mais si... protesta Swann. — Cette blague ! dit Odette. — Blague à tabac? demanda le docteur.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 249

[Saniette raconte une histoire dont Swann prétend qu'elle est fausse.] Il [=Swann] capitula si vite, eut l'air si malheureux de voir manqué l'effet sur lequel il avait compté et répondit d'un ton si lâche à Swann pour que celui-ci ne s'acharnât pas à une réfutation désormais inutile : « C'est bon, c'est bon ; en tous cas, même si je me trompe, ce n'est pas un crime, je pense », que Swann aurait voulu pouvoir dire que l'histoire était vraie et délicieuse.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 250

[Saniette raconte une histoire dont Swann prétend qu'elle est fausse.] Il [=Saniette] capitula si vite, eut l'air si malheureux de voir manqué l'effet sur lequel il avait compté et répondit d'un ton si lâche à Swann pour que celui-ci ne s'acharnât pas à une réfutation désormais inutile : « C'est bon, c'est bon ; en tous cas, même si je me trompe, ce n'est pas un crime, je pense », que Swann aurait voulu pouvoir dire que l'histoire était vraie et délicieuse.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 250

[…] elle lui avait jeté un regard de complicité dans le mal, qui voulait si bien dire : « Voilà une exécution, ou je ne m'y connais pas. Avez-vous vu son air penaud ? il en pleurait »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 264

[Swann aurait voulu rester avec Odette. Mme Verdurin est intervenue.] Et elle ajouta encore, un instant après, avec colère : « Non, mais voyez-vous, cette sale bête ! » en employant sans s'en rendre compte, et peut-être en obéissant au même besoin obscur de se justifier — comme Françoise à Combray quand le poulet ne voulait pas mourir — les mots qu'arrachent les derniers sursauts d'un animal inoffensif qui agonise, au paysan qui est en train de l'écraser.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 272

[…] il [Swann] se plongeait dans le plus enivrant des romans d'amour, l'indicateur des chemins de fer qui lui apprenait les moyens de la [Odette] rejoindre […] Car enfin l'indicateur et les trains eux-mêmes n'étaient pas faits pour des chiens.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 278

Mais quand elle [Odette] était partie pour Dreux ou pour Pierrefonds — hélas, sans lui [Swann] permettre d'y aller, comme par hasard, de son côté, car "cela ferait un effet déplorable" disait-elle […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 278

Ce n'était vraiment pas de chance qu'elle lui défendît le seul endroit qui le tentait aujourd'hui. Aujourd'hui! S'il y allait, malgré son interdiction, il pourrait la voir aujourd'hui même! Mais, alors que, si elle eût retrouvé à Pierrefonds quelque indifférent, elle lui eût dit joyeusement: "Tiens, vous ici!", et lui aurait demandé d'aller la voir à l'hôtel où elle était descendue avec les Verdurin, au contraire si elle l'y rencontrait, lui, Swann, elle serait froissée, elle se dirait qu'elle était suivie, elle l'aimerait moins, peut-être se détournerait-elle avec colère en l'apercevant. "Alors, je n'ai plus le droit de voyager!", lui dirait-elle au retour, tandis qu'en somme c'était lui qui n'avait plus le droit de voyager!
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 279

Ce n'était vraiment pas de chance qu'elle lui défendît le seul endroit qui le tentait aujourd'hui. Aujourd'hui! S'il y allait, malgré son interdiction, il pourrait la voir aujourd'hui même! Mais, alors que, si elle eût retrouvé à Pierrefonds quelque indifférent, elle lui eût dit joyeusement: "Tiens, vous ici!", et lui aurait demandé d'aller la voir à l'hôtel où elle était descendue avec les Verdurin, au contraire si elle l'y rencontrait, lui, Swann, elle serait froissée, elle se dirait qu'elle était suivie, elle l'aimerait moins, peut-être se détournerait-elle avec colère en l'apercevant. "Alors, je n'ai plus le droit de voyager!", lui dirait-elle au retour, tandis qu'en somme c'était lui qui n'avait plus le droit de voyager!
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 279

Il fatiguait la pensée de Swann, lequel, se passant la main sur les yeux, s'écriait: "A la grâce de Dieu", comme ceux qui après s'être acharnés à étreindre le problème de la réalité du monde extérieur ou de l'immortalité de l'âme accordent la détente d'un acte de foi à leur cerveau lassé.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 281

Alors Swann la détestait. "Mais aussi, je suis trop bête, se disait-il, je paie avec mon argent le plaisir des autres. Elle fera tout de même bien de faire attention et de ne pas trop tirer sur la corde, car je pourrais bien ne plus rien donner du tout. En tous cas, renonçons provisoirement aux gentillesses supplémentaires!
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 285

[…] espérons qu'elle refusera, grand Dieu ! Entendre du Wagner [à Bayreuth] pendant quinze jours avec elle qui s'en soucie comme un poisson d'une pomme, ce serait gai !
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 286

Swann avait l'air si triste qu'elle [=Odette se prépare à sortir] ne pouvait réprimer un geste d'impatience et disait: "Voilà comme tu me remercies de t'avoir gardé jusqu'à la dernière minute. Moi qui croyais avoir fait quelque chose de gentil. C'est bon à savoir pour une autre fois!"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 298

Swann avait l'air si triste qu'elle [=Odette se prépare à sortir] ne pouvait réprimer un geste d'impatience et disait: "Voilà comme tu me remercies de t'avoir gardé jusqu'à la dernière minute. Moi qui croyais avoir fait quelque chose de gentil. C'est bon à savoir pour une autre fois!"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 298

[…] mais, dès que, pour se préparer à dormir, il cessait d'exercer sur lui-même une contrainte dont il n'avait même pas conscience tant elle était devenue habituelle, au même instant un frisson glacé refluait en lui et il se mettait à sangloter. Il ne voulait même pas savoir pourquoi, s'essuyait les yeux, se disait en riant: "C'est charmant, je deviens névropathe."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 300

Il n'est pas positivement laid si vous voulez, mais il est ridicule; ce monocle, ce toupet, ce sourire !
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 303

Maintenant, à toutes les paroles de Swann elle répondit parfois d'un ton irrité, parfois indulgent : « Ah ! tu ne seras donc jamais comme tout le monde ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 303

Odette n'aime pas que je prenne Lorédan [cocher], elle ne le trouve pas bien pour moi; enfin que veux-tu, les femmes, tu sais ! je sais que ça lui déplairait beaucoup.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 304

(avec cette espèce d'égarement et d'abandon du regard qu'ont les douleurs qui ne se connaissent plus ni ne cherchent à se maîtriser et disent : « Que voulez-vous ! »)
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 311

Plein d'une mélancolique ironie, Swann les regardait écouter l'intermède de piano […] et suivre le jeu vertigineux du virtuose, Mme de Franquetot anxieusement, les yeux éperdus comme si les touches sur lesquelles il courait avec agilité avaient été une suite de trapèzes d'où il pouvait tomber d'une hauteur de quatre-vingt mètres, et non sans lancer à sa voisine des regards d'étonnement, de dénégation qui signifiaient : « Ce n'est pas croyable, je n'aurais jamais pensé qu'un homme pût faire cela. » […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 311

Plein d'une mélancolique ironie, Swann les regardait écouter l'intermède de piano […] et suivre le jeu vertigineux du virtuose, Mme de Franquetot anxieusement, les yeux éperdus comme si les touches sur lesquelles il courait avec agilité avaient été une suite de trapèzes d'où il pouvait tomber d'une hauteur de quatre-vingt mètres, et non sans lancer à sa voisine des regards d'étonnement, de dénégation qui signifiaient : « Ce n'est pas croyable, je n'aurais jamais pensé qu'un homme pût faire cela. » […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 311

Mais par nature elle avait horreur de ce qu'elle appelait « les éxagérations » et tenait à montrer qu'elle « n'avait pas à » se livrer à des manifestations qui n'allaient pas avec le « genre » de la coterie où elle vivait […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 313

— Ah ! mais Cambremer, c'est un nom authentique et ancien, dit le général. — Je ne vois aucun mal à ce que ce soit ancien, répondit sèchement la princesse, mais en tous cas ce n'est pas euphonique" ajouta-t-elle en détachant le mot euphonique comme s'il était entre guillemets, petite affection de débit qui était particulière à la coterie Guermantes.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 319

Je comprends très bien qu'on ne puisse pas avoir de jolies choses, mais au moins qu'on n'ait pas de choses ridicules. Qu'est-ce que vous voulez ? je ne connais rien de plus pompier, de plus bourgeois que cet horrible style […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 320

— Ah ! princesse, vous n'êtes pas Guermantes pour des prunes… Le possédez-vous assez, l'esprit des Guermantes !
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 321

Moi je ne sais pas, mais si j'en juge par moi, cela m'ennuie déjà tant de voir les personnes que je connais, je crois que s'il fallait voir des gens que je ne connais pas, "même héroïques", je deviendrais folle.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 321

Moi je ne sais pas, mais si j'en juge par moi, cela m'ennuie déjà tant de voir les personnes que je connais, je crois que s'il fallait voir des gens que je ne connais pas, "même héroïques", je deviendrais folle.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 321

— Je ne sais pas ce que me doit le chapitre, mais je sais que je suis tapée de cent francs tous les ans par le curé, ce dont je me passerais.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 322

[…] il songea que s'il avait été, comme tant d'autres, pauvre, humble, dénué, obligé d'accepter toute besogne, ou lié à des parents, à une épouse, il aurait pu être obligé de quiter Odette, que ce rêve dont l'effroi était encore si proche aurait pu être vrai, et il se dit : « On ne connaît pas son bonheur. On n'est jamais aussi malheureux qu'on croit. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 334

[…] il songea que s'il avait été, comme tant d'autres, pauvre, humble, dénué, obligé d'accepter toute besogne, ou lié à des parents, à une épouse, il aurait pu être obligé de quiter Odette, que ce rêve dont l'effroi était encore si proche aurait pu être vrai, et il se dit : « On ne connaît pas son bonheur. On n'est jamais aussi malheureux qu'on croit. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 335

[…] ce mot de "marbre" […] l'avait aussitôt fait souvenir de cette histoire qu'Odette lui avait racontée autrefois, d'une visite […] où [Mme Verdurin] lui avait dit: "Prends garde, je saurai bien te dégeler, tu n'es pas de marbre."
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 340

"Oh! que tu me rends malheureuse", s'écria-t-elle en se dérobant par un sursaut à l'étreinte de sa question. "Mais as-tu bientôt fini ? Qu'est-ce que tu as aujourd'hui ? Tu as donc décidé qu'il fallait que je te déteste ? que je t'exècre? […]"
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 342

« Oh ! que tu me rends malheureuse », s'écria-t-elle en se dérobant par un sursaut à l'étreinte de sa question. « Mais as-tu bientôt fini ? Qu'est-ce que tu as aujourd'hui ? Tu as donc décidé qu'il fallait que je te déteste ? que je t'exècre ? […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 342

— […] Il y a combien de temps ? — Oh ! Charles, mais tu ne vois pas que tu me tues ! c'est tout ce qu'il y a de plus ancien. Je n'y avais jamais repensé. On dirait que tu veux absolument me redonner ces idées-là. Tu seras bien avancé, dit-elle avec une sottise inconsciente et une méchanceté voulue.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 344

— […] Il y a combien de temps? — Oh! Charles, mais tu ne vois pas que tu me tues ! c'est tout ce qu'il y a de plus ancien. Je n'y avais jamais repensé. On dirait que tu veux absolument me redonner ces idées-là.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 344

« À une table voisine il y avait une femme que je n'avais pas vue depuis longtemps. Elle m'a dit : "Venez donc derrière le petit rocher voir l'effet du clair de lune sur l'eau." D'abord j'ai bâillé et j'ai répondu : "Non je suis fatiguée et je suis bien ici." Elle a assuré qu'il n'y avait jamais eu un clair de lune pareil. Je lui ai dit : "Cette blague !" ; je savais bien où elle voulait en venir. » […] Elle avait raconté, elle avait mimé cette scène avec tant de simplicité que Swann, haletant, voyait tout : le bâillement d'Odette, le petit rocher. Il l'entendait répondre — gaiement, hélas — : « Cette blague ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 345

Mais puisque je vous dis que je ne veux pas ! C'est une idée comme ça, ça ne me plaît pas. Je pense que je suis libre de faire ce que je veux, tout de même ! Si j'avais besoin d'argent, je comprends…
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 348

Mais puisque je vous dis que je ne veux pas ! C'est une idée comme ça, ça ne me plaît pas. Je pense que je suis libre de faire ce que je veux, tout de même ! Si j'avais besoin d'argent, je comprends…
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 348

J'avais vraiment été chez Prévost, ça c'était pas de la blague, il m'y avait rencontrée et m'avait demandé d'entrer regarder ses gravures.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 349

Un soir qu'il était ainsi, sur l'ordre qu'elle lui en avait donné, rentré avec elle, et qu'elle entremêlait ses baisers de paroles passionnées qui contrastaient avec sa sécheresse ordinaire, il crut tout d'un coup entendre du bruit ; il se leva, chercha partout, ne trouva personne, mais n'eut pas le courage de reprendre sa place auprès d'elle qui alors, au comble de la rage, brisa un vase et dit à Swann : « On ne peut jamais rien faire avec toi ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 351

[Swann dans une maison de rendez-vous.] — Comme nous avons une belle conversation, pour un endroit de ce genre ! Je ne t'ennuie pas ? Tu as peut-être à faire ? — Non, j'ai tout mon temps. Si vous m'auriez ennuyée je vous l'aurez dit.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 352

[Swann dans une maison de rendez-vous] — Comme nous avons une belle conversation, pour un endroit de ce genre! Je ne t'ennuie pas? Tu as peut-être à faire ? — Non, j'ai tout mon temps. Si vous m'auriez ennuyée je vous l'aurez dit.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 352

[Swann dans une maison de rendez-vous] — Comme nous avons une belle conversation, pour un endroit de ce genre ! Je ne t'ennuie pas ? Tu as peut-être à faire ? — Non, j'ai tout mon temps. Si vous m'auriez ennuyée je vous l'aurez dit.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 352

Mais je dois vous l'avouer franchement, vous ne me trouverez pas très fin de siècle, mais je le dis comme je le pense, je ne comprends pas.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 353

« Les oreilles ont dû vous tinter, Monsieur, lui dit-elle, pendant le voyage que nous avons fait avec Mme Verdurin. On ne parlait que de vous. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 354

« Les oreilles ont dû vous tinter, Monseiur, lui dit-elle, pendant le voyage que nous avons fait avec Mme Verdurin. On ne parlait que de vous. » […] « D'ailleurs, ajouta Mme Cottard, Mme [Odette] de Crécy était là et c'est tout dire. Quand Odette est quelque part elle ne peut jamais rester bien longtemps sans parler de vous. […] »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 354

Et à tout moment elle demandait : "Qu'est-ce qu'il [=Swann, le présent allocutaire] peut faire en ce moment ? Si seulement il travaillait un peu ! C'est malheureux, un garçon si doué, qu'il soit si paresseux !" (Vous me pardonnez, n'est-ce pas ?)
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 354

Et à tout moment elle demandait : "Qu'est-ce qu'il [=Swann, le présent allocutaire] peut faire en ce moment ? Si seulement il travaillait un peu ! C'est malheureux, un garçon si doué, qu'il soit si paresseux !" (Vous me pardonnez, n'est-ce pas ?)
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 354

M. Verdurin lui disait : "Mais comment pouvez-vous voir ce qu'il fait en ce moment puisque vous êtes à 800 lieues de lui ?" Alors Odette lui a répondu : "Rien n'est impossible à l'œil d'une amie." Non je vous jure, je ne vous dis pas cela pour vous flatter, vous avez là une vraie amie comme on n'en a pas beaucoup.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 354

Tout d'un coup Odette tourna son poignet, regarda une petite montre et dit : "Il faut que je m'en aille", elle prenait congé de tout le monde, de la même façon, sans prendre à part Swann, sans lui dire où elle le reverrait […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 357

La vieille dame elle-même ayant plié ses Débats, demanda l'heure à une bonne d'enfants qui passait et qu'elle remercia en lui disant : « Comme vous êtes aimable ! »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 376

"[…] Cette neige, vous allez rire de moi, ça me fait penser à de l'hermine!" Et la vieille dame se mit à rire.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 377

« Brava ! Brava ! ça c'est très bien, je dirais comme vous que c'est chic, que c'est crâne, si je n'étais pas d'un autre temps, du temps de l'Ancien Régime », s'écria la vieille dame […] pour remercier Gilberte d'être venue [patiner] sans se laisser intimider par le temps.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 377

« Brava ! Brava ! ça c'est très bien, je dirais comme vous que c'est chic, que c'est crâne, si je n'étais pas d'un autre temps, du temps de l'Ancien Régime », s'écria la vieille dame […] pour remercier Gilberte d'être venue sans se laisser intimider par le temps.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 377

Vous savez, vous pouvez m'appeler Gilberte, en tous cas moi, je vous appellerai par votre nom de baptême. C'est trop gênant.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 381

- J'avais justement beaucoup de choses à vous demander, lui dis-je. Je croyais que ce jour compterait beaucoup dans notre amitié. Et aussitôt arrivée, vous allez partir! Tâchez de venir demain de bonne heure, que je puisse enfin vous parler./. Sa figure resplendit et ce fut en sautant de joie qu'elle me répondit: — Demain, comptez-y, mon bel ami, mais je ne viendrai pas! j'ai un grand goûter; après-demain non plus, je vais chez une amie pour voir de ses fenêtres l'arrivée du roi Théodose, ce sera superbe, et le lendemain encore à Michel Strogoff et puis après, cela va être bientôt Noël et les vacances du jour de l'An.
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 387

« À ce propos, devinez qui j'ai rencontré aux Trois Quartiers, au rayon des parapluies : Swann. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 391

— Mais alors, vous n'êtes pas brouillés? — Brouillés ? mais pourquoi veux-tu que nous soyons brouillés", répondit-elle vivement comme si j'avais attenté à la fiction de ses bons rapports avec Swann et essayé de travailler à un "rapprochement". « Il pourrait t'en vouloir de ne plus l'inviter. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 392

« Il pourrait t'en vouloir de ne plus l'inviter. — On n'est pas obligé d'inviter tout le monde ; est-ce qu'il m'invite ? Je ne connais pas sa femme. »
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 393

J'étais si amoureux de Gilberte que si sur le chemin j'apercevais leur vieux maître d'hôtel promenant un chien, l'émotion m'obligeait à m'arrêter, j'attachais sur ses favoris blancs des regards pleins de passion. Françoise me disait : « Qu'est-ce que vous avez ? » Puis, nous poursuivions notre route […]
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 393

Vous savez qui c'est ? Mme Swann ! Cela ne vous dit rien ? Odette de Crécy ? — Odette de Crécy ? Mais je me disais aussi, ces yeux tristes…
M. Proust, ALRDTP 1, Swann, p. 397


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